Les Joyeuses Commères de Windsor



Les Joyeuses Commères de Windsor, Andrés LimaWilliam Shakespeare a écrit Les Joyeuses Commères de Windsor en moins de deux semaines à la demande de la Reine Elizabeth I, qui souhaitait à tout prix voir Sir John Falstaff – grand seigneur ruiné et personnage de Henri IV – impliqué dans une intrigue amoureuse.

En deux semaines donc, et ce n'est pas faire injure au grand William que de dire que cela s'en ressent un brin.

Mais qu'importe, c'est une comédie, une farce, une gargantuesque bouffonnerie et, shakespearienne tout de même, on pourrait sans mal y trouver matière à s'y divertir beaucoup. Encore fallait-il assumer d'avoir fait entrer ce texte au répertoire de la Comédie Française. Encore fallait-il lui faire confiance, au texte, à Shakespeare...

Alors on se demande pourquoi le metteur en scène espagnol Andrés Lima a choisi de monter cette pièce, puisque de toute évidence il en a trouvé le texte à ce point insuffisant qu'il lui a semblé nécessaire de systématiquement rajouter la bouffonnerie à la bouffonnerie, au point même que l'intrigue en devienne incompréhensible et la farce parfaitement consternante.

Oui, sans doute le genre exigeait-il qu'on frôlât l'excessif. Exercice périlleux, où il faut prendre garde de ne point verser dans le mauvais goût. D'autant qu'humour anglais, Shakespearien même, et comique latin, espagnolade même, ne font pas nécessairement bon ménage...

Les comédiens sont tous individuellement remarquables. Ils sont une vingtaine sur la scène à se démener chacun à leur tour, chacun dans son clown, pour nous arracher un gloussement, au milieu de ce qui s'avère très vite être un naufrage collectif.

C'est qu'à force d'effets gesticulatoires et désordonnés, la pièce est oubliée en chemin. D'ailleurs on comprend très vite qu'il n'y avait pas de chemin, sinon peut-être de prouver que le très bourgeois Théâtre du Français était capable de canaillerie.

Non, on ne rit pas. Ou trop peu pour pouvoir feindre de s'être véritablement diverti.



Source : Les Joyeuses Commères de Windsor






Cons de pauvres



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Cons de pauvres



froid

« Je veux, si je suis élu président de la république, que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid.

« Parce que le droit à l'hébergement, je vais vous le dire, c'est une obligation humaine.

« Mes chers amis, comprenez-le bien : si on n'est plus choqués quand quelqu'un n'a pas de toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s'en trouvera remis en cause. »

Nicolas Sarkozy

C'était il y a près de trois ans, c'était il y a une éternité.
Combien vont mourir cette nuit ? Et la nuit suivante ?
Combien vont mourir de froid, cet hiver encore ?

Merci Monsieur pour cet important rappel, cette réalité essentielle dont il faudra se souvenir très fort quand viendra avec la mort de Johnny le temps des larmes et des louanges, le temps des hommages interminables et des couronnes tressées à celui qui n'est et ne sera jamais pourtant qu'un autre pauvre con, pauvre con comme moi qui possède un toit, pauvre con comme ce petit président qui n'a jamais eu froid, ni honte.



Source : Cons de pauvres






Une maison de poupée, par Braunschweig



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Une maison de poupée, par Braunschweig



Maison de poupée, BraunschweigA force, on pourrait en venir à penser que dans l'oeuvre d'Enrik Ibsen, les femmes sont démesurément maltraitées. D'aucuns s’engouffreraient là pour conclure au machisme de l'auteur. Ils auraient grand tort.

C'est l'être humain en général, ou plutôt l'être social, qu'Ibsen se plait à dépeindre sans la moindre indulgence, souvent avec férocité. Et chacune de ses pièces se révèle être un très sombre tableau de la société - peinture largement intemporelle, en dépit des apparences - où les personnages féminins, finalement, s'en tirent avec certains honneurs. Et si même parfois c'est au prix de la mort comma dans Rosmersholm, Hedda Gabler ou même Le Canard sauvage, au terme du drame ibsénien est souvent une libération pour le héros féminin.

Et il en sera en réalité de même pour Nora qui pour échapper à sa maison où elle n'existe qu'en tant que poupée devra tuer en elle l'épouse et la mère, abandonner son mari et ses enfants, quitter le domicile conjugal et partir à la rencontre de la femme qu'elle n'est pas et qu'il s'agit de devenir. Ce ne sont jamais contre les femmes qu'Ibsen exerce sa critique, mais contre cet ersatz de femme en laquelle la société et la morale s'efforcent de les conserver prisonnières.

La Maison de Poupée est sans aucun doute la plus féministe des pièces d'Ibsen en cela que Nora parvient à trouver une issue qui n'est pas tout à fait tragique, une libération qui n'est pas en même temps une irrémédiable défaite.

A l'occasion de ma critique de Rosmersholm, j'ai dit déjà tout le bien que je peux penser de la sobriété d'une mise en scène. Braunschweig s'y est tenu là encore et on assiste en effet à du tout bon théâtre et qui, malgré un démarrage tout de même un peu poussif, parvient à nous emporter tout à fait et nous ravir.

Cependant, j'ai moi découvert La Maison de poupée, il y a quelques années, dans une mise en scène du très trash Thomas Ostermeier. Un spectacle rien moins que sobre et proprement époustouflant, au point que celui présenté aujourd'hui par Stephane Braunschweig ne pouvait à mes yeux que durement souffrir de la comparaison.



Source : Une maison de poupée, par Braunschweig






Auteurs 2.0 versus lecteurs 1.0



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Auteurs 2.0 versus lecteurs 1.0



ebook lire en 2.0Thierry Crouzet se « pose mille questions sur la forme que doivent prendre [ses] prochains textes », parce qu'il sait, dit-il, « que l'idée de livre n'a plus guère de sens ».

Il n'a « pas trouvé encore comment publier en ligne des textes longs qui autoriseraient en même temps l'interactivité ». D'ailleurs il a « bricolé ces derniers jours avec CommentPress, un template WordPress qui permet de commenter chacun des paragraphes d'un texte ».

Il dit que « ce sera l'occasion d'expérimenté » et c'est vrai qu'il m'arrive de rêver moi aussi que chaque lecteur de ce blog puisse venir commenter sous chaque mot afin, par exemple, de signaler un participe passé abusif.

Narvic a longuement commenté les réflexions de Thierry, parce que lui aussi se pose « la question de la "réflexion déconnectée" ». Il constate notamment que l'«interactif [peut se révéler] totalement superficiel » et que « le recul, la déconnexion, sont parfois utiles voire nécessaires à la réflexion. » Et c'est bien vrai.

Le lendemain, Thierry avait poursuivi sa propre réflexion. Il interrogeait : Les internautes sont-ils des fainéants ?

« Faut-il nécessairement passer par le papier et le circuit traditionnel pour être lu quand on écrit un texte de plus de quelques pages ? » demandait-il plus précisément, constatant en préambule que « les textes longs impliquent un temps long, celui de la réflexion, celui qui laisse l'imaginaire vagabonder, celui de la créativité… »

Il faut bien le dire, je n'ai pas tout de suite compris le lien entre la fainéantise de l'internaute, mise en question, et l'éventuelle nécessité d'en passer par le papier pour donner à lire des textes longs. Thierry évoque sa propre expérience, un livre publié en ligne et qui comptabilise quelques 900 lectures, chiffre tout à fait honorable, annonce-t-il - et il a probablement raison sur ce point - ...

Et alors quoi ?
Fainéants ou pas fainéants, les internautes ?

Le point qui pose problème à Thierry est que, parmi les 900 lecteurs annoncés, seuls deux de ses amis ont consenti à laisser un commentaire. Alors que sur un blog, et sous donc un texte court, les commentaires auraient été incomparablement plus nombreux. Et Thierry alors d'en conclure, pas tout à fait implicitement mais presque, que son livre n'a en vérité pas été lu...

C'est alors à Hubert Guillaud de prolonger la réflexion... Et de s'interroger sur la possibilité d'une interactivité sur des textes longs... Et de parler du caractère inadapté des supports... Et mais de quoi parle-t-on là ?


Bon j'ai moi-même mis en ligne sur ce site six récits, un roman et une pièce de théâtre. A ce jour, tout mis bout à bout, cela a donné lieu à plus de 9 000 téléchargements - et le rythme semble s'accélérer progressivement.

Je n'ai en effet aucun moyen de savoir combien de pages ont été effectivement lues. Et en effet, très peu de commentaires ont été déposés en retour - et non plus pour m'ouvrir les yeux sur la bouillie littéraire que j'aurais osé mettre en ligne.

Mais en quoi est-ce un problème ?
Et si lire (un "livre") était avant tout un acte solitaire ?
Et si lire (un blog) n'était pas lire (un "livre") ?
En quoi donc l'interactivité serait-elle nécessairement un graal à poursuivre ?

Car c'est en réalité de cela qu'il s'agit pour ces trois messieurs, dont je crois comprendre qu'ils sont spécialistes de ces questions 2.0 : ne pas atteindre à l'interactivité serait nécessairement avoir échoué. Il ne saurait suffire à Thierry d'avoir pour son livre un petit milliers de lecteurs dès lors que ceux-ci sont restés muets. Puisqu'ils ne se sont pas exprimés - alors qu'ils en avaient la possibilité -, ils n'existent pas. Ils n'ont pas seulement non-lu ce livre, ils l'ont méprisé, « ont passé leur chemin », écrit-il.

Le raisonnement est le suivant : le oueb est devenu 2.0 ; donc toute publication sur le oueb bénéficie de la technologie, du concept 2.0 (l'interactivité, le participatif, le collaboratif...) ; donc tout roman publié en ligne est peu ou prou 2.0 ; donc le lecteur lui-même est potentiellement 2.0 - c'est à la fois son avenir et son inéluctable destinée, sa vocation : le lecteur doit désormais interagir !

Mais ça ne marche pas comme ça. Même pour les blogs ou les sites d'informations, sur lesquels en réalité l'immense majorité des lecteurs demeure en mode "univoque". Quelle proportion commente, participe, collabore, interagit ? Une infime partie. Et ce n'est pas un mal, pas un échec façon pourquoi alors Ducros il se décarcasse !

Le oueb est avant tout, et pour la plupart d'entre nous, juste un autre véhicule : il transporte de l'information, des images, de la musique, des vidéos, des textes, depuis un émetteur jusqu'à un récepteur, tout bêtement. Le véhicule comporte nombre d'options tout aussi novatrices qu'extraordinaires, que d'aucuns ont aussitôt adoptées comme indispensables, mais qui reste des options, de simples accessoires.

Le 2.0, c'est chouette, c'est certain. Mais ce n'est que cela. Et c'est pas parce que ma bagnole est équipée d'un toit ouvrant que je suis contraint de systématiquement me la péter cheveux au vent.

L'interactivité, c'est en option. Ou, dit autrement, le lecteur a un droit imprescriptible au silence et à l'anonymat.


Un auteur, un lecteur : what else ?



Source : Auteurs 2.0 versus lecteurs 1.0






On va se faire bouffer ?



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On va se faire bouffer ?



« On va se faire bouffer. Il y en a déjà 10 millions, payés à rien foutre ! »




envoyé par dagrouik

Mais de qui parle cet élu UMP ?

« On va se faire bouffer. Il y en a déjà 10 millions, payés à rien foutre ! »

Mais qui sont donc ces millions qu'on paient à rien foutre ?

Et puis qui est ce "on" qui va se faire bouffer ?
Bouffer par les millions qui donc, non seulement sont payés à rien foutre, mais en plus seraient disposés à nous bouffer...

On voudrait bien savoir, parce que tout de même ça fout un peu les jetons...

Non ?

Ou alors ce serait seulement cette vieille rengaine de l'extrême-droite, et qui aurait contaminer une droite décidément de moins en moins complexée ?
Mais si, vous savez, cette histoire éculée où des hordes sauvages et basanées viennent chez nous manger le pain des bons français.
Vous savez, comme dans cette chanson qu'ils sont des milliers à siffler - et demain donc peut-être des millions -, ce chant vaguement guerrier où les hordes féroces viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compages ?
Ha ! mais que veut donc cette horde d'esclaves, de traîtres, de rois conjurés ?
Quoi ces cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers ! Aux armes citoyens, formez vos bataillons. Marchons, marchons et qu'un sang impur abreuve enfin nos sillons...

Vous savez quoi, moi c'est l'UMP qui me fout un peu les jetons. Avec son Sarkozy et son ministre de l'immigration. Avec son Eric Besson et son identité nationale. Son Brice Hortefeux et ses délations. Avec ces milliers d'élus qui pensent tout bas bien pis que ce que le chef n'a pas honte de vomir tout haut. Et puis aussi avec ces millions qui se laisseront prendre encore au piège de la peur et de l'insécurité, du rejet et de l'exclusion, sans voir que c'est l'insécurité sociale qui les dévore et la peur des lendemains qui les oppresse, sans compredre qu'ils sont eux-mêmes les exclus d'un système qui les instrumentalise et puis les rejette au fond du fossé.

Oui, moi elle me fout de plus en plus les jetons, cette Sarkofrance.



Source : On va se faire bouffer ?






Pas de liens, bordel. Pas de liens !



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Pas de liens, bordel. Pas de liens !



roi du Wikio

Pas de liens, bordel. Pas de liens !



Nicolas nous explique pourquoi, mais tout ça part de Eric qui a relayé un billet de Jean qui bosse chez Wikio qui a modifié son algorithme qui fait et défait les rois ou les reines.



Source : Pas de liens, bordel. Pas de liens !






Eric Besson contre Stephane Guillon



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Eric Besson contre Stephane Guillon



mariage mixteLa semaine dernière, le ministre de l'Immigration et de l'identité nationale a annoncé qu'il allait engager une "réflexion" sur les "mariages gris", qu'il a qualifiés "d'escroquerie sentimentale à but migratoire". Par "mariages gris", Eric Besson désigne des unions qui seraient conclues entre une personne étrangère souhaitant obtenir un titre de séjour ou la nationalité française et une personne de nationalité française de bonne foi, abusée dans ses sentiments.

Dire qu'à l'UMP il en est encore pour affirmer qu'il n'est pas et ne sera jamais l'un des leurs. Avec tous les efforts qu'il fait, c'est bien malheureux...

Mais là n'est pas le propos. A l'occasion du passage du ministre sarkosyste dans la Matinale de France Inter, l'humoriste Stephane Guillon a consacré sa chronique à cette question du "mariage gris", terminant sur un propos visant directement Eric Besson :

Attention, le mariage gris, ça peut être dans les 2 sens. Parfois, ce sont de jeunes et jolies femmes sans papiers qui séduisent de vieux bonshommes français

Il paraîtrait... bon, c'est une info de la presse pipole à prendre avec des pincettes, ça peut être faux, attention. Il paraîtrait qu'Eric Besson serait avec une jeune tunisienne de 22 ans. Si c'est vrai, je lui dis en toute amitié qu'il faut qu'il fasse gaffe au mariage gris.

Bon, tant qu'il n'est pas marié ça va, mais s'il franchit le pas, il y aura une enquête de vie privée. Ah, plus de 30 ans d'écart, c'est obligatoire. Quand ça ne peut plus être ni pour ton physique ni pour ta vigueur, ils contrôlent.

Et puis là, il y a des trucs suspects. Les inspecteurs, ils ont l'habitude. La demoiselle en question à certainement lu le livre de l'ex Madame Besson. Elle doit s'intéresser à la politique, un minimum. Donc dans ce cas pourquoi lier son destin à un homme incapable de la plus petite fidélité. Non ça tient pas, ils vont lui poser des questions, c'est certain, voir si c'est un vrai couple [...]


Curieusement, pourtant connu pour son grand humour, cette chronique n'a semble-t-il pas fait rire Eric Besson, qui envisage de porter plainte contre France Inter.

Une excellente occasion de donner à entendre cette chronique à un public plus large :



Faites tourner...



Source : Eric Besson contre Stephane Guillon






Menaces sur l'accès à l'avortement



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Menaces sur l'accès à l'avortement



droit à l' avortement - illustratio Seb DelfinoFace aux menaces que le gouvernement fait peser de plus en plus lourdement sur l'accès à l'avortement, le Planning Familial, l'Ancic (Association nationale des centres d'interruption de grossesse et de contraception) et la Cadac (Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception) se sont rassemblés derrière un slogan : Sexualité, contraception, avortement, mon choix, un droit, notre liberté ! et ont pris l'initiative d'une pétition que je vous invite autant à relayer qu'à signer :



PÉTITION EN DÉFENSE DES STRUCTURES IVG

La loi Bachelot "Hôpital Santé Territoire" accèlère la logique de rentabilité à l'hôpital

Elle impose aux établissements hospitaliers restructurations, fusions, regroupements... Son objectif : diminuer les dépenses à tout prix, travailler plus avec moins de personnel...

Cette politique signifie le démantèlement des structures qui pratiquent les interruptions volontaires de grossesse. Rien n'a été fait pour le maintien de cette activité malgré les affirmations des pouvoirs publics.

Il s'agit d'une atteinte grave à l'obligation d'organiser l'offre de soin en matière d'avortement à l'hôpital public, une remise en cause de la qualité des soins. Délais d'attente importants, refus de la prise en charge en particulier des mineures et des étrangères sans papiers, quota d'IVG, sectorisation et fermetures de structures sont la traduction concrète de cette politique pour les usagères.

Ce processus de dégradation répond autant à des objectifs idéologiques qu'économiques. C'est la liberté des femmes de décider d'avoir ou non des enfants qui est remise en cause.

Parce que l'avortement est un droit humain fondamental, nous demandons le maintien des structures existantes et l'ouverture de nouveaux lieux dédiés à l'avortement, pour une véritable égalité d'accès pour toutes par une offre de proximité partout en France.



CADAC ANCIC Planning Familial



Signez la pétition



Source : Menaces sur l'accès à l'avortement






Pauvre pomme



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Pauvre pomme



tête de veau érotiqueL'hebdomadaire américain Newsweek rapporte la délicieuse dernière déclaration de Sarah Palin : « Si Dieu ne voulait pas que nous mangions des animaux, comment se fait-il qu'il les ait faits en viande ? »

On fera gentillement remarquer à Sarah que Dieu n'a pas fait les bananes en viande et que nous les mangeons quand même. Pareil pour le chocolat, soit dit en passant...

Alors pour quelle raison une solution qui ne fonctionne pas sur le chocolat ou les bananes aurait-elle, comme par miracle, fonctionné sur les animaux ?

On ajoutera à cette petite remarque de simple bon sens que Dieu a pris soin de mettre des arêtes dans le poisson. On ne sache pas que cette précaution nous aura dissuadé de les déguster aussi bien en bouillabaisse qu'en sashimi !...

Et les crabes ou les noix, elle ne s'est pas rendu compte de la galère que c'est de les manger, la chère Sarah ? Elle voit pas comme nous nous évertuons toujours à trouver les solutions qui nous permettrons, quoi que Dieu en ait ou en veuille, de manger tout ce qu'il nous plait ?

D'ailleurs, la viande, comme ça, brute sur la bête, c'est quand même pas terrible. Et il aura fallu inventer le feu et la broche pour la préparer en méchoui et ainsi la rendre un peu plus que tout juste comestible. Ou le couteau et l'huile d'olive pour la savourer façon carpaccio. Ou le hachoir et les câpres pour l'accomoder en steak tartare. Dieu ne nous l'a pas faite si simple, Sarah, et il ne faut peut-être pas non plus oublier qu'il est tout de même plus facile de s'éplucher puis de s'avaler une pomme.

Or si Dieu ne voulait pas que nous la croquions, la pomme, comment se fait-il qu'il nous ait fait la peau des fesses si douce ?



Source : Pauvre pomme






de Billie Jean à Eleanor Rigby



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Caetano Veloso : de Billie Jean à Eleanor Rigby



Tiens, prend ça !




Et ce sera - ce petit peu de douceur - toute ma contribution en cette journée internationale de lutte contre la violence faites aux femmes



Source : de Billie Jean à Eleanor Rigby






Gérard Philippe est mort



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Gérard Philippe est mort



C'était un 25 novembre. C'était il y a cinquante ans.

Il y a cinquante ans !


C'était il y a cinquante ans, c'était avant ma naissance - bien avant - et chaque fois pourtant, quand je comprends que jamais donc je ne verrais Gérard Philippe sur une scène de théâtre, il se produit en moi comme une infime et insupportable déchirure.

Il avait 37 ans, il y a cinquante ans...

Vous, je ne sais pas, mais moi, encore aujourd'hui, entendre sa voix, seulement sa voix même et cinquante ans plus tard, ça me ferait presque mouiller ma petite culotte - si j'avais à en porter.


Certes, comme beaucoup d'entre vous, j'ai découvert simultanément Gérard Philippe et Gina Lolobrigida.
Combien d'entre vous, filles ou garçons tout juste pubères, en furent comme moi sexuellement déboussolés ?



Allez, ne soyez pas timides, levez le doigt.
Et avouez que c'était plutôt agréable, finalement.

Bougre d'andouille !



Source : Gérard Philippe est mort






Rosmersholm, par Braunschweig



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Rosmersholm, par Braunschweig



Henrik IbsenL'ancien pasteur Rosmer vient de perdre sa femme, Beate. Celle-ci, très malade psychologiquement, s'est jetée dans les eaux du moulin de la propriété familiale de Rosmersholm. Rosmer vit désormais seul à Rosmersholm, avec Rebekka West, gouvernante du domaine et amie très proche, qui au cours de la longue maladie de sa femme l'a accompagné sur l'exaltant chemin d'une pensée plus libre.

Libéré de son mariage, libéré de sa foi ancienne, libéré d'une éthique ancestrale, conservatrice et lourde de préjugés, Rosmer peut désormais vivre et agir et se réaliser. A ceci près qu'on ne se libère jamais tout à fait du passé, de l'hérédité sociale et des vieux fantomes qui rôdent et sans cesse vous rappellent à eux.

Culpabilité ou sentiment de culpabilité, c'est égal : le passé est une entrave, un geolier inflexible et qui réclame son tribut. Aussi, Rosmer et Rebekka West ne vivront pas ensemble, parce que le fantôme de Beate se dresse entre eux, parce que tous les fantômes nobles et sans joie de Rosmersholm se dressent entre eux, et parce qu'ils ne sont libres ni l'un ni l'autre. Et, prisonniers d'eux-mêmes, Rosmer et Rebekka West cheminent en vérité sur le chemin dérisoire qui les conduit sans faillir jusqu'aux eaux du moulin de Rosmersholm.

Voilà sans doute le plus sombre des drames ibseniens, drame plus existentiel que politique ou social, drame de la dépression et de la morbidité plus même que drame de l'amour et du désir charnel. Tant qu'en réalité il s'agit purement et simplemet d'une tragédie, où la mort des protagonistes est inéluctable, où la mort est la seule issue, l'unique moyen de se dégager du noeud fatal qui les étrangle, et qui se resserre un peu plus à chaque effort qu'ils fournissent pour s'en défaire. Un drame sombre et froid, affûté comme une lâme de rasoir, oppressant par sa radicalité, violent en somme, mot après mot. Et Rosmersholm de révéler, au fil d'une écriture ciselée et cruellement efficace, l'immensité d'un talent qui place Ibsen non loin de Shakespeare et de Tchekhov.

Stéphane Braunschweig a eu l'intelligence de la sobriété. Se contenter du texte, se mettre à son service, s'effacer pour donner mieux à entendre la petite musique du sens et de l'émotion. Il n'y a pas de metteur en scène, il y a une mise en scène. Il n'y a pas de comédiens, il y a des personnages. Il n'y a pas de spectacle, il y a un morceau d'universel, un instant de vie partagé. Cela demande une grande humilité et un immense talent.

Le décor est pour beaucoup, lui aussi, dans ce qui est donc une réussite : deux murs et un angle, qui resserrent l'espace et enferment les personnages dans une exiguïté oppressante. Rosmer et Rebekka West clament leur aspiration à la liberté, mais les hauts murs de Rosmersholm qui les dominent et les oppressent murmurent à chaque instant combien la réalité des êtres est plus forte que toute leur philosophie, disent à chaque instant que l'issue sera fatale, parce que l'on ne s'échappe pas d'une prison qui nous est intérieure - car ce n'est pas Rosmer qui habite Rosmersholm, mais bien Rosmersholm - ses hauts murs et tous ses fantômes : l'hérédité - qui habite Rosmer.



Et puisque Stéphane Braunschweig a choisi de faire un diptyque de deux pièces d'Ibsen en apparence très différentes, montées simultanément au théâtre de la Colline, j'aurai grand plaisir à retrouver bientôt l'étonnante Nora dans sa Maison de poupée - dont elle saura elle s'évader.



Source : Rosmersholm, par Braunschweig






Téléthon, piège à cons



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Téléthon, piège à cons



Téléthos 2009 piège à consLa grand messe nationale du Téléthon est de retour. La France va exhiber 24h durant ses petits enfants malades : des larmes seront versées dans les chaumières, l'émotion ouvrira les porte-monnaie, les records de dons seront battus, on glorifiera la formidable générosité des français, on s'autocongratulera et chacun s'en retournera chez soi, fier du devoir accompli et ému d'avoir participé à un exceptionnel élan de bonté collective.

Et moi je vomis le téléthon. Et moi j'aborre cette générosité sélective. Où la charité se trouve une fois l'an glorifiée, quand jour après jour se trouve piétinée l'idée même de solidarité. Et moi j'affirme donc que le Téléthon n'est en réalité que le temple des bons sentiments et des bonnes volontés où nos égoismes obtiennent pour une année entière, et à très bon compte, leur absolution.

Les misères sont nombreuses et le monde est peuplé de malades et d'opprimés, d'aveugles et de paralytiques, de mutilés de guerre et d'affamés, de femmes violées et d'enfants maltraités. Et moi, parmi eux, je refuse d'avoir à choisir. Oui, tout bourgeois que je suis, je refuse d'avoir mes pauvres. D'autant que la toute puissante machine médiatique voudrait en sus prétendre à guider mon choix.

Il est un orphelinat où vivent miséreux des enfants par milliers. Parmis eux, il en est un et un seul sur qui chaque année, durant quelques heures, se trouve braqué un immense projecteur. L'enfant a été préparé : on lui a fait prendre une douche, on a applati ses mèches rebelles, on l'a entrainé à sourire. Tant et si bien que devant l'orphelinat, attirés par le projecteur, et harangués par quelque bateleur, les passants s'arrêtent un instant, voient l'enfant exposé dans la lumière, sont attendris, émus, rendus sensibles à son malheur, ses difficultés à vivre, et alors lui viennent en aide qui avec un paquet de bonbons qui un jouet qui un livre... C'est un petit garçon blond et aux grands yeux noirs qui d'un sourire vous fait fondre le coeur, et il n'y est pour rien si on ne regarde que lui et si, tandis que sa misère se trouve là un peu soulagée, continuent de vivre dans la fange et de crever dans l'indifférence les autres petits résidants d'un orphelinat toujours aussi miteux.

Je préfère moi contribuer à doter l'orphelinat, à lui confier le soin de répartir au mieux entre les miséreux les moyens dont il dispose et à me saisir chaque fois que possible de ma faculté à orienter ses choix en participant à la nommination de sa direction. Je ne donne pas au Téléthon, mais je paie mes impôts et suis disposé à en payer davantage. Et chaque fois qu'il s'agit de voter, mon choix s'oriente là où la collectivité assume ses responsabilités : plus d'argent pour l'Ecole, plus d'argent pour la Justice, plus d'argent pour la recherche médicale, pour les hopitaux, pour le secteur associatif... Plus de redistribution et plus de solidarités.

Le Téléthon ? Mais c'est simplement ce qui permet aux riches d'échapper à l'impôt et de garder les poches pleines.


Avec une belle unanimité on carricature les propos de Pierre Bergé, propos qu'on réduit à une mise en concurrence entre Sida et Myopathie - pathologie dont soit-dit en passant souffre Pierre Bergé. Pourtant, nous vivons en effet dans un sytème où de grands laboratoires pharmaceutiques privés font d'immenses profits, où la recherche publique n'a pas les moyens de travailler sur des pathologies non rentables et où le Sida continue de faire des morts par millions en Afrique et ailleurs parce que les thérapies sont trop coûteuses - et l'on pourrait égalemet évoquer le paludisme...

Le Téléthon ? Mais c'est le cache-sexe du libéralisme mondialisé et de l'égoisme planétaire.
Juste un autre bon gros piège à cons.



EDIT : Je constate après coup, comme à mon habitude, que des choses tout à fait pertinentes ont été écrites ce matin à ce sujet, par exemple chez Gwendal et chez Nicolas...



Source : Téléthon, piège à cons






Thierry Henry à pleine main



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Thierry Henry à pleine main




Ça fait longtemps que ça dure. Déjà en 1998. Déjà avec Aimé Jacquet. Bon, il y avait Zidane. Et puis Blanc et Desailly. Et puis Thierry Henry, déjà. On ne peut pas perdre avec une telle équipe. Qu'importe le sélectionneur, on ne peut pas perdre. Pourtant les pires se sont succédés pour occuper le poste. Aimé Jacquet donc, et puis Roger Lemerre. Jacques Santini ensuite. Raymond Domenech enfin. Des clones sans charisme ni inspiration, dont l'unique credo est 1- conserver le ballon 2- ne surtout pas prendre de but. Et c'est ainsi que progressivement, à mesure que ces joueurs d'exception raccrochaient les crampons, l'équipe de France est devenue championne du Monde de la passe-à-dix.

Ainsi, le dernier match de l'avant Domenech fut la défaite en quart de finale de l'Euro 2004, contre la Grèce, 1 à 0, au terme de ce qui fut le match le plus ennuyeux et crispant de l'ère footballistique moderne - c'est-à-dire celle qui a débuté avec ma naissance. Suite à quoi, Domenech se mit au boulot : 1- conserver le ballon 2- ne surtout pas prendre de but, avec pour résultat qu'au terme d'un tournoi de qualification où l'équipe de France enchaîna les match médiocres, joua un sublime jeu de passe-à-dix, écrasa 1 à 0 les redoutables Iles Feroe, il fallut en passer par les barrages, puis par un dernier match qui s'éternisa 120 minutes afin de s'assurer de ravir la couronne de match le plus ennuyeux et crispant de l'ère footballistique moderne. Une victoire 1 à 1 comme les aime Domenech. Beau boulot Raymond !

Mais j'en entends dans le fond qui beuglent qu'on a tout de même été en finale de la dernière coupe du Monde. Et je réponds : Zinedine Zidane. Malgré Domenech et sa tragique absence d'ambition de jeu, Zinedine Zidane est parvenu à lui seul à conduire l'équipe de France jusqu'en finale de la coupe du Monde 2006 - et l'on se souvient d'une équipe du Brésil qui en demi-finale se contenta de regarder jouer Zizou, le souffle coupé et comme se retenant d'applaudir. En 2006, Zidane gagna la coupe du Monde et l'offrit sur un coup de tête à l'équipe d'Italie. Domenech ne fut jamais dans cette affaire qu'un spectateur de plus.

Il est à ce titre remarquablement symbolique que l'équipe de France ait été sortie de la dernière coupe du Monde après le coup de tête de Zidane pour quatre ans plus tard devoir sa qualification pour la suivante à un coup de main de Thierry Henry. Voilà bien quelle est l'équipe de France de Raymond Domenech : une équipe sans âme, qui ne cesse de déjouer, ou de jouer tout petit, à pas comptés et prudents, offrant pour tout spectacle que 90 minutes soporifiques et sans joie, et dont le dénouement n'est jamais dû qu'à des circonstances parfaitement hasardeuses, parfois favorables parfois non, sonnant systématiquemet le glas de défaites améres ou de tristes victoires.

On est qualifié. Soit. Mais putain ! qu'est-ce qu'on va encore s'emmerder pendant cette coupe du Monde en Afrique du Sud !

Vraiment, y a pas moyen de débarquer Raymond "la science" ? Qu'on en finisse enfin de ces dix longues années de football calculette à la main ? Et si cette qualification volée était l'opportunité de comprendre que le football ce n'est pas ça, tout de même, et que même la victoire peut être honteuse, désastreuse, moche. L'opportunité de virer enfin un Raymond Domenech, sélectionneur ennuyeux et crispant et qui n'est pour rien - cette fois encore - dans cette tant minable qualification. Bien au contraire. Oui, et s'il fallait prendre ce pitoyable dénouement comme le signe qu'il n'est peut-être pas utile d'aller jusqu'au bout d'une logique qui ne pourra jamais, tout compte fait, que tous nous désespérer ?




Source : Thierry Henry à pleine main






La rencontre



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Ségolène Royal, François Bayrou : la rencontre



Ségolène Royal et François BayrouSégolène Royal et François Bayrou se sont rencontrés.

C'est Jean-Christophe Cambadélis qui, l'air de rien, le révèle sur son blog.

Vincent Peillon ne ferait-il qu'une simple petite crise de jalousie  ?

Ce serait presque rassurant...



EDIT : OK. Ça va ça va ! Au temps pour moi. La rencontre remonte au 29 octobre, autant dire une éternité médiatique. Comment j'ai pu louper ça ? me demanderez-vous. Bah j'étais cette semaine-là en un lieu de cette planète où l'on se contrefout que se produise une telle rencontre - c'est-à-dire que j'étais hors de France. Pour tout vous dire, j'étais même sur un autre continent. Et voilà comment il arriva que j'ai passé cette foutue journée à me demander pourquoi ce scoop de Cambadélis ne faisait pas plus de bruit...Oui, comme un idiot. Vous pouvez même le dire dans les commentaires...



Source : La rencontre






Des sifflets pour Sarkozy



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Des sifflets pour Sarkozy



11.000 élus réunis dans le cadre du 92e congrès de l'Association des maires de France ont copieusemet sifflé Nicolas Sarkozy.

Des sifflets adressés par procuration. D'ailleurs, rapporte Le Figaro.fr, et au cas où l'on veuille se tromper de destinataire, certains élus crurent bon pour accompagner leurs sifflets de scander : "Où est Sarko? Où est Sarko?"...





A charge donc pour François Fillon de transmettre à l'intéressé qui, aussi peu courageux qu'à son habitude, avait préféré se réfugier en Arabie Saoudite, mettant très opportunément à profit l'invitation du roi Abdallah pour une visite qualifiée "d'amitié à caractère semi-privée" - c'est-à-dire parfaitement privée et tout à fait opportune !



Source : Des sifflets pour Sarkozy






Viva Favela !



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Viva Favela !



Viva FavelaViva Favela ! Quand les démunis prennent leur destin en main est le titre d'un livre qui sort aujourd'hui et qui raconte "l'éveil d'une économie populaire", témoigne de comment au Brésil, microcrédit et monnaie locale ont permis de sauver une favela.

L'histoire de la Banque Palmas est le fruit d'une aventure humaine extraordinaire qui a débuté au début des années 1970 dans le Conjunto Palmeiras, une favela située à vingt kilomètres de la ville touristique de Fortaleza, dans le Nordeste.

Les habitants de cette banlieue pauvre et isolée ont inventé, décennie après décennie, des armes originales pour lutter contre l'exclusion, le mépris dans lequel les maintenaient les pouvoirs publics et l'absence d'espoir. Ils ont fait front contre la dictature, ont fait plier le gouvernement de l'Etat pour avoir accès à l'eau, urbanisé eux-même leur quartier et créé de toute pièce une banque : la banque de Palmas.

Après de nombreuses batailles pour relier le bidonville aux services de la ville, Joaquim Melo, ancien séminariste et pilier de cette aventure, nous explique dans ce livre comment, allant contre l'avis de la Banque centrale du Brésil, a été créé en 1998 la première «banque communautaire», inaugurée avec seulement 2 000 reais, gérée par les habitants des quartiers défavorisés et qui dispense des crédits dans sa propre monnaie et sur le modèle du micro-crédit.

Les habitants du Conjunto Palmeiras gèrent à présent une enveloppe de près de deux millions de reais et 46 autres banques communautaires ont vu le jour au Brésil - et près de 3 600 au Venezuela... Le Conjunto Palmeiras est aujourd'hui un véritable quartier.

À l'heure où le monde recherche des modèles anti-crise et des alternatives pour combattre la pauvreté, Joaquim Melo délivre ici un message d'espoir, témoignant avec émotion de son engagement dans ce combat collectif contre la pauvreté, racontant les coulisses de l'invention du système Palmas et rendant hommage aux habitants du Conjunto Palmeiras qui sont les héros collectifs de ce combat contre la précarité.

« La banque communautaire n'est qu'une petite barque naviguant dans les eaux capitalistes. Mais elle navigue. »

Joaquim Melo



Disponible en librairie : Viva Favela ! Quand les démunis prennent leur destin en main, par Joaquim Melo, avec Elodie Bécu et Carlos de Freitas, Editions Michel Lafon, 2009, 284 pp. 17,95 € - ISBN : 978-2-7499-1112-0

Vous pouvez aussi commander le livre en ligne, notamment sur les sites suivants :

Librairies L'arbre à lettres (commande en ligne puis retrait en magasin à Paris)

Librairie Kléber (commande en ligne puis retrait en magasin à Strasbourg)

Vents du sud (commande en ligne puis retrait en magasin à Aix-en-Provence)

Chapitre.com



Source : Viva Favela !






Népotisme : et moi, et moi, et moi



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Népotisme : et moi, et moi, et moi



Nicolas Sarkozy et népotismeDes militants du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) demandent au chef de l'Etat de les adopter.

Parce que "c'est plus facile quand on s'appelle Sarkozy".

Parce qu'ils ont l'espoir que le président leur offre "un premier emploi temps plein". Comme à son fils Jean

Ils étaient quatre, chacun équipé d'un panneau recouvert d'un agrandissement de leur propre demande d'adoption. Ils ont tenté de s'approcher de l'entrée principale du palais de l'Elysée, avant d'être gentiment mais fermement priés par la police d'aller discuter plus loin avec les journalistes.

Ces demandes d'adoption ont été lancées symboliquement à l'Elysée, mais chacun est invité à télécharger un formulaire de demande d'adoption sur le site des MJS, et l'envoyer ensuite à Nicolas Sarkozy.

"C'est pour aider les jeunes qui sont dans la galère car, manifestement, il est plus facile de trouver un emploi quand on s'appelle Sarkozy", explique Thomas Le Goff, l'un des "orphelins" de ce matin.

Ces militants "espèrent que leur nouveau père sera capable de leur offrir un premier emploi à temps plein et rémunéré décemment", poursuit-il, ajoutant : "Il est temps que Nicolas Sarkozy offre à chaque jeune de France les même opportunités et chances de réussite que celles qu'il offre à ses enfants".

"Est-il normal qu'un bachelier – parce que Jean Sarkozy n'est encore que bachelier – se retrouve à la tête du plus grand quartier d'affaires d'Europe ?", s'interroge une jeune militante socialiste de la fédération de Paris.

Tout cela est parfaitement légitime. Il ne manquerait plus que les pauvres cons ne puissent bénéficier des mêmes privilèges que les biens nés !



formulaire d'adoption Nicolas Sarkozy


Source : Népotisme : et moi, et moi, et moi






Philoctète



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Philoctète



Philoctète, Sophocle, Christian Schiaretti, Laurent TerzieffHa ! Laurent Terzieff... Quel comédien ! Quel formidable comédien !

Hélas ! aussi. Hélas ! il ne pouvait à lui seul y suffire.

Philoctète est un paria. Glorieux et fidèle compagnon d'Héraclès, duquel il hérita des flèches redoutables, il fut mordu au pied par un serpent. Depuis, le héro souffre d'une plaie ulcérée et puante, et souffre au-delà de ce que les mots peuvent dire. Sur la route de Troie, sa plaie infecte et ses plaintes incessantes conduisent, sur les conseils du toujours sage Ulysse, la flotte des Grecs à abandonner le malheureux sur Lemnos, île déserte sur laquelle dix années durant Philoctète fut condamné à souffrir à la fois de son pied et de sa solitude. Jusqu'à ce que l'armée d'Agamemnon s'avise que l'oracle avait annoncé que Troie ne saurait être prise que par ce même Philoctète, possesseur de l'arc infaillible d'Héraclès. Ulysse est dépêché à Lemnos pour ramener devant les portes de Troie et l'arc et l'archer. Ulysse, toujours rusé, et qui sait le ressentiment que le vieux Philoctète nourrit à son encontre, prend soin de se faire accompagner du jeune Néoptolème, fils du défunt Achille, qu'il charge de tromper Philoctète l'entêté, après avoir par la ruse gagné la confiance.

Philoctète est une tragédie de Sophocle, puissante et belle, où le tragique nait et s'achève par et dans la parole : Néoptolème est déchiré entre d'un côté son sens de l'honneur et son amitié pour Philoctète, dont le sort et les souffrances l'émeuvent au plus haut point, et de l'autre le sens du devoir qui lui commande, à travers la voix d'Ulysse, de ramener devant Troie assiégée celui qui permettra la victoire des Grecs, lui en coûterait-il une déshonnorante trahison. Un jeune homme encore innocent déchiré entre les ruses d'Ulysse et ses raisons, et les plaintes entêtées et fières de Philoctète, héroïque en sa douleur.

Laurent Terzieff qui approche les quatre-vingts ans, amaigri et marqué par les années, est Philoctète. On n'en doute pas un instant. Seulement, c'est Sophocle qui n'y est plus.

C'est que le texte auquel s'adosse le spectacle est une variation à partir de Sophocle, écrite par Jean-Pierre Siméon. La trame est rigoureusement identique, jusqu'à même son médiocre dénouement qui voit Héraclès descendre du royaume de Zeus pour commander à Philoctète et Néoptolème d'accompagner Ulysse jusqu'à Troie, lesquels sauveront donc les Grecs sans perdre leur honneur pur de héros - puisque c'est à un Dieu qu'ils obéiront. La même trame donc, mais d'autres mots, sans qu'on puisse déceler dans la variation un quelconque bénéfice, qu'il soit poètique ou tragique. Et en ce qui concerne le tragique, bien au contraire.

C'est aussi que la mise en scène de Christian Schiaretti est bien étriquée, sans profondeur, minimaliste en vérité. Tout se déroule à l'entrée de la grotte de Philoctète, laquelle entrée est matérialisée par le rideau d'avant-scène, laquelle grotte est quant à elle évoquée par l'absence d'éclairage à l'arrière. Une scène étriquée et sans profondeur sur laquelle dialogue des comédiens comme statufiés. On comprend qu'on ait voulu tout faire reposer sur la formidable présence scénique de Laurent Terzieff, sur son incarnation physique du personnage, mais cela ne suffit pas. Cela ne pouvait suffire.

On aura donc bruyamment applaudi Laurent Terzieff. On y aura poliement associé les autres comédiens, pourtant plusieurs ton en-dessous. On n'aura pas vu, pourtant, Philoctète, qui au-delà de son personnage éponyme se devait d'être tout de même un peu une tragédie.



Source : Philoctète






De la frigidité de l'édition numérique



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De la frigidité de l'édition numérique



le roman d'ArnaudArf s'est engagé dans une aventure expérimentale à la fois littéraire et numérique, oùil est question du Roman d'Arnaud, oeuvre 2.0 à trois voix et quarante jours, roman video-illustré à lire et à voir sur la page Facebook du Roman d'Arnaud.

Alors, pour marquer le coup, l'ami Arf nous invite à faire la chaîne autour de l'édition numérique, avec une règle - renvoyer sur la page Facebook du Roman d'Arnaud - et trois questions :

1. Lisez vous des livres sur écran ?

2. Si oui, quel type de publication ?

3. Si non, pourquoi ?

Je réponds avec grand plaisir et sans hésitation : Non, je ne lis pas de "livre sur écran".

Je n'en ai aucune envie et je suis bien persuadé que je n'aimerais pas ça. Une histoire d'intimité impossible entre le « lu » et moi, le lisant. D'absence de sensualité aussi... Je m'explique.

Lire un "livre" sur un écran d'ordinateur de bureau est pour moi inenvisageable. L'inamovibilité du point de lecture est absolument contraire à l'esprit de liberté qui à la lecture est consubstantiel. En tant que lecteur, je veux et j'exige de pouvoir lire partout et dans toutes les positions, chez moi, le cul sur une chaise éventuellement, pourquoi pas, mais également allongé dans un lit, vautré dans un canapé, enfoncé dans un fauteuil, avachi entre des coussins, étendu sur le sol ; mais encore assis ou debout dans le métro, dans la salle d'attente d'un médecin, sur les bords de Seine, sur un banc ou la pelouse d'un jardin public, au soleil ou à la lumière d'un bec de gaz... Bref, non seulement partout mais quand, comme et chaque fois que le désir m'en prend.

Et ce n'est pas tout. La taille et la luminosité de l'écran de l'ordinateur de bureau impose une distance entre le « lu » et moi, le lisant, bien trop importante. L'intimité nécessaire à la lecture n'a dans ces conditions aucune chance de se créer. Pour que lecture il y ait, il est indispensable de parvenir à un état de proximité extrême, fusionnel, où le monde extérieur n'existe plus, car seul alors subsiste l'univers autarcique qui se crée au point de rencontre entre les mots de l'auteur et les pensées du lecteur - point de fusion charnelle entre le lu et le lisant...

Un ordinateur portable alors ? Les problèmes précédents n'en sont jamais qu'amoindris, et pas suffisamment : l'objet demeure lourd et encombrant, la distance nécessaire est grande encore, et puis le boîtier chauffe. Le confort du livre-papier n'y est pas.

L'e-book alors ? Non plus.

D'abord parce que je n'en possède pas - et pour cause. Ensuite parce qu'il y manquera toujours l'indispensable sensualité de la page qu'on tourne. Ce geste anodin, du majeur qu'on place sur le coint supérieur droit de la page, qui descend sans appuyer, mais sans effleurer non plus, geste doux et sûr, page qui glisse et se tord, page qui se tord et qui frotte, qui se soulève, hésite entre pouce et majeur, de l'autre côté maintenant, cet autre ressemblant et chaque fois tout à fait un autre, cet autre monde qu'un simple geste découvre, geste qui se termine comme il a commencé, caressant, et qu'on répète encore et encore, inlassablement.

Le petit cri de la page qui se tourne n'est pas moins sensuel, qui d'un livre à l'autre est chaque fois différent. Et voyez-vous, ce léger chuintement de la page qui frotte contre la page, dans le silence, le soir quand ce n'est pas moi qui lit, ce bruit court et sec qui se répète et rythme la lecture de celle qui lit à côté de moi, si proche et si lointaine à la fois, ce petit son à nul autre pareil, son rythme si lent, je le trouve moi terriblement apaisant.

Lorsque j'enfonce le déclencheur de mon appareil photo numérique, rien ne se passe qui ne soit électronique, rien qui implique une mécanique un tant soit peu sonore. Pourtant, le son y est, le même que celui que faisait les appareils argentiques d'antan - il y a dix ans encore. Alors je me doute qu'une telle imitation saurait pouvoir équiper un livre numérique. Il reste que le doux, presqu'imperceptible contact entre mon doigt et le papier ne saurait se retrouver là, ni donc cette sensualité particulière qui, très proprement dit, matérialise la lecture.

Mais peut-être que Le Coucou ou bien Nefisa auront une autre perception. Ou bien Eric ou bien Monsieur Poireau ou bien Eric...



Source : De la frigidité de l'édition numérique






La Dame de chez Maxim



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La Dame de chez Maxim



La Dame de chez MaximLa Dame de chez Maxim, de Feydeau.

Imbroglios, quiprocos et grivoiseries, portes qui s'ouvrent et se referment au rythme, forcément effréné, de la pièce, une comédie légère pleine de rebondissements où la critique sociale n'est pas absente : un vaudeville.

Ce n'est pas le genre théâtral que je préfère. Sans doute parce qu'allant au théâtre, ce n'est pas en premier lieu le divertissement que j'y cherche. Ni l'oubli de moi-même. De nos jours, on a la télévision pour ça.

Je ne sais donc trop qu'en dire, sinon que j'ai passé un bon moment. Selon l'humeur en laquelle on se trouve, on peut y rire beaucoup ou pas un instant. Je témoigne même qu'à un certain moment le fou rire m'a pris, mais je suis bon public en la matière. D'ailleurs, à ce moment-là, j'étais le seul à rire - ce qui en soi est déjà très drôle (en tout cas, moi, c'est une situation qui m'amuse toujours beaucoup).

Le décor est inventif, la mise en scène est enlevée, les comédiens pleins de bonne volonté. C'est en la circonstance ce qu'il faut - même si l'hystérie m'a semblé un peu trop marqué chez le rôle principal, joué par Nicolas Bouchaud - c'est un brin fatiguant, à la longue, de le voir sautiller dans tous les sens.

On peut d'ailleurs se demander s'il était absolument nécessaire d'en faire trois heures.



Source : La Dame de chez Maxim






Internet et Finkielkraut



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Polanski et Mitterrand, Internet et Finkielkraut



lynchageJ'ai jusqu'à aujourd'hui évité de m'exprimer directement sur l'affaire Polanski comme sur l'affaire Mitterrand. La raison en était simple : comment être audible au milieu de ce que Alain Finkielkraut nomme « la foule lyncheuse»?

Pourtant - et c'est là où Finkielkraut se trompe quand il parle assimile Internet à une poubelle - quand on prend le temps d'écouter attentivement, et pour peu qu'on parvienne à faire abstraction des hurlements de la meute, on comprend que Internet est simplement à l'image du peuple, de tous les peuples : les cons y aboient plus fort que les autres et sont généralement tous d'accord entre eux, notamment pour se contenter d'un avis tranché à vif, sans recul ni nuance.

Je suis d'accord et je comprends Trublyonne quand elle se contente de demander : « L'UMP qui défend la liberté sexuelle et le P.S. la rigueur morale, le tout derrière Marine Le Pen, vous ne trouvez pas que c'est le bordel en Sarkozye en ce moment ? »

Je suis d'accord avec le Coucou qui avec sa mesure habituel évoque « l'hallali [qui sonne] de l'extrême droite à la gauche », « les Toto-la-vertu » qui s'ébrouent sans retenue dans les sinistres eaux d'un « retour à l'ordre [qui est] en train de gagner le monde ».

Je rejoins Dr No qui exprime son malaise devant « une meute blogosphèrique sans contour ni recul », « ceux qui hurlent au loup », et aussi quand il conclue que « le lynchage médiatique dans une société de droit a toujours quelque chose de pitoyable ... même lorsqu'il est basé sur des faits avérés, à fortiori quand ils sont anciens et déjà largement connus ! »

Je suis d'accord avec François Mitterrand qui interrogeait sur Twitter : « Faudra-t-il à la fin clouer au pilori tous les Lewis Carroll mal inspirés et les Vladimir Nabokov sans talent ? » - et Bruno-Roger Petit a par ailleurs écrit un excellent billet sur le sujet, contrairement à Guy Birenbaum qui refuse de se mouiller.

Je partage l'avis de Nicolas quand il propose « à tout moralisateur gauchiste qui a déjà maté le cul d'une adolescente de 14 ans en se disant qu'elle semblait en avoir 17 ou d'un type de 25 ans en s'imaginant qu'il en a 15 de se couper tout seul les couilles et de les bouffer avec du gros sel » et je proclame avec lui que « si la nouvelle stratégie électorale du Parti Socialiste est de remuer la merde soulevée par le Front National, il le fera sans moi. » Et d'ailleurs je suis encore d'accord avec lui quand c'est mon avis qu'il partage : « ce glissement suggestif de l'homosexualité à la pédophilie n'est pas nouveau et fait le lit de l'homophobie et des violences qui l'accompagne ».

En réponse à un commentaire de mon ami Rimbus, avec lequel pour une fois je suis en désaccord, j'ai écrit : « Soyons clair, je ne prends en aucun cas la défense de Frédéric Mitterrand, ni celle de la prostitution, encore moins celle du tourisme sexuel. Je dis juste qu'un homme a raconté dans un livre son expérience intime d'homosexuel attiré par de "jeunes garçons"... et que le fait qu'on hurle aussitôt à la pédophilie, et même que sans hurler on en laisse le sous-entendu, ça me glace et ça me semble irresponsable. Ce glissement suggestif de l'homosexualité à la pédophilie n'est pas nouveau et fait le lit de l'homophobie et des violences qui l'accompagne. [...] Sans même parler qu'il y a un monde d'horreur qui sépare le détournement de mineur de la pédophilie... Il y a dans tout ce bazar bien trop d'amalgames désolants ».

Au même endroit, j'ai rappelé que les Beatles étaient « quatre garçons dans le vent ». Ailleurs j'ai interrogé « donc l'homo qui se paie un mignon là-bas est moralement plus répréhensible que l'hétéro qui s'offre une jeune pute ici ? », souligné « le grand bond en arrière dans la lutte contre l'homophobie et son assimilation à la pédophilie, en France », rappelé que « quand on donne dans le populisme, on en vient tjs à se faire déborder par l'extrême-droite » et déclaré « je hais cette gauche qui s'érige en gardienne intransigeante des bonnes mœurs ».

Le point est qu'à hurler avec la meute, on en oublie de défendre l'essentiel :

- dans l'affaire Polanski : l'intellignetzia en général, et Frédéric Mitterrand en particulier, ont eu grand tort de mettre en avant la qualité d'artiste de Roman Polanski afin de prendre sa défense. Aussitôt, la meute s'est engouffrée et la gauche n'a pas su réagir. Le résultat est que l'idée de justice a une nouvelle fois reculé en ne saisissant pas l'occasion de rappeler que la prescription est un élément fondateur de notre système judiciaire. Elle en est même un élément civilisateur. La justice ne se préoccupe pas de devoir nourrir l'esprit de vengeance. Elle ne se préoccupe pas de faire justice à une victime ou de condamner un acte : la justice juge un homme et la prescription est reconnaître à tout homme la faculté de changer, c'est reconnaitre ce qui fait son humanité. Sans prescription, la justice devient acharnement.

- dans l'affaire Mitterrand : Benoit Hamon a emboîté le pas à Marine Lepen. Et Manuel Valls. Et Montebourg aussi. Et la meute blogosphérique qui n'est que le peuple enfin audible au quotidien. Le résultat est que pour condamner le tourisme sexuel, ce qui est un vrai sujet, pour réclamer des comptes à un Ministre sur son passé, ce qui est moins glorieux, on a vu ressurgir le feu homophobe de l'ancien volcan où l'on croyait avoir éteint l'intolérable amalgame entre pédophilie et homosexualité.

C'est que parmi les hurlements de la meute et les vociférations des lanceurs de pierres, mesure et nuance n'ont plus prise, tout se mélange et puis tout s'amalgame : abus de pouvoir sur mineur et pédophilie, viol et pédophilie, homosexualité et pédophilie ; mais aussi justice et identification à la victime, justice et désir de vengeance, justice et expiation...

Il aurait été bienvenu par exemple de rappeler qu'il y a ce qui relève d'une attirance sexuelle maladive pour les enfants et qui se nomme la pédophilie. Et qu'il y a, sans que la frontière puisse être bien identifiée, ce qui relève de l'interdit social d'une relation sexuelle fondée sur un rapport de pouvoir moral : un adulte ne couche pas avec un ado, un professeur ne couche pas avec son élève, un patron ne couche pas avec son employé, un cinéaste de renom ne couche pas avec une starlette ambitieuse et alcoolisée, un touriste fortuné ne paie pas pour coucher avec un jeune homme du bout du monde, miséreux et exploité... Dans un cas, celui de la pédophilie, l'interdit est universel et ne se discute pas. Dans l'autre, entre en ligne de compte la culture, la conviction intime, l'opinion de soi, le respect de l'autre, le débat moral, la conscience du bien et du mal... Dans un cas on a affaire à un pédophile, dans l'autre à un irresponsable, ou plus prosaïquement un con, et parfois, en fonction des lois en vigueur, à un criminel.

Tout ce qui est écrit ci-dessus l'a été, par moi ou par d'autres, de manière plus ou moins sybilline, avec plus ou moins de talent et de capacité de résonnance (des liens bordel, des liens !), sur Internet. Preuve que Alain Finkielkraut a sur ce sujet une opinion un peu trop amalgamante. Je le répète, Internet est tout simplement à l'image du peuple - et ce n'est pas toujours reluisant. Pour le reste, sans doute parce qu'il sait là davantage de quoi il parle - mais le peuple a tendance à dévaloriser tout ce qui ressemble à une élite, et le penseur philosophe est donc nécessairement un con - Finkielkraut a fait ce matin sur France Inter une excellente intervention : dix minutes à écouter avec nuance et mesure, et peut-être un peu d'ouverture d'esprit.





Source : Internet et Finkielkraut






Paradis (dedalus)



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Paradis (dedalus)



Chaque jour, de nouveaux blogs apparaissent, un lot de billets impressionnant est publié. Tout cela est-il voué à disparaître ? Certainement. Quelques billets résistent parfois au temps. Nous vous proposons de nous confier quel est le billet que vous avez écrit qui à vos yeux a le plus de prix. Merci de répondre par mail (mtislav chez free.fr).

Ainsi nous pourrons directement proposer à la blogosphère un éphémère paradis.

Bien entendu, chacun s'il le souhaite pourra publier tout ou partie de cette liste. A la seule condition de ne pas mentionner le nom du blog mtislav. C'est Umberto Eco qui nous a donné cette idée (dans un entretien paru dans la presse cette semaine). Considérons qu'il s'agit d'une oeuvre collective... à laquelle nous avons songé vous  convier.



Source : Paradis (dedalus)






La Grande Magie



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La Grande Magie



La Grande Magie, Eduardo De Filippo, Dan Jemmett, Comédie FrançaiseUn hôtel face à la mer et des villégiateurs désoeuvrés. Un mari jaloux, sa femme et son amant. Un magicien raté et volontier carambouilleur...

Un soir de spectacle dans l'hôtel, le magicien fait, à la demande de l'amant, disparaître la femme sous les yeux du mari. L'amant enlève la femme, le magicien comprend qu'il serait bien en peine de la faire réapparaître, explique au mari que sa jalousie est seule responsable de cette disparition et lui remet une petite boîte supposée contenir la disparue. Il ne suffit au mari que d'ouvrir la boîte pour retrouver son épouse, pour peu qu'il lui fasse entièrement confiance. Dans le cas contraire, il l'aurait perdue à jamais.

Plus tard, le magicien révèle son secret au mari septique et menaçant : une illusion, une expérience hypnotique, un jeu mental qu'il faut mener jusqu'à son terme, quand l'illusion prendra fin et que le mari découvrira que le temps ne s'est pas écoulé, qu'il se trouve toujours à l'hôtel, où il assiste à un spectacle de magie durant lequel sa femme n'a pas disparue.

A ce point, le décor est planté et la pièce révèle sa vraie nature, fable philosophique où l'homme dans sa caverne fait face à l'illusion de la vie, fable platonicienne qui est le fondement même du théâtre, la raison d'être de ce théâtre dont on sait qu'il est lui-même dans le théâtre : « Le théâtre est la vie... et la vie, un grand théâtre où chacun s'efforce de tenir un rôle, le sien, sous le regard de l'Autre. » (*) Et donc le sujet de La Grande Magie est la vie, le rapport que chaque homme entretient avec sa propre vie, les illusions qui le trompent et l'abusent, celles aussi en lesquelles il se réfugie, afin de n'être pas tout à fait malheureux.

Se déroule alors un grand spectacle, particulièrement soutenu par les performances de Hervé Pierre, dans le rôle du magicien Otto Marvuglia, illusionniste sans talent mais bonnimenteur redoutable, et - surtout - de l'incontournable Denis Podalydès, tout simplement époustouflant en Calogero Di Spelta, ce mari tour à tour sévère, jaloux, trompé, abandonné, désespéré, torturé, aliéné, désabusé, repenti, amoureux, révolté...

Toutefois, la part vaudeville du spectacle n'est pas une réussite, et notamment au cours de ce qui n'apparaît être qu'un interminable prologue, où l'on rit peu et s'ennuie beaucoup. Tant pis, puisqu'on finit par être emporté. Malgré le décor clinquant mais pas forcément joli, malgré la mise en scéne souvent plaisante mais parfois un peu étriquée, et malgré des comédiens enjoués mais, hormis les deux précités et en comparaison, assez en-dedans. Tant pis, puisqu'on en ressort réjoui.

Du spectacle diesel, en somme. Où la grande magie du théâtre fait en définitive son merveilleux office : des mots, du sens et la vie - ou du moins son illusion...

Edit : C'est mieux en citant l'auteur, Eduardo De Filippo, grand auteur italien du XXème siècle, disciple de Luigi Pirandello - La Grande Magie a été écrite en 1948 -, et le metteur en scène, Dan Jemmett - né à Londres en 1967 et installé en France depuis une dizaine d'années...



(*) je profite de ce clin d'oeil un peu malicieux pour signaler aux quelques lecteurs de ce blog que ça intéresse, que c'est avec une grande joie que je retravaille actuellement cette pièce, qui donc en sus d'être la meilleure chose que j'ai jamais écrite, sera bientôt une très bonne pièce de théâtre - puisqu'il faut toujours en croire sa joie.



Source : La Grande Magie






Le tout petit géant vert



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Le tout petit géant vert



Nicolas Sarkozy tout petit géant vert


Bon, je viens très très douloureusement de changer mon hébergement chez OVH, faisant du multi-domaine et du multi-FTP. Autant de notions qui me sont aussi étrangères que le scrapbooking et le point de croix. En bout de course, un petit test ne me parut pas superflu...



Source : Le tout petit géant vert






Scrapbooking d'hiver



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Scrapbooking d'hiver



scrapbooking Connaissez-vous le scrapbooking ? Moi non plus, mais ça n'est pas une raison !

C'est très important, le scrapbooking. Voilà un phénomène de société qui à n'en pas douter prend de plus en plus d'ampleur. En témoigne le nombre impressionnant de blogs exclusivement consacrés à ce sujet. Au point que Wikio a mis en place une catégorie spéciale scrapbooking et que le blog numéro 1 dans cette catégorie se classe au 47ème rang du classement général, ce qui est loin d'être ridicule.

Qu'est-ce donc que le scrapbooking ? Voilà la question que, j'en suis persuadé, vous vous posez en même temps que je me la pose à moi-même. Ayons le bon réflexe et lisons la définition qu'en donne Wikipedia :

« Le Collimage ou "scrapbooking" en anglais est une forme de loisir créatif consistant à introduire des photographies dans un décor en rapport avec le thème abordé, dans le but de les mettre en valeur par une présentation plus esthétique qu'un simple album photo. Pour cela, de nombreuses techniques de collimage existent, telles que le sérendipité, le tag, l'iris folding, le spirella...»

Mettons de côté la dernière phrase et retenons pour commencer que scrapbooking se traduit par "collimage" et que le collimage est un loisir créatif qui consiste à... coller des images. Cette simple description confirme qu'il faut bien que ce soit un phénomène d'une grande ampleur pour que Wikio se soit vu contraint de créer une catégorie dédiée alors même qu'une catégorie "loisirs" existait déjà. Il a fallu qu'il apparaisse impossible de mélanger torchons et serviettes, blogs de tricot et blogs de scrapbooking - impossibilité qui pourra plonger les profanes dans un insondable abîme de perplexité...

Sortons-en, et relisons maintenant la dernière phrase : « De nombreuses techniques de collimage existent, telles que le sérendipité, le tag, l'iris folding, le spirella...»

La sérendipité, je connais. La sérendipité est ce hasard heureux qui, combiné à une disposition de l'esprit caractérisée par l'ouverture à la nouveauté, conduit à faire une découverte inattendue, à trouver ce qu'on ne cherchait pas, fortuitement en somme. C'est un notion qui tient une place essentielle dans le domaine de la recherche scientifique.

Apliquée au scrapbooking - ou d'ailleurs à n'importe quel domaine qui prétend à l'artistique -, ça devient savoureux : vous choisissez des photos un peu au hasard, vous les découpez un peu à l'inspiration, vous les collez sur un fond un peu par ci un peu par là... et à la fin vous vous demandez si cela n'a pas un sens ou une beauté à laquelle vous ne vous attendiez pas.

Dit autrement, la sérendipité en tant que technique artistique est ce qui parviendrait à faire de tout un chacun un artiste par hasard. Disons un hasartiste. Une bien douce illusion, à laquelle j'ai néanmoins pour ma part cessé de croire depuis longtemps.

Quant au tag, à l'iris folding et au spirella, je n'ai aucune idée de ce à quoi cela peut correspondre. Un lecteur pourra éventuellement nous expliquer.

J'ai l'air de me moquer, mais pas du tout. D'une part la technique du collage a été et est utilisée par de très grands artistes - Picasso et Braque n'étant pas les moindres d'entre ceux-là -, d'autre part je ne connais absolument rien au scrapbooking et il faut toujours éviter de moquer ce que l'on ignore. Sur Wikipedia, je lis encore que « Ce loisir créatif [...] existe aux États-Unis depuis les années 1800 mais arrive en France en 1999 ». Un loisir excessivement récent, du moins de ce côté-ci de l'Atlantique, qu'une dizaine d'années aura donc suffit pour rendre populaire, au point qu'on puisse effectivement parler de phénomène de société.

Et donc ?

Rien. Sinon que je sais maintenant avec certitude que je ne peux inscrire mon propre blog chez Wikio dans la catégorie "scrapbooking". Car il faut que je vous dise, confondant le blog et le site sur lequel il est hébergé, j'avais initialement choisi de le faire figurer dans la catégorie "littérature". Aujourd'hui, je m'aperçois qu'il n'y a guère sa place, ou seulement partiellement, tant j'y parle d'autre chose que de littérature. C'est pourquoi j'étais parti en quête d'une catégorie mieux adaptée.

"Scrapbooking" ne convenant pas, il ne me reste que la catégorie "divers". Et du coup j'en profite pour faire des liens bordel, des liens !



Source : Scrapbooking d'hiver




Pourquoi je bois



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Pourquoi je bois



ligue anti alcool 1919

Cette affiche anti-alcool date de 1919.
Heureusement, ces dames aussi.



Source : Pourquoi je bois




Télé réalité de merde



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Télé réalité de merde



offre d'emploi stage réalité

Le stage : un stage réalité - voilà pour le concept.

L'entreprise : réalise des documentaires réalité, intitulé à la con qui permet de se distinguer à la fois du documentaire classique et du docu-fiction.

Les stagiaires : 2 dont un seul trouvera du travail dans un domaine prestigieux.

Le salaire : 150 000€ pour le gagnant et 10 000€ pour le perdant - nous vivons dans une société qui n'aime que les gagnants, mais au moins ce n'est pas un stage gratuit.

Les modalités : le stage sera filmé et donc, si une chaine de merde se déclare séduite par ce concept de merde, diffusé au public - lequel se délectera sans aucun doute de l'avillissement programmé de deux de ses semblables.

Les qualités requises : être prêt à toutes les humilations, à se rouler dans la merde pour peut-être en sortir, pour peut-être - si un public de merde venait à en décider ainsi - trouver un boulot (dans un domaine prestigieux) et ainsi échapper un peu à cette vie de merde qui réduit un homme à être prêt à tout, qui réduit un homme à ne s'estimer pas davantage qu'une grosse merde, reniement de soi qui semble donc autoriser une entreprise à considérer celui-ci, l'homme, comme celle-là, la grosse merde, et d'espérer que ça puisse lui rapporter beaucoup d'argent.

Ça pue !



(Non, je ne l'ai pas inventée, cette offre d'emploi de merde. Elle est ici : http://www.audiovisuel-job.com/site/detail-offre-emploi-stage-realite-2593.html)

Source : Télé réalité de merde




La France que je n'aime pas



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La France que je n'aime pas



France Hortefeux RacismeDans Le Monde daté du 23 septembre 2009 est paru un article témoignage du journaliste Mustapha Kessous. Je vous invite à le lire d'un bout à l'autre.

Une terrifiante description du racisme ordinaire dans la France ordinaire, liste des humiliations qui de jour en jour se répètent, agressions racistes plus ou moins sournoises qui poursuivent et pourchassent toute personne en France qui ne porte pas le bon nom et/ou le bon visage. Réquisitoire implaquable contre une France qu'on n'aime pas.

Cette France, moi en tout cas je ne l'aime pas.

Cette France qui humilie des hommes et les violente. Cette France qui tolère qu'on humilie un homme et qu'on le violente parce qu'il s'appelle Mustapha ou autre, parce qu'il ressemble à un arabe ou autre. Cettre France des terroirs fertiles en petites blagues racistes - humour franchouillard et aigri, crispé et minable, vieilli en fût de haine. Cette France, non je ne l'aime pas.

Et quand cette France se retrouve à être gouvernée par des hommes qui lui ressemblent ; quand elle tolère qu'un de ses ministres y aille lui aussi, et régulièrement, de sa petite blague bien grasse, suintante de bêtise, puante de racisme, insultante et méprisable ; quand elle feint cette France-là d'ignorer que le maintien en fonction de Brice Hortefeux est une giffle monumentale, une violence terrible, l'humiliation de trop pour tous ces hommes et toutes ces femmes qui en France subissent déjà quotidiennement le rejet racial ; quand elle en vient ainsi à se carricaturer elle-même et à perdre tout honneur, cette France non seulement je ne l'aime pas, mais je la vomis.


Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme

Brice Hortefeux a trop d'humour. Je le sais, il m'a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l'avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : "Vous avez vos papiers ?"

Lire la suite...


Lire aussi : Brice Hortefeux dérape dans le racisme. Puis signer la pétition réclamant la démission de Brice Hortefeux, toujours honteusement ministre de l'intérieur et ministre des cultes.



Source : La France que je n'aime pas




Virgin Mobile : l'arnaque



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Virgin Mobile : l'arnaque



service client virgin mobileVous êtes à la recherche d'un opérateur de téléphonie mobile ? Pour vous ? Pour vos enfants ? Mais vous n'avez pas de temps, et surtout pas d'argent à perdre ? Ne choisissez pas, évitez comme la peste Virgin Mobile !

Détendez-vous du mobile, qu'ils disaient. Slogan facile et sans aucun lien avec la réalité qu'il vous faudra subir. Le service client de Virgin Mobile est une vraie catastrophe. Pis que cela, il est de toute évidence organisé pour être catastrophique, c'est-à-dire pour que chaque appel s'éternise autant qu'il est possible. Et aussi de telle manière qu'un seul appel ne puisse jamais suffire. Chaque fois qu'il vous sera nécessaire de les appeler - et cela vous sera nécessaire ! -, cela vous coûtera rien moins qu'un bras.

Mais c'est gratuit, non ? me direz-vous. Bah non ! Le seul numéro gratuit que vous trouverez sur le site de Virgin Mobile est celui qui vous permet de passer commande de votre forfait, celui qui en quelque sorte sert d'appât. Ensuite, vous pourrez errer très longtemps à travers toutes les pages du site sans trouver ne serait-ce qu'un numéro non surtaxé.

Ah si, il y a le 846. Celui-là est en effet gratuit... après trois minutes de communication... depuis votre mobile. Mais voilà, je vous mets au défi de parvenir à passer plus de trois minutes en ligne avec un opérateur du service client sans qu'il vous ait demandé de le rappeler depuis un poste fixe... au prétexte qu'il va être nécessaire de vérifier le numéro IMEI situé sous la batterie de votre mobile... ou parce qu'il va être nécessaire de faire quelques petites manipulations sur celui-ci... ou tout autre prétexte bidon.

A propos de défi, il est également tout à fait impossible d'avoir une communication avec le service client sans passer entre les mains d'au moins deux opérateurs différents, chacun prenant un soin infini - et très aimablement, il faut le souligner - à vous reposer les mêmes questions que le précédent : Bonjour. Quel est votre numéro de téléphone ? Je ne viens pas de le taper sur les touches juste avant de vous avoir en ligne ? Quel est votre nom ? Laurent M. Je peux vous appelez par votre prénom ? Mais faites donc, Mademoiselle. Alors, Laurent, quel est l'objet de votre appel ? Bah comme je l'expliquais il y a deux minutes à votre collègue... Laurent, je peux vous mettre en attente quelques instants ? Si je refuse, ça change quelquechose ?...

Une moyenne de 10 euros par appel. Une moyenne de trois appels pour obtenir réponse à votre question ou solution à votre problème.

Depuis neuf mois que j'ai un abonnement chez Virgin Mobile - et fort heureusement je ne me suis engagé que pour un an -, j'ai eu à poser une question à propos de ma facturation ; l'écran du téléphone initial a rendu l'âme et j'ai eu besoin d'un échange standard ; l'appareil photo du nouveau téléphone s'est avéré défectueux et donc nouvel échange standard ; et j'ai souhaité au bout des six mois règlementaires faire débloquer mon téléphone, afin de pouvoir y insérer la carte sim du nouvel opérateur vers lequel je vais me propulser une fois ma peine d'un an purgée.

Ce dernier point est d'ailleurs tout à fait intéressant. En premier lieu parce que les téléphones Virgin Mobile sont bloqués y compris pour les cartes SIM Orange alors qu'ils partagent le même réseau, ce qui me semble être contraire à la réglementation (et d'ailleurs un portable bloqué Orange acceptera une carte SIM Virgin Mobile). En second lieu parce que, échaudé par mes précédentes expériences avec le service client, j'avais cette fois choisi de leur transmettre ma demande par mail (serviceclient@virginmobile.fr). Le résultat ne s'est pas fait attendre :

Cher Laurent,

Vous souhaitez pouvoir insérer des cartes SIM provenant d'autres opérateurs dans votre mobile Virgin ?

Votre demande est faite après 6 mois d'ancienneté : bonne nouvelle, c'est totalement gratuit !!

Sachez qu'il va être nécessaire d'effectuer des manipulations sur votre mobile, c'est pourquoi, je vous invite à prendre contact avec le Room Service au 0825 311 411 depuis une ligne fixe (facturé 0.15 cts/min).

Je résume : c'est totalement gratuit... mais ils ne me répondront pas par mail... il faut que je les appelle... depuis un téléphone fixe... sur un numéro surtaxé. Et devinez quoi ? La gentille opératrice que j'ai eu en ligne et qui m'appelle Laurent de sa voix suave m'a dit - au bout de quelques longues minutes bien étirées - qu'elle allait faire un mail au services technique afin qu'ils lui envoient la procédure de débloquage... que je serai averti par SMS dès qu'elle l'aurait reçue... qu'il me faudrait alors la rappeler... sur le même numéro surtaxé. J'ai bien suggéré de lui donner mon adresse mail afin qu'elle m'adresse directement la procédure par mail, voire que le service technique me mette en copie de leur message : Non non, Laurent, ceci n'est pas possible.

Je sais, il y a des problèmes plus grave dans la vie. Mais voilà, chez Virgin Mobile, ils m'ont mis les abeilles - et je vous promets que je ne suis généralement pas soupe-au-lait, plutôt arrangeant même, comme garçon. C'est juste que là, merde !, j'aime pas qu'on me donne de trop le sentiment d'être un bon pigeon.

Tenez, voyez comme je suis un bon gars, à force qu'elle m'appelle Laurent, je l'ai appelée Natacha et, prenant à mon tour ma voix la plus suave, j'ai fini par obtenir le numéro impossible à obtenir - et que pourtant la réglementation contraint à tout opérateur de fournir à ses clients -, le numéro non surtaxé qui permet de joindre le service client. Comment ! vous n'aviez pa lu en temps utile ce billet, vous êtes vous aussi enchaîné à Virgin Mobile pour quelques mois ? Allez je vous donne le sésame : 0811 011 846 (tarif appel local)

Virgin Mobile nous prend pour des cons. Cela ne devrait pas nous étonner finalement, c'était annoncé dans leur spot de pub. Souvenez-vous, Doc Gynéco, son air de client particulièrement intelligent, baignant dans la vaseline, tellement détendu du mobile qu'en vérité on le devinait fin prêt, et même pour tout dire plutôt ravi de se faire... Mais regardez plutôt :



Source : Virgin Mobile : l'arnaque




Désirs d'en rire



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Désirs d'en rire



Merci à Nicolas - sans lequel j'oublie de faire de chaque trouvaille un billet Winking



Source : Désirs d'en rire




Neuf neuf neuf



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Neuf neuf neuf (révolution 9)



Pavés neufNeuf neuf neuf je suis un homme neuf. Petite comptine de la révolution intérieure. Neuf neuf neuf je me remastérise les connexions synaptiques et hop hop hop je suis tout neuf. Révolution. Révolution. Je tourne. Je tourne en rond. J'étais celui-ci, un petit tour sur moi et hop je suis celui-là. Ils ne voient pas la différence. Passent les passants. Les satellites tournent aussi. Tournent tournent tournent et me font marrer. Passent les ignorants. Tête basse. Oeil morne. Marre marre marre. Qui est qui. Qui est quoi. Je suis là. Qui est elle. Seul seul seul où sont les meufs. Petits minous et leurs mitaines. Vie de chien vie de chatte. Vies à quatre pattes. Bête à deux dos. Vivre et mourir neuf fois. Petites vies petites morts et grandes teufs. Neuf neuf neuf Paris sur le pont neuf. Nuit neuve et noire sous la lune rousse. Faire un double noeud de neuf. S'amarrer, se marrer, larguer les amarres. Neuf neuf neuf et saute dans la marre. Plouf plou plouf. Petit chat échaudé. Petit chat qui craint l'eau froide. Petit chat qui fume et qui miaule sur la gouttière. Solitaire. Goutte à goutte la vie qui goutte. Ploc ploc ploc petit saut dans la grande flaque. Fais pas l'enfant. Homme enfant qui aime la femme enfant. Homme enfant qui met au monde l'enfant enfant. Qui met au monde le monde et aux ordures les ordures. Neuf neuf neuf le monde est tout neuf. Aux ordures les ordures. Où sont les keufs. Sous la lune je suis tout neuf. Lune ronde lune blonde. Noyaux de prunes. Tac tac tac j'en ai ma claque. Talons aiguilles qui font la guerre sur le pavé. Jupe courte jupe longue. Reflet de lune dans la flaque. Reflet noir sur le bitume roux. Coule coule coule son sang noir. Oeil en amande et éclair d'argent. Larmes sèches et noyaux de prunes. Petite chatte ne miaule plus. Boum boum boum sous son sein blanc. Silence sur le pont neuf. Révolution du silence. Je tourne. Je tourne en rond. Cri au fond de la gorge. Passent les passants sur le pavé ignorant. Ramasse les ordures. Sèche les larmes. Silence tout neuf. Tourne tourne et retourne. Caillou dans l'eau. Rond dans la marre. Ventre de la nuit qui s'arrondit. Son enfant à paraître. Aube noire et petit matin blanc. Tout doit disparaître. Nuit nuit nuit. Tout a disparu. Veau vache et boeuf. Abattoir de la nuit. Abattoir du jour. Sang sang sang. Vie qui coule. Eau qui lave. Vent qui chasse. Neuf neuf neuf je suis un homme neuf.



Crédit photo : Brassaï





Source : Neuf neuf neuf




Le syndrome de Pygmalion



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Le syndrome de Pygmalion



nu picassoIl la regarde, fait une moue. Ça ne va toujours pas. Les yeux d'abord. Les yeux surtout. Le regard ne possède pas la clarté voulue, ce pétillement. Trop de noirceur, de froideur même. Il avait espéré créer au fond de ses yeux noirs un regard à la fois chaud et lumineux. Il le découvre sombre et glacé. Et puis la hanche. La courbe est trop marquée, un peu grossière. Quand elle se déplace, elle semble lourde, lestée, comme plantée dans un sol boueux, comme si chaque pas était un déracinement. Elle parle, elle chante, elle rit. Il émane d'elle intelligence et candeur, humour et légèreté. Elle est délicieuse, pense-t-on tout d'abord. Cela ne dure pas. Rapidement on s'ennuie. A la fin, on est irrité par le son de sa voix qui rend trop le cristal et l'on y perd encore de la chaleur, quand son parfum en diffuse de trop. Elle sent bon pourtant, merveilleusement bon, au point qu'il se dit que c'est finalement ce qu'il a le mieux réussi. Il en serait presque satisfait s'il n'y cherchait en vain la subtile touche érotique qu'il y avait souhaitée. Les effluves vaginales surtout. Il a beau fourrer là son nez, il n'y retrouve rien de la nécessaire bestialité qu'on espère toujours y deviner. Il l'examine encore, doutant de plus en plus que la magie puisse tout de même opérer. L'aimer, voilà ce qui saurait couronner tant d'efforts consentis pour son oeuvre. Le dessin du sexe est certes parfait. Et les cuisses et le ventre et les seins. De toute beauté aussi. Un grain de peau sublimement soyeux - presque trop sur l'aimable rondeur des fesses, constate-t-il avec dépit. La main risque de glisser avant que d'avoir eu le temps de s'émouvoir. Et la cambrure des reins. Elle file avec élégance jusqu'au creux délicat de la nuque, là où échouent tous les baisers. Il soulève ses longs cheveux et l'embrasse là, avec un peu d'espoir encore, et découvre qu'en cet endroit crucial, qu'en cet endroit aussi, un il-ne-sait-quoi désamorce toute charge érotique. Il comprend soudain son erreur. Trop de perfections. Trop de perfections, voilà l'imperfection. Tout recommencer. Il a pris sa décision. Tout recommencer encore. Il aurait dû s'en rendre compte avant que de lui insuffler la vie. Elle va maintenant pousser d'insupportables petits cris à la vue du couteau. Elle suppliera de l'épargner. Elle ne comprendra pas. Il n'a pas la faculté de renoncer et n'a d'autre choix que de la détruire s'il ne peut l'aimer tout à fait. Elles ne comprennent jamais.



Source : Le syndrome de Pygmalion




Chama Dieumerci



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Pas de rentrée scolaire pour Chama Dieumerci



Aujourd'hui, c'est la rentrée scolaire. Voici ce qu'on aurait aimé que Chama Dieumerci, 5 ans et demi, nous raconte - et qu'il ne nous racontera pas :

Cette enfant est contente de rentrer en CP quoi. Tout simplement. Tout naturellement.

chasse à l'enfantMais, pour Chama Dieumerci, 5 ans et demi, dont la mère se trouve dans l'incapacité d'assurer la garde et dont le père sera très prochainement expulsé de France, pays où est né le petit Chama, qui se prétend celui des Droits de l'Homme, pour lui, pour cet enfant-là, la rentrée scolaire c'est un peu plus compliqué que cela :



Monsieur le Ministre,

Monsieur le préfet,

Le tribunal administratif de Cergy Pontoise a rendu aujourd’hui une décision qui ne peut que vous satisfaire : elle considère comme légale une décision de reconduite à la frontière qui vise à arracher un fils à son père, à briser net la cellule familiale où cet enfant avait retrouvé un environnement familial favorable, à interrompre la scolarité d’un gamin de 5 ans et demi qui s’apprêtait à rentrer au CP avec tous ses copains de l’école maternelle et s’en faisait une joie…

Une telle issue provoque l’indignation et l’écoeurement de tous ceux qui se sont mobilisés pour Chama et son papa, bien au-delà de notre réseau, parmi les parents d’élèves et enseignants, la population de Saint-Denis, de nombreuses personnalités et des élus, dont M. Jack Lang, député et ancien ministre.

Le cas de M. ABEL GABRIEL est exemplaire : il vit en France depuis 2002 et sa situation était connue de vos services. Il fait partie d’ailleurs de ces parents qui auraient pu être régularisés dès 2006 puisqu’il avait fait à cette date une demande de régularisation au titre de la circulaire Sarkozy. On aurait pu attendre que l’interpellation, puis la garde à vue de ce papa resté seul en charge de son enfant aient donné l’occasion à la Direction des Etrangers de se renseigner, de compléter le dossier et de prendre la mesure d’une situation humaine.

Au lieu de cela, c’est la logique du chiffre et le stakhanovisme de l’expulsion qui ont prévalu. Et cet épisode désastreux n’est hélas qu’un cas parmi beaucoup d’autres. Si cette procédure est légale, c’est donc bien la procédure qui est aveugle et inhumaine ; c’est donc bien la loi qui est profondément injuste et doit choquer les consciences. Une législation aux relents de plus en plus xénophobes, qui conduit la France à ignorer l’intérêt supérieur de l’enfant et le droit de vivre en famille, à piétiner de fait les engagements qu’elle a pris en signant les conventions internationales.

C’est le cinquième cas en l’espace d’une semaine en Seine Saint-Denis qui nous voit confrontés au placement en rétention et à la menace d’une reconduite à la frontière frappant un père de famille ou un étranger ayant des charges de famille. Ailleurs en France il en va de même et nombre de familles sont ainsi brisées, nombre d’enfants subissent un traumatisme irréversible en voyant leur père menotté, enfermé et jugé comme un malfaiteur. Quand ils ne se retrouvent pas eux aussi dans ces prisons pour étrangers où l’on aménage maintenant des espaces pour les familles.

L’indignation et la mobilisation citoyenne ont jusqu’ici empêché beaucoup de ces horreurs. Il doit en être de même pour Joao ABEL GABRIEL et son fils Chama Dieumerci. A deux mois des commémorations de la Convention Internationale des Doits de l’Enfant, vous vous grandiriez en faisant machine arrière, en libérant ce papa et en lui donnant le droit de mener une vie normale parmi nous avec son fils, en inversant enfin la sinistre machine à fabriquer des malheurs individuels et collectifs.



Cette lettre est la lettre ouverte adressée par RESF au préfet de Seine Saint-Denis et au ministre de l’Immigration. Sauront-ils entendre la très simple et très naturelle demande de Chama ?

Entendez-vous ce que demande Chama, en ce jour de rentrée scolaire, ce qu'il demande, très simplement et très naturellement - ce qu'il nous demande ?



Ce billet n'est pas une chaîne. C'est pour cela que je ne la fais pas circuler ici ou , pas plus qu'ailleurs... ceux-là et bien d'autres comprendront que ce billet est un appel au secours !

laissez-les grandir ici


Source : Chama Dieumerci




Shakespeare, les femmes et moi



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Shakespeare, les femmes et moi



volcan, cratère, vagin infernalJ'ai toujours été persuadé que William et moi, nous aurions fait de bons potes. Ou, bien plus probablement et avec un brin d'humilité, j'aurais été parmi ses plus ardentes groupies...


« Au-dessous de la taille elles deviennent centauresses,
Bien que femmes au-dessus ;
Ce n'est que jusqu'à la ceinture qu'on trouve l'héritage des dieux,
Au-delà règnent tous les démons :
Là est l’enfer, là sont les ténèbres, là est le cratère sulfureux,
Brûlure, bouillonnement, puanteur, consomption [...] »


William Shakespeare - Le Roi Lear, Acte IV, scène 6


Allez savoir pourquoi ça me parle autant.


*****


Dans un tout autre registre, parce que - pour tout vous dire - ce billet n'est en définitive guère plus qu'un mémo et donc, tant que j'y suis :


« [...] aussi bref qu'un son, aussi fugace qu'une ombre, aussi passager qu'un rêve, soudain comme l'éclair dans la nuit de charbon qui, crachant sa rage, dévoile d'un coup le ciel et la terre mais qui, avant même qu'un homme puisse articuler : "Regardez !", est dévoré par les mâchoires des ténèbres. Toute chose qui brille sombre si vite dans le néant. »

William Shakespeare - Le Songe d'une nuit d'été, Acte I, scène 1


C'est tout simplement génial. Il y a là, dans la musicalité comme dans l'image évoquée, une sorte de fulgurance parfaite :

Soudain comme l'éclair dans la nuit de charbon qui, 
Crachant sa rage, dévoile d'un coup le ciel et la terre 
Mais qui, avant même qu'un homme puisse articuler :
"Regardez !", 
Est dévoré par les mâchoires des ténèbres.

Une telle beauté me laisse littéralement sans voix.


Toute chose qui brille sombre si vite dans le néant.

Toute chose, et pas Shakespeare, 
Etoile géante au firmament du théâtre,
Qui brille et nous éclaire,
Qui brille et nous enchante,
Qui brille sans fin, par-delà les siècles et les siècles.


Une groupie, je vous dis.



Post Scriptum : « La poésie est cette musique que tout homme porte en soi », écrivait William Shakespeare, qui s'y connaissait un peu en poésie. J'ajoute, moi qui ne suis pas poète :

Celui qui a le talent de la donner à entendre hors de lui-même, cette musique muette qu'il porte en lui, celui-là est un poète.



Source : Shakespeare, les femmes et moi




En Jeanskini®™ à la piscine



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En Jeanskini®™ à la piscine



dedalus en jeanIl faut que je vous raconte. Que vous compreniez dans quel monde nous vivons, où jour après jour nos libertés sont bafouées.

Voilà, cet été, j'ai très légèrement abusé du chocolat. J'y ai gagné, certes un doux plaisir, mais également un léger, oh ! très léger, embonpoint [sans lien].

Ceux qui me connaissent bien savent combien je suis coquet. Aussi, à peine mon miroir avait-il rendu son verdict que déjà j'étais à courir en direction de la piscine la plus proche - celle que Belleville a inauguré il y a quelques semaines, rue Dénoyez [sic !]. Faire un peu d'exercice, sculpter mon corps, retrouver mon intégrité physique...

C'était ce matin. J'avais ouï dire la veille qu'une entreprise venait de lancer sur le marché le Burqini®™, un maillot de bain dédié aux femmes musulmanes attachées [sic encore !] au voile islamique. Quelle bonne idée ! m'écriai-je, et de me présenter aussi sec [je sais...] sur le bord du bassin en Jeanskini®™ - une paire de jeans spécialement conçu pour le bain, c'est-à-dire MA paire de jeans.

Eh bien, ils m'ont interdit l'accès au bassin et m'ont fait sortir. J'ai protesté énergiquement, arguant rageusement du respect de ma culture rock. Ils n'ont rien voulu savoir, ces esprits étriqués et intolérants, ces ignorants qui s'imaginent certainement que Jim Morrisson et Bon Scott sont morts - si même ils savent ce qu'ils sont, ce qu'ils représentent pour les millions que nous sommes, innombrables communiants d'une musique et d'un art de vivre alliant rythmes fous et sensualité débordante : le rock !

Savent-ils même, ces misérables cloportes, que la rock attitude exige qu'on ne porte rien sous ses jeans ? Parce qu'il n'y a pas la place - je vous parle là de jeans véritables, pas de ces Baggy informes qu'arborent aujourd'hui des hordes de rappeurs incultes et complices du système. Il n'y a pas la place pour le moindre slip ou la moindre petite culotte !

Ce qui prouve bien - mais était-ce nécessaire ? - que l'argument d'une hygiène invérifiable, qu'ils ont prétendu m'opposer, ces infâmes, est parfaitement fallacieux. C'est à la culture rock elle-même qu'ils en veulent.

Mais nous ne mourront pas. Le rock, comme le sexe, ne meurt jamais. Le rock c'est Dieu unplugged et qui a modelé nos oreilles à son image. Deux commandements : Peace and Fuck !



A lire aussi : Sous la burqa, le baillon et Sous la burqa, l'érotisme.



Source : En Jeanskini®™ à la piscine




Sous la burqa, l'érotisme



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Sous la burqa, l'érotisme



René Magritte Le ViolLe débat polémique autour de la burqa a rebondi ces derniers jours, suite à une tribune de Farhad Khorsokhavar parue dans Le Monde daté du 1er août sous le titre « Ce que la burqa nous voile ».

La thèse défendue par Farhad Khorsokhavar est toute entière contenue dans la conclusion de son article : « Au lieu d'une nouvelle loi, il faudrait accroître les capacités de dialogue des communautés musulmanes de France en réaffirmant solennellement la liberté du port des symboles religieux dans l'espace public et en dissociant l'interdiction du foulard à l'école publique de sa délégitimation dans le monde externe. »

Sur son blog, Catherine Kintzler rejette cet argument selon lequel « l'antidote contre la burqa serait la banalisation et l'approbation du port du voile. », contestant l'idée d'un « foulard "transformé" qui serait "affirmation de soi plutôt que soumission au patriarcat" » et clouant au pilori un discours qui ose prétendre que « pour lutter contre un fascisme, il faut commencer par le méconnaître et par baisser les bras ». Et l'on comprend ainsi que pour cette dame, le port de la burqa est nécessairement l'expression d'un fascisme.

Et Polluxe d'en remettre une couche et de s'interroger : « A force de déplacer le curseur jusqu’où va-t-on aller ? » Pas de quartier, donc. Mais, quand on oublie que la politique est l'art du juste équilibre, un art de la nuance, ne serait-ce pas là l'expression d'un autre fondamentalisme ?

Pour sa part Nicolas raconte avoir vu, en sa bonne ville du Kremlin-Bicêtre, sur l'Avenue Eugène Thomas (un type qui a donc signé un arrêté interdisant le port de la soutane sur la voie publique de la commune), « une femme très voilée et une autre "très très" voilée (peut-être pas une burqa, mais pas loin) » Une question qu'il faudra en effet se poser, s'il faut interdire la burqa : Où commence la burqa ? Si l'on voit un oeil, c'est assez loin ou bien ?...

Sur Echopolitique, on va jusqu'au bout de la logique en regrettant que « désormais que le débat a du mal à passer pour une interdiction de la burqa, plus personne ne pense à interdire le voile [...] alors que, comme beaucoup de républicains laïques le pensent, la différence entre les deux n’est qu’une question de centimètres. » - il est en passant assez amusant que pour illustrer ce qui est perçu comme le combat de la République laïque avec l'Islam radical, le billet est illustré par une image figurant un bras de fer entre la Marianne républicaine et une femme voilée, deux femmes donc, ce qui devrait finalement rassurer tout le monde, non ?

Je ne suis certainement pas dupe de la rhétorique de ce Farhad Khorsokhavar, directeur d'études à l'EHESS, mais je demeure convaincu que le clan laïc ne peut faire l'économie de se poser une simple question : Qu'est-ce qui nous dérange tant dans le port de la burqa, ou même du voile ?

Comme Nicolas, j'étais hier attablé en terrasse, rue Jean-Pierre Timbaud, à siroter une bière en bonne compagnie. Pour ceux qui l'ignorerait, la rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11, s'est au fil des ans transformée en galerie marchande consacrée au voile, hijab et autre chadri de luxe. Il est de fait plus que fréquent de voir descendre ou remonter la rue des femmes portant avec plus ou moins d'élégance, des voiles plus ou moins longs et recouvrants, de couleurs le plus souvent sombres, mais parfois, aussi, assez chatoyantes. Hier après-midi, justement, ce fut un festival.

J'étais en bonne compagnie, ai-je dit. Un bon pote qui a pour fâcheuse habitude d'avoir et de proférer des avis aussi personnels qu'originaux sur toutes sortes de sujet. En la circonstance, il me confia qu'il voyait beaucoup d'érotisme et de sensualité en ces femmes qui prennent un soin jaloux à réserver la vue de la moindre partie d'elle-même à leurs hommes. La féminité à son comble, voilà ce qu'il voyait, le jeu du désir, une pratique sexuelle, une soumission choisie plutôt que l'oppression d'un homme ou de Dieu.

Si l'on veut bien s'y arrêter un peu, et s'ouvrir l'esprit, une telle vision invite à la réflexion. Essayez...

J'ai moi tendance à voir en la burqa, d'abord l'oppression de Dieu, puis celle de la virilité. Sous la burqa, je voyais exclusivement le bâillon qu'il était nécessaire d'arracher, afin de libérer la parole et la plainte. Je dois aujourd'hui reconnaître qu'il y a là un préjugé, qui s'est mis doucement à branler, le préjugé d'une femme musulmane nécessairement frigidifiée, une femme musulmane qui ne serait plus d'abord une femme.

Voilà, je ne sais pas...

Mais, quoi qu'il en soit, la question demeure : Qu'est-ce qui nous dérange tant dans le port de la burqa, ou même du voile ? Est-ce uniquement l'empathie que nous éprouvons pour ces femmes ? Ou est-ce plutôt que, indécrottables laïcards (et j'en suis !) nous voulons encore et toujours bouffer du curé (ou de l'imam, ou du rabbin) jusqu'à ce qu'il ne reste en l'Homme plus une miette de l'opium religieux ? Cela ne me dérange pas, mais pourquoi alors nous faut-il avancer masquer ? Pourquoi ne plus assumer que c'est contre les Eglises que nous sommes en guerre ?

Ou bien, si finalement ce n'est que de l'empathie, et l'expression d'une solidarité humaniste, cette empathie ne repose-telle donc pas en partie sur une ignorance, ignorance de l'autre, le musulman, et en particulier de la si secrète femme musulmane ? D'ailleurs existe-t-elle, la femme musulmane, ou bien est-elle, comme sont toutes les femmes, multiples et complexes (et les hommes aussi) ? Ne sommes-nous pas en réalité en train d'oublier que sous chaque burqa se tient une femme toute entière ?

Et puis il y a tous ceux dont je ne parle pas ici, parce que ce n'est pas eux que j'interroge, bien qu'il fasse nombre. Tous ceux qui ne sont en réalité dérangés que par l'autre, l'étranger, le musulman, cet arabe qui s'est installé "chez nous", ce barbare qui ne respecte pas "nos valeurs", lesquelles sont, et on s'en souvient à propos, chrétiennes. Ce n'est pas avec eux que je débats ici, mais ils sont dans le débat, à l'affût, soyez-en sûr, ces indécrottables trous du cul réactionnaires qui applaudissent à chaque voix qui prône l'interdiction de la burqa, jubilant d'une convergence, improbable autant qu'inespérée, qui renforce leur minable combat pour "la pureté de l'Occident" et contre sa "décadence".



EDIT : Il me vient qu'à force de vouloir favoriser la controverse, j'en oublie trop souvent de citer ceux qui, peu ou prou, partage mon avis Winking



Source : Sous la burqa, l'érotisme




Le Sang des promesses, Wajdi Mouawad



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Le Sang des promesses, Wajdi Mouawad



Festival d'Avignon 2009 - compte rendu : Acte 4

Le sang des promesses, Wajdi Mouawad
Littoral, Incendies, Forêts


Le sang des promesses, Littoral, Wajdi MouawadImaginez la Cour d'honneur du Palais des Papes, à Avignon. Il est 20h. Une fin de soirée d'été, le jour persiste, il fait bon. Débute Littoral, premier opus d'un quatuor baptisé Le Sang des promesses.

Viendront ensuite Incendie et puis Forêts.

Et puis la nuit aura passé, comme un enchantement. Dans le petit matin, il fait doux encore, vous avez un peu sommeil. Vous n'avez pas dormi et pourtant vous êtes empli d'images, de voix, d'histoires chargées de rencontres, belles et parfois douloureuses, comme au sortir d'un long rêve à la fois terrible et merveilleux. Qui vous habite tout entier. Vous rentrez chez vous, lentement. Dormir avec ça, ce sourire qui vous tient compagnie, vous l'approprier encore, comprendre ce qui vous a touché. Vous êtes heureux, vous venez de vivre une aventure partagée et vous savez pourquoi vous aimez le théâtre. Plus tard, vous irez voir Ciels, le quatrième et dernier opus du quatuor. Plus tard seulement.

Littoral - Wilfrid s'envoie en l'air comme jamais, une baise mémorable, d'autant qu'éjaculation se met soudain à rimer avec téléphone : le père de Wilfrid est mort. C'est là que tout commence. Avant tout, il ne s'agit pour Wilfrid que d''enterrer son père. Sa mère étant morte en le mettant au monde - cela se passait au Liban, pendant la guerre, avant l'exil -, il lui paraît assez naturel de réunir les deux amants que la naissance de Wilfrid avait tragiquement séparés. Mais la famille de la mère s'y refuse : le père serait responsable de la mort de la mère. Alors Wilfrid retourne au Liban, enterrer le père dans la terre de ses ancêtres et comprendre ce qu'il y a laissé. Enfant de l'exil, il y croisera les enfants de la guerre, assassins et victimes, des êtres pleins d'horreurs quand lui se sent vide. Ainsi accompagnés, et portant son père et sa propre histoire qui se révèle, il traverse un pays dévasté par la guerre où, village après village, les cimetières sont pleins. Longue route jusqu'à la mer. Jusqu'en son littoral où l'on peut enfin se délesté du poids de son histoire parce qu'on l'a assumée, parce qu'on l'a racontée, parce qu'elle a été intégrée au souvenir.

Littoral, c'est le début du voyage. C'est le voyage initiatique de Wilfrid, son entrée dans sa vie d'homme. C'est le début du voyage d'un public qui entre dans cette nuit du Sang des promesses. Le début d'une aventure artistique, celle de Wajdi Mouawad, commencée il y a une douzaine d'années alors qu'il écrivait ce premier opus de ce qui donnerait lieu, mais il ne le savait pas, à un quatuor.

Littoral, c'est aussi cette même histoire de l'exil et de l'enfance déracinée, racontée de nouveau, autrement et dix ans plus tard dans Seuls, spectacle écrit, mis en scène mais aussi joué par Wajdi Mouawad, seul sur scène et comme se mettant à nu. Un spectacle qui apparaît alors comme une sorte d'aboutissement, l'autre rive du Sang des promesses, puisqu'un littoral fait toujours face à un autre, un océan entre les deux et qu'il s'agissait de traverser.

Incendies - Ils en veulent à leur mère, les jumeaux Jeanne et Simon. Ce n'est pas tant qu'elle vient de mourir, Nawal, mais cela faisait déjà huit ans qu'elle s'était tue, cette mère. Inexplicablement. Et la voici qui se met à parler de nouveau, leur léguant deux lettres, à charge pour eux de les remettre à leurs destinataires, un père qu'ils croyaient mort et un frère dont ils ignoraient l'existence. Elle les aura donc « fait chier jusqu'au bout ! » Mais le désir de savoir est le plus fort, finalement, et c'est au Liban, leur terre natale, qu'ils s'en vont chercher des réponses, fouillant la guerre, parmi les meurtres et le sang, les viols et les incestes, croisant les assassins, les bourreaux et leurs victimes. Jusqu'à ce qu'émerge leur vérité intime, comme on creuse ses fondations dans sa propre histoire, celle de ses origines.

Forêts - J'ai déjà évoqué Forêts sur ce blog, où je décrivais « le long retour sur ses origines d'une adolescente québécoise - formidable Loup, que tout t'écoeure et que tout fait chier, crisse ! - qui cherche dans son histoire familiale, sur sept générations de femmes et de mères, une explication à son mal-être. Une longue et éprouvante traversée d'un siècle et demi d'Histoire, d'une guerre à l'autre, d'une atrocité à l'autre, d'une histoire d'amour à l'autre, de vie donnée en vie reçue sur un chemin jalonné par la folie et la mort. »

J'expliquais alors et je maintiens que « le trop n'est pas évité, et l'on pourrait dire que le spectacle qui nous est donné à voir est trop violent, trop hystérique, trop complexe et trop long, que la part de tragédie y est trop importante, que les rebondissements y sont trop nombreux, que l'on frise trop souvent le rocambolesque, que la mise en scène fait la part trop belle aux effets de style, que tout est trop dit et trop montré... si, de tout ce trop, l'on ne ressortait secoué, ébouriffé et finalement enthousiaste.

Je demandais qu'on imagine « que soit condensée en un seul spectacle toute la tragédie des Atrides, que dans la même pièce Atrée contraigne son frère, Thyeste, à manger ses douze enfants, qu'Agamemnon, fils d'Atrée, sacrifie aux Dieux sa fille Iphigénie, qu'Egisthe, treizième enfant de Thyeste, séduit Clytemnestre, femme d'Agamemnon, puis qu'ensemble ils assassinent ce dernier à son retour de Troie, puis qu'enfin, pousser par sa soeur Electre, Oreste, fils d'Agamemnon et de Clytemnestre, tue sa mère pour venger la mort de son père... Oui, cela pourrait être trop si le tout n'était servi par une mise en scène inventive et tendue, où rien n'est gratuit, où tout fait sens, et des comédiens tous parfaits, chacun au service des autres, du texte et du spectacle donné. »

3h30 sont nécessaires pour traverser ces Forêts. Et avant cela il avait fallu 2h40 pour rejoindre le Littoral, et encore le même temps pour resurgir des Inendies. Toute une nuit traversée par la tragédie de la guerre, et ce sang des promesses qui coule dans les veines des enfants de la guerre, que nous sommes tous. Nuit et bonheur partagés avec des comédiens impressionnants, d'énergie et de justesse, de générosité.

Bonheur donné, bonheur reçu, bonheur partagé.

Racine s'était fait une règle et même une stratégie « de plaire et de toucher ». Cela à un côté un peu pute que ne parvient à gommer qu'un immense talent. Auteur et metteur en scène, Wajdi Mouawad possède sans conteste ce génie qui font les grands du théâtre.



Le sang des promesses, Forêts, Wajdi Mouawad


Source : Le Sang des promesses, Wajdi Mouawad




Sous l'oeil d'Œdipe



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Sous l'oeil d'Œdipe, Joël Jouanneau



Festival d'Avignon 2009 - compte rendu : Acte 3

Sous l'oeil d'Œdipe, Joël Jouanneau


Sous l'oeil d'Œdipe, Joël Jouanneau, AvignonL'histoire de la famille des Atrides est généralement mieux connue que celle de la famille des Labdacides, dont on se souvient surtout le double forfait d'Œdipe, qui tua son père et épousa sa mère.

Pour ceux qui voudraient se rafraîchir la mémoire ou combler quelques lacunes, l'une et l'autre de ces deux destinées tragiques sont retracées à la fin de ce billet. Disons seulement ici que la malédiction des Labdacides conduit à quatre épisodes tragiques : la découverte par Œdipe de ses crimes aveuglés, la mort d'Œdipe maudissant ses fils, la guerre des fils qui s'entretuent pour la couronne du père, la mort d'Antigone qui défend le droit des morts contre les lois des hommes.

Joël Jouanneau a choisi de retracer l'ensemble de cette destinée maudite dans une et même pièce. On pouvait prédire qu'un tel exercice était voué à l'échec. Tout s'en trouve réduit, raccourci, aplati, simplifié, jusqu'à ce que disparaisse la théâtralité elle-même. Il y manque tout simplement ce qui élève le pathétique à la condition tragique : la profondeur.

La mise en scène, et en particulier la direction d'acteurs, tente alors de compenser ce qui est le péché originel de la pièce, dont il faut pourtant souligner un texte au style parfois fort bien senti. Mais c'était évidemment parfaitement vain. Il ne peut suffire de faire de grands gestes, de pleurer très fort et pousser des hauts cris désespérés pour que naisse le tragique. Au contraire, voilà que du pathétique on tourna au grotesque.

Jacques Bonnafé qui plante un Œdipe pitoyable et Bruno Sermonne un Cadmos dépourvu de toute épaisseur n'y pouvaient décidément l'un et l'autre pas grand chose. Les autres comédiens encore moins qui semblent au long de ces trois heures de représentation complètement perdus - à l'exception pourtant d'une Mélanie Couillaud qui figure une Euménide parfois convaincante.

Que dire sinon que tout cela conduit à un ratage complet, et presque tragique.



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La malédiction des Atrides


Pélops, qui donna son nom au Pélopponèse, est le fils de Tantale, lui même fils de Zeus, et de Dioné, fille du titan Atlas. Il épouse Hippodamie et parmi leurs enfants, on trouve Atrée, qui deviendra roi de Mycènes (ou Argos), et son jumeau, Thyeste, qui lui disputera le trône. Atrée épouse Erope, qui le trompe avec Thyeste. Atrée, pour se venger, tue les fils de Thyeste et, par ruse, les lui donne à manger au cours d'un banquet, avant de lui révéler de quoi il venait de festoyer. Pélopée, fille de Thyeste et violée par lui, donne à celui-ci un autre fils, Egisthe, qui tuera Atrée.

Ménélas et Agamemnon, les fils d'Atrée et d'Erope, sont dés lors contraints à l'exil. Ils se réfugient à Sparte, auprès de son roi, Tyndare. Ce dernier est l'époux de Léda, aimée de Zeus qui la séduit en prenant l'apparence d'un cygne. De ses amours avec le dieu, Hélène et Pollux furent le fruit, qui naquirent dans un œuf alors que Clytemnestre et Castor, enfants de Tyndare, naquirent dans un autre. Castor et Pollux sont nommés les Dioscures, c'est-à-dire les " fils de Zeus". Lorsque Castor, fils mortel de Tyndare, est blessé à mort dans un combat, Pollux décide de partager avec lui son immortalité : ils passent ainsi la moitié de leur temps aux Enfers, l'autre moitié sur l'Olympe, parmi les dieux. Quant à Hélène et Clytemnestre, elles épousent respectivement Ménélas, qui devient roi de Sparte, et Agamemnon, dont elle aura trois filles, Iphigénie, Chrysothémis et Laodicé (Électre), et un fils, Oreste.

D'une beauté extraordinaire, Hélène avait été enlevée une première fois par Thésée - fils d'Egée, roi d'Athènes, vainqueur du Minotaure et époux d'Antiope, reine des Amazones vaincue par Héraclès, avec laquelle il a un fils, Hippolyte, puis époux de Phèdre (soeur d'Ariane), qui tombera amoureuse du même Hippolyte, qui la repoussera, sur lequel elle vengera son dépit en l'accusant auprès de son père de l'avoir violée, avant d'être prise par le remord et de se suicider, mais après seulement que Thésée aura fait tuer son propre fils. Pendant une absence de Thésée, qui s'est rendu aux Enfers pour capturer Perséphone, Castor et Pollux viennent au secours de leur soeur Hélène et la ramènent à Sparte.

Hélène, devenue adulte et ayant donc épousé Ménélas, est enlevée une seconde fois par Pâris, fils cadet de Priam, roi de Troie, et d'Hécube. Un jour qu'il garde ses troupeaux sur le mont Ida, Pâris voit apparaître devant lui Aphrodite, Athéna et Héra, qui lui demandent de choisir à laquelle d'entre elles doit être remise la "pomme de discorde" - pomme d'or offerte « à la plus belle » par Eris, la déesse de la discorde. Pâris opte en faveur d'Aphrodite, déesse de l'amour, qui lui promet l'amour de la plus belle femme du monde. Il enlève donc Hélène et la ramène à Troie. Pour venger cet affront, Ménélas demande l'appui de son frère, Agamemnon, qui prend la tête de tous les Grecs pour s'en aller assiéger Troie.

Iphigénie - Avant que la flotte d'Agamemnon ait pu lever l'ancre, les vents s'arrêtent soudain, immobilisant les navires à Aulis. C'est qu'Agamemnon a offensé la déesse Artémis en prétendant avoir tué une biche avec une adresse que la déesse même n'aurait pu égaler. Le devin Calchas annonce alors que la colère de la déesse ne saurait être apaisée que par le sacrifice d'Iphigénie, fille d'Agamemnon lui-même. Ce à quoi Agamemnon finira par consentir, provocant la haine de Clytemnestre.

Agamemnon - Après la guerre de Troie, qui aura duré vingt ans, Agamemnon revient en son royaume de Mycènes où il est aussitôt assassiné - ainsi que Cassandre, son esclave et concubine, fille de Priam qui reçut de son amant Apollon le don de prophétie, puis fut condamné par le même a n'être jamais crue, une fois qu'elle l'eut repoussé - Agamemnon assassiné par Clytemnestre, aidée en cela par celui qui est devenu son amant, Egisthe (le même fils de Thyeste qui ayant tué Atrée avait rétabli son père sur le trône de Mycènes, avant que celui-ci fut récupéré par Agamemnon).

Electre - Poussé par Electre, Oreste venge la mort de son père en assassinant Clyemnestre, sa mère.

Les Euménides - Poursuivit par les vieilles divinités vengeresques que sont les Erinyes, mais protégé par Apollon, Oreste demande l'arbitrage d'Athéna en sa ville d'Athènes. La déesse réunit l'Aéropage et obtient l'acquittement d'Oreste en offrant aux Erinyes de devenir les divinités protectrices d'Athènes, gardiennes de la justice. Elles deviennent alors les Euménides, « les Bienveillantes », et ainsi finissent les temps barbares en même temps que le destin tragique de la maison des Atrides, poursuivie par une malédiction ancestrale.

Andromaque - Pas tout à fait. Hermione, fille de Ménélas et d'Hélène, avait été promise à Oreste. Mais après la guerre de Troie, ce fut Pyrrhus, fils d'Achille, qui l'obtint. Mais ce dernier la délaissa au profit d'Andromaque, la veuve de ce fils valeureux de Priam, héro de Troie tué par Achille, Hector dont elle eut Astyanax et auquel elle demeure irrévocablement fidèle. Hermione, furieuse d'être ainsi méprisée, incite Oreste qui soupire après elle à tuer Pyrrhus. Oreste s'éxécute - et éxécute donc son rival - faisant le malheur d'Hermione qui met fin à ses jours, réduisant le maudit Oreste à sa folie.



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La malédiction des Labdacides


Tout commence là aussi par Pélops, père de Thyeste et d'Atrée. Laïos, fils de Labdacos, fut chargé par Pélops d'apprendre à conduire un char à son fils, Chrysippe, qu'il eut de la nymphe Danaïs. Laïos tomba amoureux de son élève et l'enleva pour en faire son amant. Cela se sut, Hippodamie, la femme de Pélops et mère de Thyeste et d'Atrée, demanda à ses jumeaux Atrée et Thyeste de tuer Chrysippe, et Pélops appela sur Laïos la malédiction d'Apollon.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Devenu roi de Thèbes et ayant épousé Jocaste, Laïos reçoit de Delphes un oracle l'avertissant que si un héritier mâle venait à lui naître, celui-ci tuerait son père et épouserait sa mère. Prudent, Laïos renonce à toute relation physique avec son épouse. Jusqu'à ce qu'une nuit, sous l'emprise de la boisson, il s'accouple avec Jocaste et engendre Œdipe. Pour conjurer l'oracle, Laïos et Jocaste décident d’abandonner leur fils et pour s'assurer qu'il meure prennent soin de lui lier les pieds. Mais un berger vient à trouver l'enfant, qu'il confie au roi de Corinthe, Polybe, et sa femme Mérope, qui l’élèvent comme leur propre fils et se gardent de lui révéler le secret de ses origines. Ils lui donnent le nom d’Œdipe qui signifie "celui qui a les pieds enflés", ou le boiteux.

Des années plus tard, consultant Apollon, Œdipe apprend la malédiction qui pèse sur lui : il tuera son père et épousera sa mère. Se croyant le fils de Polybe et Mérope, il décide de fuir loin de Corinthe afin de déjouer la malédiction. Ce faisant, il prend la direction de Thèbes. En chemin, il croise un convoi, une altercation se déclenche et Œdipe tue un homme dont il ignore qu'il se nomme Laïos.

Parvenu à Thèbes, Œdipe découvre que la ville est soumise à la tyrannie du Sphinx, qui ravage les champs et terrorise la population. Ayant appris des Muses une énigme, la créature déclare qu'elle ne quitterait la province que lorsque quelqu'un l'aurait résolue, et tuerait quiconque échouerait à le faire. Créon, frère de Jocaste et régent de la ville depuis la disparition de Laïos, promet la main de la reine et la couronne de Thèbes à qui débarrasserait la Béotie de son fléau. De nombreux prétendants s'y essaient, mais tous périssent jusqu'à l'arrivée d'Œdipe, le sage, qui réussit, devient roi de Thèbes... et épouse Jocaste.

Œdipe roi - Œdipe et Jocaste ont quatre enfants, Etéocle, Polynice, Antigone et Ismène. Puis la malédiction des Labdacides reprend son irrésistible cours. La ville de Thèbes est décimée par la peste. Consulté, l'oracle de Delphes annonce que l'épidémie ne saurait cesser tant que ne sera pas mis fin à la souillure constituée par l'impunité dont jouit le meurtrier de Laïos. Œdipe s'engage à débusquer l'assassin, finit par découvrir qu'il ne s'agit de nul autre que lui-même et découvre par la même occasion que Laïos était son père et que Jocaste est sa mère. Cette dernière choisit de se pendre, tandis qu'Œdipe pour se punir de son aveuglement se crève lui-même les yeux et se condamne à prendre la route de l'exil.

Œdipe à Colone - Antigone choisit d'accompagner son père et de lui servir de guide. Après une longue errance, ils arrive non loin d'Athènes, à Colone, dans un lieu de culte où sont vénérées les Érinyes et où ils reçoivent la protection de Thésée, roi d'Athènes. Pendant ce temps, Polynice, qui s'est vu dépossédé par Etéocle de ses droits sur le trône de Thèbes, sur laquelle il avait été convenu que les deux frères régneraient en alternance, a réuni une armée (composée de sept chefs pour les sept portes de Thèbes) et s'apprête à prendre la ville par les armes. L'oracle de Delphes ayant désormais annoncé que le lieu où reposerait Œdipe serait protégé de toute invasion, Etéocle envoit Créon auprès d'Œdipe afin de le ramener de gré ou de force jusqu'à Thèbes. Quant à Polynice, il tente également de se rallier son père. Mais Œdipe se refuse à l'un comme à l'autre et les maudits, prédisant qu'ils se donneront mutuellement la mort. Aidé par Thésée, Œdipe reste à Colone, où il meurt, permettant à Athènes de bénéficier de sa protection.

Les Sept contre Thèbes - Antigone rentre à Thèbes et tente vainement d'empêcher la guerre. Aiguisé par un Créon avide de pouvoir, la haine des deux frères ne saurait leur permettre de s'entendre. Les deux frères s'entretuent et Créon obtient le trône.

Antigone - Créon ordonne des funérailles solennelles pour Étéocle et proclame l'interdiction à tous les thébains d'accorder une sépulture à Polynice. Antigone s'oppose, seule, à cette décision qu'elle juge indigne, contraire à la loi des Dieux. Refusant de se soumettre et contrevenant à l'interdiction, elle est condamnée par Créon à être enterrée vivante dans le tombeau des Labdacides. Antigone met fin à ses jours par pendaison juste avant l'arrivée d'Hémon, son fiancé, fils de Créon, qui venant pour la sauver se tue sur le cadavre de celle qu'il devait épouser. En apprenant la mort de son fils, Eurydice, sa mère, se suicide et Créon reste seul, anéanti et aspirant à une mort rapide. Il se tuera peu après.



Source : Sous l'oeil d'Œdipe




Interlude



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Interlude et Marcel Zang



le petit train rébusDe retour du festival d'Avignon, je m'étais sagement attelé à narrer mes sentiments à propos de tel ou tel spectacle auquel j'ai assisté. Ces petits exercices critiques ne donnent généralement pas lieu à pléthore de commentaires - bien moins en tout cas que lorsque j'évoque une Marseillaise que l'on siffle ou une burqa que l'on voudrait interdire, par exemple.

Cette fois pourtant, sous ma critique d'(A)pollonia, un certain Marcel Zang a posté en guise de commentaire un texte de son crû que lui a inspiré cette même pièce. Et quel texte !

Outre qu'il est fort long pour un commentaire, c'est-à-dire davantage que le billet lui-même, outre également qu'il m'a été plaisant de constater que nous étions au moins deux à partager mon avis, ce texte est magnifiquement torché, maniant l'ironie et le mordant de manière aussi subtile que réjouissante.

C'était signé "Marcel Zang - Ecrivain". Alors forcément, émoustillé, j'ai convoqué l'ami Google et nous avons un peu fouillé la Toile. Jusqu'à aboutir sur cette page du Potomitan, "site de promotion des cultures et des langues créoles" - annou voyé kreyòl douvan douvan - auquel l'écrivain Marcel Zang a accordé un long entretien, riche, passionnant à bien des égards, que je laisse aux curieux le soin de découvrir.

Pour ma part, j'ai souhaité, comme on se fait un mémo, me mettre de côté ce court extrait qui m'a particulièrement enchanté :

La lumière a déserté l'Occident, l'Occident est arrivé au bout, l'Occident est cuit, il n'y a plus rien à apprendre de l'Occident, et même l'Occident est obligé d'aller s'accroupir en Afrique pour pouvoir tenir le coup, l'Occident est en train de couler, en train d'amorcer son déclin depuis un moment, l'Occident est aux abois, avec sa technologie et ses milliers de canons. Non, la Maison Blanche c'est fini, l'Europe c'est fini, la France c'est fini. Il n'y a qu'à voir… Qu'est-ce qu'il y a maintenant? Plus de grands écrivains! Depuis le siècle des Lumières, et depuis Rimbaud, Baudelaire, Hugo, Zola, Dumas, Balzac, Proust, Céline, Genet, Sartre, Camus… Et puis, pouf! plus rien, le désert. Qu'est-ce qu'il y a eu depuis? Rien. C'est des signes qui ne trompent pas. Si on cherche bien, on me dira il y a eu la Duras. Mais Duras c'est pas vraiment ça. Aujourd'hui il n'y a rien, aucun grand écrivain au firmament. Donc qu'est-ce qu'on a? Rien.

Bon, j'exagère un peu, mais j'aime bien. Evidemment qu'il y a eu les Tournier, les Gracq et tout ça, et jusqu'à Quignard. Mais disons quand même qu'il n'y a rien. Si, il y a l'autre… mais il pose un peu comme le borgne au royaume des aveugles. Ca faisait un moment que j'en entendais parler; et comme pas mal de gens lui crachait dessus, j'ai décidé d'aller voir de plus près, ça m'intéresse toujours dans ces cas-là. J'ai pas été déçu: Houellebecq c'est de la graine. Il en a l'étoffe. C'est ce qu'on demande à un écrivain, avoir une vision du monde, un univers, outre le fait de posséder une langue. Et en ce sens, Houellebecq c'est l'anti-Duras. Il n'en a pas la langue, ne tricote pas avec, mais il a une chatte et des couilles, une queue et un trou.

C'est à partir de cette androgynie qu'on peut créer en trois dimensions, donner à voir un monde, le nôtre. Sûr que ce que renvoie le miroir n'est pas très reluisant, et je comprends que Houellebecq fasse grincer des dents; mais tout compte fait ça pisse pas très loin, c'est que c'est à la mesure de l'Occident. Et à part Houellebecq, faut pas chercher, tout le reste c'est des trotte-menu, des petits bras et autres phraseurs qui manquent singulièrement de coffre. Aucune véritable vision du monde là-dedans. Pas de puissance de feu, pas de couilles, pas d'épaisseur.

Mais ça te sort un bouquin tous les ans, voire tous les six mois, et la tronche à la télé ou dans le canard tous les jours. Même pas l'excuse d'un Simenon. Vite publié, vite oublié, et au suivant! C'est un fait qu'il se publie trop de livres de nos jours. Chacun y va de son petit couplet, de sa "petite musique". Les librairies en sont surchargées. De quoi se faire assommer par un bouquin un de ces quatre. Moins il y a de lecteurs, plus il y a de livres, allez comprendre ! "Quelque chose de nouveau et de vrai, c'est la seule excuse d'un livre", disait Voltaire. Ca devrait être gravé au fronton de toutes les librairies.

Du coup, avouez, je n'y peux finalement pas grand-chose si je ne parviens à rien écrire de nouveau et de vrai, c'est à dire de moi. Où trouverais-je en moi à rallumer cette lumière qui m'a déserté en même temps qu'elle s'est éteinte sur l'Occident, dont je suis ? Dont je suis forcément.

Dont je ne suis pas tout à fait, cependant, puisque j'ai en moi la conscience aiguë de l'obscurité. Puisque c'est elle justement qui m'invite à écrire.

Mais putain ce que c'est difficile d'écrire dans le noir !

Quand même, je me demande si c'est tout l'Occident qui se trouve déserté par la lumière, ou seulement la France - voire la vieille Europe. Parce que tout de même, il demeure encore quelques grands écrivains en Amérique du Nord. Toni Morrison ou Russell Banks, par exemple.

Qu'importe, pour ce qui me concerne, j'ai en effet le sentiment d'avoir éclos sur un arbre mort.

...

Ce serait donc cela, qui me manque si cruellement, la lumière ? Un air moins vicié par la déliquescence, où on puisse respirer et s'épanouir ? De l'épaisseur, un coffre où puissent résonner les mots qu'on a en travers de la gorge, qui ne sortent pas - et quand ils sortent parfois, ce qu'on aurait voulu être un cri s'avère n'être encore qu'un autre râle, vulgaire et sans souffle...

Ça ne sert à rien, vouloir comprendre son impuissance. On ne bande pas, voilà tout.

Et Houellebecq ne bande pas non plus, ou bande aussi mou que tous les autres. Mais ce n'est pas une consolation.

On ne bande pas. Voilà tout.



Source : Interlude




Casimir et Caroline, Ödön von Horvath



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Casimir et Caroline, Ödön von Horvath



Festival d'Avignon 2009 - compte rendu : Acte 2

Casimir et Caroline, Ödön von Horvath


Casimir et Caroline, Ödön von Horvath, Johan Simons & Paul Koek« Dans toutes mes pièces, je n'ai rien embelli, rien enlaidi. J'ai tenté d'affronter sans égards la bêtise et le mensonge ; cette brutalité représente peut-être l'aspect le plus noble de la tâche d'un homme de lettres qui se plaît à croire parfois qu'il écrit pour que les gens se reconnaissent eux-mêmes. » - Ödön von Horvath

Casimir et Caroline s'aiment. Casimir vient de perdre son emploi de chauffeur. Caroline aspire à s'élever dans l'échelle sociale. Elle aspire aussi à s'amuser. Ça tombe bien, c'est la fête de la bière. Ça tombe mal, Casimir n'a pas le coeur à s'amuser. Il vient de perdre son emploi et se doute que Caroline risque de l'en aimer moins. Caroline et Casimir, sur fond de crise sociale et de fête foraine, s'éloignent l'un de l'autre, comme inéluctablement, font tragiquement naufrage. Cela se passe à Munich dans les années 30, après la crise de 29, avant l'avènement du nazisme. Ça se passe aujourd'hui et partout.

Johan Simons, le metteur en scène, et Paul Koek, le musicien, sont l'un et l'autre des adeptes du théâtre musical. Et la musique, omniprésente d'un bout à l'autre du spectacle, envoûtante et déchirante, est là en effet partout, une pulsation rock et lancinante comme un fil tendu au long duquel se précipite le drame.

Seule horizontalité dans un spectacle par ailleurs tout en verticalité, où le décor de fête foraine est figuré par l'empilement des tubulures et plateformes d'un immense échafaudage de quatre étages, gigantisme où l'errance désespérée des personnages n'en apparaît que plus dérisoire, dédale où semble déjà s'inscrire leurs successives défaites.

Tout était réuni pour un grand spectacle. Ne manquait que les comédiens. Ils sont sublimes. Wim Opbrouck en particulier plante un formidable Casimir, aussi touchant que pathétique. La grâce terrible et redoutable du clown triste.

Alors tant pis si le public en Avignon fut ce soir-là - une bien douce nuit d'été dans le Palais des Papes - à peu près aussi snob que celui de la Comédie Française parvient à être béat, il ne s'agit là-bas comme ici que de la part bêlante d'un public qui pour son reste consentit de bon coeur à se laisser ravir.

En épigraphe, Ödön von Horvath inscrivit : « Et l'amour jamais ne s'arrête ». Il n'y a plus rien à ajouter.



Source : Casimir et Caroline, Ödön von Horvath




(A)pollonia, Krzysztof Warlikowski



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(A)pollonia, Krzysztof Warlikowski



Festival d'Avignon 2009 - compte rendu : Acte 1

(A)pollonia, Krzysztof Warlikowski


(A)pollonia, Krzysztof WarlikowskiKrzysztof Warlikowski est un fantastique metteur en scène de théâtre.

A moins qu'il ne possède surtout le talent de s'appuyer sur une scénographe d'exception en la personne de Malgorzata Szczesniak.

Peu importe, le résultat est un spectacle d'une aveuglante beauté.

Et il semble en effet que nombre de spectateurs en furent aveuglés, jusqu'à ne pas voir, ne pas ressentir le profond malaise, cette nausée qui n'aura pas manqué de saisir ceux qui auront su demeurer attentifs jusqu'à la dernière de ces 4h30 d'un spectacle qui dérive progressivement vers un discours d'où le théâtre est de plus en plus absent, cédant la place à une chose qui relève davantage du meeting idéologique théorisant autour de la relativité générale des hommes et de leurs actes, jusqu'aux plus monstrueux.

D'abord il s'agit du sacrifice. Le sacrifice d'Iphigénie au nom de la raison d'Etat et de celle de son père, Agamemnon, chef des forces grecques en partance pour Troie. Le sacrifice d'Alceste au nom de son amour pour Admète dont elle prend la place à l'heure de mourir. Le sacrifice, surtout, d'Apolonia Machczynska-Swiatek, fusillée par les Allemands pour avoir abrité et sauvé des juifs et après que son père avait refusé de donner sa vie pour sauver la sienne, celle de sa fille qui était aussi une mère. Son histoire devint l'objet d'une nouvelle d'Hanna Krall et elle fut élevée au rang de Juste parmi les Nations par l'institut Yad Vashem, en 1997.

Et ainsi, les grandes tragédies grecques d'Eschyle et d'Euripide viennent-elles magistralement souligner tout ce qu'il y a d'humain dans le sacrifice et le refus de se sacrifier, dans cet héroïsme qu'on admire faute de pouvoir tout à fait le comprendre et ces petites et grandes lâchetés qu'on ne comprend en réalité que trop bien. Et quand Agamemnon déclame un extrait des Bienveillantes de Jonathan Littell, où est exposé que nul ne peut prétendre à l'innocence et que chacun peut devenir meurtrier - “Il y a toujours des raisons pour tuer, de bonnes ou de mauvaises raisons” - , l'ancien se mêle judicieusement au moderne en lui donnant relief et sens. “Je suis un homme comme les autres, je suis un homme comme vous. Allons, puisque je vous dis que je suis comme vous !”, affirme le bourreau de sa propre fille et l'on se souvient que l'inhumanité est par essence en l'humain.

C'est qu'on ne comprend pas bien encore ce qu'on cherche à nous conter.

Il n'y a pas de héros. Il n'y a jamais que l'indéfectible médiocrité des hommes, qui se valent tous. Les circonstances font de celui-ci un héros, mais il aurait tout aussi bien pu occuper la place du bourreau qui le met à mort. Les circonstances. Mais aussi le point de vue : le fis d'Apolonia ne peut-il légitimement se plaindre d'une mère qui l'a abandonné à une vie d'orphelin au bénéfice d'enfants juifs qui lui étaient parfaitement étrangers ? “L'homme n'a-t-il pas le droit de sauver sa vie ?

Tous se valent. Tout se vaut. Et donc tout et tous peuvent se comparer. On achève bien les chevaux...

Je soupçonne que beaucoup des fiers critiques qui encensent ce spectacle de n'avoir pas, après l'entracte, surchargés qu'ils sont, ou persuadés de pouvoir s'en passer pour arrêter un avis forcément définitif, pris la peine de revenir s'asseoir à leurs places dans l'enceinte d'un Palais des Papes où, en effet, le mistral s'y engouffrant joyeusement, il faisait particulièrement froid.

Ils n'auraient pu manquer alors de saisir comment du théâtre on avait soudain glissé - et convoquer pour ce faire de l'Elizabeth Costello de J.M. Coetzee était particulièrement malhonnête - vers une apologie sans fard, absolument déthéâtralisée, jusqu'à n'être rien moins que du théâtre, d'une idéologie plus que douteuse, où l'on peut mettre sur un même plan la Shoah et le traitement que subissent quotidiennement des hordes de poulets dans nos abattoirs, jusqu'aux portes mêmes d'Avignon.

Il est d'ailleurs, figurez-vous, des petits crapauds en Australie, qui naissent massivement en période d'inondations et périssent à la saison sèche, totalement ignorants des préoccupations des humains - et, on l'imagine avec horreur, tout autant ignorés par eux...

Loin de prétendre moi-même à l'héroïsme, j'ai toutefois la faiblesse d'imaginer que toute pensée amalgamante est par essence fascisante - et l'on y parvient parfois avec toutes les meilleurs intentions du monde. Dit autrement, il y a d'un côté les pommes et de l'autre les abribus.



Source : (A)pollonia, Krzysztof Warlikowski




Lance Armstrong, dopage et abandon



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Tour de France 2009, Lance Armstrong, dopage et abandon



Lance Armstrong nuCette année, le Tour de France démarre depuis Monaco, autant dire "à la maison" pour nombre de coureurs parmi les plus soucieux d'une optimisation fiscale de leurs gains.

Depuis Lance Armstrong et ses sept victoires consécutives les doigts dans le nez, qui avaient déjà fait perdre une bonne part de son intérêt à la course, le Tour n'est plus ce qu'il fut et on s'y ennuie ferme. C'est désormais à peine si on est réveillé par la dernière affaire de dopage. Ce n'est d'ailleurs plus le premier arrivé qui gagne mais le dernier à se faire prendre. Je suis d'ailleurs bien incapable de vous citer les trois derniers vainqueurs de la grande boucle (Oscar Pereiro, Alberto Contador et Carlos Sastre - tiens, trois espagnols...).

Et cette année ce sera pareil. Sauf que Lance Armstrong revient. Sauf que plus personne ne se prive désormais d'affirmer que " Bien sûr qu'Armstrong se dope ! " Avant on disait qu'il luttait contre son cancer des testicules (je ne dis pas "couilles" afin d'éviter que d'étranges personnages ne viennent encore se perdre sur ce blog). Avant on disait qu'il gagnait les doigts dans le nez alors qu'il l'emportait une aiguille plantée dans le bras.

Mais il n'a jamais été contrôlé positif, Lance Armstrong. Et pourtant il a été maintes fois contrôlé - c'est d'ailleurs lui-même qui en fait l'annonce dans son twitter à ses près de 1 250 000 followers - excusez du peu ! D'ailleurs on s'en fout et Coluche n'était pas loin de la vérité quand il disait que sans dopage, pour que le peloton arrive sur les Champs Elysées avant la fin juillet, les organisateurs serainet dans l'obligation de le faire partir après Noël - ce qui serait un problème puisqu'il y a déjà le Dakar.

Dans la très intéressante interview que j'ai mise en lien ci-dessus, on peut entre autres choses lire ceci qui se passe de tout commentaire :

« Les vingt premiers dans les cols «roulent à l'oxygène»: l'EPO, les transfusions autologues. Ensuite il y a ceux qui utilisent des produits borderline comme l'Actovegin, le Neoton qui est une créatine injectable. Dans la troisième, on retrouve ceux qui courent avec des AUT (Autorisation à usage thérapeutique, Ndlr), autorisations pour tricher selon moi. Ce sont des dopés autorisés... Enfin, il y a ceux qui ne prennent rien et ce sont les moins nombreux. »

Soit. Et Lance Armstrong revient. C'est pratique parce que du coup il est possible pour un non spécialiste de citer le nom d'un coureur. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il revient : pour le coup médiatique que cela représente, et les pépettes qui vont avec et dont le partage s'est organisé entre lui-même et les organisateurs. On n'en parlera donc pas, on parlera de tout sauf de cela, de sa victoire sur le cancer, de ses sept victoires dans le Tour, des soupçons de dopage, de son come-back, et même de ses confidences sur Twitter, et donc on évitera la seule et unique question qui pourtant se pose : A quel moment Lance Armstrong jugerera-t-il opportun d'abandonner ?

Je prends les paris. Il est très probable qu'il parvienne à donner le change lors du contre-la-montre à Monaco. Ensuite, il se tiendra tranquille dans la plaine. Il passera les Pyrénées, mais pas aux avant-postes. Loin au classement, il se retrouver plus libre et tentera un coup, probablement en moyenne montagne. Par exemple dans la treizième étape, entre Vittel et Colmar. Puis dans les Alpes, ou juste avant, je vous le dis, Lance Armstrong abandonne.

Mais peut-être certains d'entre vous feront d'autres pronostics. Il en est même peut-être pour s'imaginer qu'il ira gagner son huitième Tour de France. N'hésitez pas à le dire dans les commentaires - je vous l'ai dit, je tien les paris...



Source : Lance Armstrong, dopage et abandon




De la juste rémunération du bloggeur



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De la juste rémunération du bloggeur



salaire argent eurosLe bloggeur est une espèce de plus en plus prisée par et dans les médias traditionnels.

Nombre de versions numériques de journaux nationaux hébergent des blogs sur leur plateforme, de 20Minutes (gratuit) à Le Monde (payant). Mediapart qui est une plateforme média exclusivement numérique, et à accès payant, fait de même. Quant à Le Post, ce sont les bloggeurs maison qui alimentent le journal en ligne - encore qu'on puisse s'interroger ici sur la dénomination de bloggeurs - et certains d'entre eux, qualifiés d'Invités, sont rémunérés.

On ne compte plus, dans les médias traditionnels, les articles ou les chroniques ou les reportages façon Qu'en disent les bloggeurs. Betapolitique fait sa sélection d'articles parmi les bloggeurs. Le journal papier Vendredi est quant à lui entièrement composé par une sélection d'articles de bloggeurs. Et dernièrement, c'est Courrier International qui a proposé un partenariat avec certains d'entre eux.

Les bloggeurs sont cités un peu partout, des extraits de leurs billets sont repris ici ou là - et parfois donc des billets entiers. On leur propose d'intervenir à la radio ou sur les plateaux de télévision, on recueille leurs avis, on les invite à suivre tel ou tel évènement particulier. Au Congrès du Parti Socialiste, certains d'entre eux avaient un accès presse.

Bref, le bloggeur fait vendre. Car il ne faut pas se leurrer, il s'agit d'abord de cela : le phénomène du bloggage fait vendre. Mieux que cela, tout numérique soit-il, il fait aussi vendre du papier.

Il s'agit pourtant moins de la valeur ajoutée qu'apporterait le bloggeur à l'information que du fait qu'il est supposé ne pas faire partie d'un sérail journalistique, lequel vit actuellement une profonde crise de confiance, donc d'audience. Le bloggeur est un représentant du peuple et le peuple - lecteur, auditeur ou télespectateur - aime s'entendre. Il aime donner son avis et le partager. En ce sens, la popularité des bloggeurs est à rapprocher du succès des émissions où Vous avez la parole.

La différence est que le bloggeur est identifiable, qu'il est ciblé en tant que tel par les médias qui en font leur beurre. Et voilà le bloggeur de se demander tout naturellement si une partie de ce beurre ne devrait pas légitimement lui revenir. Il s'interroge sur son statut au sein du grand bourdonnement médiatique et se pose la question de sa rémunération.

Aussi naturel cela soit, il a tort. L'engrenage de la rémunération est celui de la professionalisation. A terme, d'une manière ou d'une autre, il se trouverait récupéré. Un phénomène tout aussi naturel que la question qui y conduirait. On ne peut faire semblant : on ne fait jamais de la même manière selon qu'on en espère ou non une rémunération ; et l'autocensure, aussi inconsciente soit-elle, est la pire de toutes les censures, parce que la plus sournoise.

Dans la chaîne journalistique, le bloggeur est un témoin et se perdrait donc à ne pas le rester.

Le bloggeur parle depuis lui-même et témoigne de ce qu'il observe. Or on ne rémunère pas un témoin. Rémunérer un témoin c'est de facto le corrompre, c'est-à-dire corrompre son témoignage.


Une précision nécessaire pour en terminer : en aucun cas je ne jette la pierre à tel ou telle qui obtiendrait rémunération de son activité de bloggeur. Tout le monde n'a pas les moyens ou même l'envie de renoncer à un complément pécunier, aussi symbolique soit-il. C'est le symbole que je pointe, et ce à quoi, on le sait, il tend : l'institutionnalisation, qui est une contrainte et une uniformisation, et pour le bloggeur la promesse de devenir un notable 2.0.


Alors je le répète, parce que tout est là : On ne rémunère pas un témoin.



Source : De la juste rémunération du bloggeur




Michael Jackson marche sur la lune



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Michael Jackson marche sur la lune



Michael Jackson est mort.
Sans doute ira-t-il danser parmi les étoiles.

Bye, moon walker. You were definitely not so bad.



Michael, un jour, tôt ou tard
On n'est que des os
Est-ce que les tiens seront noirs ?
Ce serait rigolo
...



Source : Michael Jackson marche sur la lune




Fous rires à pleurer



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Fous rires à pleurer



Que reste-t-il de nous ?

C'est à pleurer.

Tant de larmes que nous devrions verser sur nous-mêmes, que nous serions fous de ne pas a minima en rire.

Nous sommes fous devenus. C'est à pleurer.





Source : Fous rires à pleurer




Twitter et remaniement ministériel



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Twitter et remaniement ministériel



Twitter est un réseau social. Soit, mais ça sert à quoi ? A échanger, à s'informer, à partager des liens, à donner son avis, à discuter le bout de gras, à s'amuser... Bref, c'est un réseau social.

Par exemple, à propos du remaniement ministériel, Benoit Hamon, mais aussi Jacques Chirac et François Mitterrand (si si, il a un compte sur Twitter !), ont évoqué l'avènement ministériel de Frédéric Mitterrand et les déboires de Jack Lang et Claude Allègre qui avaient l'un et l'autre nourri d'abondants espoirs :

A lire chronologiquement, c'est-à-dire de bas en haut...
Benoit Hamon, François Mitterrand et Jacques Chirac sur Twitter


Avec la participation de Abadinte, Laure, Antoine, Aleph et de moi-même...



Source : Twitter et remaniement ministériel




Sous la burqa, le baillon



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Sous la burqa, le baillon



René Magritte Le ViolCe n'est pas la burqa qui est une prison, c'est Dieu. Dieu est une prison mentale.

La Burqa est une oppression. Un moyen d'oppression dirigé contre le corps des femmes.

On raconte que certaines s'y soumettent de plein gré. Mais Dieu est un enfermement de l'esprit qui exclut le libre-arbitre.

Interdire le port de la burqa est une connerie. Les lois contre l'oppression existent. C'est à la libération des esprits qu'il faut s'atteler.

L''oppression contre les femmes emprunte des chemins variés. Dans l'immense majorité des cas se sont des chemins privatifs. Combien de filles et de femmes sont violées à l'intérieur de leur propre foyer et se taisent ?

Libérer les esprits pour libérer la parole. Parce que la loi ne peut passer quand la victime tait son oppression.

La burqa est la partie visible d'une oppression d'autant plus vaste qu'elle est cachée.

La burqa possède en sus l'avantage de circonscrire le champ de la dénonciation à l'intérieur de la population musulmane. Une hypocrisie bien vulgaire. A la française, pourrait-on dire.



Source : Sous la burqa, le baillon




Un homme, une femme



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Un homme, une femme, 22 régions



logo paritéJ'ai suffisamment souvent moqué sur ce blog les excès ou les dérives de la cause féministe pour me sentir cette fois autorisé à relayer cette très judicieuse initiative, trouvée chez Olympe.

Cette initiative, ce sont 3 militants socialistes, fondateurs de la rénovitude [j'adoooore !], qui caressent le fol espoir que la désignation des têtes de liste socialistes sera le moment d’agir vraiment pour la « rénovation » des pratiques au sein du Parti Socialiste, et de faire de la parité une réalité.

Leur constat est simple, 92% des régions françaises ont un président de région homme. Au PS, qui préside actuellement 20 de ces 22 régions, on dénombre 2 femmes présidentes de région (en Franche-Comté et en Poitou-Charente).

C'est que malgré la parité, imposée par la loi électorale, c'est le plus souvent un homme qui figure en tête des listes...

Or en 2010, 5 présidents de région socialistes auront fait 2 mandats consécutifs (Alain Rousset, Alain Le Vern, Jean-Paul Huchon, Martin Malvy, Michel Vauzelle) et la place de Georges Frêche sera vacante (il a été exclu du PS). Il ne suffirait donc que dans ces six régions, le PS présente six listes conduites par des femmes, pour qu'on puisse espérer un petit pas en avant dans un nécessaire rééquilibrage - nécessaire parce que vous les connaissez, tant que ce ne sera pas fait, elles continueront de piailler que bla bla vous êtes mieux payés que nous bla bla bla en plus vous accaparez tous les pouvoirs et patali et patala, bref vous savez comme elles peuvent être chiantes !

Il est sans doute utile d'ajouter que non seulement ce serait oeuvrer là en faveur de l'objectif [sic...] de parité, mais ce serait également pour le Parti Socialiste une bien belle occasion d'affirmer une position forte en matière du non cumul des mandats - ici, dans le temps. Deux mandats successifs de six ans c'est bien. Un troisième serait de trop : 18 ans ans à la tête d'une région, c'est beaucoup, beaucoup trop.

La rénovation, c'est bien d'en parler. La faire, c'est mieux encore.



N'osons pas espérer que l'UMP en ferait autant. On me dit que c'est un parti de droite.



une femme des hommes


Source : Un homme, une femme




Les éditions Filaplomb font Naufrage



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Les éditions Filaplomb font Naufrage



Naufrage Robert-Louis Stevenson Filaplomb

S’il arrive que le navire sur lequel on navigue va bientôt couler, sombrer au beau milieu de l'océan, et que l'on comprend avec certitude qu'on n'en ressortira pas vivant, quelle attitude convient-il d’adopter ?

Peut-être avoir à l'esprit que « nous sommes toute notre vie en route vers notre fin », petite philosophie à laquelle Robert-Louis Stevenson nous invite, au cours de ce Naufrage.

Les Editions Filaplomb vous invitent à la lecture d'un conte méconnu de l'auteur de L'île au trésor, fameux roman d'aventure qui depuis un siècle enchante les jeunes lecteurs - et que les moins jeunes redécouvrent toujours avec un même plaisir.

Traduit de l'anglais et adapté par Didier Ray, les mots de Robert-Louis Stevenson sont ici servis par le dessin de Marcel Uderzo : le ponton, les cordages, la troupe des matelots et l'immense agitation océanique prennent une réalité qui saura vous transporter au cœur de ce Naufrage dont parle la blogosphère...



Robert-Louis Stevenson : Edimbourg, 1850 - Samoa, Polynésie, 1894. Né d’une famille d’ingénieur et très jeune tuberculeux, il a passé sa courte vie à explorer le roman d’aventure et les récits fantastiques. Auteur de « L’étrange cas du docteur Jekyll et Mister Hyde », Stevenson reste le père incontesté de ce genre littéraire.

Marcel Uderzo : Né il y a belle lurette en 1933. Sans être gratouilleur de guitares, il en fabrique pourtant durant vingt ans. Las de cette ritournelle, il réalise ensuite l’encrage et les mises en couleurs de treize albums d’Astérix. Depuis 1980, libre comme l’air, il dessine chez de nombreux et sympathiques éditeurs.

Didier Ray : Dix ans avant le premier pas sur la lune, il découvre « l’Etoile mystérieuse », puis fait un « Tour de Gaule ». Il jette l’ancre un temps parmi les sciences humaines, mais les vents le poussent vers le dessin. Dès lors, il n’a jamais cessé de naviguer entre illustrations, BD, couleurs, musique et mots.

Filaplomb : Editeurs de bonnes nouvelles...



Et pour commander votre exemplaire, c'est 4€20 (frais d'envoi de 0,90 euros inclus).



Source : Les éditions Filaplomb font Naufrage




Hadopi censurée



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Hadopi censurée par le Conseil Constitutionnel



Hadopi Pierre ArditiLe Conseil Constitutionnel avait été saisi par les députés du Parti Socialiste après l'adoption de la loi "Création et Internet", dite HADOPI, sur le téléchargement illégal. Les 11 Sages (neuf permanents et les deux anciens chefs d'Etat Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing) avaient pour charge de se prononcer sur la concordance du texte avec les principes constitutionnels.

C'est désormais fait et, considérant qu'«Internet est une composante de la liberté d'expression et de consommation», et qu'«en droit français c'est la présomption d'innocence qui prime» le Conseil constitutionnel a décidé de censurer la partie sanction de la loi Hadopi - la "riposte graduée" - sur les téléchargements illégaux.

Le Conseil Constitutionnel rappelle que « c'est à la justice de prononcer une sanction lorsqu'il est établi qu'il y a des téléchargements illégaux ». Et de conclure : « Le rôle de la Haute autorité (Hadopi) est d'avertir le téléchargeur qu'il a été repéré, mais pas de le sanctionner. »

HADOPI est morte - et j'ai ce soir une pensée émue pour ces artistes de gauche qui se sont fourvoyés dans un combat d'arrière-garde plutôt que de se mettre au service d'une cause qui exige de la part des industriels de la culture la révision de leur modèle économique et son adaptation à la révolution technologique de l'Internet, de manière notamment à assurer une rémunération juste aux artistes sur le dos desquels ils ne cessent complaisamment de se faire une rente.

Pierre Arditi, Juliette Gréco, Michel Piccoli et Maxime Le Forestier, je pense à vous.



Source : Hadopi censurée




La mort de Petit Scarabée



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La mort de Petit Scarabée



Aujourd'hui, David Carradine est mort. Il avait 73 ans et de 1972 à 1975 avait interprété Kwai Chang Caine dans la série Kung Fu. En 2003, Quentin Tarrantino l'a fait sortir d'une ombre de trente années que son talent ne justifiait pas en lui offrant le rôle de Bill dans Kill Bill.

Aujourd'hui, David Carradine s'est donné la mort à Bangkok. Bill has been killed.





Source : La mort de Petit Scarabée




De la relativité d'une catastrophe aérienne



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De la relativité d'une catastrophe aérienne



les jeux du cirqueDepuis le début de l'année 2009, dans le monde :

  • plus de 600 000 personnes sont mortes du SIDA ;
  • près de 500 000 personnes sont mortes du paludisme ;
  • la cigarette a tué 1,3 millions de personnes ;
  • l'alcool a tué 750 000 personnes ;
  • le cancer a tué 2,6 millions de personnes ;
  • plus de 100 000 personnes ont trouvé la mort suite à un accident de la route ;
  • la pollution de l'air est responsable du décès de 650 000 personnes ;
  • le manque d'eau potable est responsable du décès de plus de 2 millions de personnes ;
  • la malnutrition est responsable du décès de 4,4 millions de personnes ;
  • près de 400 000 désespérés ont mis fin à leurs jours ;
  • plus de 4,5 millions d'enfants de moins de 5 ans sont morts ;
  • ...

L'énumération de l'inéluctabilité des souffrances humaines est bien monotone, et si peu propice à l'émotion.

Et puis hier, les 228 passagers et membres d'équipage du vol AF 447 ont probablement trouvé la mort, probablement à la suite d'un accident dont serait en partie responsable l'un des 1,3 milliards impacts de foudre qui ont touché la terre depuis le début de cette même année. C'est spectaculaire. Et dans un monde où le spectacle est roi, c'est en toute logique que l'événement a justifié l'interruption de la retransmission télévisuelle de Roland-Garros et son spectacle tennistique.

Prenons en passant la peine de noter qu'au cours d'un seul match de tennis, ce sont quelques milliers de personnes qui quelque part dans le monde meurent de faim.

Ce matin, dans un bel ensemble, les journaux titrent en gros sur le « mystère » du vol AF 447. Il est vrai que pour ce qui concerne la Malaria ou le SIDA, la malnutrition ou le manque d'eau potable, les responsabilités sont bien moins mystérieuses, donc le spectacle bien moins haletant.

Ce soir, les joueurs de l'équipe de France de football, qui affronte l'équipe du Nigeria en match amical, prendront leur juste part de l'émotion nationale en arborant un brassard noir. Avant de taper dans le ballon, tous respecteront une minute de silence. Le Nigeria est un pays africain qui se porte relativement bien. Le spectacle peut continuer.



Source : De la relativité d'une catastrophe aérienne




Quand Montalvo rencontre Gershwin



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Quand Montalvo rencontre Gershwin



Montalvo GershwinVous connaissez George Gershwin.

Gershwin, c'est Broadway, c'est le New-York des années 20, c'est le merveilleux Rhapsody in Blue, c'est la comédie musicale et le cinéma hollywoodien des années 30, c'est Fred Astaire et Un américain à Paris, c'est le mariage de la musique classique et du jazz - mais pas seulement -, c'est le swing et le ragtime - mais pas seulement -, c'est les années folles - mais folles, elles le furent de bien des manières différentes -, c'est The man I love - par exemple -, et puis c'est le génial opéra Porgy and Bess... .

Vous connaissez Summertime ? Vous connaissez alors George Gershwin, le plus afro-américain des juifs new-yorkais d'un temps où règnait la ségrégation et les émeutes raciales - mais pas seulement.

Mais connaissez-vous José Montalvo ? Depuis plus de vingt ans, José Montalvo - chorégraphe - et Dominique Hervieu - danseuse - portent le projet d'une danse jubilatoire et iconoclaste, une danse « art de la rencontre » qui dit le plaisir des corps en mouvement et l’éclat de leur mélange dans une visite sans cesse recommencée de l'histoire et de la géographie de la danse. Une danse qui s'abreuve à la mosaïque des styles et des interprètes qui la font et semblent la réinventer à chaque pas.

Alors quand Montalvo/Hervieu rencontrent Gershwin, on assiste à un spectacle total, comme une vague qui vous emporte, vous élève et vous flanque cul par-dessus tête - vous, et vos émotions avec. .

Sur une scène dont l'unique décor est constitué d'une petite baraque en bois (la maison de Bess ?), et devant un écran tendu comme un vaste aquarium, ce sont quinze danseurs et interprètes, tous plus talentueux les uns que les autres, et heureux de danser, qui vous entraînent au long d'un fabuleux voyage à travers l'univers de Gershwin et à travers ce rêve américain sur fond de cauchemar racial - ou l'inverse.

Un spectacle musical et chorégraphique époustouflant qui se développe avec bonheur sur une toile de fond très largement aquatique. Eaux calmes tout d'abord, où s'ébattent, nues ou en robes de soirée et talons aiguilles, d'insouciantes et gracieuses naïades - mais aussi une chèvre et un éléphant. La pluie et les larmes ensuite, pluie sur un rêve américain qui s'est vu trop beau et larmes à l'évocation des émeutes raciales qui jalonnèrent un siècle tourmenté. Tempête enfin, quand la mer démontée engloutit les miséreux entassés dans des boat people loqueteux. Car c'est bien par l'Afrique qu'on en termine, cette Afrique qui est le revers de la médaille d'une terre d'opulence et de volupté.

Hip-hop, break dance et slam sont convoqués, tandis que les entrechats le disputent à la danse africaine et aux claquettes. C'est beau, parfois drôle jusqu'au loufoque, souvent joyeux, et nous sommes alors d'autant mieux saisi par l'émotion lorsqu'au détour d'un Summertime de toute beauté, la gravité vient nous surprendre et nous bouleverser.

« Good morning, Mr. Gershwin » est une oeuvre chorégraphique magistrale. Courrez-y !





Source : Quand Montalvo rencontre Gershwin




On ne nait pas homme...



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On ne nait pas homme...



ogreNancy Huston a fait paraître une tribune dans Le Monde, sous le titre On ne naît pas homme.

La blogosphère féministe s'est aussitôt emparée du sujet. En particulier, j'aime beaucoup le ton employé dans ce billet. Zoridae se contente pour ce qui la concerne d'attirer notre attention sur un passage du texte - joliment torché, en effet - de Nancy Huston - écrivain qui écrivit de bien chouettes bouquins, à une certaine époque.

Je reproduis à mon tour le passage en question, puisque c'est celui-ci qui est concerné par mon petit commentaire :

« Dès qu'un petit garçon comprend qu'il vient (que tout le monde vient) de l'intérieur d'un corps de femme, un corps donc différent du sien, il se met à construire et à détruire, à bricoler, à manier, à remanier et à tripatouiller, la petite fille ne fait pas cela. Les garçons ouvrent les poupées, les nounours et les voitures petites et grandes, ils ouvrent les fusils, jouets ou non, pour en comprendre le fonctionnement ; ils veulent pénétrer le mystère de la vie, des origines, comprendre d'où ils viennent, pourquoi ils sont là ; ils regardent de près, d'encore plus près ; plus tard, certains iront jusqu'à arracher le fœtus du ventre de la femme enceinte et à en fracasser le crâne. Après le dépeçage du nounours, après le carnage, ils laissent derrière eux : non-sens, monceaux de chairs mortes qui ne veulent plus rien dire. Ils ont réussi à transformer le vivant en mort, en objet, en chose, en rien : puissance sidérante qui ne peut se comparer qu'à celle de mettre un enfant au monde. »

On le comprend, l'hypothèse sous-jacente à ce petit laïus est que l'homme est plus violent que la femme. Sans doute. Peut-être aurait-il été toutefois plus nuancé de dire qu'elle s'extériorise davantage, cette violence, chez l'un que chez l'autre, de manière générale. Soit.

Pour rester dans la nuance, il aurait alors sans doute suffit de dire que le petit garçon se construit dans la découverte de son altérité, parce qu'il doit devenir homme et donc autre de ce d'où il vient, quand la petite fille peut se contenter de s'identifier à sa mère-matrice. Ce qui est on ne peut plus plausible... sans que cela doive nécessairement venir expliquer, par un curieux raccourci psychanalytique, cette violence masculine dont sont, seraient préservées les femmes - qui n'auraient donc aucun besoin de comprendre les mystères de la vie puisqu'elles en sont les créatrices et pour peu, tout de même, qu'on les fournisse en spermatozoïdes.

Sans doute cette construction des petits garçons dans cette différenciation sexuelle subie est-elle en effet à l'origine de la différence essentielle entre hommes et femmes. Sans doute, aussi, cela induit-il une quête "graalesque" chez l'homme, visant à "pénétrer le mystère de la vie" - quand la femme n'a donc nul besoin de pénétrer ce qu'elle a en elle.

Certes, mais on ne comprend pas trop pourquoi cette quête devrait nécessairement aboutir à ce surcroit de violence. Pourquoi cet inaccessible mystère ne serait-il pas un moteur de curiosité et d'enthousiasme, plutôt que cet inéluctable pousse à la violence ?

Curieuse conception de la quête qui devrait nécessairement se muer en frustration puis en violence. Et si l'on posait que chercher conduisait au savoir, faudrait-il en déduire que ce fait vient expliquer pourquoi l'homme est plus créatif et plus apte à la compréhension des choses que la femme ?

Et puis il y a cette phrase particulièrement imbécile : "il se met à construire et à détruire, à bricoler, à manier, à remanier et à tripatouiller, la petite fille ne fait pas cela." Quel cliché !... Ou alors c'est moi et je ne connais que des petites filles particulièrement anormales.

D'ailleurs, moi-même finalement, je ne me souviens pas avoir jamais ouvert une poupée en deux pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur - je me contentais de la foutre à poil... Mes petites voitures, je ne les désossais pas et je n'usais d'armes-jouets que pour jouer aux cow-boys et aux indiens - un bout de bâton parvenant généralement à faire très bien l'affaire. Et aujourd'hui je n'aime pas davantage mettre mon nez sous le capot d'une voiture. Sans même parler de manipuler un fusil. A mon tour, je dois être particulièrement anormal...

Pour terminer au même endroit que cet extrait, je crois devoir faire remarquer qu'il faudrait être terriblement stupide pour prétendre sérieusement, et pour peu qu'on y réfléchisse un instant, que la puissance de mort serait comparable à la puissance vie. Créer est toujours miraculeux, quand détruire est trivialement à la portée du premier abruti venu - celui-ci s'avèrant une fois sur deux être une femme.



Source : On ne nait pas homme...




Edition à la demande



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Edition à la demande : Avoodware épouse Lulu



livre descriptionDu nouveau sur avoodware...

Parce que quand même un livre, c'est aussi un bel objet.

Parce qu'un livre, à lire, c'est plus confortable - plus qu'un écran ou un paquet de feuilles sorties d'une imprimante et plus ou moins solidement agrafées.

Parce que certains (et plus généralement certaines) d'entre vous m'y ont très gentiment incité - merci !

... vous avez désormais la possibilité de faire l'acquisition d'un ou plusieurs exemplaires de chacun de mes textes sous forme de livres reliés en qualité professionnelle et édités à la demande, en vous rendant chez mon Lulu.

Il n'est pas inutile de préciser qu'aux arrondis près, tous sont vendus à prix coutant. C'est-à-dire que ne reviendront à l'auteur que je suis que les centimes de l'arrondi - mais pour l'heure, je ne cherche pas non plus à me faire rémunérer pour un travail encore bien trop titubant à mon goût. Vous ne paierez que la fabrication et la rémunération de Lulu - et les frais de port.

Dit autrement, pour lire de manière plus confortable, pour faire joli dans votre bibliothèque, pour offrir ou pour caler un pied de table, sentez-vous libres de vous faire plaisir...

Edition à la demande : achetez un livre de Laurent Mann chez Lulu



Source : Edition à la demande




Aimer



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Aimer



Dire "je t'aime" n'est pas aimer.

Aimer est un verbe d'action.
Sourire est une manière d'aimer, par exemple.
Et si je proclame que "je mange", ça ne me nourrit pas.

Aimer.
Les mots n'y suffisent pas.

D'un autre côté, les mots flattent, touchent et finalement caressent.
« Comme tu es jolie et comme je t'aime ! »
Ça ne mange pas de pain et ça peut nourrir son homme.

Ce n'est pas la chair qui est faible, c'est l'esprit.

Tant mieux.



(et tant pis pour le divin)



Source : Aimer




Petit poème câlin



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Petit poème câlin



tristessePrenez un coquelicot
Eteignez la lumière
Il n'en devient pas incolore

Cueillez une fleur sur un oranger
Faites cessez le vent de souffler
Elle n'est pas inodore

Et quand j'imagine
Mes lèvres posées sur vos lèvres
Papillon sur le pétale d'un coquelicot
Jouant sur son velours
Et que d'émotion j'oublie alors de respirer
Vous n'êtes pas non plus sans saveur

J'ai trop d'imagination
Sans doute

...

Votre tristesse est l'obscurité qui se fait
Et le vent qui cesse
Et l'oubli de soi
Elle ne vous efface pas



Source : Petit poème câlin




Alors là... c'est le pompon !



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Interdire la cagoule : Alors là... c'est le pompon !



cagoule et pomponMAM (Mme Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur) a annoncé ce mercredi son intention d'étudier la possibilité de mettre en place des mesures, éventuellement législatives, pour empêcher quiconque de participer à des manifestations en dissimulant son visage, notamment à l'aide de cagoules.

Et aussitôt, zélé, le député UMP Didier Julia a déposé une proposition de loi visant à "interdire le port de cagoule et de tout autre moyen de masquer le visage lors de manifestations ou attroupements".

...

Pourquoi seulement le visage ?



Source : Alors là... c'est le pompon !




Petit... et ridicule



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Petit... et ridicule

Source : Petit... et ridicule




Les femmes aussi ont le droit de s'amuser



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Les femmes aussi ont le droit de s'amuser



Dans la blogosphère, j'ai quelques amies auxquelles je suis très heureux de faire ce petit cadeau, des femmes engagées qui se réjouiront sans aucun doute que le domaine machiste du jeu vidéo s'ouvre enfin à la seconde - terme employé ici sans intention de hiérarchiser - moitié de l'humanité.

Spéciale dédicace, donc, à Hypos, Annieday, CC, Laure, M., Mrs Clooney, Nelly, Olympe, Quitterie et Trublyonne.

Shii, enfin une console spécialement conçue pour les femmes :





Je sais, je devrais avoir honte...



Source : Les femmes aussi ont le droit de s'amuser




M comme Voyage



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M comme Voyage



Pablo Picasso - Nu CouchéIl me plairait tant
si vous saviez

aller de ci de là
me promener
chercher
trouver parfois
jouer
expérimenter
éprouver
insister
recommencer
soulever
effleurer
toucher
presser
cueillir
recueillir
goûter
savourer
titiller
taquiner
partir
revenir
languir
sentir
ressentir
voyager
découvrir
recouvrir
entrer
rester
sortir
explorer
donner
prendre
disputer
partager
tournoyer
soupirer
chanter
miauler
rugir
crier
rire
sourire aussi
et puis me taire

Il me plairait tant de vous aimer
Si vous saviez



Billets d'amour Candidat


Source : M comme Voyage




Les petits regrets



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Le grand jeu des petits regrets



Chirac ou SarkozyMartine Aubry a déclaré : « Je me dis que finalement, on regrette Jacques Chirac […] Il avait au moins une qualité, c’est de connaître la réalité de la France […] Cela n’empêchait pas des débats assez lourds ».

Certains qui cultivent amertume et esprit revanchard se sont engouffrés pour crier au scandale et à la droitisation d'un Parti Socialiste instable sur ses valeurs. Ils oublient que leur égérie avait - c'était au temps lointain de sa splendeur médiatique - rêvé d'un François Bayrou en premier ministre. Mais c'est accessoire. Ils oublient surtout ce que relativité signifie - sans même parler d'humour.

D'autres pas et qui l'expliquent très bien.

Mais c'est un certain François Mitterrand qui sur Twitter m'a donné l'idée d'un petit jeu qui devrait permettre à tous les mauvais coucheurs de comprendre la subtilité du lien qui existe entre regrets et relativité, voire même d'entendre la différence sémantique qu'on trouve entre regrets et nostalgie :

Aubry Royal


Bien entendu, j'ouvre le bal - et de préférence en demeurant fidèle à ma petite réputation de machiste que j'essaie progressivement de me construire ici :

Depuis que je subis les incapacités culinaires de ma femme, je regrette le temps où je me nourrissais au Mac Do.



Et vous, que regrettez-vous ?




Merci à Eric, pour m'avoir inspiré ce petit complément vidéo indispensable.



Source : Les petits regrets




HADOPI



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HADOPI ou les puissances réactionnaires à l'oeuvre



Tout le monde en parle, chacun à son avis, alors je me décide à en dire un peu plus qu'un mot. Dire simplement que le téléchargement ne saurait être illégal, dire qu'avant même que le législateur se décide, via la loi HADOPI, d'user de répression, cela fait maintenant dix ans qu'on use d'une culpabilisation qui n'a pas lieu d'être.

HADOPI

Toute cette histoire est en réalité assez simple. Afin de préserver leurs rentes, et plutôt que de s’adapter à la dématérialisation des supports en mettant en place de nouveaux modèles économiques, les industries de la musique et du cinéma, avec la complicité des gouvernements, s’évertuent depuis des années à laisser croire qu’échanger des fichiers sur internet s’apparenterait à du vol, alors que ce n'est que l'appropriation par les citoyens du progrès technique.

Lorsque l'on inventa le fil à couper le beurre, on ne déclara pas illégal son utilisation. Lorsque la locomotive à vapeur devint réalité, les gens se mirent à prendre le train et les chevaux ne se mirent pas à ronchonner. Lorsque les soutiens-gorges libérèrent la femme, les fabricants de corsets s'adaptèrent plutôt que de pester après les mamelles infidèles. Lorsque la télévision pénétra dans les foyers, le Général de Gaulle ne la déclara pas illégale au prétexte que les français n'allaient plus prendre le temps de se reproduire. Lorsque la jeunesse des années 80 se mit à enregistrer sur cassette toute la musique d'une bande FM libérée, l'industrie de la musique ne se trouva pas moribonde.

Depuis que le monde est marchand, à mesure que le progrès technique poursuit sa marche en avant, tandis qu'hommes et femmes s'approprient les nouvelles inventions et en tirent profit pour s'élever au-dessus de leurs anciennes conditions, les industries s'adaptent et développent de nouveaux modèles économiques - ou disparaissent et laissent la place à d'autres.

Depuis que le monde est marchand, certaines industries parviennent à mettre à profit une situation donnée pour tirer une rente de leur activité. Pour celles-là, le progrès technique a toujours été et sera toujours une menace - non pour elle-même, mais pour ladite rente, cette part excessive du gâteau qu'elles ont réussi à s'approprier aux dépens d'autres acteurs de la filière, généralement les consommateurs qui paient un prix trop élevé, mais aussi des intermédiaires qui reçoivent une rémunération anormalement réduites pour leurs prestations.

Et ainsi, depuis que le monde est marchand, les industries rentières sont-elles particulièrement réfractaires au progrès technique. C'est qu'en bons libéraux, elles savent que toute rente a pour vocation de disparaitre, soit par le simple jeu de la concurrence, soit via le progrès technique. Et toute leur stratégie consiste donc, non pas à freiner le progrès - lequel est inéluctable -, mais à s'en approprier l'essentiel des bénéfices futurs en empêchant aussi longtemps que possible sa concrétisation présente, afin tout de même de faire durer la rente.

Il y a deux dizaines d’années, les grands monopoles dans le domaine des télécommunications ont ainsi freiner des quatre fers devant la libéralisation du marché, l’émergence de la téléphonie mobile puis celle de la téléphonie par internet. Il s’agissait pour ceux-là de conserver leurs rentes de monopoles. Ils n'allèrent cependant pas jusqu'à oser prétendre que le GSM était un piratage téléphonique - cela aurait semblé par trop risible. On entendit toutefois quelques voix réclamer que fût déclarée illégale la téléphonie sur internet. On sait aujourd'hui ce qu'il advint : Orange, anciennement France Telecom, est leader sur le marché français de la téléphonie mobile, comme sur celui de la box internet - qui permet de téléphoner de manière illimitée sans surcoût, apparemment gratuitement...

Mais revenons au téléchargement. Je télécharge sur internet parce que la possibilité technique existe. Pis, cela ne provoque en moi aucun cas de conscience : je n’ai absolument aucune crainte pour la rémunération des artistes qui ont contribué aux oeuvres que je télécharge. Cette responsabilité-là revient de toute évidence aux industriels qui ont contracté avec lesdits artistes ; il ne s’agit pour eux - les industriels - que de distribuer autrement, c’est-à-dire mieux, plus efficacement, les sommes considérables qui circulent sur ce marché qui n'est pas celui de l'art. Il ne s’agit que d’allocations optimales des ressources et de la mise en place d'un modèle économique adapté à cette nouvelle donne technique. S'il est probable en effet que cela conduise à mettre fin à une rente qui n'a que trop duré, disons que ça ne m'émeut que très moyennement.

Je n'ai aucune inquiétude pour la vitalité artistique. Depuis que le monde est monde, celle-ci n'a jamais été liée à l'importance de la rémunération des artistes, pas plus que l'importance de cette rémunération n'a jamais été liée à l'importance du prix auquel les marchands décident de vendre au public les oeuvres dont ils ont fait l'acquisition des droits. Non, je ne suis pas inquiet : plus ou moins miséreux, il y aura toujours des troubadours qui pousseront ici ou là la chansonnette - et dont beaucoup resteront à tirer le diable par la queue tandis que les industriels de la musique et quelques artistes à succès s'engraisseront démesurément.

Dit autrement, si nombre d'artistes connaissent de grandes difficultés à vivre convenablement de leur art, ce n’est certainement pas le public qu'il faut en tenir pour responsable - ainsi qu’on cherche à nous le faire croire. Réjouissons-nous plutôt que public il existe et regardons plutôt du côté des producteurs et des diffuseurs qui brassent maladroitement des sommes considérables - en pleurnichant à l'occasion qu'elles s'amenuiseraient. Regardons plutôt, aussi, en direction des politiques culturelles et des budgets correspondants qui ne cessent, en effet, de s'amenuiser.

Culpabilisation et répression ne font pas une politique culturelle, encore moins un modèle économique viable. Ce ne sont là que quelques forces réactionnaires qui sont ici, comme partout, à l’ouvrage.



EDIT : L'ami Rimbus a pondu un excellent article qui viendra utilement en complément de celui-ci. Mais il y a aussi celui de Nicolas et celui de Seb - ça m'apprendra à faire un petit tour de oueb avant de déposer ma propre petite crotte.



Source : HADOPI




La journée de la Femme



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La journée de la Femme par La Chanson du Dimanche





La Chanson du Dimanche



Nota Bene : à l'occasion de cette « Journée Internationale consacrée aux Droits des Femmes », le débat fait rage à travers la blogosphère (je ne mets pas de lien parce que j'ai la flemme - Nicolas va m'engueuler). Moi, je m'en contrefiche.

Je note seulement que si le féminisme est une cause que j'ai grande facilité à épouser, il y a bien des féministes dont je ne voudrais pas pour femmes : trop chiantes !

Mais il en va souvent ainsi, il y a encore dans ce monde nombre de combats à mener urgemment, et il serait plus facile d'y mettre tout son coeur si les militants étaient plus sexy - c'est que la hargne monomaniaque possède la fâcheuse tendance à rendre laid et ennuyeux.



Parfois aussi je m'interroge : les femmes sont-elles capables d'accéder à un humour de second degré ?



Source : La journée de la Femme




Casse-toi-pov-con.net



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Casse-toi-pov-con.net



Casse-toi Pov' con !C'est simple, c'est drôle et ça soulage (un peu).

Allez-y faire un tour et ensuite, vous aussi, postez votre photo.

Vous aussi - parce que vous et moi savons que vous en rêvez - dites-lui : « Casse-toi Pov' con ! »

C'est par ici !





Et n'oubliez pas non plus d'en faire profiter vos amis et connaissances, car eux aussi, comme vous, comme moi, n'en peuvent plus de lui.



Source : Casse-toi-pov-con.net




HADOPI et riposte graduée



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HADOPI et riposte graduée - Black-out et chanson





AVOODWARE s'associe à l'initiative de la Quadrature du Net
qui appelle au « black-out » du oueb français.

HADOPI - Le Net en France : black-out

Le projet de loi HADOPI a pour objet la mise en oeuvre la politique dite de « riposte graduée »,
un dispositif répressif visant à couper l'accès à l'internette aux foyers suspectés
de partager sans autorisation des oeuvres protégées.

Un tel dispositif conduirait à couper des familles entières non seulement de l'accès à l'internette,
mais également au téléphone et à la télévision,
cela sans preuves juridiquement recevables,
ni d'ailleurs de procédure judiciaire.

HADOPI - Le Net en France : black-outHADOPI - Le Net en France : black-outHADOPI - Le Net en France : black-outHADOPI - Le Net en France : black-outHADOPI - Le Net en France : black-out

Source : HADOPI et riposte graduée




Recherche, sarkozy, éducation, culture



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Jeu de l'intrus : Recherche, sarkozy, éducation, culture



Cette séquence - dénichée chez JeandelaXR (encore !) - date d'un temps que les moins de deux ans ne peuvent pas connaître - souvenez-vous, Sarkozy n'était pas encore président -, mais demeure aujourd'hui particulièrement intéressante, tant par sa résonance avec une certaine actualité que par son caractère largement prophétique.

André Brahic est non seulement un éminent astro-physicien, à l'esprit brillant - sa notice Wikipedia nous apprend qu'il a travaillé en particulier sur les supernovæ, la théorie du chaos, la dynamique des galaxies, les anneaux planétaires et la formation du système solaire dont il est l'un des plus grands experts mondiaux à l'heure actuelle et aussi qu'il est un spécialiste de l'exploration du système solaire par les sondes spatiales dont il a suivi toute l'histoire depuis de nombreuses années... un esprit brillant, donc, mais également, ce qui ne gâte rien, un homme doté d'un humour féroce.

Lors de cette courte intervention filmée (moins de 10 mn), il explique que pour lui recherche, éducation et culture sont des choses essentielles [...] pour l'avenir de notre société et énonce avec beaucoup d'humour et de causticité quelques vérités fondamentales, bien que tout à fait hors d'atteinte de l'esprit étriqué de ce petit président dont nous avons finalement hérité...




Sauvons la recherche - André Brahic
envoyé par Ahmed-Meguini


Post Scriptum : Je vous suggère de retrouver André Brahic dans un tout autre registre, lors de l'une (en 2001) ou l'autre (en 2008) de ses conférences vidéo à l'Université de tous les savoirs (Les Amphis de France 5). Dans la première il nous parle des observations récentes en astrophysique, dans la seconde il nous donne les dernières nouvelles de notre jeune Univers...



Source : Recherche, sarkozy, éducation, culture




500 euros et 500 secondes



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500 euros et 500 secondes par dedalus



chaîneC'est une chaîne à laquelle je n'ai pas été convié, mais celles-ci ont toujours été les petites sauteries que je préfère. D'ailleurs je ne suis pas non plus le premier à taper l'incruste.

J'ai découvert cette chaîne chez Gaël, mais si j'ai bien tout compris, elle a pour origine le site Lyon69.net - c'est dire si elle vient de loin.

Toute chaîne de blogs possèdant son propre règlement, commençons par reproduire celui-ci :

1. Avoir un blog ;
2. Écrire un article relatant ce que vous feriez s’il vous restait 500 euros et 500 secondes à vivre. Vous avez carte blanche, que ce soit un 3 mots ou en 500 lignes, laissez libre court à votre imagination ;
3. Relancer la chaine en invitant 5 de vos amis à répondre à leur tour à la question ;
4. Faire référence à cet article et à ces mini-règles afin que l’on puisse tracer tous les participants ;
5. Intituler votre article “500 euros et 500 secondes par Votre Nom”.

Notons également que cette chaîne est en sus un jeu où le gagnant remporte un prix surprise. Pour gagner, il faudra être le blogueur qui aura généré le plus grand nombre de commentaires suite à son billet - compteurs arrêtés au 16 février, minuit. Mais bon...

Avant d'aborder le point n°2 du règlement, et donc le coeur du sujet, il me reste encore à être sagement respectueux du point n°3. J'invite donc à rejoindre la présente chaîne : Maghnia (parce qu'elle est jolie), Eric - bloggeur citoyen (parce qu'il le vaut bien), Rimbus (parce que !), Café-Croissant (parce qu'il gagne à être connu) et Framboise (parce que ça pourrait être amusant).

Venons-en maintenant au fait. Et si donc il me restait à la fois 500 euros et 500 secondes à vivre ?

D'abord et accessoirement, s'il me restait 500 euros pour mes dernières 500 secondes à vivre, de deux choses l'une : soit j'aurais fini en tirant jusqu'au bout le diable par la queue, mais sans laisser non plus de dettes - 500 euros, ce n'est tout de même pas rien ; soit j'aurais au contraire su préférer dépenser qu'amasser - car tout de même, 500 euros ce n'est pas beaucoup.

Ou bien - cela me vient en réfléchissant un peu à ce que j'écris -, ou bien j'aurais gagné beaucoup d'argent, aurais beaucoup épargné, placé beaucoup à la banque, répartissant des sommes considérables sur divers placements financiers attractifs. Et puis, de crises financières en cracks boursiers, tout cela se serait soudainement volatilisé et ne me resterait plus en poche que 500 euros, c'est-à-dire, inflation aidant, à peine de quoi m'acheter un dernier paquet de clopes - ce qui expliquerait sans doute également pourquoi, une arme entre les dents, il ne me resterait alors plus que 500 secondes à vivre...

Mais ce n'est pas dans cette hypothèse extrême que je souhaite me situer. Surtout, 500 euros ou pas, s'il me restait 500 secondes à vivre, peut-être alors que,comprenant enfin l'urgence, je me (re)mettrais enfin à écrire ce putain de roman plutôt que de gaspiller mon temps à contribuer à des chaînes auxquelles je n'ai pas même été convié - et en laquelle je ne me suis incrusté que pour dire ceci et parce que j'ai la terrifiante faiblesse de croire qu'il me reste un peu plus de 500 secondes à vivre, ce qui est parfaitement imbécile.



Source : 500 euros et 500 secondes




Il suffira d'un signe



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Il suffira d'un signe



Un homme. La cravate autour de son cou. Solitude et vague à l'âme. Mélancolie. Tristesse. Jusqu'à ce qu'un beau jour...




Signs sur Koreus


Signs est un court-métrage réalisé par Patrick Hughes, dans le cadre du Schweppes Short Film Festival

Merci à JeandelaXR pour la découverte de ce petit bijou.



Source : Il suffira d'un signe




Djian ou le roman surimi



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« Impardonnables » : Djian ou le roman surimi



« Impardonnables » : Djian ou le roman surimiLa preuve que je ne suis pas obtus, j'ai acheté le dernier roman de Philippe Djian, Impardonnables. Pis même, profitant d'un accès de bonne volonté, je l'ai lu.

Je m'étais dit qu'il y avait nécessairement un motif, ayant forcément trait à la littérature, qui expliquait que cet homme-là était reçu sur tous les plateaux et dans toutes les émissions, qui justifiait que son dernier ouvrage reçoive un accueil si unanimement positif à travers tout ce que le microcosme médiatique compte de critiques littéraires.

Je ne vais pas épiloguer sur les motifs, qui de toute évidence n'ont que peu à voir avec la qualité littéraire de l'objet, le fait est que je me suis fait piéger. Une fois de plus. L'avantage est que 230 pages imprimées en gros caractères, ça se lit vite. Malheureusement, et c'est une sorte de prouesse, on parvient tout de même à trouver le temps long.

Tout est dans l'absence de style - ce style dont à juste titre Djian fait dire à son personnage narrateur qu'il est "le moteur de cette folie" que constitue toute entreprise littéraire. Or il n'y a pas ici ce souffle que seul le style est à même d'insuffler à une oeuvre. C'est que l'écriture de Djian est à la littérature ce que le surimi est à la gastronomie : un met conçu pour plaire au plus grand nombre, inconsistant et sans saveur, pas tout à fait indigeste, mais qui vous laisse au seuil de l'écoeurement ; et qui en aucune façon ne saurait vous nourrir, encore moins vous extasier.

Et l'histoire ? Celle d'un vieil homme, écrivain sur le retour, ni sympathique ni complètement antipathique, plus aigri que pessimiste, pas vraiment anti-héro. Pas vraiment un vieil homme non plus en vérité - il a la soixantaine -, juste un vieux con comme il en existe à tout âge. Celui-ci a vécu une tragédie, quinze ans plus tôt, mais ça n'explique rien et d'ailleurs on s'en fiche un peu : voici donc juste un vieux con qui a perdu sa femme et une de ses filles dans un accident de voiture. So what ? Quinze ans plus tard, il fait la gueule à sa seconde fille parce qu'elle lui a fait un sale coup, pendant que le jeune homme déjanté - seul personnage un peu consistant du livre - qu'il a engagé pour suivre sa femme et lui apporter la preuve de son infidélité, devient l'amant de cette dernière. A la fin, ça se termine mal - ou du moins, c'est ce qu'on croit devoir comprendre.

Ce dernier épisode - quand le détective se révèle l'amant - est censé, du moins j'imagine, constituer un des, sinon l'unique rebondissement du roman, le ressort romanesque de l'histoire. Mais cela aussi est raté, et c'est le roman tout entier qui en vérité est cousu de fil blanc. A entendre Philippe Djian s'exprimer à travers la voix de son narrateur, on comprend que pour lui une des qualités qui font les grands écrivains est en leur capacité à être "rusé", "malin". C'est sans doute vrai. Encore faut-il l'être suffisamment pour savoir également dissimuler les trucs qui ont été utilisés. Afin que l'ensemble sonne juste et émerveille.

Dans le roman de Philippe Djian, tout est transparent. On ne se dit pas, émerveillé : il y a forcément un truc. Non, on le voit - le truc - et c'en est désespérant. On les voit tous, sans exception, tous les jeux de miroirs, tous les artifices, toutes les ficelles. Et de fait, tout tombe plat, même l'humour - ce qui en devient tragique. On se retrouve comme devant un illusionniste qui a manqué un tour après l'autre au long de son spectacle, c'est-à-dire affligé. Un peu gêné aussi.

Affligeant, oui, c'est le mot. Comme on s'est laissé prendre une fois de plus, une fois de trop, à mordre dans un bâton de surimi. On le savait, pourtant.



Source : Djian ou le roman surimi




Manifester en paix !



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Gaza : manifester en paix !



Hamas Israël Palestine TsahalLes bombardements d'écoles, d'universités à Gaza sont dénoncés, et on a raison... mais on ne dit pas que ces lieux sont utilisés comme centres opérationnels, fabriques et caches d'armes par les terroristes du Hamas ;

Le bombardement d'habitations à Gaza est condamné, et on a raison... mais on ne dit pas que les chefs terroristes qui les occupent refusent d'évacuer leur famille lorsque Israël les avertit des frappes sur leurs QG ; 

On dénonce le bombardement de mosquées, et on a raison... mais on ne dit pas que si elles explosent c'est du fait aussi des quantités d'armes et explosifs qui y sont entreposés par les terroristes islamistes qui s'y sont installés ;

On s'indigne de la situation humanitaire à Gaza, et on a mille fois raison... mais on ne dit pas qu'Israël fait beaucoup, tout de même, dans cette guerre pour préserver les civils et que l'aide humanitaire n'a jamais cessé.


Dans leur appel à manifester samedi prochain, Les Verts ne dénoncent pas la prise en otage des Palestiniens de Gaza par une organisation terroriste, et ils n'exigent pas du Hamas qu'il renonce à la terreur et qu'il reconnaisse Israël.

Il faut dire que la hauteur des principes invoqués par les Verts est telle que le parti écolo ne saurait s'abaisser à ce genre de considérations. Qu'on en juge : "seule la paix assurera aux israéliens comme aux palestiniens la sécurité". On voit que chez les Verts il y a des gens qui pensent, quand même.

En fait, l'appel des Verts à manifester samedi prochain 10 janvier à Paris ne mentionne même pas le Hamas. On peut le prédire sans grand risque de se tromper : cette manifestation d'apparence humanitaire, pacifiste et écolo sera aussi une manifestation de complaisance vis à vis d'une organisation terroriste ; on y brûlera comme à l'ordinaire des drapeaux israéliens et scandera le nom du chef du Hamas.


Aussi, moi qui souhaite ardemment une paix juste et durable au Proche-Orient, cette fois encore et afin d'éviter d'avoir à mélanger mon indignation et mes larmes avec les cris des colporteurs de haine, je ne me rendrai pas à la République samedi prochain 10 janvier 2009 à 14h30.

Je suis pour ma part convaincu qu'on peut au moins autant appeler le gouvernement israélien au courage de renoncer à la guerre que d'appeler le Hamas au courage de ne pas s'abriter derrière des enfants que, de facto, ils traînent avec eux dans la guerre et vers la mort. Et encore ce serait là ignorer que ce n'est pas même de la lâcheté de la part du Hamas, mais bel et bien une stratégie visant à activer l'engrenage de la haine de génération en génération.

Dit autrement, chaque civil palestinien qui meurt à Gaza est assassiné conjointement par le Hamas et Tsahal, tous deux complices de la même horreur. C'est cela tout entier qu'il faut s'appliquer à dénoncer, pour peu qu'on veuille être utile aux populations civiles palestiniennes et israéliennes. 

Donner dans la condamnation sélective, c'est faire le jeu d'un camp ou de l'autre, c'est faire complaisamment le jeu de la guerre. 



Communiqué de presse des Verts du 8 janvier 2009 : 

Pour la paix au Proche-Orient, manifestons samedi 10 janvier

L'agression israélienne s'intensifie à Gaza de façon dramatique : bombardements d'écoles, d'universités, d'habitations, de mosquées, d'établissements publics faisant des centaines morts parmi les civils. La situation humanitaire est catastrophique. Les Gazaouis ne sont plus approvisionnés en eau, en électricité, en nourriture, des blessés meurent faute de soin. Les journalistes ne peuvent entrer dans Gaza.

Le gouvernement israélien reste enfermé dans sa logique de guerre alors que seule la paix assurera aux israéliens comme aux palestiniens la sécurité.

Nous exigeons de nos gouvernements européens qu'ils condamnent fermement le gouvernement israélien et qu'ils fassent tout pour arrêter ce massacre. Nous appelons les citoyens à rester mobilisés et à participer massivement samedi aux manifestations organisées par les collectifs qui défendent la paix au Proche-Orient.


Djamila Sonzogni et Jean Louis Roumégas, Porte-paroles des Verts.



Source : Manifester en paix !




Adrienne



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Albin de la Simone et Vanessa Paradis - Adrienne



Le 2 Mars prochain sort la nouvelle édition du troisième et dernier album (en date) d'Albin de la Simone, Bungalow ! - une version double CD incluant des sessions acoustiques en public, dont 2 morceaux inédits. A cette occasion, est aujourd'hui présenté le clip, réalisé par Antoine Wagner, de la chanson Adrienne, chantée en duo avec Vanessa Paradis.

Peu adepte du billet de copinage, si néanmoins je ne résiste pas à vous faire découvrir cette petite friandise, c'est que croyez-moi, Albin le vaut bien ("comme mec").





Albin de la Simone en concert, quelques dates :

10 mars 2009 Alhambra - Paris (75)
23 janv. 2009 Le Vigean - Eysine (33)
29 janv. 2009 Théâtre St Marie D’en Bas - Grenoble (38)
31 janv. 2009 Théâtre - Perpignan (66)
15 févr. 2009 Espace Tival - Mulhouse (68)

www.myspace.com/albindelasimone - avec le titre Adrienne disponible au téléchargement

www.albindelasimone.com - allez y faire un tour, les sites d'Albin sont toujours l'occasion d'un petit voyage numérique tout à fait délicieux...



Source : Adrienne




Le visiteur



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Le visiteur



maillet jugeL'enfant est malade. Richard tient la main fiévreuse de l'enfant. Sur son front brûlant, il a appliqué un linge humide. L'enfant tousse faiblement, une petite toux un peu ridicule, comme surfaite. Il est épuisé, à bout de forces. Le soir tombe. Cela fait maintenant trois jours et deux nuits que cela dure. Richard regarde l'enfant, ses joues sont creusées, il a maigri déjà. De ses yeux à peine entrouverts filtre un regard inexpressif et las. Il respire difficilement et chaque inspiration semble lui coûter un effort presque insurmontable.

« Tu as mal ? », demande Richard. Non, fait doucement l'enfant de la tête.

« Je dois y aller maintenant. Tu sais ? »

L'enfant sait. Il ferme les yeux.

Richard glisse délicatement la main de l'enfant sous la couette, retourne le linge humide sur son front, puis se penche jusqu'à son oreille : « Ça va aller. On se voit dans douze jours. Je t'aime fort, tu sais. » Il passe sa main sur son visage, dépose un baiser sur sa joue et s'en va. Et l'enfant garde les yeux clos.

Quand il arrive dans la cuisine, elle regarde sa montre en hochant la tête. Son visage est fermé, ses sentiments calfeutrés. Elle le raccompagne jusqu'à la porte : « Si besoin, je t'appelle. »

Le médecin a dit que c'était la grippe. Rien de grave. Rien qui justifierait qu'il ne puisse attendre deux semaines avant d'avoir des nouvelles de l'enfant, puisqu'il n'en a pas obtenu la garde. Un week-end sur deux, seulement. Et la moitié des vacances scolaires. Sauf contre-temps.

L'enfant l'avait appelé le vendredi soir et avait récité d'une voix faible : « Je suis malade. Le médecin est venu ce matin et il a dit que je ne devais pas sortir. Alors je ne peux pas venir chez toi. Mais Maman dit que tu peux venir me visiter à la maison, si tu veux. »

Une fine couche de neige durcie recouvre le trottoir. Il fait un froid polaire. Richard resserre son manteau et se hâte vers la station de métro. Il a un peu de fièvre.



Source : Le visiteur




Bilan 2008 et voeux pour 2009



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Bilan 2008 et voeux pour 2009



avoodware dedalus laurent mannFaisons ça rapidement. Vous vous y êtes mis, en 2008, à près de 15 000 pour consulter plus de 30 000 pages sur avoodware, soit une progression de 40% du nombre de visites, les trois derniers mois de l'année ayant chacun dépassé les 2000 visites mensuelles.

Un bon tiers des pages vues, l'ont été sur ce blog, soit une hausse de près de 70% par rapport à 2007, et qui représente en réalité la quasi totalité de la progression du nombre totale de pages vues sur le site (+25%). Notons que deux articles ont été lus plus de 1000 fois et sans doute pour des raisons totalement différentes, il s'agit de Siffler la Marseillaise n'est pas insulter la France (repris par Agoravox où il a fait la une et suscité, ici comme là-bas, des commentaires particulièrement "crispés") et de Ta mère en string avec un sex toy ! (écrit à l'occasion de la fête des mères, mais dont le succès tient essentiellement à certains mots qui, via google, auront abusé quelques âmes en pine...)

Pour 40% d'entre vous, vous arrivez sur ce site en provenance d'un moteur de recherche. Si les requêtes "roman à télécharger", "romans a lire en ligne", "pièces de théâtre" ou "Laurent Mann" arrivent bien en tête, elles partagent le leadership avec "acdc nouvel album" (pour cet article) et "soeur emmanuelle 100 ans" (pour cet autre), mais aussi avec "filles nues " et "ma mère en string ". Au cours du mois de décembre, "xxxxx " et "couilles molles" ont fait un tabac...

Les textes mis en ligne sur ce site ont quant à eux été téléchargés plus de 3000 fois au cours de l'année 2008, soit entre 200 et 300 fois par mois. Lulli, mon roman, a obtenu votre préférence avec 640 téléchargements, suivi de Chouette, la Vie !, ma pièce de théâtre, avec 413 téléchargements. L'ensemble des six récits a généré pour sa part plus de 2000 lectures, soit plus de 300 pour chacun d'entre eux, et avec une petite préférence pour Terreur qui s'approche à lui seul des 400 lectures.

Il reste que je ne suis toujours pas parvenu à trouver la solution pour inciter les lecteurs à revenir ici partager leurs impressions de lecture, et la rubrique à vous de dire demeure donc encore bien clairsemée.

Ce petit bilan étant fait, je me permets de faire l'impasse sur la rubrique mes bonnes résolutions pour 2009 et me contente de vous la souhaiter à toutes et tous très sensuelle : santé et bonheur, sexe et bonne humeur.



En musique, ça pourrait donner ça - où il ne suffit que de se laisser porter, emmener, vibrer, aimer...


2009, année de la teuf !


Source : Bilan 2008 et voeux pour 2009




Bush hates shoes



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