Libération sexuelle - Lulli, chapitre 7
Julie
n'a aucune nouvelle de la maternité. Elle ne sait rien de
l'accouchement de Louise et ignore même si celle-ci a accouché. À
son réveil, Nicolas s'étonne de trouver Julie à côté de lui, dans
le lit de ses parents, elle lui rappelle brièvement les évènements
de la nuit et le petit garçon fait : « Ah oui ! je
me rappelle », puis il change de sujet.
Au cours du petit-déjeuner, et plus encore maintenant sur le chemin de l'école, Nicolas se montre plutôt prolixe. Il bavarde, sans rien dire de particulier, avec entrain, comme pour se débarrasser de mots dont il n'a pas l'utilité et qui l'encombrent, comme s'il ressentait le besoin de se délester du superficiel et de l'anecdotique avant de pouvoir atteindre à l'essentiel qui le tourmente, qui se trouve comme coincé en travers de sa gorge et qui s'agite jusqu'à par moments lui faire mal dans l'estomac. Julie le connaît bien, il suffit de le laisser se vider, de savoir que les paroles importantes viennent ensuite.
Main dans la main, ils avancent lentement sur le chemin de l'école et on les dirait ralentis par la brume, tenace ce matin. Le soleil ne chauffe guère, il a dû même pleuvoir un peu tout à l'heure car le bitume est humide sous leurs pas. Nicolas discourt à n'en plus finir et Julie ne parvient à l'écouter que d'une oreille distraite, incapable de garder son attention à l'enfant. Elle a peu dormi cette nuit, a eu son propre lot d'émotions. Elle est fatiguée et le flot des paroles de l'enfant ne lui parvient qu'à travers l'épais brouillard de ses propres pensées vagabondes. De temps à autre, quand elle croit détecter que le petit garçon l'interroge, à un silence prolongé ou parce qu'il a tiré sur sa main pour s'assurer qu'elle l'a bien entendu, Julie répond évasivement, oui ou non, un peu au hasard. Le petit garçon semble s'en satisfaire, qui déroule imperturbablement le fil de sa logorrhée.
Ils sont parvenus à proximité de l'école quand, déchirant un large pan de brume, le soleil les inonde de sa chaleur soyeuse. Il fera beau tout à l'heure, se réjouit Julie. Tout paraît tellement plus facile sous le soleil – à Paris plus qu'ailleurs, songe-t-elle. Quelques rayons suffisent pour que la ville tout entière semble renaître au bonheur, les murs paraissent moins gris, les pigeons moins sales et les Parisiens plus gais, plus vivants, moins accablés par le poids du quotidien. Elle-même déjà sent un peu de sa fatigue qui l'abandonne, comme aspirée par la paille d'un rayon de soleil : elle n'en dormira que mieux sans doute, tout à l'heure.
« Lulli, je ne vais pas pleurer aujourd'hui pour entrer dans l'école. Non, je ne vais pas pleurer. »
[...]
Lulli est mon premier roman, que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine.
Nous en sommes au chapitre 7, sur les 12 chapitres que compte ce roman, et vous venez d'en lire les premières lignes. La suite est à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle...
Si vous prenez l'aventure en route, vous pouvez préférer la reprendre depuis le début...
A la suite de chaque billet de présentation, les commentaires vous permettent, si vous le souhaitez, de partager entre vous - et avec moi - vos impressions de lecture, au fil de celle-ci ou bien à son terme (qu'il soit prématuré ou non).
Bonne lecture !
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Source : Libération sexuelle
(A suivre : Lulli, chapitre 8...)
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De Weather Report au Joe Zawinul Syndicate
De Weather Report au Joe Zawinul Syndicate
Allez savoir pourquoi, il m'a pris de me remettre à écouter Weather Report - qui pour qui ne le saurait pas est le groupe mythique et originel du jazz-rock fusion, fondé au début des années 70 par Joe Zawinul (au clavier) et Wayne Shorter (au sax).
Joe Zawinul, le seul musicien avec lequel Miles Davis - autre précurseur de l'électrification du jazz - suggéra avoir codirigé son groupe « En 69, Joe Zawinul et moi avons engagé un jeune guitariste anglais J McLaughlin », excusez du peu.
Wayne Shorter, un des membres - avec Herby Handcock, notamment - du légendaire quintet de Miles Davis, encore lui, dans les années 60.
Mais c'est avec l'arrivée en 1976 de Jaco Pastorius (à la basse) que Weather Report connu le succès et fonda sa légende. Qui n'a pas écouté l'album Heavy Weather - mais pas seulement ! - devrait être pendu par les roubignoles à une corde de guitare basse. Et je ne parle même pas de 8:30, double-album live qui vous arrachera des sanglots de bonheur.
Bref, me retrouvant à nouveau à m'imbiber corps et âme des rythmes diaboliques de ces gars-là, j'en suis venu tout naturellement à tapoter de goûts en gueules pour savoir ce qu'ils étaient devenus depuis ce milieu des années 80 où je les avais laissés... Je vous la fait courte, j'ai fini par tomber sur ça, que je vous offre en partage :
The Syndicate - Live at Copenhaguen Jazzhouse - 20 mars 2010
Alegre Correa (Guitar & Vocal)
Alioune Wade (Bass & Vocal)
Aziz Sahmaoui (Vocal & Percussion)
Emile Parisien (Sax)
Jorge Bezerra (Percussion)
Paco Sery (Drums)
Thierry Eliez (Keyboards)
The Syndicate était le Joe Zawinul Syndicate, fondé à la fin des années 80 et dont je ne vous parlerai pas faute d'en savoir suffisamment. Je suis seulement convaincu d'être passé au travers et qu'une importante mise à jour s'impose. Il semble être tout indiqué de commencer par Amen de Salif Keita, arrangé par Joe Zawinul, ainsi que My People (Joe Zawinul - 1996) et World Tour (Joe Zawinul Syndicate - 1997).
Bonus Track :
The Syndicate - Bratislava Jazz Days - 25 Octobre 2009
Source : De Weather Report au Joe Zawinul Syndicate
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Pomper n'est pas inspirer
L'homme,
pas très grand, semblait fragile. Un corps frêle surmonté d'un
visage émacié, creusé jusqu'à l'os. Jambes et bras d'une maigreur
extrême. Nul besoin qu'il fut allongé dans ce cercueil pour
comprendre qu'il était mort.
Nul besoin qu'il fut allongé dans ce cercueil pour comprendre qu'il était mort ?
Déjà hier…
D'où me vient cette fixation ? Je fouille en moi, je n'ai pas la réponse. Laissons cela. Laissons les mots venir, ne pas les refuser, ne pas les refouler. Accepter la règle du jeu. Improvisation, écriture libre… Libre ?
Je triche. Je fouille en moi, je remue la masse des souvenirs. Il y a bien quelque part, en moi, un petit souvenir duquel je puisse tirer quelques mots et qui m'éviteront d'en revenir au tragique. La mémoire est une muse acceptable, après tout…
Rien. Une phrase seulement. Je ne vois pas bien ce que je pourrais parvenir à en tirer. Pomper n'est pas inspirer. Tu parles d'une phrase ! Pomper la mémoire pour trouver l'inspiration. Pomper la muse… Pour sûr elle n'aimera pas.
Pomper, inspirer, expirer. Une ellipse acceptable, peut-être, autour de l'acte d'écrire. Aller, voyons ça - je n'ai rien d'autre.
Pomper dans les souvenirs. D'abord pomper dans les souvenirs. Tout part de là, nécessairement. L'écrivain n'a pas d'autre matière à modeler. Tout part de soi.
Et puis inspirer, c'est-à-dire transformer, remodeler, sublimer si possible. Créer. Oui, c'est là qu'on peut se prendre pour Dieu, quand vient l'inspiration, cette douce transe. Créer, donc.
Enfin, expirer. Et là il s'agit de livrer au monde, à l'extérieur de soi, ce qui s'est façonné à l'intérieur. Permettre à ce qui a été créé d'être habité par l'Autre. Phase laborieuse où beaucoup est affaire de technique, parfois d'artifice.
Combien se contentent en réalité de pomper d'abord et d'expirer ensuite, auxquels manquent alors cruellement la dimension artistique ? Pompeux petits écrivaillons que nous sommes.
Surtout, expirer c'est mourir, encore. Et encore.
Source : Pomper n'est pas inspirer
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La mort n'est rien
Il
avait cessé tout commerce avec les médecins depuis qu'il avait
obtenu la certitude d'être vraiment malade. Puis la confirmation de
cette certitude. Compté, le temps lui était devenu un bien des plus
précieux. Puisqu'ils étaient incapables de le guérir, il n'allait
pas gaspiller du temps pour une chimiothérapie qui ne pouvait qu'au
mieux lui en faire gagner un peu.
Etrangement, la conviction que cette fois il ne s'en sortirait pas, ou au contraire que la sortie était toute proche, avait été un soulagement. Sans espoir, pas de désespoir. Pas de larmes. Il se sentait serein, plus qu'il ne l'avait jamais été. Plus qu'il pensait pouvoir possible de l'être.
Jusque là, il avait pensé que la mort ne pouvait être qu'un poids et un effroi. Et parce que la mort était inéluctable, l'existence en devenait une tragédie. Mais plus maintenant. Il ne s'agissait désormais plus que de gambader sur le chemin et le parcourir de bout en bout. Un pas après l'autre, profitant de chacun. Parce que rien en réalité n'existe en dehors du présent. Voilà ce qu'il avait compris.
Et il ne perdait pas non plus son temps à s'arrêter sur de tels lieux communs. Il se contentait de vivre chaque instant, ou d'être vécu par lui, puis par le suivant, existant pleinement à l'intérieur de chacun, découvrant que le présent est une éternité de tous les instants.
Puis il est mort.
Il est mort, voilà tout. Il y eut simplement un instant où il ne fut pas, et il ne fut plus. Il avait évité d'agonir.
Et je me dis alors qu'il faudrait que je parvienne à ne pas le pleurer.
Source : La mort n'est rien
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Fausse alerte ? - Lulli, chapitre 6
La
vessie comprimée par un utérus devenu envahissant, Louise se lève
pour aller uriner. Elle encaisse le premier choc au moment où
dressée sur ses deux poings posés derrière elle, poussant son gros
ventre en avant, elle arrache au prix d'un effort intense son
postérieur à la cuvette. La contraction est soudaine, presque
brutale, provoque une douleur profonde qui la contraint de se
rasseoir. Son visage est blême, sa mâchoire crispée : elle
avait oublié comme cela fait mal.
La douleur s'estompe lentement. Louise souffle, reprend ses esprits. Son corps se détend. Elle tente à nouveau de se lever, y parvient, chancelle un peu et doit prendre appui sur le mur. Elle souffle encore, adresse une grimace à la grosse vache qui la regarde depuis le miroir puis, à petits pas circonspects sur le parquet qui grince et craque, soutenant son ventre de ses deux mains enlacées, elle regagne sa chambre. Dans le lit, Jean-Pierre ronfle bruyamment.
Ce n'est rien, se dit-elle en se glissant sous les draps, une fausse alerte sûrement. Si ses calculs sont justes, il lui reste quatre semaines avant d'accoucher. Elle sait qu'ils sont justes : ce n'est rien, cela va passer. Elle cherche une position confortable pour se rendormir, inspire puis expire profondément, plusieurs fois, et recommande à ce petit être en elle de prendre patience. Oui, cela va certainement passer, tente-t-elle de se convaincre encore. Cela doit passer. Elle ferme les yeux.
[...]
Lulli est ce premier roman que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine. Nous en sommes au chapitre 6 et vous venez d'en lire les premières lignes...
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Fidèle à la nature de ce site, c'est-à-dire à sa raison d'être - une vitrine -, les 12 chapitres que comporte ce roman seront successivement disponibles pour un téléchargement gratuit. Si vous prenez l'aventure en route, vous pouvez préférer la prendre depuis le début...
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Bonne lecture !
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(A suivre : Lulli, chapitre 7...)
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Afrique du Sud 2010 : Internet pour les Bleus
La
coupe du monde de foot, vous aurez beau faire, vous ne pourrez pas
y échapper. Il faut en prendre son parti, jouer le jeu,
communier.
D'ailleurs, bien plus qu'un sport, le football est d'abord un spectacle, une dramaturgie où tout est parfaitement organisé afin que naisse l'angoisse, surviennent les renversements de situation, perlent les injustices, voire se noue la fatale tragédie.
A commencer par les règles du jeu, sujettes à toutes les controverses, toutes les contestations, forcément, lesquelles sont plus que tolérées, encouragées. Songez donc, un hors-jeu se jugera à la seconde et au millimètre près, alors même que le ballon et les joueurs concernés - au minimum trois - sont tous en mouvement et à des endroits différents du terrain. Impossible de ne pas se tromper, si l'on tient compte en sus de l'effet de perspective qui va du juge de ligne à la ligne de hors-jeu.
L'arbitre ! Pauvre arbitre qui représente à la fois l'autorité, l'arbitraire et l'injustice, cet homme sur lesquels les joueurs n'ont de cesse que de déverser leurs frustrations. Car il faut se rendre compte que voilà un sport collectif - et c'est le seul dans ce cas - où les décisions de l'arbitre sont contestables, où la contestaion est tolérée. Dans certaines limites, bien entendu, mais tolérées tout de même. Voyez le rugby, à la moindre objection, ce sont quinze mètres supplémentaires de punition. Au handball, le joueur est sorti deux minutes. Au résultat, l'arbitre est respecté. Mais pas au foot.
C'est que dans le foot, parce que c'est un spectacle, il faut un méchant. L'arbitre - l'homme en noir - tient ce rôle, celui de faire respecter des règles impossibles tout en acceptant qu'on le bouscule un peu, qu'on le villipende beaucoup. A la fois Dieu tout puissant et personnification du destin et de sa fatalité.
Car non seulement les règles sont impossibles, non seulement on refusera à l'arbitre l'aide de l'arbitrage vidéo - ce serait trop simple -, mais voici un homme qui à en sus affaire à 22 comédiens aguerris qui se rouleront au sol de douleur à peine ils seront touchés, effleurés... ou pas du tout. Qui passeront leur temps à réclamer pour eux-mêmes, bras levés au ciel, le bénéfice de la touche, du corner ou de la faute - imaginaire, le plus souvent. Et qui honniront l'arbitre si sa décision n'est pas favorable, systématiquement, et éventuellement contre toute évidence.
Mais pis que cela encore, au football la victoire ou la défaite se jouera le plus souvent sur un ou deux buts marqués ou encaissés. 90 minutes de jeu pour un ou deux buts - et il n'est pas rare qu'au terme du match aucun n'ait été inscrit. Ce fait même introduit un élément d'aléa considérable qui fait du football ce sport où le moins fort à de considérables chances de parvenir à l'emporter. Un coup de chance ou de malchance, souvent une injustice - ou qui sera de toute façon considérée comme telle - suffira à faire basculer le sort du match. Rendez-vous compte, voilà un sport où ce n'est pas le plus fort qui gagne, un sport où la probabilité que le sort et l'injustice désignent vainqueurs et vaincus est plus que palpable ! Une dramaturgie, vous dis-je...
Et tout cela, ce fantastique potentiel dramaturgique, se cristallise donc une fois tous les quatre ans - tous les deux ans si l'on tient compte des tournois continentaux - à l'occasion de la coupe du monde. Un gigantissime spectacle, véritables jeux du cirque planétaires - c'est aussi que le foot possède cette capacité phénoménale de toucher tout le monde - et ce dès l'enfance : quoi de plus simple en effet que de figurer deux buts avec quatre pulls disposés sur une aire de jeux, puis de taper dans un ballon (pendant que les filles jouent bêtement à sauter par-dessus une corde) ?
Ce n'est pas le foot que j'aime, c'est le spectacle et c'est cette communion d'émotions dont il est l'occasion. Alors, oui, autant jouer le jeu et se laisser prendre, se laisser emporter, comme naïvement.
C'est pourquoi, blogueur et donc acteur de l'internet, j'ai résolu à l'occasion de cette coupe du monde en Afrique du Sud, et malgré Raymond Domenech qui possède le charisme d'une huître - c'est dire s'il facilite l'enthousiasme -, de me joindre à l'initiative « Internet pour les Bleus » - clin d'oeil très à propos à ce sublime « USA for Africa », qui fête cette année son quart de siècle.
Au refrain, ça donne :
Allez, l'équipe de France
On y croit, on vous fait confiance
Foncez, rien n'est perdu
Mais sortez-vous les doigts du cul
Et des paroles, je retiens surtout :
Parce qu'on s'en fout que vous vous tapiez des putes
Le plus important c'est que vous marquiez des buts
Vous l'aurez compris, j'adore !
Ce soir, à 20h30 tapante, je serai au théâtre de La Colline pour assister au Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès, sur une mise en scène de Michael Thalheimer.
Un spectacle, je vous dis !
Source : Internet pour les Bleus
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Première fois - Lulli, chapitre 5
« Vous
n'imaginez pas comme j'ai peur », leur
confie-t-elle.
Les trois jeunes femmes sont installées autour d'une petite table en formica, à l'arrière de la petite salle comble d'un café de la rue Saint Bernard. Trois ans ont passé et le rituel s'est figé : deux panachés, un café allongé, un cendrier sur la petite table ronde et, dessous, leurs genoux qui se pressent légèrement. Des volutes de fumée montent de leurs cigarettes, spirales d'argent qui s'enlacent et fusionnent au-dessus de leurs têtes. Et le brouhaha ne s'étend pas jusqu'à elles que l'intimité préserve du monde :
« Non, c'est une évidence, Julie.
Nous sommes incapables toutes les deux d'imaginer ce qu'on peut
ressentir la première fois, dit Michèle avec ironie. J'ai préféré
moi commencer par la deuxième. Quant à cette dévergondée assise à
côté de toi, il faut te figurer qu'elle n'a pour ainsi dire jamais
été vierge.
- En tout cas, je ne m'en souviens plus, confirme Emilie en
éclatant de rire. Tu sais, jolie Julie, il n'y a vraiment pas
de quoi te mettre martel en tête. Ton Alain, si ça se trouve, il en
a une toute petite qui ne te fera pas tellement de mal.
- Ni tellement de bien non plus, c'est au choix », complète
Michèle.
Toutes deux allument à la même flamme une autre cigarette. Qu'elles se moquent donc ! pense Julie. Oui, moquez-vous, pense-t-elle, et le soir n'en viendra que plus vite.
[...]
Lulli est ce premier roman que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine. Nous en sommes au chapitre 5 et vous venez d'en lire les premières lignes...
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Et n'oubliez pas que les commentaires de
chaque billet vous permettent, si vous le souhaitez, de partager
entre vous - et avec moi - vos impressions de lecture, au fil de
celle-ci ou bien à son terme (qu'il soit prématuré ou non). Je ne
résiste pas d'ailleurs à reproduire cette fois le tant aimable
commentaire de Colombine :
« C'est excellent !! Une belle écriture, sensible et vraie, pleine d'émotion... (comme j'aime) »
Bonne lecture !
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Source : Première fois
(A suivre : Lulli, chapitre 6...)
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Le titre du nouveau roman de Marc Levy
Jouons à deviner le titre du prochain Marc Levy
Marc Levy en
est à son douzième bouquin, en à peu près autant d'années. Les onze
premiers avaient pour titres :
• Et si c'était vrai...
• Où es-tu ?
• Sept jours pour une éternité...
• La Prochaine Fois
• Vous revoir
• Mes amis mes amours
• Les Enfants de la liberté
• Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites
• Le Premier Jour
• La Première Nuit
• Le voleur d'ombres
Or, voilà que par une voie que je ne peux sous aucun prétexte révéler ici, je viens de prendre connaissance du titre qui sera donné au tout nouveau et prochain - à paraître dans quelques semaines.
Mais, plutôt que de vous le révéler, je vous propose un petit concours tout simple et qui pourrait se révéler amusant, un petit jeu façon devinette, à peine caustique et tout à fait innocent :
Devinons le titre du douzième roman de Marc Levy
Afin de vous aider un peu, je vous révèle que si celui-ci est dans la veine des onze premiers, comme on pouvait s'y attendre, il ne s'agit pourtant pas d'un de ceux qui suivent - mais ça aurait pu - et qui constituent ma participation à ce petit jeu :
• Impossible n'est pas elle
• Le premier instant
• Toute première étincelle
• Toi toi mon toi
• L'éternité d'après
• Puisque demain sera
• Lourd comme un cheval mort
• Rendez-vous dans dix ans
• Retiens l'amour
• Nous irons au bois
• ...
(Oui, je le sais bien que Google aussi est dans la confidence. On s'en fout, c'est seulement pour jouer à qui trouvera le meilleur titre "à la manière de Marc Levy"...)
Alors ?
Source : Le titre du nouveau roman de Marc Levy
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De Demorand à Guy Birenbaum, de la vulgarité à la solidarité
Très
intéressant, le dernier billet de Guy Birenbaum, le
petit blogueur qui monte, qui monte...
Très intéressant au sens où Guy Birenbaum semble considérer que Nicolas Demorand aurait fauté en "lâchant" Didier Porte - qu'il l'aurait lâché en s'autorisant à déclarer à propos d'une des chroniques de l'humoriste de la matinale de France Inter qu'elle n'était "pas drôle", qu'elle était "vulgaire".
Dans cette chronique, Didier Porte suggérait à Dominique de Villepin, qu'il imaginait ce matin-là seul au volant de sa voiture, de se libérer de ses obsessions, de se détendre en répétant après lui : « J'encule Sarkozy. J'encule Sarkozy, il a pas de couille ce connard ». Interrogé sur cette chronique au cours de son passage au Grand Journal de Canal +, Nicolas Demorand confie donc : « J'ai trouvé que cette chronique n'était pas drôle. Qu'elle était vulgaire", ajoutant à cela deux choses importantes.
La première, dont s'empare Guy Birenbaum pour nous inviter à méditer sur l'indignité du journaliste : « Quand vous recevez des mails d'auditeurs qui vous demandent "Comment expliquer à mon gamin qui a huit ans le sens du verbe 'enculer' qu'il vient d'entendre à la radio ?"… Moi, ça, c'est pas la radio que je veux faire, c'est certain. ».
Et la seconde, qui moi me semble plus essentielle mais que Guy Birenbaum se garde d'évoquer, à propos des humoristes de la matinale : « Ils ont une liberté totale. On ne relit pas leurs papiers. Moi je ne suis pas manager d'humoristes. [...] C'est la condition d'un travail de qualité. Quand on voit un usage de cette nature de la liberté... Là on n'est pas dans la carricature, c'est pas drôle : c'est juste vulgaire, quoi. »
Je médite alors, ainsi que m'y a invité Guy Birenbaum, sur l'ensemble du propos - parce que c'est mieux tout de même que sur sa version partielle - et je me dis que la liberté de l'humoriste étant garantie, celle-ci s'accompagne alors de la liberté de chacun de ne pas rire, de ne pas le trouver drôle, et de le dire. Je me dis que dès lors que Nicolas Demorand se porte garant de ce que les gens avec lesquels il travaille - journalistes, chroniqueurs, humoristes - puissent exercer leurs métiers en toute indépendance, l'essentiel est acquis et il n'y a alors rien à redire à ce que lui puisse user de son droit de critique, sa liberté éventuellement de ne pas rire à toutes les saillies de tel ou tel, et aussi celle de le dire et d'expliquer pourquoi.
Alors oui, je pense aussi que l'argument de la ménagère qui évoque l'incompatibilité entre les "gros mots" et la bonne éducation de son enfant n'est qu'assez peu recevable. Mais qu'importe ? Si Demorand y est sensible, ça lui est personnel et puisqu'il n'en tire pas prétexte pour interdire Didier Porte de "gros mots", c'est bien tout ce qui compte.
Le point est que pour Guy Birenbaum, quand Demorand s'autorise à exprimer son avis et ses raisons, cela correspond à un "lâchage", un acte qui manque d'"élégance" et et de dignité". La parole de l'humoriste serait libre, pas celle de Demorand. Pour quelle raison ? Parce qu'alors - et c'est bien ce que nous explique Guy Birenbaum - le journaliste se désolidarise de l'humoriste avec lequel il travaille. Voilà en réalité la faute de Nicolas Demorand, selon Guy Birenbaum : il ne s'est pas montré solidaire.
Nicolas Demorand aurait dû, par solidarité, ne pas laisser entendre qu'il pouvait être d'accord avec la mère de famille choquée, outrée que son enfant puisse se trouver souillé par cet "enculer" trop matinal. Il aurait dû manier la langue de bois, passer la pommade médiatique, comme font à longueur d'ondes l'ensemble - ou presque - de ses confrères, qui se trouvent tous merveilleusement et mutuellement talentueux. La solidarité de caste, avant toute chose, avant l'honnêteté intellectuelle. Cette tant vulgaire solidarité confraternelle. Voilà sans doute qui aurait été plus élégant, plus digne...
Oui, j'ai médité. Et je me dis qu'après tout, si je ne partage pas son sentiment à propos de l'incongruité des "gros mots" sur l'antenne de France Inter, cette liberté que s'accorde Demorand, après l'avoir accordée à Didier Porte, elle serait plutôt rafraichissante, plutôt une sorte de bol d'air dans un PAF de plus en plus irrespirable, tant la parole y est contenue, bridée, lisse, où chacun fait des élégances à tous les autres - et pour mieux les poignarder dans le dos, dès que l'occasion se présente, avec dignité...
Et puis, pour tout dire, je trouve en effet que Didier Porte fut là juste vulgaire. C'est que si les "gros mots" ne sont pas en eux-mêmes un problème, ils ne suffisent pas à l'humour. Dire « J'encule Sarkozy », ça ne suffit pas tout à fait à me faire rire. Dès lors qu'il n'est pas justifié par de l'humour, qu'il est supposé contenir l'humour en lui-même, ce propos ne s'élève pas, demeure seulement au niveau du vulgaire.
A méditer.
Source : De Demorand à Guy Birenbaum
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L’histoire de Julie - Lulli, chapitre 4
« Mais
il ne s'agit pas de ton père. Cette histoire que je te raconte,
c'est l'histoire de Julie, pas celle de ton
père ! »
Ses traits sont tirés, fatigués. Sa peau est grise, presque poussiéreuse. Cela fait cinq jours que je ne l'ai pas vue, elle paraît avoir vieilli de dix ans. Sa voix est lointaine, à la fois plus intérieure et plus résolue. Elle me fixe avec insistance comme pour me signifier qu'elle pourrait s'arrêter encore, qu'il suffirait que je dise 'stop' pour qu'on en reste là. Un sombre avertissement résonne dans chacune de ses phrases – elle en fait trop, comme à son habitude.
« Tu veux tout savoir, tu me demandes pourquoi j'ai exprimé l'espoir que ton père a souffert plus que Julie, il faut d'abord que tu comprennes que c'est à elle que je pensais en disant cela, à sa souffrance à elle. La sienne, celle de ton père, sa souffrance à lui… je n'ai que faire de sa souffrance à lui ! Au cimetière, alors que nous disions au revoir à Julie, je l'avoue j'ai pensé au rôle qu'il a joué dans sa vie, sa vie à elle, et m'a échappé cette bouffée de colère, ce ressentiment dont il n'est pas même digne. Mais c'est son histoire qu'il te faut entendre, celle de Julie, pas celle de ton père. C'est d'elle dont il s'agit si l'on veut laisser s'exprimer la mémoire, si vraiment on veut que cela ait un sens de parler. Raconter oui, mais parce que c'est le seul moyen que Julie continue de vivre en nous, son souvenir… Il importe que tu comprennes ce qu'elle a vécu, ce qu'elle a traversé, ce qu'a signifié pour elle de rencontrer ton père. C'était le jour de son arrivée à Paris, la première personne à qui elle a parlé ce jour-là, dans cette ville, c'était ton père. Le jour de ta naissance aussi, tu le savais je pense, qu'elle était arrivée à Paris le jour même de ta naissance ? »
Je fais non de la tête.
[...]
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Fidèle à la nature de ce site, c'est-à-dire à sa raison d'être - une vitrine -, les 12 chapitres que comporte ce roman seront successivement disponibles pour un téléchargement gratuit. Les commentaires de chaque billet vous permettent, si vous le souhaitez, de partager entre vous - et avec moi - vos impressions de lecture, au fil de celle-ci ou bien à son terme (qu'il soit prématuré ou non).
Bonne lecture !
***
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Bonus : Suite à sa lecture du chapitre
3, αяf a comme à son habitude - merci à lui -
laissé un petit commentaire que je ne résiste pas à reprendre ici,
tant il me semble croustillant :
« Lu ! On s'y croirait dis donc ! Je ne fantasmais pas sur ma maîtresse mais sur Fabienne Egal alors speakerine ! On a les fantasmes qu'on mérite.
Sinon, j'ai avalé ce chapitre comme Zahia doit avaler les éjaculations précoces ! Un régal ! »
Bonne lecture !
Source : L’histoire de Julie
(A suivre : Lulli, chapitre 5...)
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Pis que les faucons : les mouettes !
Faucons va-t-en-guerre et vrais cons terroristes, une alliance objective
Une
décennie après l'autre, la même histoire recommence. Tandis que le
chemin vers la paix est connu de tous - la reconnaissance mutuelle
de deux Etats souverains dans des frontières définies et
intangibles, garantissant le droit à la sécurité des populations
israéliennes et palestiniennes - quelques fanatiques, poursuivant
pour les uns le rêve impérialiste et messianique d'un Grand Israël,
pour les autres l'anéantissement de l'Etat Juif sur la terre de
Palestine, s'évertuent à verser le sang et attiser les haines.
Et toutes les puissances du Monde, dont chacune continue d'évaluer cyniquement ses propres intérêts géopolitiques dans une région poudrière, de ne surtout rien faire qui tienne avant tout compte des populations, ces hommes et femmes qui sont nés dans la guerre et le ressentiment, qui ont connu la souffrance et la mort, l'ont expérimenté cruellement au plus proche de leur chair, qui n'aspirent qu'à connaître enfin la paix, c'est-à-dire la vie - parce qu'ils sont tout simplement comme nous.
Et les exaltés, les cons et les salauds, les fanatiques qui entretiennent la guerre avec un soin puant ne sont ni d'un seul camp ni seulement "là-bas". Ils sont partout, ici aussi, en France, qui parlent de paix... et aussitôt choisissent leur camp pour y mener leur petite part d'une guerre où ils ne risquent rien. La main sur le coeur, ils s'imaginent en blanches colombes et ne se rendent pas compte qu'ils braillent comme de vulgaires mouettes, oiseaux stupides et querelleurs, vautours des mers et qui se nourissent parmi les ordures.
Il n'y aura jamais de paix que lorsque cesseront toutes les menaces, toutes les provocations, toutes les atrocités, lorsque chacune cessera d'être le prétexte qui justifiera la suivante, lorsqu'on voudra bien comprendre que s'il existe deux camps qui doivent s'affronter, il ne s'agit pas d'Israël agressé contre les terroristes sanguinaires, pas plus qu'il ne s'agirait du peuple palestinien opprimé contre l'impérialisme totalitaire de l'état juif. Seuls existent le camp de ceux qui veulent sincèrement la paix et savent que cela passe nécessairement par compromis et renoncements, et celui de ceux qui perpétuent une guerre en laquelle ils savent pouvoir nourir leurs petits intérêts particuliers, là-bas comme ici, là-bas comme partout - mais c'est pire encore lorsqu'on se contente de faire la guerre par procuration, le cul bien au chaud, où l'on évoque l'empathie pour simuler une souffrance dont on ignore tout et qu'on sait n'avoir jamais à connaître, jamais intimement.
Et s'il faut évoquer l'actualité - mais elle n'est que le même écho qui se répercute depuis plus d'un demi-siècle -, je me contenterai simplement de remarquer que pas davantage que les faucons du gouvernement israéliens, les vrais cons sur leurs petits bâteaux ne se sont un instant préoccupé sincèrement du sort tragique des populations victimes à Gaza d'un blocus inique - mais aussi d'un Hamas qui terrorise également à domicile. Tous savaient que le convoi baptisé "humanitaire" ne parviendrait jamais à des destinataires prétextes et otages, car rien ne fut fait pour qu'il obtienne la moindre chance d'y parvenir. Toujours cette alliance objective de ceux dont la guerre est l'intérêt commun. Là-bas - où l'on en meurt - comme partout, et en particulier ici - où l'on se complait, la main sur le coeur, oeillères bien ajustées, à déclamer une partition écrite à l'avance, toujours la même et qu'on sait - depuis le temps - parfaitement vaine.
Pis que les faucons : les mouettes !
Source : Faucons va-t-en-guerre et vrais cons terroristes
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« Et ton père ? » - Lulli, chapitre 3
« Et
ton père ? » C'est la question qu'elles posent sur
l'oreiller quand elles veulent que la conversation prenne un tour
plus intime, qu'on mêle nos pensées après avoir mêlé nos
sécrétions. C'est qu'il arrive toujours le moment où il faut parler
de soi, histoire de sans doute se prouver qu'il ne s'agit pas
uniquement de sexe, l'intimité des mots pour se préserver de
l'impudeur de deux corps qui se sont secoués et pénétrés l'un
l'autre. Encore essoufflée, elle enroule une jambe autour de votre
bassin, pose une main à plat sur votre torse, joue comme sans y
penser avec une touffe de poils, en tournant lentement de l'index,
et, le visage niché dans votre cou, la voilà qui se raconte dans un
long murmure étudié. Et puis, parce que c'est confidence pour
confidence, elle susurre : « Et toi ? Parle-moi un
peu de toi maintenant. »
On se débat avec ça quelques instants, on marmonne un peu, on devient rapidement ennuyeux parce qu'on a rien envie de dire, parce qu'on ne la connaît pas tant qu'on veuille à ce point lui confier son âme. Mais elle dit : « Et ton père ? Parle-moi un peu de ton père » – manière sans doute de savoir où vous en êtes avec votre œdipe. Pas de père, je répondais. Un résumé plus qu'un mensonge, et l'espoir qu'on en reste là, qu'elle n'insiste pas davantage. C'était le contraire qui se produisait. Ça n'avait fait qu'attiser sa curiosité, ce mystère qu'elle croyait deviner – et son index se mettait à tourner plus vite dans les poils, à tirer comme par inadvertance et ça faisait un peu mal. Avec une pointe dans les aigus, assez désagréable, elle s'exclamait soudain : « Mais voyons, tout le monde a un père ! »
Je me taisais. Persister dans le mutisme, attendre que ça lui passe, et peut-être qu'elle saurait ne pas s'appesantir davantage, un reste de pudeur qui la retiendrait d'aller plus loin. Le silence répandait la suspicion, devenait suspect lui-même, et cruciale la question qu'elle posait. Et bientôt elle n'y tenait plus, s'énervait, exigeait une réponse. Il fallait en dire davantage, livrer un peu de soi, lui donner un os à ronger avant que ne vienne l'hystérie : « Il est mort ! Mon père, il est mort quand j'avais quatre ans. »
Oh ! désolée, elle faisait, portant une main à sa bouche. Elle ne savait pas, n'aurait pas dû insister. Elle bégayait et s'excusait cent fois, s'apitoyait maladroitement : un orphelin, comme c'est touchant ! Elle redoublait de tendresses, pour se faire pardonner, se lovait plus près. Pauvre petit, murmurait-elle, empoignant le sexe de l'orphelin, mon pauvre petit chéri, ronronnait-elle une dernière fois avant de l'engloutir.
[...]
Lulli est ce premier roman que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine. Nous en sommes au chapitre 3 et vous venez d'en lire les premières lignes. La suite est à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... , voire également sur votre ordinateur - c'est possible et sans difficulté - mais ce serait dommage.
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Source : « Et ton père ? »
(A suivre : Lulli, chapitre 4...)
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Juste avant que le sang ne coule
Juste avant que le sang ne coule

Le tragique peut-il être esthétique ? La laideur du drame peut-elle cohabiter avec la beauté d'un instant ?
Un seul instantanné - oui, c'est le mot ! - peut-il figurer toute la parabole qui de la vie conduit à l'art, où elle se trouve sublimée ?
Depuis que je suis tombé sur cette photo chez Rimbus - tombé littéralement en arrêt - je m'interroge.
Comment est-il humainement possible que j'aime cette photo ?
Si je devais nommer cette image, cet instant figé où tout s'est produit déjà, et rien encore pourtant, parce que la compréhension de que cela signifie n'a pas eu le temps de cheminer jusqu'à la conscience de l'homme encorné, ni à celle du taureau qui en est probablement dépourvu - de conscience, pas de cornes -, non plus qu'à celles des spectateurs hurlants d'admiration et d'effroi, ni même à celle du photographe dont le doigt vient de se crisper sur le déclencheur, cette oeuvre aurait pour titre : « Juste avant que le sang ne coule ».
Et la corne lui sortant par la bouche, le malheureux torero rengorge un cri rendu impossible. Juste avant que le sang ne coule et la vie ne s'échappe. Avant la douleur, aussi.
Source : Juste avant que le sang ne coule
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Lulli, chapitre 2 - roman pour ebook
Dans la série "j'expérimente l'édition au format ebook", j'ai résolu de publier mon premier roman - Lulli - sous forme de livre électronique (.epub) et de le diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine.
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Aujourd'hui
donc, le chapitre 2 - à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou
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ordinateur - c'est possible et sans difficulté - mais ce serait
dommage.
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Ainsi, suite à sa lecture du chapitre 1,
αяf a eu l'amabilité d'écrire le petit
commentaire suivant :
« Lu ! cette histoire est bandante ! [...] Plus sérieusement, j'aime bien la construction entre l'enfant et l'homme qu'il est devenu. Le passage de la mère qui parle de sexe est un vrai régal. J'ai pas pu m'empêcher d'imaginer ma mère me parlant de ces chose là. Etonnant comme on a eu du mal à penser que nos parents sont AUSSI sexués. »
Bonne lecture !
***
Les premières lignes du chapitre 2 :
Elise, ma petite sœur. Elle s'est appelée Elise, on lui a donné un prénom, quelques baisers aussi, sur son minois minuscule et chiffonné, et puis elle est morte. Une étincelle et la nuit aussitôt, nos regards qui ne se sont jamais croisés.
Je n'avais pas demandé à la voir non plus. Ça m'était bien égal la tête qu'elle avait, Elise. On m'emmena à l'enterrement. Je n'avais pas envie. Je n'ai pas pleuré, j'ai joué avec un papillon, penché au-dessus du trou, ne prêtant pas attention à l'oraison que lui faisait mon père. Je ne me sentis proche d'elle que dans la mesure où une main hésitante qui effleure le bois d'un petit cercueil unit l'enfant vivant qui cherche du bout des doigts à appréhender une vérité obscure, parce qu'il pressent qu'elle le concerne, à l'enfant qui n'est plus, que cette obscurité innommable, un prénom gravé dans la pierre, Elise, qui n'était plus rien que cette vérité obscène et que les adultes dissimulaient dans une petite boîte, et sous la terre froide. La boîte était close et l'enfant vivant ne vit pas l'enfant mort.
Une douzaine de photographies avaient été prises qui furent entassées dans une boîte à chaussures. Ma mère inscrivit son prénom, 'ELISE', sur le côté et en lettres capitales – cercueil de carton rangé à son tour dans un coin sombre, oublié en haut d'une armoire. Je ne découvris que des années plus tard, lorsque cela n'avait plus tellement d'importance, ces images jaunies d'un bébé malingre qui aurait été ma petite sœur.
J'avais trois ans et demi, un peu plus. C'était le printemps. Ma petite sœur naissait, et passait déjà. Une petite fleur – éphémère petite fleur. Tandis que ma mère s'endormait à la maternité, souriant à la petite fille posée sur son sein-mamelle, tandis que la petite fille passait d'un néant à l'autre, glissant sur le sourire aimant de sa mère, je vis – et c'était la première fois –, je vis une femme tout entière, une femme qui n'était ni une mère ni une nourrice, ni une maîtresse d'école, une femme qui n'était que cela et tout cela : une femme.
[...]
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Source : Lulli - chapitre 2
A suivre : Lulli, chapitre 3...
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Lulli, chapitre 1 - roman pour ebook
Dans
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Les premières lignes du chapitre 1 :
L'homme est grand, massif, une odeur de pipe l'accompagne. Il pousse la porte et entre dans la chambre de l'enfant, il pose ses pieds avec précaution sur le sol – ses chaussures vernies crissent légèrement sur le parquet, dans le silence. Il fait nuit. L'homme est le père de l'enfant, il avance sans bruit jusqu'au lit, sans bruit, comme s'il craignait de réveiller l'enfant endormi, ce petit garçon qui n'a pas quatre ans encore et qui dort comme seul un enfant sait dormir, qui dort tout entier et ne se doute pas que son père est là, dans sa chambre, et qui s'apprête à le réveiller.
La lumière tamisée d'une petite lampe veille sur le sommeil de l'enfant. Quand il ne dort pas, la nuit, le petit garçon a peur du noir, il est loin encore d'être un homme. Un homme, ça n'a pas peur du noir, c'est ce que dit souvent le père, il éteint la veilleuse et l'enfant se met aussitôt à pleurer, parce qu'il ne veut pas que l'on éteigne la lumière, ni que l'on ferme la porte : il a trop peur dans le noir. Il ne faut pas, dit le père, il ne doit pas pleurer, il est grand maintenant, un grand garçon, un petit homme déjà.
Ce n'est pas vrai, il est très loin encore d'être un homme. Il n'y a pas de femmes dans sa vie d'enfant, seulement une mère, et aussi sa nourrice, sa maîtresse à l'école et d'autres êtres nimbés de douceur et qui le protègent, qui font en sorte qu'il ait un peu moins peur dans le noir, la nuit, et qui ne sont pas des femmes puisque lui n'est pas un homme encore. L'enfant ne sait pas même ce qu'est une femme, ne sait rien encore de ce qu'elles sont, ni de ce qu'elles font aux hommes, il ignore comme elles sont en vérité bien plus redoutables que la nuit et l'obscurité.
Un jour viendra où lui sera révélée l'existence des femmes, et alors oui il lui faudra prétendre qu'il n'a plus peur du noir, et non plus des femmes, qu'il n'a pas peur non plus des femmes. Il dira « Je suis un homme », il prendra des poses viriles et des femmes qu'il aura eu l'illusion de séduire s'exhiberont devant lui, des femmes nues, lascives, avec leurs yeux qui brillent et leurs lèvres humides, bras et cuisses grands ouverts, et qui l'inviteront en elles, à venir en elles. Et quand bras et cuisses refermés sur lui, le pressant contre leurs mamelles durcies, elles l'attireront loin dans leur antre sombre, leur antre secret, moite et inquiétant, toujours plus loin dedans, alors il devra prétendre que non, bien sûr non, il n'a pas peur de ça, de tout ce noir au fond des femmes, lui qui est un homme maintenant.
***
Merci à vous d'assurer la promotion de ce
billet.
(à cet effet, les trois boutons ci-dessous pourront être de
quelque utilité...)
Source : Lulli - chapitre 1
A suivre : Lulli, chapitre 2...
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Mystère bouffe, de Dario Fo, par Muriel Mayette
Je
me garde ce billet sous le coude depuis bientôt une dizaine. A
l'ennui éprouvé d'un bout à l'autre de cette pièce s'ajoute l'ennui
d'avoir à en dire quelque chose.
Faisons court : en guise de mise en scène, une succession de stand-up - des jongleries, si l'on veut se la raconter troubadour - revisitants la religion façon peuple. Les prestations sont inégales, parfois excellentes parfois moins, mais on s'en fout tant le texte de Dario Fo, ainsi (mal) traité, a aujourd'hui perdu de son irrévérence, de sa charge provocatrice.
C'est chaque fois la même histoire quand la très respectable et très bourgeoise Comédie Française cherche à s'encanailler. Faute d'oser franchement, elle n'y parvient pas, demeure malgré tout très respectable et très bourgeoise. C'est qu'il ne saurait suffire d'adopter les manières du peuple - de ce qu'on s'imagine être le peuple - tant qu'il y manque l'esprit.
Il aurait fallu un public de curés et de bonnes soeurs pour que ce spectacle parvienne à déranger un tant soit peu quelqu'un - qui alors serait susceptible, peut-être, d'évacuer son malaise par le rire. Mais voila, aussi culs-bénits soit souvent le public de la Comédie Française, il ne l'est point assez encore qu'il se sente un tant soit peu violenté par un catéchisme passé à la moulinette scatologique.
C'est à se demander si, pour avoir choisi de faire entrer cette pièce au répertoire, en ce début de XXIème siècle, Muriel Mayette est consciente que le Paris d'aujourd'hui ne ressemble guère - du moins du point de vue du tabou religieux - à la Lombardie des années 50. Se rend-elle même compte qu'au moment même où elle pense nous faire rire avec un Christ qui glisse de sa croix, Plantu publie en Une du Monde un dessin autrement plus licencieux ?

Source : Mystère bouffe
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Cinq billets d'amour
See
Mee a organisé un concours de
billets d'amour.
89 contributions furent recueillies : 42 récits et témoignages, 32 nouvelles et poésies en prose et en vers et 15 visuels et audiovisuels. Un jury fut constitué - un grand merci à Melle Jones, Arf, Doudette et Ferocias.
Dans un premier temps, 15 textes et 7 visuels furent sélectionnés, choisis pour figurer dans le recueil que Numerik:)ivres, éditeur numérique, partenaire du concours, éditera et diffusera prochainement.
Dans un second temps, cinq textes finalistes furent désignés parmi lesquels il s'agit désormais d'extraire un gagnant. J'ai entamé ce billet avec l'idée d'évoquer quatre d'entre eux, avant de me trouver convaincu qu'étant l'auteur du cinquième, c'était potentiellement une mauvaise idée.
Aussi je me contente de confier qu'il est excessivement flatteur pour moi de me retrouver en si bonne compagnie. Ces quatre auteurs illustrent comme Internet n'est pas uniquement cette poubelle que d'aucuns se plaisent à décrire, qu'on peut à coup sûr y dénicher nombre de petits bonheurs littéraires, et parfois de plus grands. Ce n'est pas le moindre des succès auxquels est parvenu See Mee en organisant ce concours.
Romance, de Le Coucou. Inconnue, de Antoine. Sucré / salé, de Mademoiselle Sarah. Try a little tenderness, de Dariamarx. Prenez le temps de lire ces quatre petites perles. Découvrez un peu plus de leurs auteurs - deux filles et deux garçons, pour autant qu'on puisse jamais être définitif sur ce point. Et puis votez.
Faites tout de même d'abord un détour par Insomnie, qui m'a valu ma propre sélection, afin de ne négliger personne... Et puis votez.
Soyez nombreux à voter, ce sera la meilleure façon de parachever le succès de cette excellente initiative de See Mee. Elle le vaut bien.

(ceci est un bouton de vote)
Edit : pour des raisons techniques, il se pourrait que ce bouton ne fonctionne pas
en ce cas, je vous invite à voter directement depuis la page de l'organisation
ce qui est d'ailleurs vivement recommandé puisque vous pourrez en sus
y lire une brève présentation des finalistes par eux-mêmes
Les votes sont ouverts jusqu'au dimanche 11 avril, midi.
L'enjeu est un contrat d'édition pour un recueil de textes ou un mini-roman avec Numerik:)ivres
Source : Cinq billets d'amour
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Ségolène 2017
En politique, les
coups les plus rudes sont parfois portés par vos soutiens les plus
fervents. C'est qu'ils sont les mieux placés pour connaître vos
petits travers ou vos grandes faiblesses. C'est qu'ils sont
tellement convaincus de votre destin qu'ils en deviennent
imprudents à force d'ignorer les obstacles. C'est que l'inconscient
est cette chose en vous qui lorsqu'on le laisse émerger fait des
ravages. Parce qu'il est des vérités qu'il est préférable de
taire.
Allain Jules soutient Ségolène Royal de toute son âme. Comme beaucoup de bloggeurs ségolistes, il a endossé la douce charge de propager la bonne parole de la Dame du Poitou. Ainsi, au lendemain des élections régionales, il s'agit de démontrer à tous que Ségolène est la grande et la seule gagnante du scrutin. Il a donc choisi de reprendre sur son blog l'argumentation en quatre points qui a été concocté par la garde royaliste et qu'on retrouve désormais un peu partout sur la ségosphère - mais avec plus ou moins de subtilités.
Au début du billet d'Allain, tout roule. Une introduction qui reprend l'antienne de l'acharnement de tous contre Elle, vaste complot politico-médiatique ourdi pour l'éliminer, où tout ce qui n'est pas ségoliste est à la solde de Sarkozy, depuis les médias jusqu'aux instituts de sondages, en passant bien entendu par Solférino - ce repaire ignoble et puant qui abrite tant de bassesses et de bêtises. Mais Ségolène ne se laisse pas abattre. Elle est debout. Mieux, elle est en apesanteur, gracieuse et intouchable. Merveilleuse.
Voilà pour l'introduction. Vient ensuite l'argumentation. En quatre points, donc. Ça ne se passe encore pas trop mal, l'argumentation est bien faible mais on n'en a pas de rechange. Surtout, l'exercice est cadré et calibré, difficile d'aller à la faute. Alors forcément, au moment de la conclusion, on a pris confiance, on a envie d'une petite touche personnelle, on se lâche un peu, c'est humain...
Et là, patatra ! En deux phrase, voilà tout le bel édifice qui s'écroule et, malgré tant de bonne volonté, on a mis soi-même la Dame dans le mur :
« Mitterrand a été candidat 3 fois, avant de devenir président. Pourquoi pas Ségolène Royal ? »
Sachant l'urgence qu'il y a à en finir avec l'ère sarkoziste, c'est en effet une sacrée bonne question.
Source : Ségolène 2017
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Les Justes, de Albert Camus, par Stanislas Nordey
Stanislas
Nordey ou l'art de désincarner une pièce profondément humaine.
Les Justes est un texte puissant sur l'inexpugnable humanité de l'Homme. L'on fouille là au plus profond des cœurs et des âmes. Jusqu'où peut-on renoncer à soi-même pour une idée, aussi grande et généreuse soit-elle ? Est-il juste de tuer et de mourir, ou de renoncer à aimer, au nom du combat pour la Justice ? Peut-il y avoir une limite au combat contre l'oppression ? La vie d'un seul saurait-elle être versée en salaire de la libération de tous ?
Un groupe de révolutionnaires, ou de terroristes, c'est selon, prépare un attentat. Quatre hommes et une femme qui se retrouvent confrontés à leur conscience de "Justes". Chacun est prêt à mourir pour prix du meurtre qu'ils ont résolu de perpétrer contre l'oppresseur - nous sommes en 1905 et la figure de l'oppresseur est celle du grand-duc Serge. Mais cela ne suffit pas et ce prix, leur propre vie, pourrait ne pas couvrir la totalité de ce qu'ils s'apprêtent à commettre.
Car le grand-duc, qui incarne l'oppression, est aussi un homme. La grande-duchesse est sa femme et ses larmes seront celle d'une veuve. Pis, dans la calèche du grand-duc, contre laquelle sera lancée la bombe, ont pris place ces deux neveux c'est-à-dire les figures de l'innocence. Quel prix fixer pour l'homme, la femme et les enfants - on parlerait aujourd'hui de victimes collatérales ?
Il faudrait pouvoir s'oublier soi-même pour oublier toutes les victimes, que l'individu s'efface devant l'immensité de l'idée de Justice pour les hommes. Ils se disent prêt à mourir, à renoncer à la vie aussi bien qu'à l'amour, au profit d'un combat qui est profondément humain, qui est le seul combat qui vaille. Mais le dire et le proclamer ne suffit pas et derrière chaque juste il y a un homme ou une femme, son cœur, son âme, cet individu qui aspire à vivre et à aimer, qui ne saurait se l'interdire. Parce que telle est sa condition, son essence.
Et pourtant, Stanislas Nordey a fait le choix on ne peut plus étrange de dépouiller la pièce de ses personnages. Ne demeure que les mots de Camus que chacun des comédiens à la charge de propulser en direction du public avec une éprouvante lenteur. Les comédiens prennent la pose qui leur a été assignée et puis, immobiles, ils disent sans jouer d'autre chose que de leur voix - et encore, dans un contretemps systématisé autant qu'intellectualisé. Parfois, soudain et de manière inintelligible, ils intervertissent leurs places et prennent une autre pose et qu'on ne comprend pas davantage.
Les mots de Camus sont là et tout le texte nous parvient ainsi, mot à mot et sans âme. Tout le texte est là mais le théâtre n'y est pas. L'humanité n'y est pas, en a été expurgé. Ce qui non seulement provoque l'ennui, mais apparaît en totale contradiction avec le sens même du texte, ce déchirement du masque du soldat sous lequel l'Homme ne parvient pas à être contenu. En bref, avec un tel parti pris de mise en scène, il n'y avait plus de tragédie possible.
Quel gâchis !
« La terreur ne convient pas aux délicats » assène un des protagonistes de Les Justes. Je ne résiste pas à l'envie de citer Camus plus longuement, avec cet extrait de Les meurtriers délicats :
Un si grand oubli de soi-même, allié à un si profond souci de la vie des autres, permet de supposer que ces meurtriers délicats ont vécu le destin révolté dans sa contradiction la plus extrême. On peut croire qu'eux aussi, tout en reconnaissant le caractère inévitable de la violence, avouaient cependant qu'elle est injustifiée. Nécessaire et inexcusable, c'est ainsi que le meurtre leur apparaissait. Des cœurs médiocres, confrontés avec ce terrible problème, peuvent se reposer dans l'oubli d'un des termes. Ils se contenteront, au nom des principes formels, de trouver inexcusable toute violence immédiate et permettront alors cette violence diffuse qui est à l'échelle du monde et de l'histoire. Ou ils se consoleront, au nom de l'histoire, de ce que la violence soit nécessaire et ajouteront alors le meurtre au meurtre, jusqu'à ne faire de l'histoire qu'une seule et longue violation de tout ce qui, dans l'homme, proteste contre l'injustice. Ceci définit les deux visages du nihilisme contemporain, bourgeois et révolutionnaire. Mais les cœurs extrêmes n'oubliaient rien. [...] Pour eux, comme pour tous les révoltés jusqu'à eux, le meurtre s'est identifié avec le suicide. Une vie est alors payée par une autre vie et, de ces deux holocaustes, surgit la promesse d'une valeur. Kaliayev, Voinarovski et les autres croient à l'équivalence des vies. Ils ne mettent donc aucune idée au-dessus de la vie humaine, bien qu'ils tuent pour l'idée. Exactement, ils vivent à la hauteur de l'idée. Ils la justifient, pour finir, en l'incarnant jusqu'à la mort. Nous sommes en face d'une conception, sinon religieuse, du moins métaphysique de la révolte.
Source : Les Justes, de Albert Camus
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Un Tramway, Krzysztof Warlikowski
Un Tramway, Krzysztof Warlikowski
Suite
à (A)pollonia, j'avais
quelque réticence concernant Krzysztof Warlikowski, doublée
cependant d'une réelle curiosité.
Et puis ce Tramway s'annonçait comme l'adaptation d'Un Tramway nommé Désir de Tennessee Williams, qui plus est adaptation réalisée par Wajdi Mouawad, et avec Isabelle Huppert dans le rôle principal. Autant de noms qui exciteraient plus d'une curiosité.
Bon, j'avais également nourri un doute à l'égard d'Isabelle Huppert au théâtre, comédienne au talent indéniable qui déjà en Hedda Gabler - sous la direction d'Eric Lacascade - n'évitait pas d'en faire trop. Et c'est encore le cas cette fois-ci où au long du spectacle donné la comédienne outrepasse le rôle pour verser dans la performance. C'est exceptionnel, un régal à contempler, si n'était que le personnage en vient à s'effacer derrière Isabelle Huppert elle-même. On y perdait hier Hedda Gabler, on perd cette fois Blanche Dubois sur le sort de laquelle on en vient à oublier de pleurer.
Mais c'est presqu'un détail, tant Warlikowski parvient par ailleurs à nous ennuyer au long de près de trois heures d'un spectacle interminable.
J'en avais déjà fait le constat après avoir assisté à (A)pollonia, cela s'est confirmé : Krzysztof Warlikowski possède surtout le talent de s'appuyer sur une scénographe d'exception en la personne de Malgorzata Szczesniak. Un Tramway vaut surtout pour son dispositif scénique qui est l'occasion d'une succession de tableaux d'ambiance souvent réussis - à l'esthétique néanmoins si travaillée qu'ils en deviennent parfois esthétisants.
L'utilisation de procédés vidéo est trop systématique pour ne pas en devenir abusive. L'effet en est souvent réussi, certes, mais il n'est pas justifié par un propos cohérent - ou intelligible. Cela en devient usant. Pis que cela, d'un bout à l'autre du spectacle les comédiens sont équipés de micro, qui au mieux rendent un écho aussi froid qu'impersonnel et au mieux rendent des sons aux distorsions volontairement amplifiés. C'est épuisant et d'autant plus qu'alors chaque fois qu'un personnage se gratte la tête ça fait "scratchtch", chaque fois qu'il actionne un briquet ça fait "swisft"... et quand un objet tombe ça fait "blong".
Restons dans le son et évoquons les chansons qui émaillent - mais surtout émiettent - le spectacle sans qu'on en comprenne la nécessité. A minima, la chanteuse serait exceptionnelle, on aurait pu trouver là matière à se réjouir, mais ses interprétations sont simplement passable - quand elle ne massacre pas All by myself...
Mais finissons-en avec la forme, en n'omettant pas de signaler que les amateurs de haute couture trouveront peut-être une compensation à leur ennui en assistant aux multiples changements de costumes d'une Isabelle Huppert qui prend visiblement grand plaisir à remplacer une robe de chez Dior par une autre de chez Saint Laurent. Pourquoi pas...
Reste ce Tramway sans Désir, pièce amputée, saucissonée, éparpillée, avec des morceaux de Sophocle dedans, des éclats d'Oscar Wilde et de Coluche, de l'extrait d'Evangile et de Dame aux camélias. Pourquoi ? Mystère. Le propos est soit trop explicite, soit insaisissable. Surtout, on a très vite perdu l'envie de se poser la question.
Mais j'en ai assez dit et je m'en vais vous éviter le synopsis. Si cela vous importe, visionnez plutôt le film : Elia Kazan, Vivien Leigh, Marlon Brando, Karl Malden, ça le fait bien mieux.
Moi, j'en suis resté avec le regret, en sus, de ne savoir pas siffler. Quelqu'un saurait m'apprendre ?
Source : Un Tramway, Krzysztof Warlikowski
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Un temps d'avance
C'est
Nicolas qui
m'a invité à embarquer dans la chaîne à
remonter le temps.
Il s'agit de faire le rêve - mais cela pourrait être un cauchemar - du voyage dans le temps. La machine étant à disposition pour un seul et unique voyage : Où aller, c'est-à-dire surtout quand ? Pour y rencontrer qui ? Pour y faire quoi ?
***
Voilà. J'ai le levier de commande entre les mains. C'est maintenant ou jamais. Il m'a dit tu n'as le droit qu'à un voyage. Un seul. Ce qui signifie qu'il n'y a pas de retour possible. Il s'agit de bien choisir la destination. Voyager à travers le temps, tout de même. Truc de dingue ! Autant ne pas y penser. Le fonctionnement de la machine est assez simple. Rudimentaire. Fermer les yeux, se concentrer sur un évènement particulier, tirer le levier, ouvrir les yeux. Un évènement. Passé ou futur. Mais lequel ? Pas le passé. La nostalgie, ce n'est pas franchement ma tasse de thé. Et puis, dès lors que tout en cet endroit du temps s'est déjà passé, et s'est passé sans moi, qu'est-ce que je pourrais bien y trouver à faire ? Observer la vie qui s'écoule, aussi concerné qu'un pêcheur au bord de l'eau et qui a oublié ses hameçons ? Trop pas ! - comme disent les jeunes d'aujourd'hui. Mieux vaut se diriger vers le futur, où tout reste à faire, où rien encore n'est connu, ni même décidé. L'avenir, donc. L'à venir... C'est vaste. Plus vaste probablement que le passé. C'est dire si je suis avancé. L'avenir, ce lieu du temps vers lequel on ne cesse de se diriger sans jamais l'atteindre. Comme on chercherait à marcher sur l'ombre de son corps. Oui, je tergiverse. Mais comment choisir puisque par définition rien qui surviendra ne m'est encore connu ? Rien sinon ma propre mort...
C'est là que je vais me rendre. Au jour d'après ma mort. L'avoir derrière moi. Ça devrait me tranquiliser. Une fois pour toutes. A jamais.
...
Je me demande quelles expressions décérébrantes il va me falloir acquérir - de nouveau - afin d'avoir l'air d'un type bien en phase avec son époque. Skyrock aura-t-elle finalement été interdit d'émettre ?
Aura-t-on enfin procédé à l'éradiction des vieux-cons ?
***
Enchaînons les petits maillons. Sylvie, Gaël, Nefisa et Madame Kevin et Le Coucou : au boulot !
Source : Un temps d'avance
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Loin des yeux

Crédit : Robert Lubanski
Il dort. Sa respiration paisible, indifférente, me fait mal. Comment parvient-il à dormir ? Je suis épuisée. Je ne dors pas. Mon corps a explosé, n'est que douleurs et douleurs, pieu fiché dans mon ventre, tripes lacérées, cœur dynamité et qui bat comme hurlerait un loup à la lune. La fièvre ne me laisse aucun répit. Je suis secouée par des rafales de frissons, entrailles déchirées, membres démembrés et gisants. Sang qui palpite et me brûle, tambourine à mes tempes, tambourine le rythme effréné du temps qui refuse de passer, parce que plus rien ne passe. Parce que rien ne passe plus, ni la douleur ni la douleur. Nuit éternelle de ma vie brisée tandis que lui s'est endormi. Il a pleuré encore un peu, et puis il s'est endormi. Il dort comme s'il suffisait de ne se soulager que de quelques larmes. Je lui en veux. Bouffées de chaleur et bouffées de haine. Parce que je l'aime. Je voudrais m'asseoir sur lui, planter mes ongles dans ses yeux, ficher sa queue en moi et le chevaucher jusqu'à ne plus sentir aucune autre douleur que lui en moi lacérant de l'intérieur mon ventre opprimé. Sang contre sang. Je le ferai s'il se pouvait qu'il ne s'éveille pas, s'il se pouvait qu'il ne s'éveille plus. Que jamais plus il n'ouvre les yeux comme s'ouvrirait le rideau du théâtre de ma vie amputée déchiquetée saccagée.
Je me suis levée. J'ai choisi des sous-vêtements noirs et enfilé une robe blanche. Courte et très près du corps afin qu'ils regardent mon cul et ignorent ma blessure béante et qui les engloutira tous. Dans une petite valise j'ai fourré quelques affaires, une brosse à dents, mon parfum d'avant, quelques livres. Je n'ai pas emporté sa photo. J'ai attrapé mon sac et laissé les clefs sur la table de l'entrée. Sur le miroir de la salle de bain, je n'ai pas dessiné au rouge à lèvre mon cœur brisé ensanglanté calciné. Je suis allée aux toilettes et j'ai vomi. Et puis je suis partie.
Je ne la tiendrai plus par la main. Je traîne ma valise sur le pavé mouillé d'une ville que je quitte. Mes talons claquent claquent claquent. Elle a blotti sa petite main dans la mienne et puis elle a fermé les yeux, éteignant à jamais les couleurs du monde. Mes talons claquent claquent claquent, lacérant de l'intérieur mon ventre lacéré déchiqueté saccagé. Elle avait ses yeux et ils se sont refermés. Nuit noire, jour blanc. Jours noirs, nuits blanches.
Ce texte répond à l'invitation de Rimbus à participer au Jeu d'écriture n°3 initié par Madame Kevin.
Je transmets à mon tour le flambeau à Maghnia, Arf et Le Monolecte. Je ne sais si Nicolas a déjà reçu son petit carton, mais dans le doute voilà qui est fait - parce que sans lui, j'aurais éventuellement envisagé de me défiler. Na !
Source : Loin des yeux
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Les Estivants, de Maxime Gorki, par Eric Lacascade
Première
génération de bourgeois. Par chez nous, on leur donnerait du
nouveaux riches, Maxime Gorki les décrit comme des
estivants.
Ils vivent entre eux, forment une société fermée et repliée sur elle-même, au sein de laquelle ils tâchent de tromper leur oisiveté de nantis dans une convivialité creuse et convenue, royaume de l'apparence, de l'ennui et des faux sentiments. Ils traversent la vie comme en villégiature, ne cherchant finalement rien d'autres qu'à dissimuler l'accumulation des petites frustrations derrière de grandes déclarations d'intentions, toujours remises. Jusqu'à ce que le mur des hypocrisies vole en éclats et libère les vérités aigres de chacun et chacune, leurs émotions dérisoires.
Je n'aime pas les mises en scène de Lacascade. Même s'il est loin d'être le pire en ce domaine, il fait partie de ces metteurs en scène qui se servent davantage des textes qu'ils ne les servent, qui soumettent les auteurs plus qu'ils ne les respectent. Du moins avais-je abouti au fil des déceptions à ce constat d'un metteur en scène au talent démonstratif - regardez ce que je sais faire - et qui cherche davantage à se dire qu'à faire dire.
J'ai été très agréablement détrompé et cette mise en scène des Estivants, moderne, actuelle, burlesque par moments, enlevée d'un bout à l'autre, est finalement très réussie. Parce qu'elle est vraie. Parce que tout et tous contribuent à l'explosion de la vérité du texte : le décor, simple et efficace ; la scénographie, audacieuse ; et les comédiens, libres et visiblement heureux d'être sur scène.
J'étais réticent, je fus conquis.
Source : Les Estivants
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Ciels, de Wajdi Mouawad
J'attendais
ce spectacle depuis cette belle nuit de juillet en Avignon durant
laquelle je participai à l'inoubliable et quasi féérique aventure
théâtrale que fut la représentation de l'intégrale du Sang des promesses,
dans l'enceinte de la Cour d'Honneur du Palais des Papes.
Pas tout à fait l'intégrale puisque Ciels est réputé être le quatrième opus de ce que Wajdi Mouawad a nommé un quatuor et dont les trois premiers opus sont Littoral, Incendie et Forêts.
Wajdi Mouawad est un auteur de premier plan. Son verbe est puissant et son humanité palpable. Voilà un poète qui tente d'interposer sa poésie dans la spirale infernale de la guerre, où les pères envoient les fils verser le sang des fils, et où les fils portent le poids intolérable du crime des pères. Wajdi Mouawad est un fils qui a choisi de nous bombarder de ses mots et de ses visions qui sont peines culpabilité et colère, plutôt que de se saisir de la mitraillette qu'un fils ou un père mort au combat.
Wajdi Mouawad est un poète-terroriste et c'est de la guerre qu'il cherche à nous terroriser. Parce qu'elle est terrifiante. Parce que la guerre est lourdement chargée de milles et milles histoires terrifiantes qu'il faudrait toutes raconter afin qu'elles ne demeurent pas enfermer à l'intérieur des victimes, mais aussi des bourreaux - en ces intérieurs confinés où sont enfantées les guerres de demain, enfantées par les guerres d'hier comme père et mères enfantent fils et filles, de sang versé en sang versé.
Un intérieur confiné, c'est précisément l'espace théâtral dans lequel la mise en scène de Wajdi Mouawad enferment les spectateurs. Une boîte, les spectateurs au centre, sur des tabourets pivotant, figurant un jardin de statues. Quatre murs tout autour, et des niches dans les murs qui sont autant de scènes où se déroulent le fil de la tragédie qui emportent les cinq personnages - et avec eux, le Monde.
Car c'est bien à une tragédie qu'on assiste. Mais aux trois premiers opus du Sang des promesses où la tragédie était celle qui avait déjà eu lieu, tragédie de la douleur des fils et filles de la guerre, impossibilité tragique de vivre en ignorant le sang versé, ce sang qui semble une promesse de sang quand il devrait être une promesse de vie et d'innocence, répond et s'oppose ce quatrième où la tragédie est la guerre qui vient, frappe préventive des fils poètes sur les pères sanguinaires.
La piste islamiste est un leurre. Voilà ce que nous dit Wajdi Mouawad. La piste islamiste est un leurre parce que ce n'est pas l'Islam qui est en cause, mais l'impossibilité de vivre pour les fils de la guerre et qui ont reçu le sang en héritage, comme une promesse de mort plutôt qu'une promesse de vie. Et qui tuent les pères pour n'avoir pas à tuer les fils.
Et il ne s'agit ni d'excuser ni de justifier, mais de comprendre. Car comment mettre fin à la guerre si l'on en ignore les ressorts, si l'on ne cherche pas à comprendre ce qui d'une guerre ne cesse de nous plonger dans une autre, où encore et encore des pères pour prix de leur propre sang versé envoient les fils verser le sang des fils ?
Voilà pour le propos et sa mise en mots - et leur poésie est puissante - et sa mise en scène - et Wajdi Mouawad n'est pas moins talentueux et créatif en ce domaine.
Pourtant, je n'ai pas aimé.
C'est que tout (ou presque) est dit dans le premier quart d'heure. Ensuite, la mayonnaise théâtrale ne prend pas. On se retrouve à attendre quelque chose qui ne vient pas, avec le sentiment de ne pas avancer, de n'être pas emporté. Et ce n'est pas une vague intrigue policière façon Da Vinci Code qui saurait théâtraliser le propos, ni les trouvailles de mise en scène - nombreuses -, ni même la générosité des comédiens - du moins de quatre d'entre eux, parce que le cinquième, Stanislas Nordey, a trop vouloir prendre place n'en prend aucune, au point qu'il semble jouer davantage à côté de ses petits camarades qu'avec eux.
Au final, c'est la déception qui domine. Ou qui me domine, car je ne saurais malgré tout vous dissuader d'aller vous faire votre propre opinion en entrant à votre tour dans la boîte, où vous violenteront les mots d'un Wajdi Mouawad auquel je ne reprends pas mon admiration. Je suis simplement cette groupie qui découvre qu'elle n'a pas tout à fait abdiqué son sens critique.
Source : Ciels, de Wajdi Mouawad
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La rumeur, ce contre-pouvoir
La rumeur court. La rumeur enfle. La rumeur se propage...
La rumeur est une grenade qui se dégoupille à plusieurs. Et quand elle explose, c'est sale.
Twitter fut en première ligne. Puis des photos furent publiées. Des blogueurs prirent le relai. Des journalistes - pas en France, je vous rassure - entrèrent dans la ronde...
Au final, trois faits tangibles : Benjamin Biolay a collaboré avec Carla Bruni sur son troisième album ; Benjamin Biolay a reçu une Victoire de la musique ; Carla Bruni a été la première à féliciter Benjamin Biolay pour sa Victoire. Pas de quoi fouetter un chat.
Plus parlant peut-être : il y a quelques semaines, Benjamin Biolay et Carla Bruni se seraient envolé pour la Thaïlande pour quelques jours de vacances. Et Nicolas Sarkozy aurait affrété un avion pour faire revenir sa femme à Paris. Mais les conditionnels ne permettent pas d'en tirer une information avérée. Laquelle n'aurait d'ailleurs d'autre intérêt que de se demander - parce qu'on connait les pratiques de notre président - si les deniers nécessaires à l'affrètement de cet avion n'auraient pas été malencontreusemet prélevés sur le budget de l'Etat.
Alors quoi ?
Alors Guy Birenbaum, qui a un tout nouveau blog, a déplacé le discussion ailleurs. En un endroit où elle devient nettement plus intéressante : Internet et LA rumeur…, titre-t-il.
Son propos est plutôt simple : les
internautes, pyromanes potaches, qui jouent avec CETTE rumeur et
l'alimentent se font du mal à eux-mêmes, à nous tous, parce qu'ils
donnent du grain à moudre à tous les ennemis de l'Internet qui vont
désormais, et une fois de plus, s'empresser de dénoncer cette
poubelle, ce tout-à-l'égout, ce dépotoir... qu'il s'agira donc de
museler réglementer avec plus de force encore.
Certes, la rumeur, c'est pas joli joli. Mais pour ce qui concerne CETTE rumeur, il serait intéressant d'aller plus loin, plus profond, d'être plus politique.
Parce que la rumeur est l'inévitable réponse à l'opacité du pouvoir et de ses méthodes : la manipulation de l'opinion, le story telling, le contrôle, voire le muselage des médias...
Parce qu'il ne faut pas s'y tromper, ce n'est pas la rumeur qui justifie ou justifiera une plus grande emprise du pouvoir politique sur les médias, en général, et Internet en particulier. C'est une liberté d'information lacunaire concernant un pouvoir politique excessivement peu épris de transparence qui conduit au phénomène de la rumeur.
La rumeur, c'est tout simplement le peuple qui murmure. C'est le peuple qui se gausse d'un pouvoir qui le méprise. Et Internet n'est que la formidable caisse de résonance des murmures acerbes du peuple.
Alors oui, le peuple est potache - et j'en suis, sans honte ni scrupule. Car oui, le président que nous avons est risible, souvent dérisoire. A pleurer de rage. Un président qui se contrefout du peuple et ne gouverne que pour lui-même et ses amis. Un président qui considère que tout lui est permis, qui ment au peuple et ne craint pas de l'insulter, qui bafoue la République (il va jusqu'à contester la légitimité du Conseil Constitutionnel), qui contourne la démocratie (il va jusqu'à concocter un nouveau mode de scrutin - majoritaire à un tour - qui permettra à l'UMP de contrôler presque tous les Conseils régionaux, avec 30 % des suffrages !), qui démantèle la justice pour la mettre à sa botte (suppression d'un juge d'instruction devenu gênant, prescription des délits d'abus de biens sociaux), qui s'arroge le droit de nommer les dirigeants des chaines de la télévision publique, etc...
Alors si le peuple choisit de rire d'un président qui fait Bling Bling quand on cogne dessus - et c'est bien le son que ça rendra au lendemain des élections régionales -, le peuple a raison. Ce n'est pas joli joli, mais le rire est le meilleur - du moins pas le pire - des exutoires.
Internet est dénoncé comme une poubelle pleine d'immondices. Le moyen de lutter contre ça n'est pas d'en appeler au sens des responsabilités et de la mesure de chaque internaute, mais de rappeler ni plus ni moins que ce qui se raconte sur Internet est ce qui se raconte dans tous les bistrots de France et sur toutes les places publiques.
De rappeler, surtout, qu'un peuple respecté par un pouvoir qui lui est théoriquement soumis n'en serait pas réduit à remuer la merde opaque qui colle au basque de ceux qui le gouvernent si mal.
Source : La rumeur, ce contre-pouvoir
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Auteur, internet et gratuité
Le débat est
un serpent de mer qui rampe à travers la toile et se fait des
nœuds. Cette fois - et ce n'est pas la première fois - il a
lieu chez Thierry
Crouzet et rebondit chez Narvic.
Le premier pose la question : Vivre pour écrire ou écrire pour vivre ? Le second interroge Auteur en ligne, un projet insensé ? Deux questions, puis deux longues réflexions, qui pour être intéressantes, mènent l'une et l'autre dans la même impasse : il n'y a pas de modèle économique qui assure une rémunération aux auteurs en ligne.
C'est que l'un et l'autre ignorent ou feignent d'ignorer que l'essence même d'internet est la gratuité.
Certes, de plus en plus de produits sont vendus via Internet, mais Internet ne fait office là que de vitrine. Les produits sont exposés, les prix affichés, l'information est disponible, ainsi que les moyens de comparer, de prendre des avis, de décider de son achat. Mais le produit lui-même n'appartient pas à Internet. Il s'agit d'un billet de train, d'un lave-vaisselle, d'une place de cinéma ou d'un chandelier...
Internet, c'est d'abord la gratuité. Et les auteurs ne sont pas les premiers à avoir tenté de sortir de ce qu'ils considèrent comme un écueil. Personne n'y parvient pour la simple et bonne raison que tout ce qu'on pourrait vouloir vendre sur Internet et qui peut se ramener à des zéros et des uns sera également disponible gratuitement.
C'est le miracle d'Internet, il y a toujours quelqu'un qui est disposé à vous fournir gracieusement les zéros et les uns que vous recherchez. Et Google est là pour vous mettre en relation.
Vous cherchez ce qui ne va pas avec votre installation de chauffage ? Vous voulez apprendre à poser du carrelage ? Vous voulez savoir ce qui se passe en France aujourd'hui ? Vous souhaitez obtenir un conseil juridique ? Vous voulez voir de jolies photographies d'une forêt sous son manteau de neige ? Lire un texte qui saura vous émouvoir ? Vous faire réfléchir ? Vous faire rire ou vous tirer des larmes ?...
Tout cela se trouve gratuitement sur Internet, ou le partage n'est pas un vain mot. Partage des savoirs et des compétences, mais également partage des talents, y compris artistiques. On trouve sur Internet de magnifiques photographies, des courts-métrages enthousiasmants, et un foisonnement d'excellents textes - courts ou longs - et que leurs auteurs mettent gratuitement en ligne.
« Mon produit est original », clament à l'unisson journalistes et artistes - ou du moins entreprises de médias et maisons de production. « Il ne saurait se réduire à des zéros et des uns. » Ils ont raison.
Je vais ici oublier les journalistes, leur problématique particulière n'étant pas mon propos, et me contenter de donner mon point de vue sur la question de la rémunération des artistes, de leurs propositions originales - leurs oeuvres.
Pour commencer, artiste, ce n'est pas un métier. Cela ne signifie pas qu'il faille nécessairement crever de faim, mais ce n'est pas un métier et l'art n'est pas, ne peut pas être un moyen de gagner de l'argent. L'art est une fin en soi. Mieux, c'est un don - ça sort de soi et ça se propulse avec violence vers l'Autre.
Cela ne signifie pas qu'il faille nécessairement crever de faim, ni que l'artiste soit nécessairement maudit. Mais l'artiste est par nature en-dehors de la sphère marchande. Il ne saurait d'ailleurs décréter la valeur marchande de son œuvre. Plus prosaïquement, le prix de son œuvre est exclusivement déterminé par la demande - ce qui d'un point de vue de l'économie de marché est pour le moins particulier. L'art n'a littéralement pas de prix.
Le fait est que l'artiste n'a pénétré la sphère marchande qu'au cours de la seconde moitié du XXème siècle, que c'était très probablement une anomalie de l'hyperconsommation, anomalie à laquelle Internet contribue actuellement - et tout naturellement - de mettre fin.
Soyons plus précis : depuis toujours, l'immense majorité des artistes n'a jamais vécu de son art. Certains exerçaient une activité alimentaire parallèle, d'autres vivaient d'une rente, beaucoup tiraient le diable par la queue. Seule une minorité avait la chance de pouvoir vivre de leur art. Cela toujours été ainsi et c'est encore le cas aujourd'hui : la majorité ne vit pas des œuvres produites, quelques-uns seulement ont un protecteur.
Seule la nature du protecteur a changé : le prince, l'état, un mécène, aujourd'hui le marché. Et contrairement à ce que le credo libéral voudrait nous faire croire, le marché n'est pas un protecteur plus impartial qu'un autre : la main invisible n'a que faire de la qualité esthétique d'une œuvre, et n'est pas davantage une découvreuse de talents.
Je ne voulais pas faire long, aussi vais-je m'en tenir là : L'internet est un espace de gratuité retrouvée qui tend à expulser l'art de la sphère marchande où il avait fait une brève incursion. Il est tout à fait vain de penser que simultanément l'internet puisse offrir un nouveau marché pour une expression artistique, fut-elle nouvelle.
La question de la rémunération des artistes demeurent posée. Et c'est une bonne chose. Parce que cette incursion dans la sphère marchande avait créé l'illusion que cette question était réglée. Hors un petit nombre que le marché de l'art privilégiait, les artistes n'ont jamais réussi à vivre de leur art.
Pour le reste, disons seulement qu'un auteur n'est pas nécessairement un artiste, qu'un bloggeur - même doué de certains talents - reste un bloggeur et que l'existence même de la gratuité rend tout modèle payant absolument non viable.
Internet n'est qu'une immense zone de gratuité, où s'épanouissent librement le partage de l'information, les échanges sociaux et une création tout à fait originale. Et qui très accessoirement est mis à profit par les marchands traditionnels pour faire office de vitrines commerciales.
Source : Auteur, internet et gratuité
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Les conditions de la Femme
8
mars, c'est la journée de la Femme.
La femme ?
C'est quoi La femme ? C'est qui cette femme qui résumerait toutes les autres ? En laquelle s'incarnerait La condition féminine ?
Une femme ne serait-ce pas en réalité tout ce qui se trouve entre Perséphone et Ioudgine, entre gravité et futilité ?
Une condition finalement très humaine, du rire aux larmes - et retour.
Source : Les conditions de la Femme
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Ségolène partout sur la Coopol
Ségolène partout sur la Coopol
La Coopol, c'est le tout nouveau tout
beau réseau social mis en place par le Parti Socialiste dans le but
de rassembler "toutes celles et tous ceux qui veulent débattre
et agir à gauche".
C'est moderne - on y trouve tout un arsenal d'"outils d'organisation et de mobilisation politique pour échanger en ligne et agir sur le terrain" - et c'est plutôt réjouissant de voir un vieux parti savoir s'adapter et se rénover - même si la route est encore longue.
Bien longue ! Car il a aussitôt fallu résister à ce que cet outil de partage et de convivialité militante ne se précipite à reproduire là aussi, et encore, le comportement socialo-atavique du repli chacun au sein de sa petite chapelle. Qu'au moins là on puisse être préserver du fonctionnement en courants.
Le moins qu'on puisse dire est que tous n'ont pas résisté avec la même énergie. Et les plus donneurs de leçons en matière de rénovation n'ont pas été les plus exemplaires. Loin s'en faut.
Qu'on me dise donc ce que peut signifier un groupe intitulé : « Avec Ségolène, pour le mariage gay et lesbien » ?
Peut-on faire plus fermé, plus excluant que ça ?
Et si l'on souhaite s'engager en faveur du mariage gay et lesbien - cause plutôt très partagée à gauche - sans être toutefois particulièrement un fervent soutien de Ségolène ?
Faut-il nécessairement en passer par la création du groupe : « Sans Ségolène, pour le mariage gay et lesbien » ?
Pitoyable !
Source : Ségolène partout sur la Coopol
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Frêche : « Rocard est une lopette »
Frêche n'est pas homophobe
« Rocard
c'est un type très intelligent mais c'est une lopette. Il a lâché
tous ses amis. Il a fait une carrière personnelle. »
C'est ce qu'a déclaré Georges Frêche au cours d'un entretien avec deux journalistes du Montpellier Journal.
Mais non, Georges Frêche n'est pas homophobe. D'ailleurs c'est un ami des homos et il lui est arrivé de participer à la Gay Pride.
D'ailleurs, "lopette", c'est un terme passé dans le langage courant, en aucun cas stigmatisant. La preuve, il est fréquemment utilisé dans les cours d'école et sur les stades de foot.
Et puis c'est tout de même pas la faute de Frêche si le nombre d'adolescents qui se suicident ou font une tentative de suicide est dramatiquement élevé. Tout de même !
Quoi ? Un peu de populisme n'a jamais fait de mal à personne !
N'est-ce pas ?
...
Tiens, je serais intéressé de savoir ce que Ségolène en pense, cette fois.
Edit : On me précise dans l'oreillette que ce n'est pas dans Montpellier Journal mais dans Voici que Frêche a déversé son fiel populiste et racoleur.
Source : Frêche : « Rocard est une lopette »
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Femme violentée, femme expulsée
Femme violentée, femme expulsée
Elle avait
fui le Maroc en 2005 pour échapper à un mariage forcé. Elle avait
alors 14 ans.
Installée depuis en France au domicile de son frère, elle a aujourd'hui 19 ans et est élève dans un lycée professionnel.
Son frère la maltraitait. Le 16 février dernier, il y a dix jours, les violences atteignent un degré extrême et elle se réfugie chez la mère d'une amie. Elle a été rouée de coups avec « un manche d'aspirateur et un fer à lisser ». Le 18 février, elle dépose une main courante au commissariat de Montargis, puis le lendemain elle porte plainte à la gendarmerie de Château-Renard, où elle présente un certificat médical attestant une incapacité de travail de huit jours.
Elle est aussitôt mise en garde à vue puis en rétention à Montargis. A ses amis inquiets, les gendarmes ne veulent pas dire à quel endroit elle se trouve.
Le lendemain, samedi 20 février, à 4 heures du matin, elle appelle ses amis pour leur apprendre qu'elle prendra l'avion pour Casablanca à 7 H 35 où elle arrivera en fin de matinée.
Elle s'appelle Najlae. Battue par son frère, la France a décidé de ne pas recevoir sa plainte. Au Maroc, où la voilà expulsée, c'est un mariage forcé avec un cousin qui l'attend.
Le 25 novembre dernier, François Fillon avait décrété grande cause nationale 2010, la lutte contre les violences faites aux femmes.
Le 7 avril 2007, le candidat Nicolas Sarkozy avait déclaré : « Chaque fois qu'une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés. ».
Chaque fois ?
Source : Femme violentée, femme expulsée
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Die Ratten, de Gerhart Hauptmann, par Michael Thalheimer
Des rats
occupés à survivre dans l'espace étriqué d'une galerie souterraine,
leur terrier, ce boyau sombre et oppressant qui est tout leur
univers.
Voilà le triste sort auquel se trouvent réduits les protagonistes - gens du peuple, gens de peu - de cette tragicomédie berlinoise de Gerhart Hauptmann : Die Ratten.
Une femme a perdu son enfant. Une autre est enceinte et n'aura pas les moyens de subvenir aux besoins de son bébé. Deux désespoirs se rencontrent, s'affrontent, et un marché se trouve bientôt conclu. De l'argent change de main et un enfant change de mère. Jusqu'à ce que la mère dépossédée revienne faire valoir ses droits sur l'enfant. Le noeud tragique est alors serré jusqu'à l'inéluctable. Destins pathétiques qui s'entrecroisent, souffrances, meurtres, prix du sang versé. Dans l'obscurité désespérante du terrier, les rats s'entredéchirent sauvagement, survivent un peu et meurent sans avoir vu le jour.
La parti pris de mise en scène est radical : la scène est surélevée, son plafond abaissé, de sorte que les comédiens se retrouvent à évoluer dans un espace vide où il leur est impossible de se tenir debout. Dos courbés pour la soumission, démarches chaotiques pour le dérisoire, ils n'ont pas d'autre choix que de devenir ces rats coincés dans un boyau, où les spectacteurs les observent, les étudient comme au travers d'une coupe transversale, et assistent à leur petit théâtre social.
Cette radicalité, oppressante même pour le spectateur, est une réussite. Et les comédiens, allemands, jouent justes, étonnamment justes tant l'expressionnisme pathétique n'est jamais facile, c'est-à-dire particulièrement casse-gueule. Ils parviennent à en faire trop sans que cela soit trop. A la fin, on est conquis et touché.
C'était la semaine dernière au théâtre de La Colline.
Source : Die Ratten
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Nous c'est le goût, eux c'est des gueux
Nous c'est le goût, eux c'est les gueux
Nicolas partage son avis à propos de l'ouverture
par la chaîne de restauration rapide Quick de huit "restaurants"
proposant exclusivement de la viande halal. Ne soyez pas timides,
cliquez sur le lien pour aller le lire, c'est intéressant.
Je suis d'accord avec lui mais.
Je suis d'accord, il n'y a pas discrimination et des produits ciblés sur une segmentation de la clientèle existent un peu partout : salons de coiffure pour africains, épiceries casher, restaurants végétariens...
Mais cette histoire m'interroge au-delà. Probablement pour ce que Quick représente, qui n'invite pas nécessairement à exprimer un soutien franc et massif, qui mérite une réflexion un peu plus approfondie.
Alors je m'interroge sur la dérive libérale d'une société de surconsommation où peu à peu nous ne sommes plus que des clients, segmentés en catégories et sous-catégories. Et je ne peux m'empêcher de constater un système qui tend de tous côtés à nous imposer en douceur des ségrégations de fait, qui me semble de plus en plus contraires à une société du partage, de la solidarité et du vivre ensemble - notion qui pour paraître simpliste m'est particulièrement chère.
Car tout de même, on en arrive à des quartiers ghettos dans lequel une multinationale de la malbouffe cible une majorité supposée musulmane, et indubitablement discriminée, qui a toute les peines pour trouver un logement en-dehors du ghetto, toutes les peines à trouver un travail en-dehors du ghetto, et à laquelle on vient désormais servir quasi à domicile, dans l'enceinte du ghetto - ou pas trop loin parce que plus près c'est supposé être dangereux - une bouffe à la fois internationalisée - donc sans saveur ni qualité - et culturellement adaptée.
C'est un processus d'enfermement.
Et ce n'est pas la première fois qu'on peut constater que le système libéral produit de fait ce qu'on peut appeler une dictature molle, oppressive mais acceptée, et qui n'a en définitive d'autre avantage que de servir ses propres intérêts, c'est-à-dire la maximisation du profit et la pérennité du système lui-même, sa reproduction.
C'est que les dictatures à l'ancienne avaient une faiblesse rédhibitoire : elles ne duraient pas. Les populations, tôt ou tard, finissaient toujours par renverser l'oppresseur. Il fallait adopter une stratégie plus fine, instaurer un système plus "durable".
Le système libéral n'est finalement que cela : un oppresseur sans visage et dont l'oppression semble bien douce en ce qu'elle consiste à susciter des besoins, voire des désirs, qui seront aussitôt satisfaits - et pour cause. Satisfactions qui plus est de plus en plus individualisées, personnalisées, via une segmentation de plus en plus précise de la clientèle. Un système qui assure sa survie en nous faisant en apparrence ses complices.
Alors - attention, je vais caricaturer - si l'on peut faire en sorte que la clientèle blanche, de culture judéo-chrétienne, ayant des moyens financiers conséquents, utilisant des couches lavables et se nourrissant de brocolis bios soit localisée dans de grands et beaux appartements à Chatoux, tandis que la clientèle d'origine africaine, socialement défavorisée et par nécessité moins exigeante quant à la qualité de ce qu'elle consomme serait regroupée dans le même quartier délabré de Roubaix, ça facilite bien les choses pour toutes les enseignes qui ont quelque chose à vendre aux uns ou aux autres.
Et pour chacun et chacune d'entre nous aussi, ça facilite les choses : les clients rois que nous sommes sont servis quasi à domicile. C'est pratique. Mais est-ce vraiment la société dans laquelle nous voulons vivre ? Nous y gagnons la satisfaction quasi immédiate de la moindre de nos envies - qu'on aura suscitée en nous - mais n'y perdons-nous pas en définitive bien davantage ?
Oui, je m'interroge. Mais quand même, qu'on ne s'y trompe pas, je ne mêle pas là ma voix à tous ceux qui se saisissent de cette histoire pour y voir la confirmation de leurs fantasmes d'une islamisation de leur tant douce France. C'est simplement que je vois progresser de manière systémique la convergence de critères discriminants, convergence qui induit une société de ségrégations culturelles et sociales qui sert des intérêts qui ne sont pas les nôtres et ne le seront jamais. J'assiste à cette lente progression et je n'aime pas ça.
Source : Nous c'est le goût, eux c'est les gueux
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Livre papier versus livre électronique
Livre papier versus livre électronique
Intitulé
en toute simplicité Le Meilleur de la pensée universelle,
rassemblant pensées et aphorismes de 2.000 auteurs, de Confucius à
Gabriel Garcia Marquez, en passant par Gandhi, Mère Teresa et
Shakespeare - excusez du peu ! -, cet ouvrage de 160 pages mesure
3,20 mètres de long sur 2 mètres de large et pèse la bagatelle de
250 kilos.
Moi qui - je vous dis tout - aime bien lire sur le trône, je me dis qu'il est temps que j'agrandisse mes toilettes. A moins qu'une version ebook soit prévue...
C'est pour le moins la suggestion qu'il serait utile de transmettre à la Maison d'édition péruvienne qui se trouve à l'origine de la publication de ce qui s'avèrerait être le plus grand livre du monde.
Il serait regettable de terminer ce billet en ayant omis de signaler que la Maison d'édition en question se nomme Les plus petits livres du monde.

Permalien : Livre papier versus livre électronique
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Macbeth, par Declan Donnellan
Macbeth
c'est l'histoire de « deux personnes qui se rendent compte
qu'elles ont tué quelqu'un ». C'est ainsi que résume la pièce
Declan Donnellan, grand spécialiste de Shakespeare, et metteur en
scène au talent immense.
Au soir d'une bataille victorieuse, le noble et loyal Macbeth croise trois sorcières qui lui prédisent qu'il deviendra roi. Perspective glorieuse qui le grise, et aussitôt pervertit son âme. D'autant que Lady Macbeth, sa femme, aussi ambitieuse que perfide, prendra grand soin qu'il ne s'embarrasse ni de patience ni de scrupule. Ensemble ils décident de tuer le roi afin d'accéder plus rapidement à un trône qui leur a été promis ; ensemble ils l'assassinent sauvagement et, enfermés par la monstruosité de ce premier forfait, deviennent de sanguinaires tyrans, rongés par la culpabilité et la paranoïa. Le noeud tragique qui s'est noué là, dans le sang versé, annonce leur perte.
C'est certainement à juste titre que Macbeth est considérée comme la plus sombre des tragédies shakespeariennes. Donnellan s'appuie sur une douzaine de comédiens formidablement inspirés pour nous en livrer toute la noire substance. Point de ces digressions chères à Shakespeare, nous nous retrouvons à passer comme portés par une flèche, sur la route rectiligne du destin tragique du couple Macbeth, au travers de toute l'épaisseur de la pièce. De toute son obscure vérité et dont émerge d'abord la formidable langue du poète.
Car Shakespeare, c'est d'abord cela : le chant des mots. Et, peu importe qu'on comprenne ou non, un peu ou beaucoup, il y a toujours à gagner un supplément de bonheur à écouter ce chant, lugubre ou joyeux, en version originale. Or Declan Donnellan n'est pas du genre à oublier d'accorder toute sa place au texte, qui plus est quand il s'agit de Shakespeare : ses comédiens prennent soin, et plaisir, à nous faire entendre chaque mot de chacun des vers du poète où sonnent gravement le glas du couple infernal et la douleur de leurs victimes.
Tout est sombre. D'abord cette scène immense et dépouillée, vide et sans fond. Puis les comédiens, tout de noir vêtus. Décor minimaliste, pas d'accessoire non plus. Les sorcières sont invisibles, la lame des poignards assassins est mimée et leurs victimes expirent atrocement sans qu'il soit besoin de maculer la scène de ketchup. Tout en devient plus fort et plus terrifiant.
C'est purement et simplement du théâtre. Il ne s'agit pas que cela fasse vrai, il suffit que cela touche juste.
Tour à tour, Macbeth et Lady Macbeth viennent en front de scène interroger leur conscience, interroger le public, à propos de cette soif de pouvoir qui les dévore, cette folie coupable qui les ronge, cette angoisse de mort qui les tue, et ce feu des hommes qui les consume, et qui nous consume. Ça remue où ça fait mal. Ça touche juste.Tout simplement.
Et aussi, tout ce noir, c'est beau !
Source : Macbeth, par Declan Donnellan
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Saint-Valentin et sex-appeal
Pour fêter la Saint-Valentin, encore faut-il avoir une amoureuse ou un amoureux. Et pour trouver un amoureux, ou une amoureuse, encore faut-il connaître l'élément de base du sex-appeal...
Source : Saint-Valentin et sex-appeal
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Lait maternel ou implication paternelle
Lait maternel ou implication paternelle
J'ai
écouté Elisabeth Badinter, ce matin sur France Inter, qui était
invitée suite à la parution de son dernier bouquin, Le conflit,
la femme et la mère. Comme toujours, cette femme d'une
intelligence rare fut passionnante.
Elisabeth Badinter conteste avec virulence que le femme doive être soumise à un devoir de maternité, concept aussi bien propagé par une société qui connait un retour de machisme particulièrement régressif, que par un certain courant féministe pour lequel la maternité serait l'acmé de la vie d'une femme. En particulier, elle pointe du doigt une société qui, sacrilisant la nature jusqu'à l'excès, tend à culpabiliser les femmes autour de la question de l'allaitement.
« Toutes le doivent, le peuvent, c'est un commandement de la nature. Sinon, vous avez droit à cette phrase culpabilisante : "Vous ne voulez donc pas le meilleur pour votre enfant ?" Désolée, mais il y a deux catégories de femmes. Celles qui aiment à se retrouver dans l'état de mammifère et celles qui détestent. Celles qui adorent allaiter et celles qui n'aiment pas. Nous n'appartenons pas à l'espèce des babouins, qui font tous la même chose. », explique-t-elle dans un entretien qu'elle a accordé au journal Ouest-France.
Il y a ici, sur cette question de l'allaitement, un angle de la question qui n'est jamais abordé : au-delà de la discussion autour des mérites comparés des laits maternel (forcément bon puisque naturel) et artificiel (forcément mauvais puisque pas maternel), l'implication du père dans les premières semaines de vie d'un nouveau né n'est-elle pas tout aussi essentielle pour le bien-être de l'enfant ?
Un nouveau-né a passé de longs mois dans le ventre de sa mère et, dès la naissance, se retrouve bien souvent blotti contre la peau de celle dont il connaît déjà la chaleur, l'odeur, la voix et le rythme des battements de son coeur. Le père, peu ou prou, est encore un étranger avec lequel un lien - d'abord charnel - reste encore à tisser. Or à quoi se résume les premières semaines d'un enfant ? Il dort, il pleurt, il mange, on le caline, il rote, il défèque, on change sa couche, il dort. Et une fois par jour, un bain et des soins (cordons, yeux, etc...).
Quelles sont alors les conséquences de l'allaitement ? Dans le meilleur des cas, les tâches sont partagées : à la mère ce moment délicieux où, après les pleurs, parce qu'il a faim, l'enfant se trouve rassasié ; et au père de changer la couche salie, alors que souvent, déjà fatigué et n'aspirant qu'à se rendormir, l'enfant ne comprend pas qu'on l'emmerde (alors qu'en réalité on le démerde). Partage si peu équilibré en réalité que, dans de nombreux cas, "naturellement", le père prendra son mal en patience et attendra que l'enfant parvienne au stade du jeu, où un échange mutuel paraîtra plus évident.
C'est une arnaque. Ce que bien des pères ignorent, parce qu'ils n'en font pas l'expérience, est que dès les premiers moments de la vie, il se produit un échange total entre le nourisson et celui qui le nourrit, fut-ce avec un biberon. Parce que le moment où le bébé est le plus en état de réception et de communication est précisément celui où, reposé parce qu'il vient de se réveiller, mais plus tout à fait affamé, niché confortablement entre les bras de son père ou de sa mère, il tète tranquilement et jusquà lextase.
Mais au-delà de l'arnaque, qui pour moi est une invitation plus que suffisante pour un père à exiger de partager avec la mère la responsabilité et le bonheur de nourrir, il est incompréhensible qu'on n'oppose pas aux bienfaits supposés de l'allaitement maternel, les bienfaits pour l'enfant de développer dès les premiers instants, puis dès les premières semaines, une relation forte, tendre et charnelle, avec son père, cet étranger qu'il découvre et qu'il ne découvrira jamais autant si celui-ci n'est pas reconnu comme cet autre qui le nourrit - et plusieurs fois par jour.
Il en est d'autres, de ces rares moments privilégiés, où l'enfant ne dort pas et est en état de réceptivité. Le moment des soins par exemple. Mais là encore, il faut au père la volonté de s'imposer, ne pas se retrouver en situation de dépendance vis à vis du savoir maternel, qui n'est pas naturel, qui provient simplement du fait qu'elle était présente à la maternité, nécessairement, lorsque l'infirmière est venue la toute première fois délivrer le mode d'emploi. Peu importe si le père n'est pas présent, la mère lui transmettra ce savoir, qui devient alors un pouvoir, puisqu'elle en a eu la primeur : « Puisque je te dis que ce n'est pas comme ça qu'il faut faire ! ».
Il en est d'autres, mais ils sont incomparablement moins fréquents. Et puisqu'un enfant se fait à deux - le plus souvent -, moi qui est fait cette expérience, et à trois reprises, je ne saurais qu'inviter, et inciter fortement les nouveaux pères à exiger d'obtenir toute leur place auprès de leur enfant, et ce dès le premier jour. Cela passe par être un père nouricier. Cela signifie, au minimum, de mettre en place un système d'alimentation mixte : un coup le sein, un coup le biberon - ce qui implique, oui messieurs, de se lever la nuit...
Et vous, mesdames, comprenez que le combat féministe en passe nécessairement par un renoncement à certains de vos grands privilèges. Si vous voulez que les hommes changent les couches, il faut cesser de leur dissimuler que c'est un grand plaisir que de mettre le nez dans cette merde-là, que ce n'est pas tant cette corvée à laquelle vous vous sacrifieriez. Surtout, ils n'accepteront de bon gré de changer les couches que s'ils prennent toute leur part dans ce qui la produit, cette merde : l'alimentation du bébé.
J'ai par ailleurs beaucoup aimé aussi, moi qui suis politiquement un écologiste convaincu, la manière qu'Elisabeth Badinter a de s'en prendre directement à une certaine écologie-naturaliste à la Cécile Dufflot, qui tend à accorder par principe la priorité au naturel :
« L'histoire des couches-culottes est révélatrice. Plus de couches jetables, elles polluent.Le raisonnement écologiste l'emporte sur le raisonnement féministe qui voudrait que l'on produise des couches biodégradables. Et surtout que l'on ne me dise pas, comme Mme Duflot, que la solution est la couche lavable que les hommes aussi peuvent enfourner dans les machines à laver. »
Source : Lait maternel ou implication paternelle
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ebooks : le format epub et votre iphone
Qu'est-ce que le
format epub ? Comment lire un ebooks sur mon iphone ? Quel logiciel
pour lire un ebooks sur mon ordinateur ? Où lire des ebooks en
ligne ?
Et pour les auteurs, comment créer, publier et diffuser mon propre ebook ?
Telles sont les questions que je me suis posées et auxquelles j'ai désormais quelques réponses qu'il n'est peut-être pas tout à fait inutile que je partage. Je ne suis pas un spécialiste du didacticiel, mais essayons.
Le format epub - Jusqu'à il y a peu, le format numérique adapté à la lecture sur support numérique, c'était le pdf. D'ailleurs, le support numérique, c'était tout simplement, et quasi exclusivement, un ordinateur de bureau. C'était tellement peu pratique que l'on préférait généralement en passer par une sortie papier - ce qui en plus d'être couteux, en encre et en papier, n'était guère écologique.
Et les auteurs qui souhaitaient - ou étaient contraints de - s'affranchir des circuits de l'édition classique pour faire connaître leur travail, n'avaient guère de solutions satisfaisantes : côté papier, l'édition à compte d'auteur (financièrement peu recommandable) ou les éditeurs en ligne (c'est-à-dire une édition unitaire à la demande, nécessairement surtaxée) ; et côté numérique, le pdf donc, voire le .doc ...
Cependant, avec le développement de l'ebook, c'est-à-dire du livre électronique, c'est-à-dire des supports numériques de lecture - le Cybook, le Kindle d'Amazon, le Reader de Sony ou l'iPhone d'Apple (et maintenant l'iPad) - des formats plus souples et plus adaptés ont fait leur apparition. Dont émerge désormais nettement l'Epub - pour Electronic Publication -, standard qui tend très sérieusement à s'imposer, un standard ouvert et libre (non propriétaire) de publication électronique recomposable à la volée - reflowable -, c'est-à-dire dont le texte s'adapte automatiquement au support.
C'est pourquoi vous allez désormais trouver un peu partout sur la toile des textes publiés sous ce format (extension .epub). Et de plus en plus souvent vous allez donc vous poser la question suivante : Mais qu'est-ce que je fais avec ça ? Comment ça marche ?
Lire un .epub sur son ordinateur - Là c'est très simple puisqu'il vous suffit de télécharger Adobe Digital Edition (gratuit, Windows et Mac) et de l'installer sur votre ordinateur. Puis vous trouvez et téléchargez sur internet l'ebook de votre choix (par exemple ici), vous ouvrez le fichier .epub dans Adobe Digital Edition et c'est à vous de lire...
Si vous avez beaucoup d'ebooks stockés sur votre ordinateur et que vous souhaitez en faire une bibliothèque bien organisée bien rangée, Calibre est là pour ça (entre autres choses qu'il sait faire). Ce logiciel (gratuit, Windows, Mac OS X et Linux) dispose d'un lecteur de .epub intégré mais moins performant, à mon goût, que celui d'Adobe...
Lire un .epub sur un iPhone (mais aussi sur un iPod Touch ou un iPad) - Stanza est ici l'application pour iPhone/iPod Touch qu'il vous faut. Elle est gratuite et probablement ce qui se fait en ce moment de mieux dans le genre.
Cette petite iApp, non seulement vous permettra de lire les fichiers ePub que vous aurez trouvés sur Internet, mais elle vous donne également accès à un catalogue très large d'oeuvres publiées en format numérique, gratuites parce que tombées dans le domaine public (par exemple via le Projet Gutenberg) ou parce que leurs auteurs ont choisi de les mettre en accès libre, ou bien payantes (sur différentes librairies en ligne, directement accessibles dans l'application).
Une fois Stanza installée sur votre iPhone (ou iPod Touch ou iPad...), différentes méthodes s'ouvrent à vous afin d'y placer votre fichier .epub.
D'abord, la plus simple - pour peu que vous disposiez d'une connexion wi-fi permettant à votre ordinateur et votre iPhone de communiquer : télécharger et installer Stanza Desktop (gratuit, Windows et Mac) sur votre ordinateur. Téléchargez l'ebook de votre choix (fichier .epub) et ouvrez-le dans Stanza Desktop. Dans l'onglet "Outils", activez "Enable Sharing". Prenez alors en main votre iPhone, lancez Stanza, cliquez en bas sur "Téléchargez", choisissez en haut "Partagé" et, si tout va bien, "Books on nom-de-votre-ordi" devient disponible : vous cliquez et votre ordinateur vous demande alors d'autoriser l'accès. Une fois ceci fait, vous avez accès à votre ebook depuis votre iphone. Vous le téléchargez et vous entamez votre lecture.
Peut-être mieux encore, via Calibre (dont je vous ai dit qu'elle permettait d'organiser vos ebooks en bibliothèque) : pour cela, une fois l'application installée, il vous faut commencer par, dans les préférences de l'application, dans l'onglet latéral "Serveur de contenu", de cliquer sur "Démarrer le serveur". Ensuite, la procédure devient identique à celle décrite ci-dessus : prenez en main votre iPhone, lancez Stanza, cliquez en bas sur "Téléchargez", choisissez en haut "Partagé" et, si tout va bien, "Books on Calibre" devient disponible : vous cliquez et obtenez l'accès à votre bibliothèque d'ebooks sur Calibre.
Si vous n'avez pas accès au wi-fi, donc à votre ordinateur depuis votre iPhone : le mieux est de naviguer sur internet directement avec votre iPhone (via Safari par exemple), de repérer le lien vers l'ebook de votre choix (par exemple ici), de copier ce lien (appui long sur le lien, puis "copier"). Ensuite vous lancez Stanza sur votre iPhone, cliquez en bas sur "Téléchargez", choisissez en haut "Téléchargement" puis "+", collez l'adresse du lien. L'ebook se télécharge et vous pouvez en débuter la lecture.
D'autres méthodes sont disponibles, répondant à toutes les situations. Elle sont décrites sur cette page, mais c'est en anglais...
Lire un .epub en ligne - Il vous suffit d'ouvrir un compte sur bookworm, puis d'uploader vos ebooks...
Trouvez des .epub en ligne - Partout et de plus en plus. En revanche, il peut être utile de vous communiquer l'adresse du site ebooks libres et gratuits qui comme son nom l'indique... et où vous pourrez notamment trouver nombre de grands classiques tombés dans le domaine public...
Et, comme vous l'aurez certainement compris, il y a ces six vieux récits dont je suis l'auteur et sur lesquels je me suis fait la main pour créer mes propres ebooks format Epub. Je me suis pour l'heure contenté de les placer en ligne, plus tard je m'occuperai de faire un présentoir digne de ce nom...
Créer et publier son propre ebook sous format Epub - Cette fois c'est sûr, il vous faut télécharger Calibre et apprendre à l'utiliser. Je vais ici et en quelques lignes me contenter de vous donner les grandes lignes.
La première chose est que Calibre ne gère pas la conversion des .doc et il vous faut donc, si vous utilisez Word, convertir vos fichiers textes soit en .pdf soit en .html via le menu "enregistrez sous". En apparence, ce serait la solution la plus rapide, ne vous resterait qu'à importer le fichier dans Calibre, trouver les bons règlages et convertir au format Epub.
Cependant, vous vous rendrez bien vite compte qu'on ne trouve pas tout de suite les règlages qui conviennent et que le résultat n'est que rarement satisfaisant du premier coup. Ce qui vous contraindra à revenir à votre document Word d'origine, modifier la mise en forme, de nouveau l'enregistrer en .pdf (ou .html), etc... Boucle longue qui devient rapidement fastidieuse.
Aussi, ma recommandation est, si vous ne l'avez déjà fait, de télécharger OpenOffice, la suite bureautique en format libre et ouvert, un produit fort complet et très performant qui n'a qu'assez peu à envier à l'ogre Microsoft. L'avantage est alors qu'il vous est possible d'ouvrir votre document Word dans OpenOffice et de l'enregistrer sous texte ODF (extension en .odt), format que gère très bien Calibre.
Ceci fait, il ne s'agit alors que de travailler votre fichier afin de le mettre en forme de manière aussi homogène que possible : taille de caractères, justification, paragraphes, sauts de ligne etc... Ensuite, dans Calibre, vous cliquez "Ajouter des livres" afin d'importer votre fichier .odt.
Avant d'entamer la conversion, prenez le temps de remplir les champs de métadonnées - bouton "Editer les métadonnée" : titre, auteur, mots clés, dates, descriptif...
Mieux même : créer votre propre couverture (par exemple avec Photoshop), enregistrez là en format image (.jpg, .tiff, .gif, .png ...) et ajoutez-là dans Calibre (toujours dans la fenêtre "Editer les métadonnée").
Vous voilà prêt pour la conversion : bouton "Convertir des ebooks". Différents réglages sont alors possibles via les boutons de la barre latérale. Dans un premier temps, ne touchez à rien sauf si un des réglages vous semble pertinent pour ce que vous voulez faire. Quand vous êtes prêts, faites "OK" : le processus commence, et se termine assez rapidement. Un fichier .epub a été créé, qui se trouve dans le dossier que vous aviez créé à cet effet lors de l'installation du logiciel - et dont vous retrouvez le chemin en ouvrant les préferences, dans onglet "général". Vous pouvez vérifier la qualité du résultat via le bouton "Visualiser", mais ça ne suffira pas.
Afin de vous assurer que vous êtes parvenu à un résultat satisfaisant pour toutes les plateformes, il est hautement recommandé d'utiliser le site bookworm, sur lequel vous aurez préalablement ouvert un compte. Vous uploadez votre fichier .epub sur le site et vous le parcourez attentivement. Si vous décelez des défauts de mise en page ou de mise en forme, vous ajustez votre fichier .odt original - dans OpenOffice - et vous réitérez le processus. Eventuellement, vous tripotez les réglages de conversion de Calibre...
Il n'est pas non plus superflu de visualiser votre fichier, par exemple depuis votre iPhone. Pour ce faire, remontez dans la page et chosissez la méthode qui vous convient...
Une fois votre ebook créé, ne vous reste plus qu'à le mettre en ligne : Si vous souhaitez le mettre à disposition gratuitement, vous l'uploadez tout simplement sur votre espace personnel, site ou blog, ou bien sur des librairies en ligne - en prenant peut-être soin d'y adjoindre une licence Creative Commons. Si vous souhaitez mettre en vente votre texte, Lulu est fait pour vous, qui vous permettra même de placer une DRM sur votre oeuvre - mais bon...
J'ai probablement oublié plein de choses, peut-être même commis quelques erreurs. N'hésitez pas à faire part de vos remarques, apporter des précisions, faire des correctifs ou des suggestions, ou poser des questions dans les commentaires.
Source : ebooks
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Insomnie
Repliée
en bouton. Fermée. Butée même. Fleur rouge posée sur le drap blanc.
Rivière aux eaux noires sinuant sur sa peau de lait. Son souffle
m'ignore et mon désir saigne.
Je compte le temps qui passe et m'efface au long de la délicate ligne lasse de son dos tourné. Lente et douce courbe d'une hanche blanche où le papillon de mon regard se languit. La lune blafarde nous regarde de son oeil blanc et rond, et je pleure sur l'endormie.
Roulent et tombent mes larmes sur le bloc de granit froid de son rêve paisible aux portes closes. Perle un baiser obscur et désespéré sur mes lèvres assèchées. Palpite mon sang. Saigne mon désir. Perle un baiser.
Sa nuque tressaille, se crispe, chasse l'intrus, l'impudent, l'obscène idée d'un baiser tendre et aussitôt rengorgé. Son goût amer. J'ai mal.
Et l'oeil rond et blanc de la lune qui se marre dans mon dos depuis le fond de toutes les ténèbres. Bouton vermillon dans sa lumière blafarde. Replié. Fermé. Tâche de sang posée sur le drap blanc. Sang rouge, sang noir. Mes mains tremblent qui lui veulent du mal. Mes mains tremblent.
Lame froide et éclat de lune. Son cri est un silence qui hurle le silence. Blancheur maculée. Lune rousse. Rivière noire jaillissant à la source chaude de son flanc déchiré. Elle n'a jamais été aussi belle.
Tu es belle. Je le lui dis. Elle ne comprend pas. Je le lui dis encore. Tu es belle. Son regard écarquillé qui chavire et se révulse. Elle comprend. Je l'embrasse. Je l'enlace. Je suis l'endormi.
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Source : Insomnie
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Frêche n'est pas antisémite
Frêche
n'est pas antisémite.
Il fait juste joujou avec les électeurs qui le sont.
Frêche n'est pas raciste.
Il fait juste joujou avec les électeurs qui le sont.
Frêche n'est pas populiste...
Ha bah si. Justement !
Et c'est précisément ce qui le rend indigne. Du moins d'un point de vue socialiste. Du point de vue d'un homme de gauche.
Fermeture du ban.
Cela dit, on peut comprendre que le dernier carré des supporteurs de Ségolène Royal prenne la défense d'un de ses derniers soutiens de poids, aussi peu fréquentable soit-il. Mais c'est là une autre histoire, aussi peu glorieuse soit-elle.
Source : Frêche n'est pas antisémite
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Appel des blogueurs pour un No Sarkozy Day
No Sarkozy Day
- Appel au peuple -
Inconséquence
politique, échec économique, casse sociale, rupture du pacte
républicain, atteinte à l'égalité des chances, politique de la
peur, stratégie de la division, lois liberticides, pratiques
autocratiques du pouvoir, favoritisme, népotisme, manipulations
médiatiques, ingérences judiciaires, collusion avec le monde des
affaires et les forces de l'argent…
Nous avons tous nos raisons pour nous opposer à Sarkozy et à son clan, pour résister au sarkozysme. Mais ce président sans envergure, effrayé par le peuple, prend grand soin de le tenir à l'écart, muselant au besoin sa parole derrière des cordons de CRS.
Alors, ENSEMBLE, nous élèverons la voix plus haut, nous nous ferons entendre plus fort, unis dans la défense des valeurs de notre République : Liberté - Egalité - Fraternité – Laïcité – Démocratie
Nous, simples citoyens, vigilants et inquiets, en conscience et indépendamment de tout parti ou syndicat, appelons toutes celles et tous ceux qui ressentent l'envie, le besoin de dire NON ! à Nicolas Sarkozy, à se rassembler pour un No Sarkozy Day.
Le 27 mars 2010 : une journée pour lui dire NON !
Des rassemblements seront organisés partout en France, à partir de 14 Heures devant les préfectures et les sous-préfectures, à Paris place de la Bastille, et dans le monde entier devant les ambassades de France.
A l'issue de cette journée de mobilisation, se tiendront partout des réunions ouvertes, où nous pourrons ensemble, démocratiquement, décider de la suite à donner à ce mouvement de contestation populaire du sarkozysme, contestation que nous espérons aussi large que possible.
Nous appelons l'ensemble des blogueurs à diffuser cet appel sur leurs blogs et à nous en informer via un message adressé à blogs@no-sarkozy-day.fr
Nous appelons l'ensemble des citoyens à signer et faire signer cet appel (signatures).
Nous sommes cinquante cinq blogueurs et plus à diffuser simultanément, ce dimanche 24 janvier 2010, l'appel pour un No Sarkozy Day.
Blogueurs Signataires :
Aliciabx - http://aliciabx.blogspot.com/
André Orphal - http://jusqu-alacensure.over-blog.com/
Antennerelais - http://antennerelais.canalblog.com/
Antidote Démocratique Antisarkozy - http://rpubliquejetaime.typepad.fr/
Antoine - http://just4kiss.blogspot.com/
Arnaud Mouillard - http://hern.over-blog.com
B.Mode - http://ruminances.unblog.fr/
Benjamin Ball - http://blog-zero-un.over-blog.fr/
Bloguerilla - http://bloguerilla.org
Carrefour Anticapitaliste - http://kropotkine.jimdo.com/
CC - http://www.bahbycc.com/
Clarky - http://ruminances.unblog.fr/
Conseil national de la Résistance en Midi Pyrénées - http://cnr-midipyrenees.blogspot.com/
Cpolitic - http://www.cpolitic.com/cblog/
Dan29000 - http://danactu-resistance.over-blog.com/
David Noël - http://www.lheninois.com
Dedalus - http://sarkononmerci.fr
Des pas perdus - http://www.despasperdus.com
Dessins d'AMAD - http://riposte.gauchepopulaire.fr/
Dominik Vallet - http://dominikvallet.over-blog.com/
Enriqueta - http://enriqueta.over-blog.com
Eric Citoyen - http://monmulhouse.canalblog.com/
Gauchedecombat - http://gauchedecombat.wordpress.com/
Gilles Pommateau - http://gillespommateau.over-blog.com
Gwendal - http://gwedenis.blogspot.com/
Hervé Dor : http://ervedo.tumblr.com
Hypos - http://www.hyposblog.info
Ijahsista - http://une-autre-vision-du-monde.over-blog.fr
Jean-François Vionnet - http://lespenseesdunvieuxcon.blogspot.com
JeandelaXr - http://jeandelaxr-lejouretlanuit.blogspot.com/
Juan - http://sarkofrance.blogspot.com/
Le Canard de Mulhouse - http://canard68.20minutes-blogs.fr/
Le Coucou - http://unclavesien.blogspot.com
Le journal de Geed - http://lejournaldegeed.wordpress.com/
LePetitSauvage - http://on-nous-prend-pour-des-cons.fr
Lost in Chartres - http://lostinchartres.wordpress.com
Louis Lepioufle - http://powolicu.wordpress.com/
Marie - http://engagee.fr/
Martin P. - http://sauce.over-blog.org/
Mathieu L. - http://lespriviliegiesparlent.blogspot.com
Maximilien - http://maximilienrobespierre.blogspot.com/
Monsieur Poireau - http://monsieurpoireau.blogspot.com
Mtislav - http://mtislav.blogspot.com
Nicolas J. - http://jegpol.blogspot.com/
Philippe Marx - http://www.philippemarx.net/
Raphaël Rezvanpour - http://revoltecitoyenne.wordpress.com/
Rebus - http://sarkobasta.blogspot.com
Rimbus - http://rimbusblog.blogspot.com
Rodolphe Lediazec - http://ruminances.unblog.fr/
Samuelle - http://souvenirsdufutur.blogs.courrierinternational.com/
Seug8520 - http://www.lisoloir.com
Skal - http://www.lespenseesdeskal.fr
Slovar les Nouvelles - http://slovar.blogspot.com
Trublyonne - http://trublyonnevoitlavieenrouge.blogspot.com/
Yann Savidan - http://www.yann-savidan.com/
Profils Myspace et autres :
Axel - http://www.myspace.com/libertik
Camille BB - http://www.myspace.com/459439819
Felocydz - http://www.myspace.com/felocydz
Jacinte G. - http://myspace.com/asfodelle
Julie - http://www.myspace.com/170102103
Karyn - http://www.myspace.com/uztaila
Lea - http://www.myspace.com/reallioness2
Leslie - http://www.myspace.com/leslie381
Marco JazzMan - http://www.myspace.com/marcojazzman
Mimosa67 - http://mimosa67.spaces.live.com/
Navarrete Pierrot - http://www.myspace.com/mecclass
Pachanga - http://www.myspace.com/pachang_a
Paulo Barrosa - http://www.myspace.com/paulobarrosa
Zone Nono - http://www.myspace.com/zonenono
Ajoutez Votre Signature

Source : Appel des blogueurs
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J'ai une moitié arabe
J'ai
une moitié arabe.
Enfin, arabe…
Un juif libanais, c'est un arabe ?
Pour un profane, en tout cas, ça y ressemble vachement.
Déjà, ça parle l'arabe.
Ensuite ça parle fort.
Et puis ça mange des pâtisseries trop sucrées et ça aime ça.
Et puis, aussi, ça vous a un air très viril. A l'extérieur...
D'ailleurs ça croque dans le piment comme si c'était un concombre.
Un arabe quoi !
Bon, l'autre moitié est plutôt russe. Le côté intello des steppes qui biberonne à la vodka en prenant un air raffiné. Voyez le genre...
Et aussi j'ai un gros nez.
Source : J'ai une moitié arabe
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L'application iphone qui met tout le monde à poil
Un iphone déshabilleur : c'est forcément génial, tout simplement.
On notera que pendant ce temps là, chez le numéro 4 des blogs High Tech, on en est encore à apprendre la copie d'écran sur iphone. Mais j'dis ça, j'dis rien...
Source : Un iphone déshabilleur
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L'actionnaire de France-Inter, par Stéphane Guillon
Je suis assez curieux de voir combien de temps cela va prendre avant que Stéphane Guillon se fasse virer de France-Inter. Sûr en tout cas que depuis ce matin ça démange de plus en plus fort Philippe Val, Jean-Luc Hess... et Nicolas Sarkozy.
Source : L'actionnaire de France-Inter
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Fièvre, par Lars Norén
Le
CAPITAL de Karl Marx échoue entre les mains d'une femme, riche.
Improbable cadeau pour elle qui a déjà tant. Le communisme
serait-il revenu à la mode ?
L'hypothèse est invraisemblable, vertigineuse, troublante,
dangereuse même... quand quelques vérités simples viennent se
déposer telles de petites bombes malicieuses sur le
champ dormant de la conscience.
Conscience qui est aussi bien là vôtre. Car ce texte à l'humour
grinçant ne vous épargnera pas.
Et à coup sûr sa fièvre vous saisira.
Donc cela s'appelle Fièvre. C'est un texte de Wallace Shawn, auteur américain et contemporain. C'est une mise en scène de Lars Norén, auteur et metteur en scène suédois - un des grands noms actuels du théâtre. Et c'est joué magnifiquement par Simona Maïcanescu, comédienne franco-roumaine au talent immense, qui offre là de ces prestations qui marquent pour longtemps les spectateurs. En sus c'est une amie.
Aujourd'hui donc ce spectacle existe. Aujourd'hui il a trouvé une scène où se produire - à Paris, au Théâtre des Mathurins. Et il ne saurait désormais vivre sans spectateurs. Ce spectacle a besoin de vous.
J'ai assisté à la première - l'an dernier, au Centre Régional Dramatique de Tours - et c'est sans crainte de vous tromper que je puis vous confier qu'il s'agit purement et simplement d'un véritable petit bijou. Qui mérite amplement que vous lui consacriez une soirée. Qui ne vous décevra pas. Au point que vous n'oublierez pas ensuite d'en parler à vos amis, auquel vous recommanderez à votre tour de prendre le risque d'être emportés par cette Fièvre.
C'est à partir du mercredi 13 janvier (autant dire demain !), du Mardi au Samedi à 19h - "en matinée" le Dimanche à 17h -, et plus tôt vous viendrez, plus vite les bouches en parleront aux oreilles. Et plus alors ce spectacle aura sa chance - c'est-à-dire plus nombreux seront les spectateurs qui pourront se déclarer chanceux d'y avoir assisté. Ne le ratez pas.
Cliquez ici pour réserver maintenant - ou bien téléphonez là : 01 42 65 90 00 - nota bene : du 13 au 22 janvier, toutes les places sont à -50%...
Si vous voulez en savoir un peu plus, il y a aussi ce petit site...
Source : Fièvre, par Lars Norén
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2010, année du clitoris
Présenter ses
meilleurs voeux ne devrait jamais n'être qu'une formule. C'est
pourquoi j'ai mis un peu de temps avant de trouver la rime
juste.
2010, année du réglisse était par trop enfantin. Ou alors c'était pire.
2010, année de la glisse semblait s'adresser aux seuls sportifs. Même si là encore...
2010, année du pénis était sympathique mais donnait trop l'impression d'être intéressé à l'affaire.
2010, année du pubis avait l'avantage de concerner tout le monde mais manquait d'ambition.
2010, année de la cuisse était joli. Sans plus.
2010, année de la miss aurait inévitablement conduit à 2012, année de la pouff'.
Anaïs et Fabrice
postulèrent en vain, évidemment.
La police frappa à ma porte - l'an passé déjà ils avaient
tenté une improbable 2009, année des keufs, alors qu'on ne
pouvait douter que les meufs ou la teuf étaient
mieux placés. Les flics s'en retournèrent donc,
chaude-pisse les accompagnant - quelle culot celle-là
!
2010, année de la saucisse parvint à me tenter, je dois
l'avouer. Je sus me ressaisir à temps...
Bref, j'étais dans l'embarras, lorsque je pris connaissance de cette information fatale :
« Le point G, cet endroit mystérieux qui assurerait aux femmes un plaisir sexuel redoublé, n'existe pas, selon les conclusions d'une étude menée par des scientifiques du King's College de Londres. »
L'irremplaçable Ioudgine suggéra aussi sec - si l'on peut dire - de former des binômes et de le chercher, qu'on en finisse ! C'était malin. En s'y mettant à plein, sûr qu'on finirait par le débusquer. L'animal.
Sûr, vraiment ? Fallait-il tout miser
là-dessus ?
Et c'est à ce point d'interrogation shakespearien - existe-t-il ou
n'existe-t-il pas ? - que je compris qu'on pouvait peut-être, comme
en attendant, c'est-à-dire comme en suspension, et afin de
sauvegarder l'essentiel, c'est-à-dire l'accessoire, qu'on pouvait
sans doute vouer 2010 au clitoris.
Manière astucieuse de souhaiter à tous et à
toutes une année vibrante. Non ?
C'est en tout cas ainsi que je vous la souhaite : chaude et
vibrante.
Source : 2010, année du clitoris
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Les Joyeuses Commères de Windsor







