Bush hates shoes



George W. Bush victime d'un jet de chaussuresLa réactivité des artistes ne cessera jamais de m'étonner.

Il y a cinq jours à peine, on apprenait que George W. Bush avait été victime d'un attentat par jet de chaussures, attentat commis par un journaliste irakien, nommé Mountazer al Zaïdi, lors d'une conférence de presse à Bagdad avec le Premier ministre irakien Nouri al Maliki.

Dans les heures qui suivirent, on pouvait jouer sur l'internette à lancer des chaussures sur une image mouvante du président américain. « Ne lancez pas de chaussures", a plaisanté le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva en s'adressant mercredi aux journalistes, à l'issue d'un sommet Amérique latine-Caraïbes. » Et hier, des Marines ont été accueillis par des jets de chaussures dans une université de Falloujah où se déroulait une manifestation de soutien au journaliste qui avait initié ce geste sur le président américain.

Mais le plus extraordinaire est cette chanson qui circule sur l'internette, l'oeuvre d'un artiste méconnu mais auquel on peut d'ores et déjà sans crainte de se tromper promettre une carrière mondiale hors du commun. Elle s'intitule Blues Hates Shoes et elle vous habite déjà :



Nota : On m'apprend à l'instant que les chaussures lancées ont été "détruites" lors des analyses destinées à s'assurer qu'elles ne contenaient pas d'explosifs.

L'avocat du journaliste irakien, apprenant à la lecture du procès verbal de l'interrogatoire de son client le sort réservé aux chaussures, a critiqué la destruction de celles-ci, qui étaient déjà convoitées dans le monde arabe : « Les chaussures avaient pris beaucoup de valeur et étaient devenues un symbole de résistance pour les Irakiens. Ces chaussures étaient saintes. »



Source : Bush hates shoes




Exercice d'écriture en 7 minutes - #3



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Exercice d'écriture en 7 minutes - #3



Contrainte en 5 mots : « Tempête - Folie - Gueule - Note - Croire »



Le bateau file sur les eaux tumultueuses. Il savait que c'était une folie. On ne sort pas seul en mer sur un paquebot. Il risque de s'ennuyer. Il n'aime pas être seul et il déteste la mer. Pas une folie, juste une belle connerie. Sa mère lui disait toujours : « T'es rien qu'un petit con, mon fils. Et pourtant je t'aime. » La deuxième partie de la phrase, il pense parfois que c'est son cerveau malade qui l'a inventée. Comme lorsqu'il regarde sa gueule cassée dans un miroir et qu'il se trouve beau. Son imagination. Pas grave, il suffit d'y croire. Il pousse le moteur. A fond dans la tempête. Il s'en fout, ce n'est pas lui qui paiera la note. L'océan se déchaîne, une vague gigantesque submerge le paquebot. Lui avec. Pas lui qui paiera la note. Il les emmerde, les hommes, leurs lois. L'amour qui ne vient jamais. Il va se jouer le Titanic en solo. Et sans les violons. Le paquebot se brise en deux. Son coeur aussi.





A propos de l'exercice :

L'idée de me livrer à ce petit jeu littéraire me vient d'avoir reçu une invitation à participer à «L'AMOUR d'écrire en DIRECT», soirées animées par Marc-Michel GEORGES sous le parrainage des Ecrivains Associés du Théâtre : Joutes littéraires, soirée ludique et décalée ! 4 auteurs invités à écrire en 7 mn à quatre reprises, des intermèdes, un petit film d'humeur, un jury de personnalités de théâtre et de cinéma. Prix du jury, prix du public, puis jet de confetti, langues de belle-mères. (en savoir plus)

Pour tout vous dire, une telle expérience, pour me séduire beaucoup, ne m'en terrorise pas moins. Non pas tant d'écrire durant sept minutes dans mon coin que d'avoir ensuite à lire le résultat devant un public d'une paire de centaines de personnes - à ce qu'on m'en a dit. La traîtresse qui se dit mon amie et qui a balancée mon nom - et mes coordonnées - a certes elle-même participé à une de ces soirées dont on dit qu'elles emportent un franc succès, mais elle est une comédienne exceptionnelle en sus d'être une auteur talentueuse, et le public, elle, elle adore !

Donc voir déjà ici, dans l'ombre, ce que cela peut donner. Il s'agira chaque fois d'écrire un texte en 7 minutes à partir d'une contrainte, choisie en piochant au petit bonheur dans un livre de ma bibliothèque, une phrase comme point de départ ou d'arrivée, ou bien quelques mots qui devront apparaître... 7 minutes d'écriture... aucune retouche permise.

Vos commentaires sont évidemment les bienvenus.



Source : Exercice d'écriture en 7 minutes - #3




XXXXX est une couille molle



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XXXXX est une couille molle



La Guerre des boutonsCe matin, je me suis levé en me disant que j'allais me faire XXXXX pour mon petit-déjeuner. Faut dire que j'étais un peu énervé. Inutile de dire pourquoi, ce n'est plus d'actualité. C'est con parce que j'avais trouvé un titre de billet qui me plaisait. Je crois que je vais au moins garder le titre.

J'ai renoncé à me faire le petit plaisir de croquer du XXXXX quand j'ai réalisé que lui et YYYYY semblaient très potes. Or il me semble que YYYYY est un garçon tout à fait sympathique. Il n'y a, me suis-je dit à l'oreille et dans un accès rare d'humilité, aucune raison pour que la mauvaise opinion que j'ai de XXXXX ne soit pas aussi mal placée (ai-je la faiblesse de croire et sans humilité aucune) que l'animosité dont XXXXX - cette couille molle - fait preuve à mon égard.

Raisonnement un peu tordu s'il en est, puisqu'il peut également conduire à s'interroger sur les raisons qui me rendent tant sympathique cet YYYYY, lequel après tout pourrait bien faire la paire avec son ami XXXXX.

C'est que le blogage devient une activité très particulière dès lors qu'on cesse de la pratiquer en solitaire. On est amené à faire des rencontres, à échanger sur tout un tas de vrais sujets avec tout un tas de vrais gens, jusqu'à parfois développer une certaine forme d'intimité avec certains - ou certaines. Et s'il est parfaitement aberrant de qualifier de virtuelles de telles rencontres, il y manque quelque chose d'essentiel qui permettrait d'aller jusqu'à prétendre qu'elles seraient tout à fait réelles.

Chacun aura sa propre opinion quant à ce qu'il y manque. Je dirais que pour ce qui me concerne, il s'agit du regard et du sourire. On ne connaît jamais vraiment quelqu'un tant qu'on n'a pas eu l'occasion de le regarder dans les yeux et d'échanger avec lui un sourire, fut-il factice ou de convenance. Un visage - c'est-à-dire l'expression d'un regard et la faculté de sourire - en proclame davantage à propos d'une personne que tous les mots qu'on pourra jamais échanger avec elle. Du moins est-ce mon sentiment.

Mais cette absence est tout autant une richesse qui fait tout le sel de ces rencontres entre blogueurs, leur spécificité. Aussi ai-je jusqu'à présent pris grand soin d'éviter toute perméabilité entre deux mondes qui forment en moi comme deux réalités différentes. C'est pourquoi je promène mon petit navire sur la grande Touale drapé dans un pseudo. Non pas qu'il me rendrait anonyme - il est aisé à qui veut savoir d'apprendre que dedalus (sans majuscule) est Laurent Mann. Mais, au contraire, le pseudonyme me binonymise (osons ce néologisme) : un nom différent pour chacune de mes réalités. C'est pourquoi, aussi, je me suis systématiquement refusé à participer aux petites sauteries entre bloggeurs - en outre, il m'a toujours semblé qu'il s'agissait essentiellement d'assemblées d'hommes (du moins très majoritairement) et il se trouve (je vous dis tout) que j'ai beaucoup de mal à supporter les ambiances viriles.

Il reste donc que je ne connais pas XXXXX - cette couille molle. Bien sûr, de même qu'il arrive que deux personnes qui se sont rencontrées sur l'internette finissent par copuler - et certaines poussent le vice jusqu'à faire ça devant leur maire -, il se pourrait parfaitement que rencontrant XXXXX dans un bar j'en vienne à lui mettre un coup de boule - mais je vous l'ai dit, je déteste les ambiances viriles. Je ne peux néanmoins tout à fait exclure que YYYYY ait en vérité très judicieusement placé son amitié et que nous en venions tous ensemble à joyeusement nous taper virilement dans le dos en jouant à celui qui pissera le plus loin.

C'est pourquoi, chers lecteurs et chères lectrices, plutôt que de donner dans le règlement de compte imbécile, il m'est venu que c'était là très certainement l'occasion d'en terminer avec tout ça et de retrouver un temps de cerveau disponible qui me permettra de me consacrer avec peut-être plus d'efficacité à mon propre nombril - comme Ségolène R, en somme.



Nicolas J, qui est un expert en blogage, m'a récemment conseillé de n'être jamais avare en liens, parce que la logique de l'internette était de créer des passerelles et de former des réseaux. Je lui ai répondu que j'oubliais toujours.



Annexe, à toutes fins utiles : Couilles molles est l'insulte qui déclencha la guerre des boutons, dans le roman éponyme. Une insulte qui est reçue par les enfants comme une déclaration de guerre pour la simple raison que ne la comprenant elle leur apparaît comme d'une extrême gravité. Cons, andouilles, voleurs, cochons, pourris, crevés, merdeux pouvaient passer encore, pas couilles molles.

Les guéguerres sur l'internette sont souvent du même ordre en ce qu'elles reposent sur un autre fantasmé dont on est enclin à se méfier, à supposer qu'il nous veut du mal. Paranoïa ordinaire dont quelques réactions à ce billet sont une illustration supplémentaire. Paranoïa ordinaire qui m'avait dans un premier temps conduit à sur-réagir, avant de me reprendre et de réorienter mon billet.

D'où le titre et ce couille molle que je reprends comme un gimmick appuyé.

L’aîné des Gibus, qu’on appelait par contraction Grangibus pour le distinguer du P’tit Gibus ou Tigibus son cadet, parla ainsi :

– Voilà ! Quand nous sommes arrivés, mon frère et moi, au contour des Menelots, les Velrans se sont dressés tout d’un coup près de la marnière à Jean-Baptiste. Ils se sont mis à gueuler comme des veaux, à nous foutre des pierres et à nous montrer des triques. Ils nous ont traités de cons, d’andouilles, de voleurs, de cochons, de pourris, de crevés, de merdeux, de couilles molles, de…

– De couilles molles, reprit Lebrac, le front plissé, et qu’est-ce que tu leur z’y as redit là-dessus ?

– Là-dessus on « s’a ensauvé », mon frère et moi, puisque nous n’étions pas en nombre, tandis qu’eusses, ils étaient au moins tienze et qu’ils nous auraient sûrement foutu la pile.

– Ils vous ont traités de couilles molles ! scanda le gros Camus, visiblement choqué, blessé et furieux de cette appellation qui les atteignait tous, car les deux Gibus, c’était sûr, n’avaient été attaqués et insultés que parce qu’ils appartenaient à la commune et à l’école de Longeverne.

– Voilà, reprit Grangibus, je vous dis maintenant, moi, que si nous ne sommes pas des andouilles, des jeanfoutres et des lâches, on leur z’y fera voir si on en est des couilles molles.

– D’abord, qu’est-ce que c’est t’y que ça, des couilles molles ? fit Tintin.

La Crique réfléchissait.

– Couille molle !… Des couilles, on sait bien ce que c’est, pardine, puisque tout le monde en a, même le Miraut de Lisée, et qu’elles ressemblent à des marrons sans bogue, mais couille molle !… couille molle !…

– Sûrement que ça veut dire qu’on est des pas grand-chose, coupa Tigibus, puisque hier soir, en rigolant avec Narcisse, not’meunier, je l’ai appelé couille molle comme ça, pour voir, et mon père, que j’avais pas vu et qui passait justement, sans rien me dire, m’a foutu aussitôt une bonne paire de claques. Alors…

L’argument était péremptoire et chacun le sentit.


Extrait de La Guerre des boutons, Louis Pergaud



Source : XXXXX est une couille molle




H & M



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H & M





Où l'on se rend compte que les "fils de" parviennent parfois à être un peu plus que cela...



Source : H & M




Ce matin



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Ce matin



Femme en chemise dans fauteuil- Picasso- 1908Ce matin, en me levant, j’ai jeté un œil par la fenêtre de ma chambre. Il se trouve seulement que ce n’était pas le mien. La nuit avait été rude. Je l’avais rencontrée sur l’internet, aux hasards de mes tribulations dans le long et futile dédale de la blogosphère. Souvent, ici ou là, je laissais un commentaire afin de témoigner de mon passage, dire que j’existais, le prouver d’abord à moi-même. Cela se fit peu à peu. Je ne sais dire où et comment eut lieu notre première rencontre. Simplement, elle fut de plus en plus présente, passant où je passais, semblant m’attendre là où j’allais. Elle fut la première à prendre l’initiative. Un clin d’œil, un mot complice, une question factice : le jeu de la séduction s’engage. Bal des esprits et triste comédie du je. Excitations et provocations, mystères qui n'en sont pas. Danse des voiles qui voilent et dévoilent l'invisible moi. Face à face chacun d’un côté d’un miroir à deux faces où l’on ne mire que soi-même. Désir du désir de l’autre pour soi. Les mots deviennent murmures et tendresses. Désirs de soie partagée, où les peaux se toucheraient dans les draps froissés. Gravir la montagne, atteindre le sommet, ne pas redescendre. Prendre l'envol des promesses à tenir et des désirs à satisfaire. Hier soir, nous avions rendez-vous dans un bar de Ménilmontant. Elle était parfaitement belle. Soulagement. Sourires. Sur le chemin du bar au restaurant, elle a pris ma main dans la sienne. Et chez elle, près de Barbès, c’est elle qui m’embrassa. « Frappe-moi », dit-elle. Je la frappai au visage. « Plus fort », exigea-t-elle et je la frappai plus fort. Plusieurs fois et si fort que son œil de verre se décrocha de son orbite. Nous fîmes l’amour à même le sol, longuement et avec une insupportable douceur. Ses seins étaient faux également, surtout le gauche. Je rentrai chez moi à cette heure irréelle où Paris semble en suspens entre la fin de la nuit et le début du jour. Ombre déchirée avançant sur le pavé mouillé, je réalisai que rien d’elle n’était tout à fait réel non plus. Pourtant, dans mon cœur palpitait une émotion tenace et j’avais dans ma poche, que je tournais et retournais entre mes doigts incrédules, son œil de verre qu’elle y avait elle-même glissé. Ce matin, j’ai jeté l’œil par la fenêtre. Il me faudra sans doute la journée entière pour me débarrasser tout à fait de l’émotion. Je vais essayer de ne pas me connecter, aujourd’hui.



Source : Ce matin




"Seuls", de Wajdi Mouawad



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Seuls, de Wajdi Mouawad



Seuls, de Wajdi MouawadNous sommes seuls, chacun de nous. Et chacun est également multiple, des "je" multiples qui cohabitent en chacun, qui se cherchent et ne se rencontrent pas : ces âmes solitaires qui errent en moi. Je est irrémédiablement seuls.

Harwan est l'étudiant d'une trentaine d'année qui cherche une conclusion à sa thèse sur « le cadre comme espace identitaire dans les solos de Robert Lepage ». Il est aussi l'amoureux qui a été repoussé, le jeune homme qui hésite devant son avenir, le fils qui s'émancipe et ne s'émancipe pas d'un père sacrifié, le frère qui partage avec sa soeur l'absence d'une mère... Mais Harwan est également celui qu'il n'est plus, un enfant né au Liban, un enfant qui parlait l'arabe, un enfant qui mettait en place des stratégies pour compter les étoiles dans le ciel, un enfant qui aimait les couleurs. Cet enfant qui a connu la guerre et puis l'exil.

Que s'est-il passé ? Pourquoi Harwan ne se souvient pas de la guerre ? Pourquoi lui qui aimait tant les couleurs ne peut-il désormais envisager qu'un mur blanc ? Pourquoi cet enfant qui avait l'ambition de devenir une étoile filante pour sauver le monde se consacre maintenant à devenir professeur à l'université ? Qu'est-il arrivé entre le moment où il parlait l'arabe et celui où il s'est mis à parler français ? Qu'a-t-il dilapidé des biens de son père, ce fils prodigue, et comment retourner auprès de lui, c'est-à-dire revenir à soi-même ? Comment le déraciné peut-il renouer avec ses racines ?

C'est à la quête ce cette part de soi qui s'est perdue sur le chemin de l'exil que nous convie Wajdi Mouawad. Seul en scène, il nous fait parcourir les multiples solitudes de son personnage, à travers l'espace et le temps, à travers lui-même dans un voyage essentiellement intérieur où quand les mots cesseront de tenter de dire il deviendra possible de ressentir et de renaître à soi-même.

Comme souvent, Wajdi Mouawad en fait trop, mais "en faire trop" est la vocation première du théâtre : donner à voir la comédie humaine en ce qu'elle a de trop et qu'elle s'efforce de dissimuler : le tragique de l'existence, nos solitudes qui s'ignorent ou se cherchent.

Un magistral spectacle du vivant.



Source : Seuls, de Wajdi Mouawad




Dans le froid



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Dans le froid



décès SDF bois de VincennesDans le bois, à la nuit tombée, silence et ombre.

Le sol gelé est dur comme de la roche. Un vent froid se fraie un lent passage parmi les arbres aux branches noueuses et décharnées, immobiles. Les oiseaux se cachent, sans doute pour éviter de mourir.

Paul envie les lapins qu’il devine calfeutrés dans leur terrier, et jalouse leur épaisse fourrure. La bâche en plastique sur laquelle il est allongé le protège de l’humidité, un peu. Mais elle ne le protège pas du froid. Il a enfilé trois pulls et glissé du papier journal par en dessous. Et dans son pantalon aussi. Mais cela ne suffit pas. Le froid pénètre partout, à travers ses chaussures dont les semelles sont usées, dans son cou, dans son dos, dans ses os. Recroquevillé autour de lui-même, grelottant, il ne trouve pas le sommeil.

Paul envie les lapins dans leur terrier. Chaque lapin dans chaque terrier, sous la terre, blotti contre sa femelle lapin. Il lui fait sa petite affaire et puis il s’endort, le lapin. A l’abri et en sécurité. Bien au chaud dans son doux foyer de lapin. Paul se concentre sur ce mot : foyer. Il émane de lui l’idée de la chaleur. Cela évoque en lui un lit et un toit, un feu de cheminée où les flammes dansent dans un crépitement joyeux et le plaisir d’un bol de soupe bouillante qu’on tient entre ses mains et les cris des enfants qui jouent et se chamaillent et les mots tendres qu’on échange après l’amour et avant de s’endormir et les dîners en famille qui s’éternisent et les retours silencieux au milieu de la nuit après une soirée bowling avec les copains et les parties de jambes en l’air en plein après-midi avec la voisine et les dimanches soirs télé pizza bière doigts de pieds emmêlés dans la couverture et un lit qu’on réchauffe avec sa propre chaleur corporelle avant de s’endormir en écoutant la pluie crépiter sur un toit qui nous protège de plus que cela.

Paul a froid aussi parce qu’il a faim. Et aussi parce qu’il est seul. Paul a froid parce qu’il est épuisé d’avoir faim et froid, épuisé de n’avoir pour compagnie que de vieux souvenirs qui ne sont pas tous les siens et qui ne parviennent plus à lui donner la force de croire à demain. L'idée de la chaleur ne le réchauffe plus. Il s’endort dans le froid et c’est de tout cela qu’il meurt. De froid, de faim, de solitude et de l’envie qui s’est épuisée en lui et en même temps que lui. Il s’endort, enfin, et meurt, Paul, juste comme ça.

En ville, au lever du jour, on compte plus un.



Source : Dans le froid




Exercice d'écriture en 7 minutes - #2



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Exercice d'écriture en 7 minutes - #2



Contrainte en clôture : « Ils restaient immobiles, tenant leur cabas à la main, et ils se taisaient. »

- dernière phrase du roman de Vassili Grossman,
« Vie et destin »



Les enfants hurlaient, courraient en tous sens, renversaient les rayons sur leur passage. Un tourbillon. Les aliments jonchaient le sol dans des allées désertes. Ils étaient rassemblés au rayon jouets, maintenant, où ils démolissaient tout, consciencieusement, arrachant bras et jambes des poupées, massacrant sous leurs pieds les consoles électroniques, éventrant les boîtes de jeux de sociétés, mettant en charpie tous les jouets qu'on aurait voulu leur faire choisir, et faire acheter à leurs parents. Trop chers de continuer à faire les enfants, jouer en toute insouciance. La crise avait frappé et faisait mal. Leurs parents pleuraient le soir, sans fin, depuis trop longtemps. Il leur fallait agir. Ils agissaient. Sous les regards atterrés de leurs parents, qui les avaient conduits jusqu'au grand magasin pour poursuivre encore un peu le grand jeu de la consommation. Et les enfants détruisaient leurs propres rêves. Et les parents les laissaient faire, ne comprenant pas. Ils restaient immobiles, tenant leur cabas à la main, et ils se taisaient.





A propos de l'exercice :

L'idée de me livrer à ce petit jeu littéraire me vient d'avoir reçu une invitation à participer à «L'AMOUR d'écrire en DIRECT», soirées animées par Marc-Michel GEORGES sous le parrainage des Ecrivains Associés du Théâtre : Joutes littéraires, soirée ludique et décalée ! 4 auteurs invités à écrire en 7 mn à quatre reprises, des intermèdes, un petit film d'humeur, un jury de personnalités de théâtre et de cinéma. Prix du jury, prix du public, puis jet de confetti, langues de belle-mères. (en savoir plus)

Pour tout vous dire, une telle expérience, pour me séduire beaucoup, ne m'en terrorise pas moins. Non pas tant d'écrire durant sept minutes dans mon coin que d'avoir ensuite à lire le résultat devant un public d'une paire de centaines de personnes - à ce qu'on m'en a dit. La traîtresse qui se dit mon amie et qui a balancée mon nom - et mes coordonnées - a certes elle-même participé à une de ces soirées dont on dit qu'elles emportent un franc succès, mais elle est une comédienne exceptionnelle en sus d'être une auteur talentueuse, et le public, elle, elle adore !

Donc voir déjà ici, dans l'ombre, ce que cela peut donner. Il s'agira chaque fois d'écrire un texte en 7 minutes à partir d'une contrainte, choisie en piochant au petit bonheur dans un livre de ma bibliothèque, une phrase comme point de départ ou d'arrivée, ou bien quelques mots qui devront apparaître... 7 minutes d'écriture... aucune retouche permise.

Vos commentaires sont évidemment les bienvenus.



Source : Exercice d'écriture en 7 minutes - #2




Exercice d'écriture en 7 minutes - #1



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Exercice d'écriture en 7 minutes - #1



Contrainte en ouverture : « C'est d'abord une phrase qui m'a traversé la tête : "La mort est un processus rectiligne." »

- première phrase du roman de Daniel Pennac,
« La Petite Marchande de prose »



C'est d'abord une phrase qui m'a traversé la tête : « La mort est un processus rectiligne. » Un paradoxe. Une phrase, c'est tout de même la seule chose qui peut vous traverser la tête sans vous tuer. Pas si sûr. Il arrive que les mots tuent. C'est ainsi que j'ai tué ma femme. Une véritable guerre de tranchées. Une longue boucherie. Les mots fusaient dans la cuisine, dans la chambre, dans le salon. Partout dans la maison, mais c'est encore chez les autres, en leur présence, qu'ils touchaient le plus fort et faisaient le plus mal, causant les dégâts les plus irréparables. Un jour que nous dînions chez des amis - maintenant, ils sont devenus SES amis - j'ai prononcé les mots qui achevèrent la guerre et tuèrent ma femme, l'amour qu'elle avait eu pour moi, il y a longtemps. « Je crois que je ne t'aime plus. » C'était faux. C'était pour surenchérir. Mais il n'y a pas de mots tirés à blanc et la mort de l'amour dans le coeur d'une femme est un processus féroce.





A propos de l'exercice :

L'idée de me livrer à ce petit jeu littéraire me vient d'avoir reçu une invitation à participer à «L'AMOUR d'écrire en DIRECT», soirées animées par Marc-Michel GEORGES sous le parrainage des Ecrivains Associés du Théâtre : Joutes littéraires, soirée ludique et décalée ! 4 auteurs invités à écrire en 7 mn à quatre reprises, des intermèdes, un petit film d'humeur, un jury de personnalités de théâtre et de cinéma. Prix du jury, prix du public, puis jet de confetti, langues de belle-mères. (en savoir plus)

Pour tout vous dire, une telle expérience, pour me séduire beaucoup, ne m'en terrorise pas moins. Non pas tant d'écrire durant sept minutes dans mon coin que d'avoir ensuite à lire le résultat devant un public d'une paire de centaines de personnes - à ce qu'on m'en a dit. La traîtresse qui se dit mon amie et qui a balancée mon nom - et mes coordonnées - a certes elle-même participé à une de ces soirées dont on dit qu'elles emportent un franc succès, mais elle est une comédienne exceptionnelle en sus d'être une auteur talentueuse, et le public, elle, elle adore !

Donc voir déjà ici, dans l'ombre, ce que cela peut donner. Il s'agira chaque fois d'écrire un texte en 7 minutes à partir d'une contrainte, choisie en piochant au petit bonheur dans un livre de ma bibliothèque, une phrase comme point de départ ou d'arrivée, ou bien quelques mots qui devront apparaître... 7 minutes d'écriture... aucune retouche permise.

Vos commentaires sont évidemment les bienvenus.



Source : Exercice d'écriture en 7 minutes - #1




Obamania



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Obamania



Obama sex toy

Sans commentaire



Source : Obamania




Barack Obama, un américain à la Maison Blanche



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Barack Obama, un américain à la Maison Blanche



Avant tout, se réjouir.
Ne pas bouder son plaisir.
Se laisser gagner par l'enthousiasme
Et espérer.

Espérer avant toute chose.

Et après tout, pourquoi pas ?
Après tout, quelque chose a changé, déjà.
Après tout, un américain a été élu à la Maison Blanche.

Mais un américain un peu différent, en apparence.
Et c'est déjà beaucoup.

Un petit pas dans la bonne direction, en somme.
Mais un grand pas pour une certaine idée de l'humanité.


Barack Obama élu à la Maison Blanche

Ne pas tout à fait être dupe, pourtant.



Source : Barack Obama, un américain à la Maison Blanche




Soeur Emmanuelle : Cent ans moins le quart



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Soeur Emmanuelle : Cent ans moins le quart



décès de Soeur Emmanuelle

Soeur Emmanuelle est morte, ce lundi 20 octobre.

Elle aurait eu cent ans le 16 novembre 2008.

Dans moins de 30 jours !

C'est ballot.





Ce billet est une chaîne initiée sur Twitter par Nicolas, prince des blogs :



Source : Soeur Emmanuelle : Cent ans moins le quart




Siffler la Marseillaise n'est pas insulter la France



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Siffler la Marseillaise n'est pas insulter la France



drapeau françaisLa Marseillaise a été sifflée. C'était hier soir au Stade de France, en ouverture du match amical de football qui opposait les équipes de Tunisie et de France. Et depuis ce matin, donc, la France toute entière semble en émoi... Et moi je me dis qu'il n'y a vraiment pas de quoi, ou plutôt qu'on place bien mal son émoi, dans ce beau pays de France.

Mais précisons d'emblée un fait important : ce ne sont pas des tunisiens qui ont sifflé notre tant bel hymne national, mais des français et essentiellement, sinon uniquement, des français. Pas tous de "souche" bien entendu, mais pas moins français que d'autres. Ou alors peut-être y a-t-il là d'ailleurs une part d'explication à ces sifflements, peut-être que cette France qui clame quasi unanimement son émotion parce qu'on a osé siffler la Marseillaise, cette France-là a peut-être en réalité un peu de mal à considérer que tous les français sont... français. Et ces français-là, qui seraient donc un peu moins français que les autres, en auraient vaguement conscience, auraient quotidiennement conscience de n'être pas tout à fait considérés aussi français que tous les français.

Je ne sais pas.

Ce que je sais en revanche, c'est qu'on fait comme si la question n'avait pas à être posée, qu'il n'y avait pas d'explications à chercher et puis trouver, parce que le simple fait de siffler la Marseillaise serait en soi un insupportable scandale. Mais un hymne national n'est rien d'autre qu'un symbole - sans doute un symbole assez désuet d'ailleurs, mais c'est là un autre débat - et comme tous les symboles il n'est sacré que pour ceux qui ont une image positive de ce qu'il symbolise, pour ceux qui parmi ceux-là considèrent que certains symboles peuvent être sacrés, ou sacralisés.

Pour ma part, je suis fermement convaincu du caractère néfaste de toute espèce de sacralisation des symboles. Toute chose doit pouvoir être remise en cause, afin que les opinions puissent librement s'exprimer, les opinions mais aussi les sentiments - la colère par exemple, ou la détresse... Je revendique mon droit à me moquer du Christ sur sa croix, à caricaturer Mahomet, à bouffer du rabbin, à brûler un drapeau ou à siffler un hymne national, fût-il celui qu'on voudrait que je considère comme mien - mais je revendique également de pouvoir en mon âme et conscience choisir mes symboles, et même mes appartenances.

On me dira que c'est un manque de respect, voire une intolérance. Je considère que le respect est dû à chacun en tant qu'homme ou femme, à tous les êtres humains en tant que tels et sans exception ; et que toute opinion ou croyance respectable exige qu'elle soit tolérée ; pas les objets ou les chants qui en constituent les symboles, pas non plus les concepts. Or la France n'est rien d'autre qu'un concept - c'est-à-dire une idée que l'on peut ou non s'en faire, au-delà de sa définition purement géographique ou administrative. Une idée ça se conteste et un symbole a également vocation à être déconstruit : il n'y a pas d'exigence au respect du symbole si l'idée n'est pas digne d'elle-même.

Or la France donne-t-elle aujourd'hui une image positive d'elle-même. On pourrait en débattre, mais le moins qu'on puisse affirmer est qu'il est possible d'avoir une mauvaise image d'un pays, y compris du sien. Possible aussi de vouloir l'exprimer et trouver la manière de le faire. Siffler la Marseillaise n'est pas renier son appartenance - cela peut même être la revendiquer -, ce n'est pas non plus insulter la France ou les français - dont on est, et voudrait même éventuellement être plus -, c'est émettre une critique virulente et audible, jusqu'à y compris clamer avec force que cette France telle qu'elle se comporte actuellement, sur bien des aspects, on ne l'aime pas, et même on n'en est pas très fier. Parce qu'elle ne serait pas très digne de l'idée qu'on voudrait en avoir.

On voudrait continuer à ce que soit glorifié un pays en faisant flotter son drapeau et en jouant son hymne dans les stades, admettre que tous se lèvent comme autant de moutons et hurlent leur patriotisme à l'entame de ce qui n'est qu'une rencontre sportive, et dans le même temps il faudrait se scandaliser que d'aucuns se saisissent de cette même occasion pour manifester qu'il n'y aurait pas grand chose à glorifier et qu'au contraire par certains aspects la France pourrait avoir à se sentir honteuse, qu'on aurait quelques cruels reproches à lui faire, qu'il n'y aurait finalement pas tellement de quoi l'aimer ou être fiers d'en être. Cela me semble assez incohérent.

On voudrait bien que la France soit en effet, dans les faits, cette glorieuse patrie des Droits de l'Homme. Mais voilà, elle ne l'est pas - et n'a même jamais été uniquement celle-là. La France est ce pays qui fraye honteusement avec des dictatures : on peut vouloir la siffler pour cela. La France bafoue chaque jour les Droits de l'Homme dans ses prisons surpeuplées : on peut vouloir la siffler pour cela. La France procède à une chasse systématique et comptable de ses immigrés sans-papiers : on peut vouloir la siffler pour cela. La France place au ban de la Nation une partie de sa population, issue pour une bonne partie de l'immigration maghrébine : on peut vouloir la siffler pour cela - et c'est même d'autant plus légitime quand les sifflets proviennent de ceux qui subissent chaque jour ce bannissement social, qui est aussi largement racial.

La France, on peut en être et ne pas l'aimer. La France on peut vouloir revendiquer avec force qu'elle change sans qu'on doive nous prier d'en partir. La France, en l'occurrence, il ne s'agit pas de la quitter parce qu'on ne l'aimerait pas assez, mais d'en être plus afin de parvenir à l'aimer mieux. La France, oui, on peut vouloir en siffler son hymne pour mieux pointer du doigt ses indignités.



Source : Siffler la Marseillaise n'est pas insulter la France




Houellebecq-BHL ou l'extension du domaine de la pute



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Houellebecq-BHL ou l'extension du domaine de la pute



Ennemis PublicsL'extension du domaine de la pute, c'est à quoi il m'a semblé assister ce matin, à entendre sur France Inter, Michel Houellebecq et Bernard-Henri Levy se plaindre d'être mal aimés par la critique, se plaindre de la mauvaise image médiatique qui s'attache à eux - eux qui par ailleurs vendent des livres par centaines de milliers moins par leur talent que par une surexposition médiatique, justement, et qu'ils entretiennent avec une science rare.

Ils ont donc écrit un nouveau livre, ensemble cette fois. Sur la couverture, ils se sont autoproclamés Ennemis Publics - et je n'en lirai d'ailleurs pas davantage. Ainsi, les voilà qui promènent aussitôt, de plateaux de télévision en studio de radio, en passant par tout ce que la France fait de magasines, leur longue plainte de mal-aimés, chacun bien calé dans la caricature de lui-même - le dandy vulgaire et le prolo chic, images très soignées - parce qu'ils savent l'un et l'autre que c'est pour eux, encore, le meilleur moyen de vendre.

On apprenait hier, cependant, que le très discret Jean-Marie Le Clézio avait obtenu le prix Nobel.



Source : Houellebecq-BHL ou l'extension du domaine de la pute




Coup de vieux

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Coup de vieux



Je savais que ça allait arriver. Ce jour où pour signifier que c'était il y a longtemps, des plus jeunes que moi diraient... Mais attendez, je vous raconte, ça vient d'arriver. Cela vient de m'arriver !

Un reportage à la radio, autour du trentième anniversaire de la mort de Jacques Brel. La journaliste interroge des enfants. Vous savez qui est Jacques Brel ? Vous connaissez ses chansons ? Et un sale petit morveux de répondre : « Jacques Brel ? Mais c'était au vingtième siècle ! »

Eh, les gniards, vous savez quoi ? Au vingtième siècle, on chantait ça :





Or moi, voyez, je suis peut-être con mais je ne suis pas un bourgeois (bobo à la limite, mais pas bourgeois). Sûr donc, mes cochons, qu'un bon nombre d'entre vous seront vieux avant moi !


en plus, quand cette magnifique chanson a été écrite, en 1964, j'étais même pas né...



Source : Coup de vieux




AC-DC, nouvel album et Bon Scott

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AC-DC, nouvel album et Bon Scott



C'est chaque fois la même chose depuis la mort tragique de l'immense Bon Scott, chanteur irremplaçable du mythique groupe de hard rock, AC/DC.

Une bonne dizaine d'albums sont sortis depuis cette sombre nuit où le chanteur s'est étouffé dans son vomi (c'est quand même toujours le meilleur moyen d'entrer dans la légende du rock), mais aucun ne m'aura donné à penser que Brian Johnson, aussi haut monterait-il jamaisdans les aigus et s'y maintenir, saurait miraculeusement hisser le groupe sur les vertigineux sommets où la voix déchirée de Bon Scott parvenait et parvient encore à me faire vibrer, révélant à tout coup en moi la midinette hystérique - au point que The Boss me ferait certainement une scène atroce si je ne prenais tant de soin à lui dissimuler mes infidélités impardonnables. Chaque fois donc c'est la même chose, chaque fois je suis tenté d'oublier que je n'ai plus tout à fait quatorze ans et de prendre un bic noir pour écrire sur mon jean délavé « Bon Scott - ✝ 19 février 1980 ».


AC-DC : nouvel album


Alors, bien sûr il y a eu Back in Black, album devenu emblématique parce qu'album hommage sorti 3 mois après la mort du chanteur et vendu à 42 millions d'exemplaires. Bien sûr aussi, Hell's Bells est un petit bijou, et Brian Johnson ne s'en sort pas trop mal non plus sur le reste de l'album - je dois bien en convenir aujourd'hui, même si à l'époque je l'avais détesté.

Et bien sûr encore, il y a les frères Young aux guitares et à la manoeuvre, Angus notamment tellement sautillant dans son bermuda de collégien anglais. Mais ce n'est plus pareil !

Du son très blues de la période Bon Scott, on était passé à un son plus distordu, cédant à la mode heavy metal. Quelques bons morceaux ici où là, tel l'excellent You Shook Me All Night Long, mais rien de comparable aux albums que furent High Voltage,T.N.T ou Let There Be Rock des origines, ou encore les deux derniers et fabuleux If You Want Blood et Highway To Hell.

Il paraît que depuis le milieu des années 90, le groupe tente de renouer avec ses origines. Je ne sais pas, j'ai arrêté d'écouter leurs nouveaux albums. D'ailleurs si un album, qui s'appellerait Black Ice, sortait le 20 octobre prochain, je ne me précipiterais pas pour tenter dès aujourd'hui de le télécharger (d'ailleurs c'est illégal même en 320kbit/s). On ne sait jamais, il pourrait arriver que je doive vous dire qu'il n'est pas mal du tout, finalement...





Source : AC-DC, nouvel album et Bon Scott




La lettre de Jacques

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La lettre de Jacques



Via le formulaire de contact de ce site me parviennent deux sortes de messages qui se répartissent en quantités à peu près égales : des spams parce que mon filtre n'est pas assez robuste, et des petits mots de lecteurs, le plus souvent très aimables - mais il est assez probable que ceux qui auraient éventuellement des choses désagréables à me dire ne prennent généralement pas cette peine (c'est d'ailleurs bien dommage : je serais tout autant intéressé par quelques judicieuses critiques).

Le nombre relativement limité de ces messages me permet sans mal de répondre à chacun. A l'occasion, cela donne lieu à quelques échanges tout à fait sympathiques. Mais j'ai trouvé ce matin le message suivant dans ma boîte auquel je ne sais pas répondre :

objet : Demande

Bonjour monsieur,
Je suis toujours aussi agréablement surpris lorsque je visite votre site ; vos oeuvres sont pour moi toujours aussi magistrales et déroutantes, mais tellement attachantes.
Pourrais-je avoir une photo dédicacée ?
Cordialement vôtre, Jacques xxxxx
[xxxxx adresse postale xxxxx]

Je ne sais pas répondre parce que je ne parviens pas à me défaire de l'idée que c'est une blague.

Non pas que la demande d'une photo dédicacée serait en elle-même ridicule, pas plus que l'éloge qui la précède. L'incongruité ne provient pas de Jacques ou de sa demande, mais du fait qu'à mes yeux je n'ai encore rien écrit qui puisse me valoir un tel honneur, qui puisse m'autoriser à penser qu'il serait envisageable de répondre à une telle demande, à penser que cela puisse être autre chose qu'une blague. Quand jour après jour je constate la difficulté que j'ai à m'extirper d'une certaine médiocrité littéraire, il me parait inconcevable que d'autres puissent dans le même temps prendre à ce point plaisir à me lire, à lire tel ou tel texte qu'il m'a fallu à moi tant de labeur pour le commettre et qui me procure tant de cruelles insatisfactions, inconcevable d'être cet écrivain qui existerait pour quelqu'un au-delà des mots qui ont été écrits.

C'est pis que cela. De toutes les choses que j'ai écrites, la seule qui m'a donné quelque satisfaction, celle que j'ai pris un plaisir entier à écrire, celle sur laquelle je n'ai en vérité pas trop peiné et en laquelle je parviens finalement à me reconnaître un peu, est aussi celle qui provoque le moins d'enthousiasme, voire le plus de critiques chez ceux qui ont bien voulu la lire. C'est tout dire de mes incapacités et il y a tant d'autres auteurs maladroits ou poussifs qui sévissent, et nombreux aussi parmi ceux qui sont édités et dont les livres garnissent les rayons des librairies comme autant de bouses sans âmes et qu'on vend parfois par dizaines ou centaines de milliers comme autant de rouleaux de PQ parfumés à la violette, que je me refuse le confort égotiste et prétentieux qu'il y aurait à me dire ou me vivre écrivain.

J'ai trop de respect et d'admiration pour les vrais écrivains pour galvauder leurs talents d'artistes en feignant d'ignorer que ce qui me manque, pour le moins, c'est précisément la sensibilité de l'artiste, cette capacité à abolir la frontière entre l'en-dedans et l'au-delà de soi, à la sublimer en autre chose qui est encore eux et qui dans le même temps deviens nous et nous parle. Je sais trop quel est mon propre enfermement.

Une photo de moi dédicacée ? Ce serait consentir à me hisser plus haut que moi-même en me plaçant sur le piédestal de l'écrivain où je considère pour l'heure (et probablement pour longtemps encore) n'avoir rien à faire. Mais d'ailleurs, l'artiste a-t-il jamais quelque chose à faire au-delà de son oeuvre ?

Prenons la question par l'autre bout. Si je demandais à Jacques, ou à n'importe lequel d'entre vous qui me lisez actuellement, de m'envoyer une photo dédicacée, que pourriez-vous penser ? Que de toute évidence ce n'est rien d'autre qu'une vaste blague. Un peu d'ironie dont il serait tout à fait insensé de chercher à se flatter.

C'est précisément pour cette raison, donc, que je tiens à remercier Jacques. Pour le rappel utile dont sa lettre est l'occasion : ne pas oublier qu'il y a d'une part les mots que je fais et de l'autre celui que je suis, et entre les deux une distance qu'il s'agit de réduire mais qu'on ne saurait tout à fait abolir.

Ainsi, chaque texte que j'écris est la tentative d'une photographie d'une part de moi. Le jour où le cliché sera un peu réussi, il s'agira alors d'en tirer quelques exemplaires à exposer et qui feront un livre. En attendant, écrire parce que c'est mon chemin et ne rien en attendre parce qu'il n'y a rien au bout que moi-même.



Source : La lettre de Jacques




La télé appartient à ceux qui la paient !

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La télé appartient à ceux qui la paient !



Pour sauver la télévision publique, voici deux petits films divertissants qui permettent de comprendre les enjeux d'une suppression sans compensation de la publicité sur les chaînes du service public.



Monsieur le Président, n'éteignez pas la télévision publique :






La redevance, c'est la différence :





Deux films proposés et écrits par Yves Jeuland
réalisés par Joyce Colson
animation : Jean-Yves Castillon
voix : avec la participation amicale de Mathieu Amalric et Perrine Tourneux
studio d’enregistrement : Sub-til
sound design & mixage : Tabaskko / Bruno Guéraçague
conformation & étalonnage : Stéphane Jarreau
production exécutive : doncvoilà / Virginie Giachino
financés par la Scam et soutenus par plus de 30 organisations pour défendre le service public.



Source : La télé appartient à ceux qui la paient !




Ce matin, envie de bouffer du pape

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Ce matin, envie de bouffer du pape



Nicolas Sarkozy et le pape Benoit XVI



Ce matin, je me suis levé avec une furieuse envie de bouffer du Pape. Allez savoir pourquoi ?



Et aussi, allez comprendre...



Bonus Track : Il faut reconnaître qu'à l'occasion, Cabu parvient à trouver la bonne inspiration (même si je ne suis jamais tout à fait parvenu à apprécier son trait) :



Pape Benoit XVI Nicolas Sarkozy Ségolène Royal par Cabu
Dessin paru dans le Canard Enchaîné



Source : Ce matin, envie de bouffer du pape




Blogs de filles (nues)

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Blogs de filles (nues)



Olympe de GougesJe viens de lire un article étrange, intitulé Pourquoi si peu de femmes dans la blogosphère ?

La première chose qui m'a intrigué est que l'auteur, qui en l'occurrence est une auteur, et pas une "auteure" et encore moins une "auteuse" !, débute ainsi :

Un blogueur sur deux serait une femme.
Ce n’est pas l’impression que donnent les classements des blogs influents.

D'abord, moi j'aurais écrit : Un blogueur sur deux serait une blogueuse. Ça me semble plus équilibré comme formulation, moins conforme à un machisme millénaire et que révèle cruellement la langue française. Mais bon je ne suis pas une femme, je ne vais pas chipoter...

Non, ce qui m'a intrigué en premier lieu est que, si un blog sur deux est tenu par une femme, pourquoi titrer sur l'absence de femmes dans la blogosphère ?

Aussi, supposant qu'il y avait là une charmante subtilité qui m'avait échappée, ai-je porté une attention plus soutenue aux développements de l'article - parce qu'au début je lisais ça d'un oeil distrait comme je le fais toujours pour les trucs de filles écrits pour les filles (j'ai toujours préféré Henry James à Edith Wharton).

J'ai alors compris que le problème qui était discuté n'était pas tant le manque de filles dans la blogosphère, ni même le fait qu'elles seraient moins lues, que le fait qu'elles n'apparaissent pas, ou si peu, dans le classement Wikio... dont tout le monde sait par ailleurs qu'il ne signifie pas grand-chose puisqu'il repose en réalité essentiellement sur la capacité des blogs classés à faire du copinage par un échange réciproque et soutenu, souvent abusif, de liens.

On pourrait en déduire que l'absence des blogs de filles dans ledit classement n'a aucune importance, puisque le classement wikio ne signifie pas grand-chose, et en particulier ne donne que peu d'indications sur une supposée influence, concept éminemment pompeux et flou. Trouver là aussi, peut-être, une preuve supplémentaire que le concept de bande de potes est assez spécifiquement un mode de fonctionnement masculin - les filles préférant se crêper le chignon en poussant des petits cris. Voire, et à la limite, on pourrait parier sur une sur-représentation de la communauté gay dans le classement wikio, mais alors il faudrait procéder à un comptage hasardeux que la déontologie et la jurisprudence Edvige ne nous autorise pas à faire...

Pourtant, tel n'est pas le propos de l'article, lequel préfère pérorer autour d'une théorie fumeuse auquel je n'ai pas compris grand chose (mais ma mère était blonde) selon laquelle tout petits déjà les garçons courent après des ballons... Je vous explique : l'idée est que si vous lancez un ballon en l'air dans une cour d'école, tous les garçons se précipiteront pour l'attraper tandis que les filles s'en désintéresseront comme de leur première petite culotte et préféreront continuer à parler chiffons ou tricot. Expérience dont il faudrait donc conclure, selon l'auteur de l'article et par ailleurs blogueuse féministe influente, que c'est la raison pour laquelle les filles ne jouent pas autant que les garçons à être wikio-influentes...

Oui, moi non plus je n'ai pas compris (ma mère, je vous dis !)... Et si par exemple on remplace le ballon tout gris tout moche, disons par une robe de princesse avec des strass, un flacon de parfum ou un tube de rouge à lèvres ?

Tenez, et si c'était un truc qui brille qu'on jetait au milieu de la cour de l'école, que croyez-vous qu'il arriverait ?

"Les femmes n'aiment pas les mêlées" nous expliquent la blogueuse, auteur talentueuse de l'article, laquelle se trouve par ailleurs dotée d'un extraordinaire sens de l'humour (je sais, je me raccroche aux branches) : n'a-t-elle donc jamais été présente à un mariage au moment crucial et attendu de toutes où la mariée heureuse lance au beau milieu d'une foule hystérique de célibataires son petit bouquet fleuri ?

Et l'arrivée des Beatles à l'aéroport de Londres après leur séjour en Amérique, ça vaut pas un bon vieux match de foot au stade du Heysel ?



A moins que n'y soit pour quelque chose le fait que 25% des requêtes mondiales sur internet soit lié au sexe ? Le mot-clé "filles nues", par exemple, intéressera vraisemblablement davantage les garçons et les orientera tout aussi vraisemblablement davantage vers des blogs de garçons, lesquels ne rechignent pas à l'occasion à jouer de l'effet d'aubaine, parait-il.



Source : Blogs de filles (nues)




Flirt en spam et plus si affinités

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Flirt en spam et plus si affinités



Gustave Courbet - Femme à la vagueCe matin, j'ai reçu une lettre très émouvante. Elle émane d'une jeune femme très belle que je ne connais pas et qui a oublié de joindre une photo d'elle toute nue. Grand romantique, je suis convaincu que ces quelques mots naïfs et sincères qu'elle m'adresse sont les prémices d'une grande et belle histoire d'amour.

J'ai souhaité vous faire partager ce moment rare d'un flirt innocent et en lequel déjà, et néanmoins, on soupçonne les déchaînements furieux d'une passion qui saura m'arracher bientôt à ma petite vie monotone de pépère de famille, cette vie triste et sans âme que je vis sans même réaliser combien elle est pitoyable :

Salut ! J'ai trouve votre profil sur Internet et et j'aimerais faire la connaissance avec vous , et je serais ravie si nous nous connaissons mieux, qu'est-ce que vous en pensez ?

Je vous ecris et j' espere que vous attirer l'attention a moi, je suis tres bonne et tendre, j'espere que je vous plairais.

Je viens de penser qu' on peut passer a "tu"?

Je vais attendre ta reponse. Je veux juste dire que si je ne peux pas acceder a ce site tu peux m'ecrire a mon adresse e-mail:  yuliyak52@yahoo.com

Je vous laisse son adresse afin que vous puissiez lui exprimer votre admiration. Il est possible même qu'elle ait déjà pensé à déposer une liste de mariage afin qu'il vous soit possible de contribuer à notre bonheur et à sa sensualité : matelas à eau, draps en soie rose, yacht et autres babioles. N'hésitez pas à la contacter et à vous réclamer de mes amis, vous serez accueillis comme tels. Comme elle l'écrit elle-même avec une pudeur touchante, elle est bonne.

Parmi des millions d'internautes, c'est vers moi que son coeur de vierge l'a portée. Vous comprendrez bien, j'en suis persuadé, que je ne saurai partager avec vous mes secrets de séduction, mais croyez bien aussi que ce billet n'a en rien pour motif le plaisir malsain qu'il y aurait à vouloir susciter en vous un vil sentiment de jalousie. Il ne s'agit pour moi que de déverser sur vos têtes et en vos coeurs une part de ce bonheur qui déborde du mien, que vous puissiez profiter vous aussi, un peu, de son irréel pureté. Elle m'en est encore douloureuse à cette heure où le choc de la surprise ne m'a pas tout à fait quitté.



Source : Flirt en spam et plus si affinités




Rachida, Nicolas et Carla font des bébés

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Rachida, Nicolas et Carla font des bébés



enceinteEn ce début de septembre, la blogosphère est en émoi. Rachida Dati est grosse : on suppute une grossesse. Car cela commença ainsi, d'abord la question de savoir si la pas-si-sotte garde des Sceaux attendait un heureux événement (mais on n'allait pas attendre avec elle) comme semblaient l'indiquer les nouvelles rondeurs qu'elle avait pris soin d'afficher et qu'on ausculta donc à la loupe, fiévreusement, parce que bon. Puis seulement, lorsque confirmation officielle fût donnée, les regards s'orientèrent vers le mystérieux responsable (mais on se demande s'il l'est vraiment, responsable) de cette incongruité ministérielle. A ce jour, comme vous le savez, on en reste à des démentis formels des pères putatifs successifs, au point que l'on pourrait croire que personne ne souhaite s'aventurer à endosser pareille paternité (je sais, ce n'est pas très gentil, mais d'ici à ce que le petit sache lire il aura eu l'occasion de se doter d'un sérieux sens de l'humour).

Bref, tout ça c'est déjà du passé. Car si j'ai appris une chose de mon expérience de blogueur, c'est que se faire l'écho du buzz rapporte bien moins de lecteurs que d'avoir un coup d'avance sur tous les autres chasseurs frénétiques du mot-clé du jour. Il s'agit d'être le premier à répandre la rumeur imbécile et qui n'est imbécile que parce qu'elle est chaque fois confirmée par les faits (sinon c'est juste une rumeur). Or il semble tout à fait évident que cette danse médiatique autour du ventre de l'ex meilleure amie de Cécilia (mais si, souvenez-vous) est en réalité pour les communicants de l'Elysée un simple ballon d'essai, un hors d'oeuvre, un test grandeur nature. De là à dire que Nicolas Sarkozy aurait lui-même mouillé la chemise (façon de parler) et serait le père de l'enfant de sa ministre... non ! et là n'est pas (encore) la question. Certes, une telle révélation serait savoureuse, mais ne nous égarons pas en des conjectures affolantes dont le mauvais esprit serait si peu charitable (mais pour qui ?). Voyez plutôt la suite.

Un ballon d'essai, disais-je et vous m'accorderez que le mot est bien choisi. Un ballon d'essai médiatique organisé directement depuis le palais élyséen, donc, et dans le seul but de très soigneusement préparer le lancement de la grande opération, la seule et la véritable, celle que nous attendons tous fébrilement depuis bientôt un an : l'opération Carla Bruni-Sarkozy est enceinte ! Et se réjouiront alors les chômeurs et les travailleurs sans-papiers, les smicards et les précaires. Se réjouiront alors les jeunes et les retraités, les travailleurs qui ne gagnent pas plus et les familles aux fins de mois difficiles. Se réjouiront alors tous les laisser pour compte du sarkozisme comme tu te réjouiras, toi, peuple de France, car Carla si belle et si gentille, Carla qui ne comprend rien à la politique, Carla qui n'a pas libéré Ingrid Bétancourt mais qui a touché le Dalai Lama, Carla qui rencontrera sans doute le pape Benoit XVI la semaine prochaine à Paris, Carla bientôt sera gravide - et on prétendra bien entendu que ce n'est pas seulement pour distraire le peuple.

D'ailleurs le bon peuple sait très bien se distraire tout seul qui se demandera aussitôt : Mais qui donc est le père ?



Source : Rachida, Nicolas et Carla font des bébés




La Route, de Cormac McCarthy

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La Route, de Cormac McCarthy



La route Cormac McCarthyVous pouvez lire, comme chaque année, Christine Angot ou Catherine Millet, par exemple, ou d'autres... Il y a parmi eux sans doute quelques écrivains véritables... de même que parmi les 675 bouquins en librairie qu'ils ont produits pour cette rentrée littéraire vous trouverez quelques bons mots qui vous réjouiront, quelques lignes qui vous désennuieront, peut-être même quelques romans passables et qui vous feront passer un moment tout à fait sympathique, sait-on jamais...

Peut-être, je ne sais pas, moi je ne les lirai pas ; pas tout de suite, ne pas acheter ce qu'on veut me vendre, ne pas entrer dans une librairie comme on va en grande surface choisir ses yaourts, et ne pas en sortir comme on a acheté de la viande chez son boucher. Vous l'aurez compris, je n'apprécie guère pas la rentrée littéraire, pas plus que je ne suis jamais parvenu à apprécier ou même estimer un peu l'un ou l'autre des auteurs charismatiques qui en sont les habitués, les fers de lance, les icônes marketing et qui parlent de leur cul ou de leurs intestins, de leurs egos malades, de leurs nostalgies aussi surfaites que convenues, d'un peu de tout et surtout de rien avec à l'occasion un savoir faire indéniable mais le plus souvent sans talent littéraire particulier, sans génie, sans âme : on lit, on aime un peu ou pas du tout, aussitôt on oublie. Au mieux, une passade.

Cormac McCarthy est un écrivain qui a du génie et qui vient de nous livrer un roman phénoménal. Il est entre autres l'auteur de Suttree ou De si jolis chevaux et, plus récemment : Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme - No country for old men que je n'ai pas lu encore mais qui a donné un film splendide réalisé par les frères Coen (lesquels dans leur domaine ne sont pas non plus tout à fait dépourvus de génie). Sur Wikipedia, je lis que "le critique littéraire Harold Bloom considère Cormac McCarthy comme un des quatre romanciers américains majeurs de son époque, aux côtés de Thomas Pynchon, Don DeLillo, et Philip Roth. On le compare régulièrement à William Faulkner et, plus rarement, à Herman Melville. Autant que je puis me le permettre, je confirme - à ceci près que je ne connais pas Thomas Pynchon et que j'aurais également cité Russell Banks.

Bref, venons-en au fait, c'est-à-dire à ce roman phénoménal qu'est La Route, dernier né de Cormac McCarthy donc et livre apocalyptique s'il en est : c'est que la fin du monde a eu lieu ! Un homme - désigné comme "l'homme" tout au long du roman - et son fils - "le petit" - errent sur une terre dévastée, littéralement en cendres, et sous un ciel noir que ne savent plus percer les rayons du soleil. Un monde où toute vie, animale ou végétale, a presque entièrement déserté. Un monde misérable et violent où quelques rares survivants parmi les hommes menacent à chaque pas que l'on parvient encore à faire sur cette route qui ne peut mener nulle part mais qu'ils parcourent tout de même parce qu'il s'agit de ne pas renoncer à être. Parce que contre toute raison, dans ce monde sans espoir, l'homme espère en son fils dont l'innocence semble encore, miraculeusement, intacte. Le petit est ce qui reste de conscience à l'homme et le retient de sombrer dans le renoncement à sa propre humanité. Aussi l'homme assure-t-il la survie de son petit, lui trouve de quoi ne pas mourir de faim ou de froid, le protège des méchants et dit "tu comprends, je dois m'occuper de tout"... tandis que le petit assure la survie de l'humanité de son père et lui répond "non, je dois m'occuper de tout" et c'est lui qui a raison parce que le plus grand danger qui les menace n'est pas la faim ou le froid, ni la mort, mais d'avoir à renoncer à eux-mêmes en devenant à leur tour ces méchants qui pour survivre tuent et mangent leurs semblables plutôt que de continuer à les considérer comme des frères auxquels s'unir dans une solidarité de destin, franchissent l'une après l'autre toutes les frontières de l'humanité et il s'agit donc de n'en pas franchir une seule sauf à risquer de ne plus être différents de ceux-là qui ont tué, décapité, embroché et mis sur les braises un nouveau-né dans l'intention de tromper un peu la faim et prolonger à tout prix leurs existences terrifiantes de solitude. Eux seront donc les gentils, le resteront et même si cela ne devait servir à rien. Désespérément humain et parce que c'est le dernier espoir qui leur reste.

Un roman profondément noir et pourtant éperdument chargé d'humanité et de poésie. Un livre d'une puissance rare écrit au scalpel et qui vous écorchera vif. Vous pouvez bien entendu ignorer mon conseil et choisir de vous plonger une fois encore dans les efforts plumitifs d'une Amélie Nothomb. Sûr alors que vous en ressortiriez indemne, réjoui de pouvoir vous dire que même pas mal !... Cependant, vous ignoreriez aussi combien riche est parfois la douleur quand l'intelligence et la poésie s'en mêlent, et combien la grandeur d'un écrivain parvient par la grâce de ses mots à grandir son lecteur qu'il maltraite de tout son talent et jusqu'à lui arracher le coeur pour mieux l'émouvoir.



Source : La Route, de Cormac McCarthy




L'aphorisme de la table à repasser

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L'aphorisme de la table à repasser



livre virtuel

Devant une table de repassage, l'homme de bonne volonté garde de bien naturelles limites.



Source : L'aphorisme de la table à repasser




Retour de vacances

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[premier jet] Retour de vacances



Retour de vacances


livre virtuelEt Lola qui ne s’endort pas depuis sept cents kilomètres. Lola qui nous fait partager son impatience depuis six cent quatre-vingts kilomètres. Quand est-ce qu’on arrive, Papa ? On est arrivé bientôt, Papa ?... Lola qui a faim ou soif, ou envie de faire pipi, et qui ne cesse de geindre. Maintenant elle a mal au cœur. Je ne la supporte plus.
« Papa, j’ai mal dans le cœur », dit-elle.

Je ne la crois pas. Je n'ai pas envie de la croire. L'expression enfantine qu'elle a employée devrait me faire sourire, mais je ne la supporte plus. Je voudrais juste qu'elle s'endorme. Qu'elle se taise. Cela fait deux grosses heures que la nuit a étendu son manteau sur le ruban d'asphalte sombre et que les phares blancs des autres véhicules me brûlent les yeux. Fatigué de tenir le volant, je suis fatigué de tout. Paris n'est plus très loin dont on devine au loin la lueur. Je voudrais y être déjà.
« Lola, tiens-toi un peu tranquille. Tu vomiras quand nous serons à la maison. »

Depuis que nous avons passé le péage, les camions sont plus nombreux, mais la circulation demeure encore relativement fluide pour un retour de vacances. Rien à voir avec ce que nous avons traversé dans la vallée du Rhône. J'ai bon espoir de franchir le périphérique dans la demi-heure. Nous serons à la maison avant minuit, je pense.

Et Sylvie qui depuis que la nuit est tombée se contente de somnoler sur son siège. Sylvie qui ne se donne plus la peine de me faire la conversation. Je ne m'en plains pas d'ailleurs. Elle pourrait tout de même s'occuper de sa fille. Mais c'est à moi qu'elle s'adresse :
« Elle est vraiment pâle, tu sais. On devrait peut-être s'arrêter. »

Je suis épuisé. J’en ai marre d’être cloîtré dans cette voiture, marre de tout. Être enfin arrivé est tout ce qui m'importe.
« On dirait vraiment que tu ne la connais pas. Quand elle est comme ça, elle serait capable de se faire saigner du nez pour simplement avoir raison. Elle a tenu sept cents bornes, elle en supportera bien quelques dizaines de plus. »

Le silence s’installe dans la voiture. Je déteste avoir le mauvais rôle. Être enfin arrivé... Il faudra encore sortir les bagages du coffre, les monter jusqu'à l'appartement. Quatre étages, pas d'ascenseur, des valises qui pèsent chacune une tonne. J'aurais bien mérité une bonne nuit de sommeil, mais demain matin lever à sept heures trente pour aller travailler plus.

Je roule excessivement vite. Sylvie ne dit plus rien. C'est tant mieux. D'ailleurs tout le monde roule trop vite. L'approche de l'écurie sans doute.

«  Papa ? »
Je commence à penser qu'elle le fait exprès. Je suis excédé :
«  Quoi encore ?!
- Je crois que j'ai vomi dans la voiture…
- Putain, c'est pas vrai ! »

La colère est une vague qui me submerge. Je me retourne. J’ouvre la bouche pour hurler sur l'insupportable enfant. Et puis c’est le cri de Sylvie qui me parvient, comme s’il sortait de moi alors qu’il s'y engouffre :
«  Marc, le camion ! »

Et le semi-remorque qui se couche, l'interminable semi-remorque qui n’en finit pas de se coucher en travers de la route. Qui s'étend là devant nous avec une surprenante langueur et qui glisse et n'en finit pas de glisser. Je n'ai le temps de rien. J'enfonce la pédale de frein, je tourne le volant dans un sens et puis dans l'autre, je n'en finis pas d'avoir le temps de rien.

Je perçois le long silence atterré qui tournoie dans l'habitacle juste avant que se produise l’impact et je n'ai non plus le temps que coule une larme.





Source : Retour de vacances




Page 123, cinquième ligne : Ulysse

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[Chaîne de Blogs] Page 123, cinquième ligne : Ulysse





Ulysse de James Joyce, Nouvelle traductionCela fait plusieurs jours que je vois se former cette chaîne, dont je n'ai pas réussi à trouver le premier maillon. Elle me plaisait et j'attendais avec impatience d'être "tagué" (mot barbare). C'est ce cher Abadinte qui a bien voulu mettre fin à mon attente angoissée.

Il y a des règles dont la deuxième [sic] est de citer le règlement. Je m'y soumets et ensuite je m'autoriserai à tricher un peu.

Règlement :

  1. citer la personne qui vous a tagué et mettre un lien vers son blog ;
  2. indiquer le règlement du jeu ;
  3. ouvrir un livre que l'on aime à la page 123 ;
  4. recopier à partir de la cinquième phrase et les cinq phrases suivantes ;
  5. indiquer le titre du livre, le nom de l'auteur, de l'éditeur, ainsi que l'année d'édition ;
  6. taguer 4 personnes dont vous souhaitez connaître les lectures et les avertir sur leur blog ;

Ayant respectueusement réalisé les trois premiers points, j'attaque à présent le quatrième qui, semble-t-il, s'est transformé au fil de la chaîne - façon téléphone arabe 2.0 - en un "recopier la cinquième ligne et les cinq lignes suivantes" beaucoup moins attrayant et que je vais donc feindre d'oublier. Je fais d'ailleurs remarqué à mes petits camarades prédécesseurs qu'une ligne (ou phrase) plus les cinq suivantes font en tout six lignes (ou phrases) et pas seulement cinq - ils sont un certain nombre à avoir ainsi compté comme des cancres, ce qui me donne quelques phrases d'avance et autorise la petite tricherie qui suit et que je ne justifie de fait pas davantage.

M. Bloom fut pris soudain d'une grande volubilité en s'adressant à ses compagnons.
- Il en circule une bien bonne en ce moment sur Ruben J. et son fils.
- L'histoire du batelier ? demanda M. Power.
- Oui. N'est-ce pas qu'elle est bien bonne ?
- De quoi s'agit-il ? demanda M. Dedalus. je ne l'ai pas entendue.
- Le fils avait une fille en vue, commença M. Bloom, et son père avait décidé de l'envoyer sur l'île de Man pour leur éviter de faire une bêtise, mais quand ils furent tous deux...

- Hein ? fit M. Dedalus, ce grand dégingandégandin ?
- Oui, dit M. Bloom. Ils se rendaient tous les deux vers le bateau et il essaya de noyer...
- De noyer Barabbas ! s'écria M. Dedalus. J'espère qu'il l'a fait, par le Christ !
M. Power émit un rire interminable sous l'écran de ses mains qui voilaient ses narines.
- Non, dit M. Bloom, le fils en personne...
Martin Cunningham lui coupa abruptement la parole :
- Reuben J. et son fils décanillaient sur le quai en direction du bateau de l'île de Man quand le jeunot s'est soudain échappé, a sauté par-dessus le parapet et s'est retrouvé dans la Liffey.
- Mon Dieu ! s'exclama M. Dedalus alarmé. Est-il mort ?
- Mort ! s'écria Martin Cunningham. Que non ! Un batelier a pris une gaffe, il l'a pêché par le fond de culottes et il fut ramené comme ça à son père sur le quai. Plus mort que vif. La moitié de la ville était là.
- Soit dit M. Bloom. Mais le plus drôle...
- Et Reuben J., dit Martin Cunningham, s'est fendu d'un florin qu'il a remis au batelier en échange de la vie de son fils.
La main de M. Power ne put retenir le souffle qu'elle tentait d'étouffer alors qu'il pouffait.
- Il le lui a remis, insista Martin Cunningham. Grand seigneur. Un florin d'argent.
- N'est-ce pas qu'elle est bien bonne ? s'empressa de dire M. Bloom.
- C'était un shilling huit de trop, jeta M. Dedalus.
Le rire contenu de M. Power fusa dans la voiture.

dans Ulysse, de James Joyce - p.123 cinquième phrase et suivantes, Nouvelle Traduction ; Editions Gallimard (2004).

Il ne me reste plus qu'à nommer les quatre maillons à suivre, qui auront la tâche de respecter scrupuleusement le règlement pour compenser un peu le degré de liberté qu'il m'a plus de prendre. J'appelle donc à la barre :

  • Rimbus, mon ami du oueb ;
  • Sylvie, qui sait pourquoi ;
  • Balmeyer, qui ne sait pas pourquoi mais moi je sais ;
  • Zoridae, et je ne sais vraiment pas pourquoi, peut-être pour ses beaux yeux et un sourire qu'on tend en retour à une inconnue croisée dans la rue et qu'on ne reverra sans doute plus...


Précision importante à l'attention des quatre nominés : en aucun cas les vacances ne pourront être prétexte à une esquive. Que vous reveniez demain (pas de chance), dans une semaine (c'est court), dans un mois ou dans un an (vous dansiez, j'en suis fort aise), aucune prescription ne sera intervenue pour vous soulager de ce rébarbatif labeur qui demeure impératif.

Eh bien, dansez maintenant !



Bonus Track :
extraits du final du monologue intérieur de Molly Bloom



Source : Page 123, cinquième ligne : Ulysse






Prix du tabac et cancer de l'esthète

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Prix du tabac et cancer de l'esthète





papier à roulerLongtemps je suis passé pour un original, parce que la mode en était passée et que moi j'avais passé l'âge mais que je continuais de rouler mes clopes. J'aime ça, le rituel surtout, une certaine sensualité du geste, d'abord les doigts et puis la langue...

Puis le prix du tabac s'est mis à flamber et plus il flambait plus les fumeurs venaient ou revenaient au tabac à rouler. Ça m'amusait, moi, de les voir tordre leurs doigts maladroits avant de se coller dans le bec, un peu honteux, un clope aussi inélégant que difforme, aplati aux extrémités, enflé au centre, torsadé. Certains croyaient sans sortir plus glorieusement au moyen d'aberrantes machines à rouler. Mais voilà, l'exercice possède alors à peu près autant d'intérêt que de se servir d'un rasoir électrique plutôt que d'une lame, sans même mentionner le manque de classe. Beaucoup renonçaient après quelques semaines d'efforts louables mais forcément infructueux : habitués de la satisfaction immédiate de leur besoin de fumer, ils ne pouvaient qu'ignorer que le plaisir était dans la façon de la cigarette, bien plus que dans sa consommation - le chemin à parcourir plutôt que le but à atteindre. Le prix des cigarettes pouvaient bien continuer d'augmenter, un monde continuait de nous séparer, eux et moi : fumer était pour eux un luxe, quand cela demeurait pour moi un artisanat, une certaine esthétique prolétarienne.

Alors, quand je lis aujourd'hui sur Liberation.fr que le prix du tabac à rouler va augmenter en août, ça me met en rogne. Car si rouler son clope relève de l'art prolétarien, il est proprement scandaleux qu'on en vienne à rogner aussi sur le pouvoir d'achat des artistes que nous sommes (moi et quelques autres esthètes de l'artisanat tabagique). Il est insupportable et insultant qu'on nous confondent ainsi avec le tout-venant, l'exécrable bourgeoisie des fumeurs, cette cohorte vulgaire des drogués industriels !

D'ailleurs, des études scientifiques réalisées par des laboratoires spécialisés abondent dans mon sens : le vulgaire et l'esthète ne sont pas soumis, face au tabac, aux mêmes dangers. Voici trois photos, extraites du rapport secret détenu par le ministère de la santé depuis plusieurs années, qui en apportent la preuve formelle :

Que cherche le gouvernement ? A sauver quelques vies triviales au risque de tout bonnement assassiner ma beauté intérieure ? Ne savent-ils pas que tout crime contre le beau est un crime contre l'Homme lui-même ? Je hais ces rustres abominables qui prétendent nous gouverner - et comment le pourraient-ils : ils ne savent pas même vivre !





Source : Prix du tabac et cancer de l'esthète






Embruns et effluves

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Embruns et effluves





Embruns et étronAprès Embruns et embrouilles, je remets ça parce que décidément, je m'amuse beaucoup avec ce garçon - bon, en même temps, c'est presque trop facile et je vais donc vite me lasser.

Donc, aujourd'hui, après avoir passer quelques heures à s'enorgueillir d'être attentif à la préservation de ce qu'il appelle "son écosystème" de tous ceux qui "le font chier" (je cite) parce qu'ils viennent taquiner sa Môjesté, l'ami Embruns n'a pas résisté et a consacré un billet (bon, je sais pas si c'est là bien le mot) à ces blogueurs qui (donc) "le font chier".

Alors, arriva bien entendu ce qui devait arriver : les qui font chier sa Môjesté Embruns sont venus faire chier sous le billet (non, sûr que c'est pas le mot !) de sa Môjesté Embruns qui donc parlait d'eux.

Moi, forcément, ça m'a inspiré le commentaire suivant - suis comme ça, je résiste pas à mes inspirations (ça m'épuise) :

Dites, laurent, vous ne seriez pas en train de refonder votre écosystème... à vous complaire ainsi à parler des personnes qui (je vous cite) "vous font chier", donc inévitablement à baigner et vous ébattre dans vos propres déjections.

"Embruns", je viens de comprendre : c'est une litote pour les "Effluves" d'un écosystème merdique...

C'est mignon tout plein.

Bon j'admets que "écosystème merdique" prête à confusion (si on ne veut pas faire l'effort nécessaire) et qu'il aurait été plus prècis (mais peut-être moins subtil) d'écrire "écosystème emmerdé". Cela dit, vous je sais pas, mais moi ça me fait rire - je sais, il faut pas dire qu'on se fait rire, c'est un poil prétentieux, mais voilà : ça me fait rire, moi ! (admettez que c'est déjà un beau résultat).

Bref, Embruns, lui, ça ne semble pas du tout l'avoir fait rire et, une fois encore, tout plein de rage, il a gribouillé très fort par dessus mon commentaire. Ce qui, forcément, m'a fait réagir (parce que j'aime bien pousser grand-mère dans les orties) :

C'est marrant, je me doutais que vous seriez inaccessible à ce genre d'humour. vous qui donnez si facilement dans la causticité, vous devenez étrangement très sérieux et très premier degré quand il s'agit de votre propre personne.

Détendez-vous, que diable ! ce ne sont là que joutes verbales sans conséquence - et que vous avez en l'occurrence vous-même initiées avec ce billet, admettez-le.

Détendez-vous, prenez un peu de hauteur et souffrez donc qu'on vous taquine un brin.

Non ?

Bon, jusque là ça va, il n'a pas encore joué les gribouilleuses. Mais c'est peut-être parce qu'il en est, à cette heure où j'écris (tard, trop tard!), à justifier des insinuations d'incitation à la pédophilie visant ces mêmes (toujours) "qui le font chier"...

... tiens tiens, c'est étrange, mais ça devient tout à coup moins marrant. Non ? Voire ça commence à fleurer sacrément mauvais : de vraies effluves de merde, pour le coup.Vous ne sentez pas ? Vous voudriez sentir ? Ledit billet - non, j'ai enfin trouvé le mot qui convient : l'étron est à cette adresse (mais vraiment, c'est uniquement si le coeur vous en dit)...

 


Source : Embruns et effluves






J'ai été censuré chez Embruns

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Embruns et embrouilles



Toujours des hommes bâtissent des murs pour se protéger et, ce faisant, s'y enferment avec ceux qu'ils veulent reconnaître pour leurs semblables. Ces hommes-là, derrière leurs hauts murs, inaccessibles à tous ceux qui sont en dehors de leur petit monde docile et apprivoisé, sont désespérants.





Embruns a publié une petite heure avant la sortie du nouveau classement Wikio un billet façon vierge effarouchée accouplée au chevalier blanc qui se la pète... dans lequel il demande de ne plus figurer dans le classement Wikio.

Bruce Springsteen - the BossEmbruns a donc écrit sa petite bafouille :

"M. Wikio,
Merci de bien vouloir m’enlever dans les meilleurs délais de votre classement ridicule. Votre bousin ne m’apporte que des désagréments. Je n’ai pas besoin de plus de visibilité et je tiens à garder intact l’heureux écosystème qui gravite autour de mon carnet Web. Je ne tiens pas non plus à être intégré sans mon accord dans un outil qui manque tant de transparence sur ses tenants et aboutissants.
Je vous prie également, par la même occasion, de vous abstenir de republier publiquement la moindre portion de mon flux XML.
Meilleures salutations.
Laurent Gloaguen.
"

Lisant cela, je me suis quant à moi permis de dire, dans les commentaires du dit brillant billet, ce que j'en pense - tellement ça me semble encore plus con qu'orgueilleux, cette démarche :

"Bah alors ça comme requête, c'est totalement débile ! Ton blog est public, en parle qui veut, même ce cher M.Wikio. Hey, Embruns, c'est le oueb, tu te rappelles !
Tant que t'y es, je te suggère ce billet, ça marche aussi :

Mme Google,
Merci de bien vouloir m'enlever dans les meilleurs délais de votre base de référencement ridicule. Votre bousin ne m'apporte que des désagréments. Je n'ai pas besoin de plus de visibilité et je tiens à garder intact l'heureux écosystème qui gravite autour de mon carnet Web. Je ne tiens pas non plus à être intégré sans mon accord dans un outil qui manque tant de transparence sur ses tenants et aboutissants.
Je vous prie également, par la même occasion, de vous abstenir de republier publiquement la moindre portion de mon flux XML.
Meilleures salutations.
Laurent JeC+koiInventerPourFaireleMalin"

Ce cher Embruns a choisi de censurer ce commentaire et invoque pour ce faire la raison suivante : "J'ai supprimé votre commentaire qui me traite de débile, vous ne faites justement pas partie de l'écosystème."

Ce à quoi j'ai pondu la réponse suivante : "C'est la requête que je juge débile et c'est sans ambiguïté ce qui était écrit. De même que je trouve maintenant cette censure parfaitement stupide. Quant à vous, je ne vous connais pas et je ne me permets pas de vous qualifier. Eventuellement, je dirais que vous n'êtes décidément pas beau joueur. Rassurez-vous, ce n'est pas bien grave."

Il me faut ici maintenant ajouter - même si ce n'était pas d'avantage ambigü - que c'est à la démarche d'Embruns qu'il faut attribuer le qualificatif de "plus con qu'orgueilleux".

Après, on me dira qu'un individu se définit d'après ses actes. Ce n'est pas faux, mais cela sous-entend l'ensemble de ses actes. Un billet (ou même un blog tout entier) ne saurait se substituer à l'ensemble des actes d'un individu.

Bref, quelle que soit l'importance que lui-même se donne, Laurent Gloaguen ne m'intéresse pas et je le dis sans offense. Je réagis à ce qui me fait réagir - en l'occurence, quelques mots qui me semblent risibles (mais aussi révélateurs d'une forme de pensée) pondus par (mais c'est accessoire) un dénommé Embruns.

Je trouve étrange et fascinant à quel point, même sur un espace aussi libre et à la fois protecteur que le oueb, certains se trouvent encore comme apeurés et bridés, au point de chercher à toute force à se protéger de l'Autre qui les perturbe, qui déforme l'image qu'ils cherchent à donner d'eux-mêmes - et d'abord à eux-mêmes.

Tout bien réfléchi, c'est d'ailleurs sur le thème de "l'écosystème à préserver" qu'il serait le plus intéressant de se pencher. Pour faire court, ça me fait penser à ces fermiers du Far West qui voulurent mettre des barbelés sur la prairie. Toujours des hommes bâtissent des murs pour se protéger et, ce faisant, s'y enferment avec ceux qu'ils veulent reconnaître pour leurs semblables. Ces hommes-là, derrière leurs hauts murs, inaccessibles à tous ceux qui sont en dehors de leur petit monde docile et apprivoisé, sont désespérants.


Source : J'ai été censuré chez Embruns



Crédit photo : Raphael Goetter






Bruce Springsteen et moi

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Un billet pour frimer (et passer mes nerfs)



Bruce Springsteen et moi... au Parc des Princes



Bruce Springsteen - the BossVendredi prochain, le 27 juin, Bruce Springsteen et The E Street Band seront au Parc des Princes. Et moi aussi !

Et alors, dites-vous ?

...

C'est donc que vous ne savez pas. Vous ne savez pas qui est Bruce Springsteen et donc aussi bien vous ne savez rien. Laissez-moi vous dire un peu et faire votre éducation, vous dire juste deux trois mots à propos du Boss et du rock.

Bruce Springsteen est l'esprit du rock, ça commence comme ça. Bruce Springsteen colle à la culture rock comme ses jeans lui collent aux fesses. Il est à la fois fils de Elvis Presley et de Bob Dylan, et père des Rolling Stones et de Madonna. Il est à la fois la tendresse brute et écorchée de l'enfant qui ouvre ses grands yeux naïfs sur les beautés indicibles du monde et la rage révoltée contre toutes les oppressions conservatrices et morales. Il est la violence d'une eau pure qui tombe en cascade et gicle contre la roche, mais aussi le cours tranquille du ruisseau auquel les amoureux vont se rafraîchir. Il est l'éclat du soleil couchant et la profondeur éternelle de la nuit. Il est la tempête et le silence suspendu qui lui précède. Il est l'émoi timide d'un premier baiser et le déchaînement apoplectique de l'orgasme. Il est l'alchimie parfaite entre virilité totale et sensualité totale. Il est sans compromis et il est The Boss parce qu'en réalité, Bruce Springsteen EST le rock.

J'en fais trop, dites-vous ?

...

Ne m'emmerdez pas ! Comprenez simplement que Bruce Springsteen est de ces rares survivants d'un monde plus entier et qui n'est déjà plus, qui a laissé sa place à ces temps modernes et tristes où l'excès est banni, où l'on exige de chacun d'avoir en toute chose le sens de la mesure et de la pondération, où règnent le relatif et donc les engagements timorés, et triomphent la morosité et tous ces vrais méchants qui eux ne s'embarrassent pas de nuances ou de retenue quand il s'agit de se servir et nous sucer le bonheur à même le cerveau - et non je ne suis pas énervé !




Bruce Springsteen - War (live)



Source : Bruce Springsteen et moi






Invitation au voyage

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Tous les hommes dansent



Invitation au voyage - Where the Hell is Matt ?

Matt est un petit gars du Connecticut qui ne dit pas qu'il est poète. Il voyage autour du monde et lorsqu'un endroit lui plaît, il danse devant sa caméra. Et, partout, de Kuwait à Zanzibar, de Madagascar en Nouvelle-Guinée, de Suède en Corée, des Iles Salomon en Argentine, hommes, femmes et enfants dansent avec lui. Et, partout, sur tant de visages différents, c'est le même sourire que l'on retrouve, c'est-à-dire la même humanité qui s'exprime et qui témoigne d'elle-même,de Petra au Machu Picchu.

Ce qui ne gâte rien, c'est que les vidéos de Matt sont une succession de cartes postales du monde, toutes plus belles les unes que les autres. Mais je vous l'ai dit, Matt est un poète. Affaire de sensibilité, sans doute - ou d'humanité.


Where the Hell is Matt? (2008)

Vous pouvez retrouver Matt sur son site, et en particulier toutes ses précédentes vidéos. Faites un beau voyage.


Source : Invitation au voyage






Ta mère en string avec un sex toy !

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Ta mère en string avec un sex toy !



Fête des mères : peut-on lui offrir un gode ?

En matière de mailing façon spam, je croyais avoir tout reçu, de ceux qui me promettent toutes les manières d'avoir un plus gros zizi (mais comment savent-ils ?) à ceux qui me proposent des pillules de toutes les couleurs pour devenir un meilleur amant (oui, comment ?), du riche héritier africain qui a besoin de faire transiter ses millions par mon compte en banque à la bimbo russe qui m'envoie sa photo nue assortie d'une demande en mariage, en passant bien entendu par des offres non moins alléchantes (sauf que je suis un mordu de la pomme) sur des antivirus pour mon PC (c'est quoi un virus ?).

Mais aujourd'hui, à quelques jours de la fête des mères, voici ce que je reçois dans ma boîte mail :





Moi, j'ai la maman la plus jeune et la plus belle du monde - oui, j'ai cette chance là !... Qui plus est, je suis le gars le plus cool de la terre et d'une largesse d'esprit proprement phénoménale. Pourtant, et allez donc savoir pourquoi, je me vois mal offrir à ma mère, dont cependant j'ai depuis longtemps compris qu'elle était aussi une femme, un mini canard de bain vibrant "Golden duckie", un mini vibromasseur stimulation point G, waterproof, intensité variable ou des boules de geishas perles de plaisir.

Ce n'est pas que je ne lui veuille pas du bien, à ma petite maman chérie, mais de même que je me suis toujours gardé de pénétrer à l'improviste dans sa chambre passée une certaine heure de la nuit, il y a certaines facettes de sa vie de femme desquelles je crois préférable de n'avoir pas à me mêler, fut-ce même avec l'idée innocente de lui faire un grand plaisir. D'ailleurs pour la rendre heureuse, un collier de nouilles a jusqu'ici toujours su faire l'affaire.

C'est là l'immense avantage des mamans sur toutes les autres femmes : quand il s'agit de les combler de bonheur, un rien leur suffit - et, oui je sais, les fils en abusent (je l'entends déjà me dire : "Un peu plus que rien n'est pas mal venu non plus, tu sais..."). Quelqu'un connaît un bon site sur le macramé ?


Source : Ta mère en string avec un sex toy !






Tripod - True Geek Love (avec sous-titres)

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Tripod - True Geek Love (avec sous-titres)



Mesdames, votre homme est-il un geek ?

Et d'abord savez-vous ce qu'est qu'un geek ? Sur Wikipedia, on lit ceci : Un geek (terme anglais se prononçant [giːk] ou [dʒiːk] selon les locuteurs, mais c'est [giːk] qui est authentique) est un stéréotype décrivant une personne passionnée, voire obsédée, par un domaine précis, généralement l'informatique. Le type même du geek a un profil scientifique et est féru de superhéros et de science-fiction....

Bon, mais comment reconnaître à coup sûr qu'on vit sous le même toit qu'un geek ? Sexe et geek sont-ils compatibles ? Il me préfère vraiment son ordi ou bien il a une maîtresse ? Que puis-je faire ? Autant de questions que vous êtes de plus en plus nombreuses à vous poser et auxquelles cette petite chanson du groupe Tripod devrait permettre d'apporter certaines réponses définitives :






Tripod - True Geek Love (avec sous-titres)






"Troïlus et Cressida" : Shakespeare / Declan Donnellan

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Troïlus et Cressida : Shakespeare / Declan Donnellan



Epoustouflant !

Troïlus et Cressida : Shakespeare et Declan Donnellan

Troïlus et Cressida est sans aucun doute, dans sa construction et son écriture, une des pièces les plus déroutantes de William Shakespeare. Et si on hésite tout du long de la pièce entre comédie et tragédie, entre épopée et romance, entre héros et bouffons, c'est qu'en réalité on assiste à tout cela à la fois et qu'on y plonge avec délice tant il est clair que cette pièce-là est une de ces oeuvres monumentales de ce géant de la dramaturgie.

Troïlus et Cressida sont deux jeunes amants dont l'amour a pris corps au coeur même de Troie assiégée par les troupes grecques, menées par le grand Agamemnon et venus jusque sous ces remparts pour reprendre Hélène à Paris et la rendre à Ménélas. Ainsi la toile de fond de cette pièce est-elle formée par la foule étincelante des héros grecs et troyens. Pourtant, loin d'être ici perchés haut sur leurs habituels piédestaux de sentiments purs, Shakespeare s'est plu à les dépeindre, sinon moins glorieux, du moins plus humains, à une distance plus que respectable des Dieux. Agamemnon est un imbécile ; le sage Ulysse est un chef d'état-major pompeux et manipulateur, adepte sournois de l'intrigue et des coups fourrés ; le grand Ajax est une brute épaisse et à la cervelle étriquée ; quant à Achille, le voilà bouffi d'orgueil, aussi vil que vaniteux ; du côté des Troyens, on ne voit qu'une bande de courtisans sans saveur, faisant force courbettes devant cette catin d'Hélène et de laquelle n'émerge en définitive qu'Hector, dont la stature de héros est épargnée comme pour mieux faire contraste ; et la guerre, fut-elle de Troie, en paraît soudain plus prosaïque et son motif plus vulgaire : "Quelle bouffonnerie !, dit Thersite, La cause de tout ce bruit, c'est un cocu et une putain. Bonne querelle pour dresser les factions jalouses et faire qu'on se saigne à mort !"...

Bien entendu, Troilus assistera à la trahison de Cressida, Patrocle sera tué par les Troyens et Achille terrassera Hector - ici au prix d'une traîtrise indigne d'un héros grec. Mais l'essentiel est ailleurs et que nous donne à savourer ce talentueux metteur en scène qu'est Declan Donnellan - souvenez-vous, Cymbeline (encore Shakespeare), c'était déjà lui - et sa troupe de comédiens, tous magistraux. L'essentiel est, pour emprunter les mots de Donnellan, dans cette "satire imprégnée de sauvagerie cruelle et de fureur brutale qui traite de la guerre en attaquant sa capacité d’enchantement pervers et d’envoûtement, ce qui fait l’essence de la sottise et l’absurdité même de la guerre."

La scène est un simple podium, plutôt étroit, sur laquelle défilent sur un rythme effréné, et devant les spectateurs placés de part et d'autre, troyens en blancs et grecs en noirs. Pour tout accessoire, quelques tabourets carrés, ainsi que le talent immense et la fougue généreuse des comédiens, dirigés magistralement par un metteur en scène dont la sobriété rend hommage à une inventivité tout en intelligence et finesse. Et lorsque Patrocle doit mourir, quand d'aucun aurait sans doute cédé à tel effet spécial spectaculaire à base d'une abondance giclante d'un succédané de ketchup, Declan Donnellan choisit de le faire disparaître derrière les trois boucliers de ses trois assassins qui le trucident en glissant leurs épées dans les interstices aveugles : il est mort, théâtralement - et c'est beau.

Inutile d'en dire davantage, ce sont trois heures tout simplement sublimes et, habitués ou non des salles de spectacle, vous constaterez avec bonheur que ça faisait trop longtemps que vous n'aviez pas été au théâtre.


Troïlus et Cressida : Shakespeare et Declan Donnellan


"Troïlus et Cressida" : Shakespeare / Declan Donnellan






Du mensonge christique et de la tragique illusion de Dieu

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Ce matin, envie de bouffer du curé !


Du mensonge christique et de la tragique illusion de Dieu


envie de bouffer du curéMercredi 13 janvier 2008, au dîner du CRIF auquel il était convié, en déclarant : "Le drame du XXème siècle, de ces millions d'êtres projetés dans la guerre, la famine, la séparation, la déportation et la mort, n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence", Nicolas Sarkozy, décidément tout petit président de la république laïque de France, a franchi les limites de l'acceptable.

Une telle déclaration publique, officielle, est une agression insupportable contre les convictions de tous les athées, ou du moins contre mes convictions philosophiques personnelles - et je vais éviter ici de sombrer d'ores et déjà dans un pseudo communautarisme des sans-dieu.

Disons-le tout net, je vis cette dernière éructation présidentielle comme une provocation de trop et une déclaration de guerre, comme un appel à déterrer des armes qui furent enterrées avec le calumet de la paix de la laïcité.

C'est pourquoi je m'autorise à proclamer ici publiquement que le grand drame de l'Histoire des hommes depuis vingt siècles, d'obscurantisme en oppression, de massacre en génocide, de guerre en croisade, de colonisation en esclavagisme, est le fruit du mensonge christique dont le poison est la tragique illusion de Dieu.

Et je me souviens soudain, qu'à la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, le 20 décembre dernier, ce même Sarkozy, étriqué et vulgaire avait déclaré que "dans la transmission et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur". Aussi, puisque la guerre est ouverte, j'affirme en retour que les petits enfants deviendraient moins facilement de grands cons si on leur évitait d'avaler toutes les conneries que débitent les curés.

Le 27 septembre 1946, un certain Gilles Colin écrivait dans le Monde Libertaire : "Soit dit en passant, les zélateurs de la religion catholique sont bien obligés d'imputer à leur fétiche tout puissant, Jésus-Christ, la conception et la réalisation des sanguinaires mise en scène que sont les guerres mondiales. Obligés de lui reconnaître une intervention personnelle dans les catastrophes ferroviaires et autres fariboles qui ne constituent pour lui que les plus inoffensifs et dilettantiques passe-temps.". Gilles Colin était alors le pseudonyme d'un certain Georges Brassens, lequel écrivit également ces quelques vers :

Le clergé vit au détriment
Du peuple qu'il vole et qu'il gruge
Et que finalement
Il juge.

(Georges Brassens / 1921-1981 / Opinion)

Mais puisque je donne dans la citation, je vous livre également celle-ci qui me plait beaucoup :

"On sent, je crois, qu'avoir de la religion, pour un enfant, et même pour un homme, c'est suivre celle où il est né. Quelquefois on en ôte ; rarement on y ajoute ; la foi dogmatique est un fruit de l'éducation. Outre ce principe commun qui m'attachait au culte de mes pères, j'avais l'aversion particulière à notre ville pour le catholicisme, qu'on nous donnait pour une affreuse idolâtrie, et dont on nous peignait le clergé sous les plus noires couleurs. Ce sentiment allait si loin chez moi, qu'au commencement je n'entrevoyais jamais le dedans d'une église, je ne rencontrais jamais un prêtre en surplis, je n'entendais jamais la sonnette d'une procession sans un frémissement de terreur et d'effroi, qui me quitta bientôt dans les villes, mais qui souvent m'a repris dans les paroisses de campagne, plus semblables à celles où je l'avais d'abord éprouvé. Il est vrai que cette impression était singulièrement contrastée par le souvenir des caresses que les curés des environs de Genève font volontiers aux enfants de la ville."
(Jean-Jacques Rousseau / 1712-1778 / Les confessions / posthume, 1782)

Mais surtout, pour en revenir à notre petit président qui vomit du Guaino comme un enfant fait sa gastro, parlant d'un "monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir", il semble important de rappeler le rôle plus que trouble et souvent actif qu'ont joué les églises catholiques d'Europe en général, et le Vatican en particulier, aux côtés des nazis allemands, comme d'ailleurs des facistes italiens ou espagnols.

Rappelons par exemple que le pape Pie XII n’a, durant la Seconde Guerre mondiale, jamais condamné la persécution des juifs par les nazis. Et évoquons qu'il n'y a pas si longtemps le directeur israélien du centre Wiesenthal de recherches sur le nazisme a été contraint d'exprimer son regret que le Vatican ne reconnaisse pas que "l'antisémitisme chrétien a conduit à la Shoah". C'était après que dans un texte intitulé "Souvenons-nous : une réflexion sur la Shoah", publié le 18 mars 1998, le Vatican a cherché à nier un lien de cause à effet entre l'antijudaïsme historique des chrétiens et l'antisémitisme des nazis, le Vatican se contentant seulement de déplorer que des chrétiens n'aient pas apporté, à ceux qu'on persécutait, toute l'aide qu'on était en droit d'attendre d'eux, exprimant néanmoins ses "regrets" pour "la méfiance et l'hostilité" dont les juifs ont été victimes de la part des chrétiens et demande pardon "pour les fautes" de ses croyants. C'est dire si le Vatican lui-même va moins loin dans le révisionnisme historique que Nicolas Sarkozy.

Ainsi donc l'Europe aurait des racines chrétiennes, mais pas nos deux guerres mondiales et pas non plus la Shoah. Je crois qu'on voit en cet homme à la pensée étriquée l'exemple même des ravages de la catéchèse sur les enfants de France. Il devient urgent de les en préserver, de les libérer du catéchisme qui les pervertit, urgent qu'à la mission évangélique du christianisme s'oppose la volonté libératrice de la laïcité.

Mais terminons par Voltaire qui écrivit : "La religion existe depuis que le premier hypocrite a rencontré le premier imbécile !"



Du mensonge christique et de la tragique illusion de Dieu






"Le Pélican" : Strindberg / Gian Manuel Rau

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Le Pélican : Strindberg / Gian Manuel Rau



Le pélican était un vampire

Homme sans but - Arne Lygre - Bulle OgierLe pélican, paraît-il, à la capacité de nourrir ses petits avec son propre sang, au dépens de sa propre vie. C'est ce que prétend la mère, tandis qu'elle affame ses enfants et les contraints à vivre dans le froid d'une maison qu'elle s'évertue à ne pas chauffer.

Une mère cynique et brutale qui semble incapable d'amour, deux enfants qu'elle a élevés dans le mensonge, une famille qui se déchire froidement, presque méthodiquement, incapables qu'ils sont de s'éloigner les uns des autres, le fils et la fille proprement vampirisés par leur mère... On sait que l'univers de Strindberg est noir. Gian Manuel Rau, jeune metteur en scène suisse, ne tente rien ici qui puisse apporter un peu de lumière ou de légèreté.

C'est donc dans un décor triste à mourir, l'intérieur pauvre et sans charme d'un petit appartement, et sous une lumière blanche et crue, que les protagonistes de ce drame familial se crachent mutuellement leur ressentiment et leur haine à la figure, et vomissent leur désespoir. Les comédiens n'ont pas la partie facile tant il leur est demandé de peindre noir sur noir, de dire tout dans un détachement cruel, presque insensible à ce qui arrive. Ils s'en sortent mieux que bien : ils sont bons, très bons, et c'est fascinés, pétrifiés, qu'on les suit dans une lente et glaçante descente aux enfers.

Mention spéciale, en outre, à Dominique Reymond qui tient le rôle de cette mère parfaitement indigne et sans pudeur, capable d'alterner tous les registres, de la séduction toute en minauderie au mépris le plus hideux, de la froideur calculatrice à l'obsession maladive, de la soumission à la manipulation, au gré de ses mensonges et de son égoïsme. Voilà qui place la cerise sur le tout et produit au final du théâtre dont on a envie de redemander.


"Le Pélican" : Strindberg / Gian Manuel Rau






"L'Ecole des femmes" : Molière / Jean-Pierre Vincent

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L'Ecole des femmes : Molière / Jean-Pierre Vincent



Le petit chat est mort

L'Ecole des femmes - Molière - Jean-Pierre Vincent - Daniel AuteuilArnolphe n'a d'autre crainte pour lui que de connaître, après tant d'autres maris dont il lui a plu de railler les cornes, le déshonneur d'être cocu. Aussi a-t-il pris soin, avant de prendre femme, de façonner pour son usage "la femme idéale" : il l'a choisie petite fille et, la tenant cloîtrée, a veillé à ce qu'elle demeure innocente, c'est-à-dire sotte. En dépit de ces efforts, il découvre alors que l'innocence a des sincérités tout aussi menaçantes pour le front d'un mari que la ruse qu'il appréhende tant de l'esprit par trop dotée d'une femme avertie des choses de la vie.

Cette comédie en alexandrins est, par la langue notamment, une des plus belles réussites de Molière. Jean-Pierre Vincent s'y révèle une fois encore un formidable directeur d'acteurs, aidé en cela par la qualité de ceux-ci. On chante partout le talent de Daniel Auteuil, et on a en cela raison : il excelle à en faire trop et nous régale d'un bout à l'autre d'une pièce où il ne quitte pas la scène. Mais on en oublie de souligner la performance de Lyn Thibault qui campe à la perfection l'ingenuité d'Agnès - ingénue sans doute, mais au demeurant pas si sotte. La comédienne est pour beaucoup dans la réussite de cette mise en scène d'une pièce dont l'objet est avant tout le rire. Et on y rit en effet beaucoup - même si à mon goût, Stéphane Varupenne campe là un Horace un peu en-dessous.

Si vous le pouvez, il faut aller absolument à l'Odeon voir cette pièce - avant le 29 mars -, ne serait-ce que pour voir et entendre Lyn Thibault jouer avec brio la tant savoureuse scène du "petit chat est mort", devant un Daniel Auteuil qui n'en finit pas de tomber magistralement des nues. Sublimement drôle !

Ha ! Molière...


"L'Ecole des femmes" : Molière / Jean-Pierre Vincent



Mais je ne résiste pas à reproduire ici un... non, deux extraits de cette fameuse scène à l'entrée de laquelle Agnès annonce que "le petit chat est mort" en réponse à Arnolphe qui lui demande les nouvelles de la maison, l'ingénue laissant entendre par là qu'il ne s'est en réalité pas passé grand chose durant l'absence de son maître et futur époux qui craint déjà pour ses cornes - pas grand chose, si ce n'est :

Arnolphe
Qu'avez−vous fait encor ces neuf ou dix jours−ci ?

Agnès
Six chemises, je pense, et six coiffes aussi.

Arnolphe, ayant un peu rêvé.
Le monde, chère Agnès, est une étrange chose.
Voyez la médisance, et comme chacun cause :
Quelques voisins m'ont dit qu'un jeune homme inconnu
Etoit en mon absence à la maison venu,
Que vous aviez souffert sa vue et ses harangues ;
Mais je n'ai point pris foi sur ces méchantes langues,
Et j'ai voulu gager que c'étoit faussement...

Agnès
Mon Dieu, ne gagez pas : vous perdriez vraiment.

Arnolphe
Quoi ? c'est la vérité qu'un homme... ?

Agnès
Chose sûre.
Il n'a presque bougé de chez nous, je vous jure.

Arnolphe, à part.
Cet aveu qu'elle fait avec sincérité.
Me marque pour le moins son ingénuité.
Mais il me semble, Agnès, si ma mémoire est bonne,
Que j'avois défendu que vous vissiez personne.

Agnès
Oui ; mais quand je l'ai vu, vous ignorez pourquoi ;
Et vous en auriez fait, sans doute, autant que moi.

Arnolphe
Peut−être. Mais enfin contez−moi cette histoire.

Agnès
Elle est fort étonnante, et difficile à croire.
J'étois sur le balcon à travailler au frais,
Lorsque je vis passer sous les arbres d'auprès
Un jeune homme bien fait, qui rencontrant ma vue,
D'une humble révérence aussitôt me salue :
Moi pour ne point manquer à la civilité,
Je fis la révérence aussi de mon côté.
Soudain il me refait une autre révérence :
Moi, j'en refais de même une autre en diligence ;
Et lui d'une troisième aussitôt repartant,
D'une troisième aussi j'y repars à l'instant.
Il passe, vient, repasse, et toujours de plus belle
Me fait à chaque fois révérence nouvelle ;
Et moi, qui tous ces tours fixement regardois,
Nouvelle révérence aussi je lui rendois :
Tant que, si sur ce point la nuit ne fût venue,
Toujours comme cela je me serois tenue,
Ne voulant point céder, et recevoir l'ennui
Qu'il me pût estimer moins civile que lui.


Et puis, plus loin :


Arnolphe, bas.
Tout cela n'est parti que d'une âme innocente ;
Et j'en dois accuser mon absence imprudente,
Qui sans guide a laissé cette bonté de moeurs
Exposée aux aguets des rusés séducteurs.
Je crains que le pendard, dans ses voeux téméraires,
Un peu plus fort que jeu n'ait poussé les affaires.

Agnès
Qu'avez−vous ? Vous grondez, ce me semble, un petit ?
Est−ce que c'est mal fait ce que je vous ai dit ?

Arnolphe
Non. Mais de cette vue apprenez−moi les suites,
Et comme le jeune homme a passé ses visites.

Agnès
Hélas ! si vous saviez comme il étoit ravi,
Comme il perdit son mal sitôt que je le vi,
Le présent qu'il m'a fait d'une belle cassette,
Et l'argent qu'en ont eu notre Alain et Georgette,
Vous l'aimeriez sans doute et diriez comme nous...

Arnolphe
Oui. Mais que faisoit−il étant seul avec vous ?

Agnès
Il juroit qu'il m'aimoit d'une amour sans seconde,
Et me disoit des mots les plus gentils du monde,
Des choses que jamais rien ne peut égaler,
Et dont, toutes les fois que je l'entends parler,
La douceur me chatouille et là dedans remue
Certain je ne sais quoi dont je suis toute émue.

Arnolphe, à part.
O fâcheux examen d'un mystère fatal,
Où l'examinateur souffre seul tout le mal !

(A Agnès.)
Outre tous ces discours, toutes ces gentillesses.
Ne vous faisoit−il point aussi quelques caresses ?

Agnès
Oh tant ! Il me prenoit et les mains et les bras,
Et de me les baiser il n'étoit jamais las.

Arnolphe
Ne vous a−t−il point pris, Agnès, quelque autre chose ?
(La voyant interdite.)
Ouf !

Agnès
Hé ! il m'a...

Arnolphe
Quoi ?

Agnès
Pris...

Arnolphe
Euh !

Agnès
Le...

Arnolphe
Plaît−il ?

Agnès
Je n'ose,
Et vous vous fâcherez peut−être contre moi.

Arnolphe
Non.

Agnès
Si fait.

Arnolphe
Mon Dieu, non !

Agnès
Jurez donc votre foi.

Arnolphe
Ma foi, soit.

Agnès
Il m'a pris... Vous serez en colère.

Arnolphe
Non.

Agnès
Si.

Arnolphe
Non, non, non, non. Diantre, que de mystère !
Qu'est−ce qu'il vous a pris ?

Agnès
Il...

Arnolphe, à part.
Je souffre en damné.

Agnès
Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné.
A vous dire le vrai, je n'ai pu m'en défendre.

Arnolphe, reprenant haleine.
Passe pour le ruban. Mais je voulois apprendre
S'il ne vous a rien fait que vous baiser les bras.

Agnès
Comment ? est−ce qu'on fait d'autres choses ?

...

L'Ecole des femmes, Acte II, scène V, extraits.

"L'Ecole des femmes" : Molière / Jean-Pierre Vincent






George W Bush, l'artiste et quelques trouducs

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George W Bush, l'artiste et quelques trouducs



Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo

Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo

Attention, ceci est une oeuvre d'art ! Cette représentation du président des Etats-Unis est l'œuvre de Jonathan Yeo, un peintre anglais généralement porté sur l'establishment et reconnu pour ses portraits de magnats des médias comme Rupert Murdoch, d'hommes politiques comme Tony Blair ou d'acteurs comme Dennis Hopper.

Recruté par la Bibliothèque Bush pour réaliser le portrait du président des Etats-Unis, l'oeuvre produite, et réalisée à partir de collages, a finalement été refusée par son commanditaire, l'entourage de l'actuel occupant de la Maison Blanche s'étant offusqué des matériaux utilisés.

Quelque chose vous a échappé ? C'est que vous ne vous êtes pas plongés dans le détail du travail de l'artiste.

Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo

C'est en effet sur fond de scrotums et à grand renfort d'appareils génitaux et autres sphincters que Jonathan Yeo dresse un portrait pour le moins éloquent de George W. Ainsi, l'oreille droite du président : en guise de pavillon, une érectionambitieuse, amoureusement tenue en bouche par une dame un peu tropmaquillée. Quant au teint de Bush, frais comme celui d'une jouvencelle,il est constitué d'une pléiade d'anus en tous genres. Et l'ensemble du portrait est à l'avenant.

Allez, trois agrandissements pour les fines Bush :



1- la bouche

Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo - agrandissement bouche



2- l'oeil

Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo - agrandissement oeil



3- l'oreille

Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo - agrandissement oreille



De quoi donner peut-être des idées de ce côté-ci de l'Atlantique, puisqu'en terme de trouducs nous n'avons désormais plus rien à envier à nos amis américains.


George W Bush, l'artiste et quelques trouducs






Antoine Bibi et Casimir

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Antoine Bibi et Casimir



La première série humoristique sur internet





Antoine, Bibi et Casimir est une série moderne, drôle, actuelle qui raconte, sur le ton de l'humour, les aventures sentimentales et sexuelles de trois amis co-locataires, célibataires, leur recherche de l'amour avec un grand A.

Toutes les situations sont traitées de façon comique avec une succession de gags, pour que le rire soit toujours au rendez-vous.

En 2008, un célibataire qui recherche l'amour peut rencontrer le sexe et celui qui recherche le sexe peut rencontrer l'amour. Cela donne lieu à des situations psychologiques cocasses et délirantes.

Nos trois célibataires se débattent de manière comique dans leurs histoires amoureuses et sexuelles. Chacun pourra se reconnaître dans cette quête du bonheur et de l'amour, dans cette recherche de l'idéal, tellement contrariée par la réalité que ça en devient drôle.

Rendez-vous ici pour voir le premier épisode et les suivants, très bientôt.


Antoine Bibi et Casimir






Cortex Academy

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Cortex Academy



Voyage au coeur du cerveau d'un homme


Que se passe-t-il dans le cerveau d'un homme lorsque sa femme lui annonce qu'elle le trompe ?





Cortex Academy, petit film d'animation réalisé par Frédéric Mayer et Cédric Jeanne, sur l'oeuvre originale "L'émotivité et la raison" de François Pérusse, a remporté plusieurs prix dont le prestigieux IMAGINA 2004 à Monaco et fut présenté au célèbre SIGRAPH à Los Angeles.


Cortex Academy






Carla Bruni chante Brassens

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