Un misérable petit tas de chair et de néant - Lulli, chapitre 12 et dernier
Je
sors de chez ma mère. Je descends en trombe les quatre étages
depuis son appartement. Je déboule sur le trottoir. Devant le
porche, un couple se dispute violemment, deux amants écorchés par
le doute, dévorés par la rancœur, emportés par les mots et qui
ne parviennent plus à se dire qu'ils s'aiment. Je passe sans un
regard pour eux, remontant la rue d'Aligre à grands pas et me
tenant la tête à deux mains. Je suis loin déjà, loin de ces
chamailleries imbéciles. J'oblique dans la rue de Charenton, je
suis essoufflé, j'ai du mal à respirer. Mes pensées réduites en une
bouillie de particules affolées s'entrechoquent aléatoirement sous
la voûte de mon crâne. Un milliard de minuscules explosions
nucléaires. Mes tempes palpitent, me font mal, trop de bruit dans
ma tête. Je voudrais ne plus penser, me reposer un instant, oublier
ce qui m'est impossible désormais d'oublier. Il n'y a plus de place
en moi pour l'oubli. J'ai été au bout de l'anamnèse et désormais je
sais. Je sais ce qui a été, et je sais aussi ce qui est et tout ce
qui donc ne sera plus, ne pourra plus être.
On n'en reparlera plus, c'est ce dont nous avons convenu avec ma mère. Et il n'a pas été nécessaire non plus qu'elle aille au bout des mots, qu'elle raconte jusqu'à son terme l'histoire de Julie, inutile qu'elle dise des paroles qui sonnaient comme un sombre glas à l'intérieur de mon crâne. J'avais compris, deviné depuis longtemps le fin mot de l'histoire. J'étais présent, j'avais vu : c'était aussi mon histoire. J'avais vu et tout était en moi déjà, à l'état de traces sur le palimpseste de ma mémoire. On n'oublie jamais vraiment sans doute.
Il n'a pas été nécessaire qu'elle dise que Julie était enceinte, ni même qu'elle évoque ce qui fut ensuite. J'ai compté, Céline est née le 5 février 1969, j'ai recompté plusieurs fois même, comme s'il pouvait subsister le moindre doute, une issue, une autre possibilité qui m'aurait sauvé de la prison du réel, mais non, il n'y a pas d'autre possible que ce qui a été : 11 mai 68 - 5 février 69, 38 semaines et 4 jours, le temps plein d'une gestation. Elle a accouché à terme, Julie. Elle l'a gardé jusqu'au bout, son bébé. Il fallait bien ça sans doute, garder longtemps l'enfant dans son ventre afin qu'il ne reste rien du vice. Laver la souillure et que l'enfant naisse purifié de sa part d'ombre. L'idée qu'un bien puisse naître d'un mal, de ce mal qu'on lui avait fait, était insupportable et il lui avait fallu renvoyer le mal à son néant pour accueillir l'enfant, qu'il n'en soit pas le stigmate désolant. Il avait fallu à Julie nier le viol pour accepter l'enfant, nier jusqu'à l'idée d'un géniteur pour nier la réalité du violeur, sa marque dans sa chair et celle de son enfant. Non, personne ne l'avait possédée, ni déflorée, ni souillée, et ce serait l'enfant, lui seul, qui en naissant déchirerait son hymen, lui seul qui prendrait sa virginité, l'enfant, sa pureté…
[...]
Douzième et dernier chapitre de Lulli, roman à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... Ou bien directement sur un ordinateur. A télécharger gratuitement ci-dessous.
Et si vous prenez l'aventure en route, vous pouvez la reprendre depuis le début...
Bonne lecture !
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Source : Un misérable petit tas de chair et de néant
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« Nicolas Sarkozy recevait aussi son enveloppe »
Une si petite fille - Lulli, chapitre 11
Le
médecin esquissa un sourire, ajusta son chignon puis ses lunettes,
et pointa son Mont-Blanc sur le moniteur de
l'échographe :
« Regardez, là, vous voyez ? Il n'y a pas le moindre doute, c'est une fille. »
Mon cœur eut un hoquet, puis mon sang se mit soudain à tourner à l'envers tandis que je parcourais fébrilement l'écran des yeux, cherchant au hasard des agrégats informes de petits points lumineux une confirmation à la nature de ma paternité :
« Je ne vois rien, moi. »
Céline était allongée sur la table d'échographie, les mains en bandoulière sous son ventre dénudé. Elle souriait béatement.
« Tu vois quelque chose, toi ?
l'interrogeai-je.
- Oui. Je crois qu'on ne peut pas tellement se tromper, Nicolas.
Nous allons avoir une fille. Une petite fille !
- C'est sûr, vraiment ? fis-je en me tournant vers le médecin.
Il n'y a pas d'erreur possible ?
- Non, monsieur. Pas l'ombre d'un doute.
- Pourtant je ne vois rien moi. Rien qui ressemble à une fille,
rien qui ressemble à rien en fait.
- Peut-être que tu ne regardes pas comme il faut », émit
Céline.
[...]
Avant-dernier chapitre de Lulli, roman à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... Ou bien directement sur un ordinateur. A télécharger gratuitement ci-dessous.
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(A suivre : Lulli, chapitre 12...)
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Ce puits profond de chair, de sueur et de sang - Lulli, chapitre 10
J'avais
vu, tout vu de ce qu'il y a à voir d'une femme puisque j'avais vu
son vagin, puisqu'en voyant ses entrailles j'avais entraperçu le
brasillement indécent de son âme – sa chair et son sang.
J'avais vu, mais parce que je n'avais que quatre ans, parce qu'il
est nécessaire de comprendre pour se souvenir, ma mémoire n'avait
rien gardé de ce que j'avais tellement vu.
Recroquevillé dans un coin sombre de la chambre, entre le mur et l'armoire, j'avais écarquillé les yeux et je n'avais pas compris, ni les soupirs ni les cris, ni le sang rouge qui coulait d'entre les cuisses de Lulli, après que mon père l'avait chevauchée, poussant des grognements sourds et saccadés, han ! han ! han ! et le sang rouge de Lulli sur le drap blanc et ses sanglots silencieux et les ahanements de mon père… Je n'étais pas sûr même que c'était Lulli, que c'était mon père, je ne comprenais pas ce qui se produisait devant moi, devant mes yeux, qui entrait par mes yeux grands ouverts et qui entrait tout d'un seul bloc. Un gros bloc de vécu, massif et envahissant, mais je ne possédais pas les outils, ni la force pour tailler dedans, ni ne pouvais non plus détourner le regard tandis que ça entrait en moi, tandis que ça prenait possession de mon esprit, cette vermine de l'âme.
J'avais cru soudain que c'était le sang de mon père et j'avais crié. Sur le drap, entre les cuisses de Julie, j'avais cru que c'était le sang de mon père, j'avais cru qu'elle l'avait mordu, que son sexe avait refermé ses dents sur le sexe de mon père. Faisant couler son sang. J'avais vu le sang et, aussitôt après, j'avais crié. Mon père s'était retourné, m'avait aperçu, avait vu l'enfant qui criait, replié sur lui-même dans l'embrasure de la porte, un enfant en tas avec les yeux exorbités et une bouche qui hurlait, et qui hurlait l'effroi de l'enfant qui ne comprend pas. Il avait jeté un dernier regard sur Julie, et Julie sanglotait sur le lit, le drap tâché ramené sur elle, entre ses cuisses, et puis il avait avancé sur moi, massif, nu, son sexe croûté de sang noir.
« Tais-toi ! », il avait dit, la mâchoire serrée.
[...]
Lulli est mon premier roman, que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine.
Nous en sommes au chapitre 10, sur les 12 chapitres que compte ce roman, et vous venez d'en lire les premières lignes. La suite est à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... Ou bien directement sur un ordinateur.
Si vous prenez l'aventure en route, vous pouvez préférer la reprendre depuis le début...
A la suite de chaque billet de présentation, les commentaires vous permettent, si vous le souhaitez, de partager entre vous - et avec moi - vos impressions de lecture, au fil de celle-ci ou bien à son terme (qu'il soit prématuré ou non).
Bonne lecture !
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Source : Ce puits profond de chair, de sueur et de sang
(A suivre : Lulli, chapitre 11...)
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Petit cours de relativité appliquée
Deuil et confidences - Lulli, chapitre 9
« Dis
Lulli, pourquoi on marche comme ça, doucement ?
- Je ne sais pas, Nicolas. Peut-être parce que personne n'est
vraiment pressé d'arriver.
- Je suis pressé, moi. Je m'ennuie ici, je voulais pas
venir. »
Je regarde en arrière, tous ces gens qui nous suivent, qui avancent lentement, comme saisis de torpeur, les yeux baissés, la mine grave, tous habillés de noir et les épaules rentrées, des gens que je ne connais pas pour la plupart, et qui parlent à voix basse en hochant la tête. Le gravier crisse sous leur pas. Nos regards se croisent, ils esquissent un sourire que je ne leur rends pas. Je ne les aime pas. Ils sont tristes.
Tout à l'heure, à l'entrée du cimetière, ils défilaient les uns derrière les autres pour saluer mes parents. Ils me regardaient avec un petit sourire contrit, hésitants, et puis ils posaient leurs grosses paluches sur ma tête, emmêlaient leurs gros doigts dans mes cheveux. J'ai détesté ça, leurs mains qui me touchaient comme pour vérifier que j'étais vivant.
Je suis le seul enfant. Le seul enfant vivant de cette ennuyeuse procession, c'est ça qu'ils disaient leurs sourires grimaçants, que je suis un survivant. J'ai envie d'être ailleurs.
[...]
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(A suivre : Lulli, chapitre 10...)
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Le jour d'avant - Lulli, chapitre 8
Louise
pose ses mains à plat sur son ventre. Elle veut être sûre que cela
s'est produit, sensation étrange d'être devenue une autre –
d'être redevenue elle-même en réalité, ordinaire, trivialement
humaine quand hier encore le divin était en elle, l'habitait tout
entière. Elle avait porté la vie, elle est plate désormais et son
ventre est vide, sans vie. Il n'y a plus en elle qu'un seul
cœur, le sien, solitaire, et qui cogne dans ce néant. Elle
réprime une envie de pleurer, réconforte-moi, mon bébé. Elle
parcourt la pièce du regard et ne voit nulle part sa petite fille.
Un instant elle est prise de panique, puis se souvient que la
sage-femme lui a dit qu'Elise ne serait pas avec elle cette nuit,
qu'elle devait se reposer, dormir un peu pour reprendre des
forces.
Voilà, elle est reposée maintenant : qu'on lui rende son bébé ! Elle se lève. Tenir sa petite fille entre ses bras, la voir vraiment, longuement, la toucher toute. Où est-elle, où l'ont-ils emmenée ? Elle vacille, prend appui sur la table de chevet et se dirige vers la porte. Sa marche est chaotique, elle a perdu l'habitude de ce corps-là, privé de ce poids devant elle qu'il fallait compenser en cambrant les reins. Et le sentiment d'aller toujours à deux.
Elle trouve la nurserie et, devant la douzaine de bébés alignés comme à l'étalage, Louise n'hésite pas : elle est là, son Elise, ses yeux noirs grands ouverts, Elise, dans sa couveuse et qui ne pleure pas.
Comme elle est belle ! Louise est saisie par son éclat. Une bulle de fierté éclate dans son cœur et elle sent un rire monter en elle comme un sanglot, un bonheur qui l'étouffe. Elle prend appui sur le mur et regarde son enfant. Elle regarde avec avidité, détaille mille fois sa merveille, et ne se lasse pas de regarder et de regarder encore. Chacun de ses traits semble avoir été le fruit d'un minutieux travail d'orfèvre, sa bouche délicatement ourlée, son nez pointu et décidé, ses pommettes saillantes ; et ses yeux noirs, son regard intense et volontaire, ses cils longs et recourbés qui lui donnent un regard rond, le regard faussement étonné qu'ont les filles. C'est une fille ! Louise s'use les yeux et le cœur à la regarder.
Sa peau est légèrement hâlée et le linge blanc qui l'emmaillote rehausse encore son éclat. Comme ta peau doit être douce, murmure-t-elle avec émotion. Elle voudrait la toucher, elle a posé une main à plat sur le toit de la couveuse pour être plus près de sa petite fille, aussi près qu'il est possible encore de l'être – et Elise agite ses mains lilliputiennes comme pour capter dans l'air confiné du ventre artificiel les ondes d'amour que lui adresse sa mère. De l'extérieur maintenant. Toutes deux se regardent avec une tendresse emprunte de nostalgie, elles se regardent, se voient et prennent conscience de leur altérité. Quelque chose a pris fin entre elles et qui ne sera plus.
[...]
Lulli est mon premier roman, que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine.
Nous en sommes au chapitre 8, sur les 12 chapitres que compte ce roman, et vous venez d'en lire les premières lignes. La suite est à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... Ou bien directement sur un ordinateur.
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Source : Le jour d'avant
(A suivre : Lulli, chapitre 9...)
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Lire un epub sur son ordinateur
Lire un epub sur son ordinateur (Windows, MacOS X, Linux)
Comment lire un
ebook (format epub) sur mon Mac ? Telle est la question qu'on me pose et à laquelle je vais tenter de
répondre. Mieux - et même si ma compétence est fortement
Mac-centrée - je vais m'efforcer de généraliser ma réponse au-delà
à l'ensemble des plateformes (Windows, MacOS X, Linux).
Ebooks et fichiers epub : Un ebook est un livre numérique. C'est donc avant toute chose un fichier contenant du texte, voir des images. Lire un ebook c'est donc d'abord lire un fichier, ce qui implique de posséder un matériel (ordinateur) sur lequel sera installé un logiciel capable d'ouvrir le fichier en question.
Un ebook est un fichier au format epub (extension .epub) - pour Electronic Publication -, un standard ouvert et libre (non propriétaire) de publication électronique recomposable à la volée - reflowable -, c'est-à-dire dont le texte s'adapte automatiquement au support.
Le support matériel requis avec lequel lire un ebook est une liseuse, c'est-à-dire un support électronique adapté à la lecture numérique. Il s'agit du Cybook, du Kindle d'Amazon, du Reader de Sony ou l'iPhone d'Apple, ainsi que de l'iPad et de l'iPod touch...
Mais rien n'interdit de lire un ebook directement sur son ordinateur. Il ne suffit que d'installer le logiciel capable d'ouvrir un fichier au format epub.
Lire un ebook avec Firefox : C'est la solution qui me semble la plus simple. Vous utilisez Firefox comme navigateur, vous vous promenez dans l'internette, vous repérez un ebook, vous cliquez sur le lien de téléchargement et, plutôt que de seulement le télécharger, il s'ouvre dans la fenêtre de votre navigateur et vous voilà prêt à en commencer la lecture. Oui, tout comme pour un pdf et aussi simplement que cela.
Que vous soyez sur Mac ou PC, sous MacOS X, Windows ou Linux, il vous suffit d'ajouter une extension à Firefox. Elle s'appelle EPUBReader et est téléchargeable à cette adresse (et c'est gratuit, évidemment). Voilà tout.
Et si vous avez déjà téléchargé des ebooks sur votre ordinateur, ouvrez-les depuis le menu Fichier de Firefox, puis "Ouvrir un Fichier"...
Fonctionnement de EPUBReader avec Firefox :
- Aller à la page oueb où vous souhaitez télécharger le fichier ePub et cliquez sur le lien de téléchargement.
- Si vous avez déjà téléchargé le fichier sur votre ordinateur, ouvrez-le via le menu Fichier/Ouvrir un fichier - ou bien glissez directement le fichier dans la fenêtre de Firefox.
- EPUBReader télécharge/ouvre le fichier ePub, le décompresse si nécessaire et procède à quelques ajustements. Le fichier est prêt : lisez.
- EPUBReader crée une page où se trouvent listé l'ensemble des fichiers ePub que vous avez téléchargés/ouverts. Cette page est accessible depuis trois endroits :
- EPUBReader a ajouté un marque-page pointant vers cette page, appelé "Catalogue ePub", que vous trouverez à la fin de votre liste de marque-pages ;
- Vous trouverez un nouveau sous-menu dans le menu "Outils" de Firefox, appelé "Catalogue ePub" ;
- Quand vous lisez un fichier ePub avec EPUBReader, un bouton figure dans la barre de menu située au bas de la page.
- La barre de menu situé en bas de page, sous EPUBReader, vous permet d'accéder à quelques fonctionnalités intéressantes : Règlages, Aide, Catalogue ePub, Sauvegarder, Placer un marque-page, Réduire-Agrandir la taille du texte...
- Cette barre de menu peut être masqué/affiché via click-droit dessus. Lorsqu'elle est masquée, vous pouvez la faire apparaître en pointant la souris en bas de page.
Vous n'utilisez pas Firefox : Il vous suffit alors de télécharger Adobe Digital Edition (gratuit, Windows et Mac) et de l'installer sur votre ordinateur. Ensuite, vous trouvez et téléchargez sur internet l'ebook de votre choix, vous ouvrez le fichier epub dans Adobe Digital Edition et c'est à vous de lire...
Vous voulez essayez : Piochez dans mon propre catalogue d'ebooks, par exemple... Ou alors débutez l'aventure avec le premier chapitre de mon roman, Lulli, que je publie sur ce blog chapitre par chapitre, tout au format epub.
Vous souhaitez fabriquer un epub : C'est par là.
Et pour une lecture sur iPhone ou iPod touch : C'est là aussi...
Vous avez des questions : Posez-les dans les commentaires, je m'efforcerai d'y répondre.
Source : Lire un epub sur son ordinateur
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Libération sexuelle - Lulli, chapitre 7
Julie
n'a aucune nouvelle de la maternité. Elle ne sait rien de
l'accouchement de Louise et ignore même si celle-ci a accouché. À
son réveil, Nicolas s'étonne de trouver Julie à côté de lui, dans
le lit de ses parents, elle lui rappelle brièvement les évènements
de la nuit et le petit garçon fait : « Ah oui ! je
me rappelle », puis il change de sujet.
Au cours du petit-déjeuner, et plus encore maintenant sur le chemin de l'école, Nicolas se montre plutôt prolixe. Il bavarde, sans rien dire de particulier, avec entrain, comme pour se débarrasser de mots dont il n'a pas l'utilité et qui l'encombrent, comme s'il ressentait le besoin de se délester du superficiel et de l'anecdotique avant de pouvoir atteindre à l'essentiel qui le tourmente, qui se trouve comme coincé en travers de sa gorge et qui s'agite jusqu'à par moments lui faire mal dans l'estomac. Julie le connaît bien, il suffit de le laisser se vider, de savoir que les paroles importantes viennent ensuite.
Main dans la main, ils avancent lentement sur le chemin de l'école et on les dirait ralentis par la brume, tenace ce matin. Le soleil ne chauffe guère, il a dû même pleuvoir un peu tout à l'heure car le bitume est humide sous leurs pas. Nicolas discourt à n'en plus finir et Julie ne parvient à l'écouter que d'une oreille distraite, incapable de garder son attention à l'enfant. Elle a peu dormi cette nuit, a eu son propre lot d'émotions. Elle est fatiguée et le flot des paroles de l'enfant ne lui parvient qu'à travers l'épais brouillard de ses propres pensées vagabondes. De temps à autre, quand elle croit détecter que le petit garçon l'interroge, à un silence prolongé ou parce qu'il a tiré sur sa main pour s'assurer qu'elle l'a bien entendu, Julie répond évasivement, oui ou non, un peu au hasard. Le petit garçon semble s'en satisfaire, qui déroule imperturbablement le fil de sa logorrhée.
Ils sont parvenus à proximité de l'école quand, déchirant un large pan de brume, le soleil les inonde de sa chaleur soyeuse. Il fera beau tout à l'heure, se réjouit Julie. Tout paraît tellement plus facile sous le soleil – à Paris plus qu'ailleurs, songe-t-elle. Quelques rayons suffisent pour que la ville tout entière semble renaître au bonheur, les murs paraissent moins gris, les pigeons moins sales et les Parisiens plus gais, plus vivants, moins accablés par le poids du quotidien. Elle-même déjà sent un peu de sa fatigue qui l'abandonne, comme aspirée par la paille d'un rayon de soleil : elle n'en dormira que mieux sans doute, tout à l'heure.
« Lulli, je ne vais pas pleurer aujourd'hui pour entrer dans l'école. Non, je ne vais pas pleurer. »
[...]
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Nous en sommes au chapitre 7, sur les 12 chapitres que compte ce roman, et vous venez d'en lire les premières lignes. La suite est à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle...
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Source : Libération sexuelle
(A suivre : Lulli, chapitre 8...)
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De Weather Report au Joe Zawinul Syndicate
Fausse alerte ? - Lulli, chapitre 6
La
vessie comprimée par un utérus devenu envahissant, Louise se lève
pour aller uriner. Elle encaisse le premier choc au moment où
dressée sur ses deux poings posés derrière elle, poussant son gros
ventre en avant, elle arrache au prix d'un effort intense son
postérieur à la cuvette. La contraction est soudaine, presque
brutale, provoque une douleur profonde qui la contraint de se
rasseoir. Son visage est blême, sa mâchoire crispée : elle
avait oublié comme cela fait mal.
La douleur s'estompe lentement. Louise souffle, reprend ses esprits. Son corps se détend. Elle tente à nouveau de se lever, y parvient, chancelle un peu et doit prendre appui sur le mur. Elle souffle encore, adresse une grimace à la grosse vache qui la regarde depuis le miroir puis, à petits pas circonspects sur le parquet qui grince et craque, soutenant son ventre de ses deux mains enlacées, elle regagne sa chambre. Dans le lit, Jean-Pierre ronfle bruyamment.
Ce n'est rien, se dit-elle en se glissant sous les draps, une fausse alerte sûrement. Si ses calculs sont justes, il lui reste quatre semaines avant d'accoucher. Elle sait qu'ils sont justes : ce n'est rien, cela va passer. Elle cherche une position confortable pour se rendormir, inspire puis expire profondément, plusieurs fois, et recommande à ce petit être en elle de prendre patience. Oui, cela va certainement passer, tente-t-elle de se convaincre encore. Cela doit passer. Elle ferme les yeux.
[...]
Lulli est ce premier roman que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine. Nous en sommes au chapitre 6 et vous venez d'en lire les premières lignes...
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Fidèle à la nature de ce site, c'est-à-dire à sa raison d'être - une vitrine -, les 12 chapitres que comporte ce roman seront successivement disponibles pour un téléchargement gratuit. Si vous prenez l'aventure en route, vous pouvez préférer la prendre depuis le début...
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Source : Fausse alerte ?
(A suivre : Lulli, chapitre 7...)
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Première fois - Lulli, chapitre 5
« Vous
n'imaginez pas comme j'ai peur », leur
confie-t-elle.
Les trois jeunes femmes sont installées autour d'une petite table en formica, à l'arrière de la petite salle comble d'un café de la rue Saint Bernard. Trois ans ont passé et le rituel s'est figé : deux panachés, un café allongé, un cendrier sur la petite table ronde et, dessous, leurs genoux qui se pressent légèrement. Des volutes de fumée montent de leurs cigarettes, spirales d'argent qui s'enlacent et fusionnent au-dessus de leurs têtes. Et le brouhaha ne s'étend pas jusqu'à elles que l'intimité préserve du monde :
« Non, c'est une évidence, Julie.
Nous sommes incapables toutes les deux d'imaginer ce qu'on peut
ressentir la première fois, dit Michèle avec ironie. J'ai préféré
moi commencer par la deuxième. Quant à cette dévergondée assise à
côté de toi, il faut te figurer qu'elle n'a pour ainsi dire jamais
été vierge.
- En tout cas, je ne m'en souviens plus, confirme Emilie en
éclatant de rire. Tu sais, jolie Julie, il n'y a vraiment pas
de quoi te mettre martel en tête. Ton Alain, si ça se trouve, il en
a une toute petite qui ne te fera pas tellement de mal.
- Ni tellement de bien non plus, c'est au choix », complète
Michèle.
Toutes deux allument à la même flamme une autre cigarette. Qu'elles se moquent donc ! pense Julie. Oui, moquez-vous, pense-t-elle, et le soir n'en viendra que plus vite.
[...]
Lulli est ce premier roman que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine. Nous en sommes au chapitre 5 et vous venez d'en lire les premières lignes...
La suite est à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle...
Fidèle à la nature de ce site, c'est-à-dire à sa raison d'être - une vitrine -, les 12 chapitres que comporte ce roman seront successivement disponibles pour un téléchargement gratuit. Si vous prenez l'aventure en route, vous pouvez vouloir la reprendre depuis le premier billet...
Et n'oubliez pas que les commentaires de
chaque billet vous permettent, si vous le souhaitez, de partager
entre vous - et avec moi - vos impressions de lecture, au fil de
celle-ci ou bien à son terme (qu'il soit prématuré ou non). Je ne
résiste pas d'ailleurs à reproduire cette fois le tant aimable
commentaire de Colombine :
« C'est excellent !! Une belle écriture, sensible et vraie, pleine d'émotion... (comme j'aime) »
Bonne lecture !
***
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Source : Première fois
(A suivre : Lulli, chapitre 6...)
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Le titre du nouveau roman de Marc Levy
Jouons à deviner le titre du prochain Marc Levy
Marc Levy en
est à son douzième bouquin, en à peu près autant d'années. Les onze
premiers avaient pour titres :
• Et si c'était vrai...
• Où es-tu ?
• Sept jours pour une éternité...
• La Prochaine Fois
• Vous revoir
• Mes amis mes amours
• Les Enfants de la liberté
• Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites
• Le Premier Jour
• La Première Nuit
• Le voleur d'ombres
Or, voilà que par une voie que je ne peux sous aucun prétexte révéler ici, je viens de prendre connaissance du titre qui sera donné au tout nouveau et prochain - à paraître dans quelques semaines.
Mais, plutôt que de vous le révéler, je vous propose un petit concours tout simple et qui pourrait se révéler amusant, un petit jeu façon devinette, à peine caustique et tout à fait innocent :
Devinons le titre du douzième roman de Marc Levy
Afin de vous aider un peu, je vous révèle que si celui-ci est dans la veine des onze premiers, comme on pouvait s'y attendre, il ne s'agit pourtant pas d'un de ceux qui suivent - mais ça aurait pu - et qui constituent ma participation à ce petit jeu :
• Impossible n'est pas elle
• Le premier instant
• Toute première étincelle
• Toi toi mon toi
• L'éternité d'après
• Puisque demain sera
• Lourd comme un cheval mort
• Rendez-vous dans dix ans
• Retiens l'amour
• Nous irons au bois
• ...
(Oui, je le sais bien que Google aussi est dans la confidence. On s'en fout, c'est seulement pour jouer à qui trouvera le meilleur titre "à la manière de Marc Levy"...)
Alors ?
Source : Le titre du nouveau roman de Marc Levy
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L’histoire de Julie - Lulli, chapitre 4
« Mais
il ne s'agit pas de ton père. Cette histoire que je te raconte,
c'est l'histoire de Julie, pas celle de ton
père ! »
Ses traits sont tirés, fatigués. Sa peau est grise, presque poussiéreuse. Cela fait cinq jours que je ne l'ai pas vue, elle paraît avoir vieilli de dix ans. Sa voix est lointaine, à la fois plus intérieure et plus résolue. Elle me fixe avec insistance comme pour me signifier qu'elle pourrait s'arrêter encore, qu'il suffirait que je dise 'stop' pour qu'on en reste là. Un sombre avertissement résonne dans chacune de ses phrases – elle en fait trop, comme à son habitude.
« Tu veux tout savoir, tu me demandes pourquoi j'ai exprimé l'espoir que ton père a souffert plus que Julie, il faut d'abord que tu comprennes que c'est à elle que je pensais en disant cela, à sa souffrance à elle. La sienne, celle de ton père, sa souffrance à lui… je n'ai que faire de sa souffrance à lui ! Au cimetière, alors que nous disions au revoir à Julie, je l'avoue j'ai pensé au rôle qu'il a joué dans sa vie, sa vie à elle, et m'a échappé cette bouffée de colère, ce ressentiment dont il n'est pas même digne. Mais c'est son histoire qu'il te faut entendre, celle de Julie, pas celle de ton père. C'est d'elle dont il s'agit si l'on veut laisser s'exprimer la mémoire, si vraiment on veut que cela ait un sens de parler. Raconter oui, mais parce que c'est le seul moyen que Julie continue de vivre en nous, son souvenir… Il importe que tu comprennes ce qu'elle a vécu, ce qu'elle a traversé, ce qu'a signifié pour elle de rencontrer ton père. C'était le jour de son arrivée à Paris, la première personne à qui elle a parlé ce jour-là, dans cette ville, c'était ton père. Le jour de ta naissance aussi, tu le savais je pense, qu'elle était arrivée à Paris le jour même de ta naissance ? »
Je fais non de la tête.
[...]
Lulli est ce premier roman que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine. Nous en sommes au chapitre 4 et vous venez d'en lire les premières lignes. La suite est à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... , voire également sur votre ordinateur - c'est possible et sans difficulté - mais ce serait dommage.
Fidèle à la nature de ce site, c'est-à-dire à sa raison d'être - une vitrine -, les 12 chapitres que comporte ce roman seront successivement disponibles pour un téléchargement gratuit. Les commentaires de chaque billet vous permettent, si vous le souhaitez, de partager entre vous - et avec moi - vos impressions de lecture, au fil de celle-ci ou bien à son terme (qu'il soit prématuré ou non).
Bonne lecture !
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Bonus : Suite à sa lecture du chapitre
3, αяf a comme à son habitude - merci à lui -
laissé un petit commentaire que je ne résiste pas à reprendre ici,
tant il me semble croustillant :
« Lu ! On s'y croirait dis donc ! Je ne fantasmais pas sur ma maîtresse mais sur Fabienne Egal alors speakerine ! On a les fantasmes qu'on mérite.
Sinon, j'ai avalé ce chapitre comme Zahia doit avaler les éjaculations précoces ! Un régal ! »
Bonne lecture !
Source : L’histoire de Julie
(A suivre : Lulli, chapitre 5...)
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Pis que les faucons : les mouettes !
« Et ton père ? » - Lulli, chapitre 3
« Et
ton père ? » C'est la question qu'elles posent sur
l'oreiller quand elles veulent que la conversation prenne un tour
plus intime, qu'on mêle nos pensées après avoir mêlé nos
sécrétions. C'est qu'il arrive toujours le moment où il faut parler
de soi, histoire de sans doute se prouver qu'il ne s'agit pas
uniquement de sexe, l'intimité des mots pour se préserver de
l'impudeur de deux corps qui se sont secoués et pénétrés l'un
l'autre. Encore essoufflée, elle enroule une jambe autour de votre
bassin, pose une main à plat sur votre torse, joue comme sans y
penser avec une touffe de poils, en tournant lentement de l'index,
et, le visage niché dans votre cou, la voilà qui se raconte dans un
long murmure étudié. Et puis, parce que c'est confidence pour
confidence, elle susurre : « Et toi ? Parle-moi un
peu de toi maintenant. »
On se débat avec ça quelques instants, on marmonne un peu, on devient rapidement ennuyeux parce qu'on a rien envie de dire, parce qu'on ne la connaît pas tant qu'on veuille à ce point lui confier son âme. Mais elle dit : « Et ton père ? Parle-moi un peu de ton père » – manière sans doute de savoir où vous en êtes avec votre œdipe. Pas de père, je répondais. Un résumé plus qu'un mensonge, et l'espoir qu'on en reste là, qu'elle n'insiste pas davantage. C'était le contraire qui se produisait. Ça n'avait fait qu'attiser sa curiosité, ce mystère qu'elle croyait deviner – et son index se mettait à tourner plus vite dans les poils, à tirer comme par inadvertance et ça faisait un peu mal. Avec une pointe dans les aigus, assez désagréable, elle s'exclamait soudain : « Mais voyons, tout le monde a un père ! »
Je me taisais. Persister dans le mutisme, attendre que ça lui passe, et peut-être qu'elle saurait ne pas s'appesantir davantage, un reste de pudeur qui la retiendrait d'aller plus loin. Le silence répandait la suspicion, devenait suspect lui-même, et cruciale la question qu'elle posait. Et bientôt elle n'y tenait plus, s'énervait, exigeait une réponse. Il fallait en dire davantage, livrer un peu de soi, lui donner un os à ronger avant que ne vienne l'hystérie : « Il est mort ! Mon père, il est mort quand j'avais quatre ans. »
Oh ! désolée, elle faisait, portant une main à sa bouche. Elle ne savait pas, n'aurait pas dû insister. Elle bégayait et s'excusait cent fois, s'apitoyait maladroitement : un orphelin, comme c'est touchant ! Elle redoublait de tendresses, pour se faire pardonner, se lovait plus près. Pauvre petit, murmurait-elle, empoignant le sexe de l'orphelin, mon pauvre petit chéri, ronronnait-elle une dernière fois avant de l'engloutir.
[...]
Lulli est ce premier roman que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine. Nous en sommes au chapitre 3 et vous venez d'en lire les premières lignes. La suite est à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... , voire également sur votre ordinateur - c'est possible et sans difficulté - mais ce serait dommage.
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Bonne lecture !
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Source : « Et ton père ? »
(A suivre : Lulli, chapitre 4...)
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Juste avant que le sang ne coule
Lulli, chapitre 2 - roman pour ebook
Dans la série "j'expérimente l'édition au format ebook", j'ai résolu de publier mon premier roman - Lulli - sous forme de livre électronique (.epub) et de le diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine.
Fidèle à la nature de ce site, c'est-à-dire à sa raison d'être - avoodware.com -, les 12 chapitres que comporte ce roman seront donc successivement disponibles pour un téléchargement gratuit.
Aujourd'hui
donc, le chapitre 2 - à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou
toute liseuse supportant le
format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... , voire sur votre
ordinateur - c'est possible et sans difficulté - mais ce serait
dommage.
Les commentaires de chaque billet vous permettent, si vous le souhaitez, de partager entre vous - et avec moi - vos impressions de lecture, au fil de celle-ci ou bien à son terme (qu'il soit prématuré ou non).
Ainsi, suite à sa lecture du chapitre 1,
αяf a eu l'amabilité d'écrire le petit
commentaire suivant :
« Lu ! cette histoire est bandante ! [...] Plus sérieusement, j'aime bien la construction entre l'enfant et l'homme qu'il est devenu. Le passage de la mère qui parle de sexe est un vrai régal. J'ai pas pu m'empêcher d'imaginer ma mère me parlant de ces chose là. Etonnant comme on a eu du mal à penser que nos parents sont AUSSI sexués. »
Bonne lecture !
***
Les premières lignes du chapitre 2 :
Elise, ma petite sœur. Elle s'est appelée Elise, on lui a donné un prénom, quelques baisers aussi, sur son minois minuscule et chiffonné, et puis elle est morte. Une étincelle et la nuit aussitôt, nos regards qui ne se sont jamais croisés.
Je n'avais pas demandé à la voir non plus. Ça m'était bien égal la tête qu'elle avait, Elise. On m'emmena à l'enterrement. Je n'avais pas envie. Je n'ai pas pleuré, j'ai joué avec un papillon, penché au-dessus du trou, ne prêtant pas attention à l'oraison que lui faisait mon père. Je ne me sentis proche d'elle que dans la mesure où une main hésitante qui effleure le bois d'un petit cercueil unit l'enfant vivant qui cherche du bout des doigts à appréhender une vérité obscure, parce qu'il pressent qu'elle le concerne, à l'enfant qui n'est plus, que cette obscurité innommable, un prénom gravé dans la pierre, Elise, qui n'était plus rien que cette vérité obscène et que les adultes dissimulaient dans une petite boîte, et sous la terre froide. La boîte était close et l'enfant vivant ne vit pas l'enfant mort.
Une douzaine de photographies avaient été prises qui furent entassées dans une boîte à chaussures. Ma mère inscrivit son prénom, 'ELISE', sur le côté et en lettres capitales – cercueil de carton rangé à son tour dans un coin sombre, oublié en haut d'une armoire. Je ne découvris que des années plus tard, lorsque cela n'avait plus tellement d'importance, ces images jaunies d'un bébé malingre qui aurait été ma petite sœur.
J'avais trois ans et demi, un peu plus. C'était le printemps. Ma petite sœur naissait, et passait déjà. Une petite fleur – éphémère petite fleur. Tandis que ma mère s'endormait à la maternité, souriant à la petite fille posée sur son sein-mamelle, tandis que la petite fille passait d'un néant à l'autre, glissant sur le sourire aimant de sa mère, je vis – et c'était la première fois –, je vis une femme tout entière, une femme qui n'était ni une mère ni une nourrice, ni une maîtresse d'école, une femme qui n'était que cela et tout cela : une femme.
[...]
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Source : Lulli - chapitre 2
A suivre : Lulli, chapitre 3...
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Lulli, chapitre 1 - roman pour ebook
Dans
la série "j'expérimente l'édition au format ebook", j'ai résolu de
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électronique (.epub) et de le diffuser via ce blog au rythme d'un
chapitre par semaine.
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Aujourd'hui donc, le chapitre 1 - à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... , voire sur votre ordinateur - c'est possible et sans difficulté - mais ce serait dommage.
Pour en savoir plus sur le format .epub et la lecture d'ebooks, rendez vous sur la page ebooks et le format epub...
Les commentaires de chaque billet vous permetteront, si vous le souhaitez, de partager entre vous - et avec moi - vos impressions de lecture, au fil de celle-ci ou bien à son terme (qu'il soit prématuré ou non). N'hésitez pas.
Bonne lecture !
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Les premières lignes du chapitre 1 :
L'homme est grand, massif, une odeur de pipe l'accompagne. Il pousse la porte et entre dans la chambre de l'enfant, il pose ses pieds avec précaution sur le sol – ses chaussures vernies crissent légèrement sur le parquet, dans le silence. Il fait nuit. L'homme est le père de l'enfant, il avance sans bruit jusqu'au lit, sans bruit, comme s'il craignait de réveiller l'enfant endormi, ce petit garçon qui n'a pas quatre ans encore et qui dort comme seul un enfant sait dormir, qui dort tout entier et ne se doute pas que son père est là, dans sa chambre, et qui s'apprête à le réveiller.
La lumière tamisée d'une petite lampe veille sur le sommeil de l'enfant. Quand il ne dort pas, la nuit, le petit garçon a peur du noir, il est loin encore d'être un homme. Un homme, ça n'a pas peur du noir, c'est ce que dit souvent le père, il éteint la veilleuse et l'enfant se met aussitôt à pleurer, parce qu'il ne veut pas que l'on éteigne la lumière, ni que l'on ferme la porte : il a trop peur dans le noir. Il ne faut pas, dit le père, il ne doit pas pleurer, il est grand maintenant, un grand garçon, un petit homme déjà.
Ce n'est pas vrai, il est très loin encore d'être un homme. Il n'y a pas de femmes dans sa vie d'enfant, seulement une mère, et aussi sa nourrice, sa maîtresse à l'école et d'autres êtres nimbés de douceur et qui le protègent, qui font en sorte qu'il ait un peu moins peur dans le noir, la nuit, et qui ne sont pas des femmes puisque lui n'est pas un homme encore. L'enfant ne sait pas même ce qu'est une femme, ne sait rien encore de ce qu'elles sont, ni de ce qu'elles font aux hommes, il ignore comme elles sont en vérité bien plus redoutables que la nuit et l'obscurité.
Un jour viendra où lui sera révélée l'existence des femmes, et alors oui il lui faudra prétendre qu'il n'a plus peur du noir, et non plus des femmes, qu'il n'a pas peur non plus des femmes. Il dira « Je suis un homme », il prendra des poses viriles et des femmes qu'il aura eu l'illusion de séduire s'exhiberont devant lui, des femmes nues, lascives, avec leurs yeux qui brillent et leurs lèvres humides, bras et cuisses grands ouverts, et qui l'inviteront en elles, à venir en elles. Et quand bras et cuisses refermés sur lui, le pressant contre leurs mamelles durcies, elles l'attireront loin dans leur antre sombre, leur antre secret, moite et inquiétant, toujours plus loin dedans, alors il devra prétendre que non, bien sûr non, il n'a pas peur de ça, de tout ce noir au fond des femmes, lui qui est un homme maintenant.
***
Merci à vous d'assurer la promotion de ce
billet.
(à cet effet, les trois boutons ci-dessous pourront être de
quelque utilité...)
Source : Lulli - chapitre 1
A suivre : Lulli, chapitre 2...
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Livre papier versus livre électronique
Intitulé
en toute simplicité Le Meilleur de la pensée universelle,
rassemblant pensées et aphorismes de 2.000 auteurs, de Confucius à
Gabriel Garcia Marquez, en passant par Gandhi, Mère Teresa et
Shakespeare - excusez du peu ! -, cet ouvrage de 160 pages mesure
3,20 mètres de long sur 2 mètres de large et pèse la bagatelle de
250 kilos.
Moi qui - je vous dis tout - aime bien lire sur le trône, je me dis qu'il est temps que j'agrandisse mes toilettes. A moins qu'une version ebook soit prévue...
C'est pour le moins la suggestion qu'il serait utile de transmettre à la Maison d'édition péruvienne qui se trouve à l'origine de la publication de ce qui s'avèrerait être le plus grand livre du monde.
Il serait regettable de terminer ce billet en ayant omis de signaler que la Maison d'édition en question se nomme Les plus petits livres du monde.

Permalien : Livre papier versus livre électronique
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ebooks : le format epub et votre iphone
Qu'est-ce que le
format epub ? Comment lire un ebooks sur mon iphone ? Quel logiciel
pour lire un ebooks sur mon ordinateur ? Où lire des ebooks en
ligne ?
Et pour les auteurs, comment créer, publier et diffuser mon propre ebook ?
Telles sont les questions que je me suis posées et auxquelles j'ai désormais quelques réponses qu'il n'est peut-être pas tout à fait inutile que je partage. Je ne suis pas un spécialiste du didacticiel, mais essayons.
Le format epub - Jusqu'à il y a peu, le format numérique adapté à la lecture sur support numérique, c'était le pdf. D'ailleurs, le support numérique, c'était tout simplement, et quasi exclusivement, un ordinateur de bureau. C'était tellement peu pratique que l'on préférait généralement en passer par une sortie papier - ce qui en plus d'être couteux, en encre et en papier, n'était guère écologique.
Et les auteurs qui souhaitaient - ou étaient contraints de - s'affranchir des circuits de l'édition classique pour faire connaître leur travail, n'avaient guère de solutions satisfaisantes : côté papier, l'édition à compte d'auteur (financièrement peu recommandable) ou les éditeurs en ligne (c'est-à-dire une édition unitaire à la demande, nécessairement surtaxée) ; et côté numérique, le pdf donc, voire le .doc ...
Cependant, avec le développement de l'ebook, c'est-à-dire du livre électronique, c'est-à-dire des supports numériques de lecture - le Cybook, le Kindle d'Amazon, le Reader de Sony ou l'iPhone d'Apple (et maintenant l'iPad) - des formats plus souples et plus adaptés ont fait leur apparition. Dont émerge désormais nettement l'Epub - pour Electronic Publication -, standard qui tend très sérieusement à s'imposer, un standard ouvert et libre (non propriétaire) de publication électronique recomposable à la volée - reflowable -, c'est-à-dire dont le texte s'adapte automatiquement au support.
C'est pourquoi vous allez désormais trouver un peu partout sur la toile des textes publiés sous ce format (extension .epub). Et de plus en plus souvent vous allez donc vous poser la question suivante : Mais qu'est-ce que je fais avec ça ? Comment ça marche ?
Lire un .epub sur son ordinateur - Là c'est très simple puisqu'il vous suffit de télécharger Adobe Digital Edition (gratuit, Windows et Mac) et de l'installer sur votre ordinateur. Puis vous trouvez et téléchargez sur internet l'ebook de votre choix (par exemple ici), vous ouvrez le fichier .epub dans Adobe Digital Edition et c'est à vous de lire...
Si vous avez beaucoup d'ebooks stockés sur votre ordinateur et que vous souhaitez en faire une bibliothèque bien organisée bien rangée, Calibre est là pour ça (entre autres choses qu'il sait faire). Ce logiciel (gratuit, Windows, Mac OS X et Linux) dispose d'un lecteur de .epub intégré mais moins performant, à mon goût, que celui d'Adobe...
Lire un .epub sur un iPhone (mais aussi sur un iPod Touch ou un iPad) - Stanza est ici l'application pour iPhone/iPod Touch qu'il vous faut. Elle est gratuite et probablement ce qui se fait en ce moment de mieux dans le genre.
Cette petite iApp, non seulement vous permettra de lire les fichiers ePub que vous aurez trouvés sur Internet, mais elle vous donne également accès à un catalogue très large d'oeuvres publiées en format numérique, gratuites parce que tombées dans le domaine public (par exemple via le Projet Gutenberg) ou parce que leurs auteurs ont choisi de les mettre en accès libre, ou bien payantes (sur différentes librairies en ligne, directement accessibles dans l'application).
Une fois Stanza installée sur votre iPhone (ou iPod Touch ou iPad...), différentes méthodes s'ouvrent à vous afin d'y placer votre fichier .epub.
D'abord, la plus simple - pour peu que vous disposiez d'une connexion wi-fi permettant à votre ordinateur et votre iPhone de communiquer : télécharger et installer Stanza Desktop (gratuit, Windows et Mac) sur votre ordinateur. Téléchargez l'ebook de votre choix (fichier .epub) et ouvrez-le dans Stanza Desktop. Dans l'onglet "Outils", activez "Enable Sharing". Prenez alors en main votre iPhone, lancez Stanza, cliquez en bas sur "Téléchargez", choisissez en haut "Partagé" et, si tout va bien, "Books on nom-de-votre-ordi" devient disponible : vous cliquez et votre ordinateur vous demande alors d'autoriser l'accès. Une fois ceci fait, vous avez accès à votre ebook depuis votre iphone. Vous le téléchargez et vous entamez votre lecture.
Peut-être mieux encore, via Calibre (dont je vous ai dit qu'elle permettait d'organiser vos ebooks en bibliothèque) : pour cela, une fois l'application installée, il vous faut commencer par, dans les préférences de l'application, dans l'onglet latéral "Serveur de contenu", de cliquer sur "Démarrer le serveur". Ensuite, la procédure devient identique à celle décrite ci-dessus : prenez en main votre iPhone, lancez Stanza, cliquez en bas sur "Téléchargez", choisissez en haut "Partagé" et, si tout va bien, "Books on Calibre" devient disponible : vous cliquez et obtenez l'accès à votre bibliothèque d'ebooks sur Calibre.
Si vous n'avez pas accès au wi-fi, donc à votre ordinateur depuis votre iPhone : le mieux est de naviguer sur internet directement avec votre iPhone (via Safari par exemple), de repérer le lien vers l'ebook de votre choix (par exemple ici), de copier ce lien (appui long sur le lien, puis "copier"). Ensuite vous lancez Stanza sur votre iPhone, cliquez en bas sur "Téléchargez", choisissez en haut "Téléchargement" puis "+", collez l'adresse du lien. L'ebook se télécharge et vous pouvez en débuter la lecture.
D'autres méthodes sont disponibles, répondant à toutes les situations. Elle sont décrites sur cette page, mais c'est en anglais...
Lire un .epub en ligne - Il vous suffit d'ouvrir un compte sur bookworm, puis d'uploader vos ebooks...
Trouvez des .epub en ligne - Partout et de plus en plus. En revanche, il peut être utile de vous communiquer l'adresse du site ebooks libres et gratuits qui comme son nom l'indique... et où vous pourrez notamment trouver nombre de grands classiques tombés dans le domaine public...
Et, comme vous l'aurez certainement compris, il y a ces six vieux récits dont je suis l'auteur et sur lesquels je me suis fait la main pour créer mes propres ebooks format Epub. Je me suis pour l'heure contenté de les placer en ligne, plus tard je m'occuperai de faire un présentoir digne de ce nom...
Créer et publier son propre ebook sous format Epub - Cette fois c'est sûr, il vous faut télécharger Calibre et apprendre à l'utiliser. Je vais ici et en quelques lignes me contenter de vous donner les grandes lignes.
La première chose est que Calibre ne gère pas la conversion des .doc et il vous faut donc, si vous utilisez Word, convertir vos fichiers textes soit en .pdf soit en .html via le menu "enregistrez sous". En apparence, ce serait la solution la plus rapide, ne vous resterait qu'à importer le fichier dans Calibre, trouver les bons règlages et convertir au format Epub.
Cependant, vous vous rendrez bien vite compte qu'on ne trouve pas tout de suite les règlages qui conviennent et que le résultat n'est que rarement satisfaisant du premier coup. Ce qui vous contraindra à revenir à votre document Word d'origine, modifier la mise en forme, de nouveau l'enregistrer en .pdf (ou .html), etc... Boucle longue qui devient rapidement fastidieuse.
Aussi, ma recommandation est, si vous ne l'avez déjà fait, de télécharger OpenOffice, la suite bureautique en format libre et ouvert, un produit fort complet et très performant qui n'a qu'assez peu à envier à l'ogre Microsoft. L'avantage est alors qu'il vous est possible d'ouvrir votre document Word dans OpenOffice et de l'enregistrer sous texte ODF (extension en .odt), format que gère très bien Calibre.
Ceci fait, il ne s'agit alors que de travailler votre fichier afin de le mettre en forme de manière aussi homogène que possible : taille de caractères, justification, paragraphes, sauts de ligne etc... Ensuite, dans Calibre, vous cliquez "Ajouter des livres" afin d'importer votre fichier .odt.
Avant d'entamer la conversion, prenez le temps de remplir les champs de métadonnées - bouton "Editer les métadonnée" : titre, auteur, mots clés, dates, descriptif...
Mieux même : créer votre propre couverture (par exemple avec Photoshop), enregistrez là en format image (.jpg, .tiff, .gif, .png ...) et ajoutez-là dans Calibre (toujours dans la fenêtre "Editer les métadonnée").
Vous voilà prêt pour la conversion : bouton "Convertir des ebooks". Différents réglages sont alors possibles via les boutons de la barre latérale. Dans un premier temps, ne touchez à rien sauf si un des réglages vous semble pertinent pour ce que vous voulez faire. Quand vous êtes prêts, faites "OK" : le processus commence, et se termine assez rapidement. Un fichier .epub a été créé, qui se trouve dans le dossier que vous aviez créé à cet effet lors de l'installation du logiciel - et dont vous retrouvez le chemin en ouvrant les préferences, dans onglet "général". Vous pouvez vérifier la qualité du résultat via le bouton "Visualiser", mais ça ne suffira pas.
Afin de vous assurer que vous êtes parvenu à un résultat satisfaisant pour toutes les plateformes, il est hautement recommandé d'utiliser le site bookworm, sur lequel vous aurez préalablement ouvert un compte. Vous uploadez votre fichier .epub sur le site et vous le parcourez attentivement. Si vous décelez des défauts de mise en page ou de mise en forme, vous ajustez votre fichier .odt original - dans OpenOffice - et vous réitérez le processus. Eventuellement, vous tripotez les réglages de conversion de Calibre...
Il n'est pas non plus superflu de visualiser votre fichier, par exemple depuis votre iPhone. Pour ce faire, remontez dans la page et chosissez la méthode qui vous convient...
Une fois votre ebook créé, ne vous reste plus qu'à le mettre en ligne : Si vous souhaitez le mettre à disposition gratuitement, vous l'uploadez tout simplement sur votre espace personnel, site ou blog, ou bien sur des librairies en ligne - en prenant peut-être soin d'y adjoindre une licence Creative Commons. Si vous souhaitez mettre en vente votre texte, Lulu est fait pour vous, qui vous permettra même de placer une DRM sur votre oeuvre - mais bon...
J'ai probablement oublié plein de choses, peut-être même commis quelques erreurs. N'hésitez pas à faire part de vos remarques, apporter des précisions, faire des correctifs ou des suggestions, ou poser des questions dans les commentaires.
Source : ebooks
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Auteurs 2.0 versus lecteurs 1.0
Thierry Crouzet se « pose mille
questions sur la forme que doivent prendre [ses] prochains
textes », parce qu'il sait, dit-il, « que l'idée de livre
n'a plus guère de sens ».
Il n'a « pas trouvé encore comment publier en ligne des textes longs qui autoriseraient en même temps l'interactivité ». D'ailleurs il a « bricolé ces derniers jours avec CommentPress, un template WordPress qui permet de commenter chacun des paragraphes d'un texte ».
Il dit que « ce sera l'occasion d'expérimenté » et c'est vrai qu'il m'arrive de rêver moi aussi que chaque lecteur de ce blog puisse venir commenter sous chaque mot afin, par exemple, de signaler un participe passé abusif.
Narvic a longuement commenté les réflexions de Thierry, parce que lui aussi se pose « la question de la "réflexion déconnectée" ». Il constate notamment que l'«interactif [peut se révéler] totalement superficiel » et que « le recul, la déconnexion, sont parfois utiles voire nécessaires à la réflexion. » Et c'est bien vrai.
Le lendemain, Thierry avait poursuivi sa propre réflexion. Il interrogeait : Les internautes sont-ils des fainéants ?
« Faut-il nécessairement passer par le papier et le circuit traditionnel pour être lu quand on écrit un texte de plus de quelques pages ? » demandait-il plus précisément, constatant en préambule que « les textes longs impliquent un temps long, celui de la réflexion, celui qui laisse l'imaginaire vagabonder, celui de la créativité… »
Il faut bien le dire, je n'ai pas tout de suite compris le lien entre la fainéantise de l'internaute, mise en question, et l'éventuelle nécessité d'en passer par le papier pour donner à lire des textes longs. Thierry évoque sa propre expérience, un livre publié en ligne et qui comptabilise quelques 900 lectures, chiffre tout à fait honorable, annonce-t-il - et il a probablement raison sur ce point - ...
Et alors quoi ?
Fainéants ou pas fainéants, les internautes ?
Le point qui pose problème à Thierry est que, parmi les 900 lecteurs annoncés, seuls deux de ses amis ont consenti à laisser un commentaire. Alors que sur un blog, et sous donc un texte court, les commentaires auraient été incomparablement plus nombreux. Et Thierry alors d'en conclure, pas tout à fait implicitement mais presque, que son livre n'a en vérité pas été lu...
C'est alors à Hubert Guillaud de prolonger la réflexion... Et de s'interroger sur la possibilité d'une interactivité sur des textes longs... Et de parler du caractère inadapté des supports... Et mais de quoi parle-t-on là ?
Bon j'ai moi-même mis en ligne sur ce site six récits, un roman et une pièce de théâtre. A ce jour, tout mis bout à bout, cela a donné lieu à plus de 9 000 téléchargements - et le rythme semble s'accélérer progressivement.
Je n'ai en effet aucun moyen de savoir combien de pages ont été effectivement lues. Et en effet, très peu de commentaires ont été déposés en retour - et non plus pour m'ouvrir les yeux sur la bouillie littéraire que j'aurais osé mettre en ligne.
Mais en quoi est-ce un problème ?
Et si lire (un "livre") était avant tout un acte solitaire ?
Et si lire (un blog) n'était pas lire (un "livre") ?
En quoi donc l'interactivité serait-elle nécessairement un graal à
poursuivre ?
Car c'est en réalité de cela qu'il s'agit pour ces trois messieurs, dont je crois comprendre qu'ils sont spécialistes de ces questions 2.0 : ne pas atteindre à l'interactivité serait nécessairement avoir échoué. Il ne saurait suffire à Thierry d'avoir pour son livre un petit milliers de lecteurs dès lors que ceux-ci sont restés muets. Puisqu'ils ne se sont pas exprimés - alors qu'ils en avaient la possibilité -, ils n'existent pas. Ils n'ont pas seulement non-lu ce livre, ils l'ont méprisé, « ont passé leur chemin », écrit-il.
Le raisonnement est le suivant : le oueb est devenu 2.0 ; donc toute publication sur le oueb bénéficie de la technologie, du concept 2.0 (l'interactivité, le participatif, le collaboratif...) ; donc tout roman publié en ligne est peu ou prou 2.0 ; donc le lecteur lui-même est potentiellement 2.0 - c'est à la fois son avenir et son inéluctable destinée, sa vocation : le lecteur doit désormais interagir !
Mais ça ne marche pas comme ça. Même pour les blogs ou les sites d'informations, sur lesquels en réalité l'immense majorité des lecteurs demeure en mode "univoque". Quelle proportion commente, participe, collabore, interagit ? Une infime partie. Et ce n'est pas un mal, pas un échec façon pourquoi alors Ducros il se décarcasse !
Le oueb est avant tout, et pour la plupart d'entre nous, juste un autre véhicule : il transporte de l'information, des images, de la musique, des vidéos, des textes, depuis un émetteur jusqu'à un récepteur, tout bêtement. Le véhicule comporte nombre d'options tout aussi novatrices qu'extraordinaires, que d'aucuns ont aussitôt adoptées comme indispensables, mais qui reste des options, de simples accessoires.
Le 2.0, c'est chouette, c'est certain. Mais ce n'est que cela. Et c'est pas parce que ma bagnole est équipée d'un toit ouvrant que je suis contraint de systématiquement me la péter cheveux au vent.
L'interactivité, c'est en option. Ou, dit autrement, le lecteur a un droit imprescriptible au silence et à l'anonymat.
Un auteur, un lecteur : what else ?
Source : Auteurs 2.0 versus lecteurs 1.0
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Viva Favela !
Viva
Favela ! Quand les démunis prennent leur destin en main
est le titre d'un livre qui sort aujourd'hui et qui raconte
"l'éveil d'une économie populaire", témoigne de comment au Brésil,
microcrédit et monnaie locale ont permis de sauver une
favela.
L'histoire de la Banque Palmas est le fruit d'une aventure humaine extraordinaire qui a débuté au début des années 1970 dans le Conjunto Palmeiras, une favela située à vingt kilomètres de la ville touristique de Fortaleza, dans le Nordeste.
Les habitants de cette banlieue pauvre et isolée ont inventé, décennie après décennie, des armes originales pour lutter contre l'exclusion, le mépris dans lequel les maintenaient les pouvoirs publics et l'absence d'espoir. Ils ont fait front contre la dictature, ont fait plier le gouvernement de l'Etat pour avoir accès à l'eau, urbanisé eux-même leur quartier et créé de toute pièce une banque : la banque de Palmas.
Après de nombreuses batailles pour relier le bidonville aux services de la ville, Joaquim Melo, ancien séminariste et pilier de cette aventure, nous explique dans ce livre comment, allant contre l'avis de la Banque centrale du Brésil, a été créé en 1998 la première «banque communautaire», inaugurée avec seulement 2 000 reais, gérée par les habitants des quartiers défavorisés et qui dispense des crédits dans sa propre monnaie et sur le modèle du micro-crédit.
Les habitants du Conjunto Palmeiras gèrent à présent une enveloppe de près de deux millions de reais et 46 autres banques communautaires ont vu le jour au Brésil - et près de 3 600 au Venezuela... Le Conjunto Palmeiras est aujourd'hui un véritable quartier.
À l'heure où le monde recherche des modèles anti-crise et des alternatives pour combattre la pauvreté, Joaquim Melo délivre ici un message d'espoir, témoignant avec émotion de son engagement dans ce combat collectif contre la pauvreté, racontant les coulisses de l'invention du système Palmas et rendant hommage aux habitants du Conjunto Palmeiras qui sont les héros collectifs de ce combat contre la précarité.
« La banque communautaire n'est qu'une petite barque naviguant dans les eaux capitalistes. Mais elle navigue. »
Joaquim Melo
Disponible en librairie : Viva Favela ! Quand les démunis prennent leur destin en main, par Joaquim Melo, avec Elodie Bécu et Carlos de Freitas, Editions Michel Lafon, 2009, 284 pp. 17,95 € - ISBN : 978-2-7499-1112-0
Vous pouvez aussi commander le livre en
ligne, notamment sur les sites suivants :
• Librairies
L'arbre à lettres (commande en ligne puis retrait en magasin à
Paris)
• Librairie Kléber
(commande en ligne puis retrait en magasin à Strasbourg)
• Vents du sud (commande en
ligne puis retrait en magasin à Aix-en-Provence)
• Chapitre.com
Source : Viva Favela !
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Népotisme : et moi, et moi, et moi
De la frigidité de l'édition numérique
Arf s'est
engagé dans une aventure expérimentale à la fois littéraire et
numérique, oùil est question du Roman
d'Arnaud, oeuvre 2.0 à trois voix et quarante jours, roman
video-illustré à lire et à voir sur la page Facebook
du Roman d'Arnaud.
Alors, pour marquer le coup, l'ami Arf nous invite à faire la chaîne autour de l'édition numérique, avec une règle - renvoyer sur la page Facebook du Roman d'Arnaud - et trois questions :
1. Lisez vous des livres sur écran ?
2. Si oui, quel type de publication ?
3. Si non, pourquoi ?
Je réponds avec grand plaisir et sans hésitation : Non, je ne lis pas de "livre sur écran".
Je n'en ai aucune envie et je suis bien persuadé que je n'aimerais pas ça. Une histoire d'intimité impossible entre le « lu » et moi, le lisant. D'absence de sensualité aussi... Je m'explique.
Lire un "livre" sur un écran d'ordinateur de bureau est pour moi inenvisageable. L'inamovibilité du point de lecture est absolument contraire à l'esprit de liberté qui à la lecture est consubstantiel. En tant que lecteur, je veux et j'exige de pouvoir lire partout et dans toutes les positions, chez moi, le cul sur une chaise éventuellement, pourquoi pas, mais également allongé dans un lit, vautré dans un canapé, enfoncé dans un fauteuil, avachi entre des coussins, étendu sur le sol ; mais encore assis ou debout dans le métro, dans la salle d'attente d'un médecin, sur les bords de Seine, sur un banc ou la pelouse d'un jardin public, au soleil ou à la lumière d'un bec de gaz... Bref, non seulement partout mais quand, comme et chaque fois que le désir m'en prend.
Et ce n'est pas tout. La taille et la luminosité de l'écran de l'ordinateur de bureau impose une distance entre le « lu » et moi, le lisant, bien trop importante. L'intimité nécessaire à la lecture n'a dans ces conditions aucune chance de se créer. Pour que lecture il y ait, il est indispensable de parvenir à un état de proximité extrême, fusionnel, où le monde extérieur n'existe plus, car seul alors subsiste l'univers autarcique qui se crée au point de rencontre entre les mots de l'auteur et les pensées du lecteur - point de fusion charnelle entre le lu et le lisant...
Un ordinateur portable alors ? Les problèmes précédents n'en sont jamais qu'amoindris, et pas suffisamment : l'objet demeure lourd et encombrant, la distance nécessaire est grande encore, et puis le boîtier chauffe. Le confort du livre-papier n'y est pas.
L'e-book alors ? Non plus.
D'abord parce que je n'en possède pas - et pour cause. Ensuite parce qu'il y manquera toujours l'indispensable sensualité de la page qu'on tourne. Ce geste anodin, du majeur qu'on place sur le coint supérieur droit de la page, qui descend sans appuyer, mais sans effleurer non plus, geste doux et sûr, page qui glisse et se tord, page qui se tord et qui frotte, qui se soulève, hésite entre pouce et majeur, de l'autre côté maintenant, cet autre ressemblant et chaque fois tout à fait un autre, cet autre monde qu'un simple geste découvre, geste qui se termine comme il a commencé, caressant, et qu'on répète encore et encore, inlassablement.
Le petit cri de la page qui se tourne n'est pas moins sensuel, qui d'un livre à l'autre est chaque fois différent. Et voyez-vous, ce léger chuintement de la page qui frotte contre la page, dans le silence, le soir quand ce n'est pas moi qui lit, ce bruit court et sec qui se répète et rythme la lecture de celle qui lit à côté de moi, si proche et si lointaine à la fois, ce petit son à nul autre pareil, son rythme si lent, je le trouve moi terriblement apaisant.
Lorsque j'enfonce le déclencheur de mon appareil photo numérique, rien ne se passe qui ne soit électronique, rien qui implique une mécanique un tant soit peu sonore. Pourtant, le son y est, le même que celui que faisait les appareils argentiques d'antan - il y a dix ans encore. Alors je me doute qu'une telle imitation saurait pouvoir équiper un livre numérique. Il reste que le doux, presqu'imperceptible contact entre mon doigt et le papier ne saurait se retrouver là, ni donc cette sensualité particulière qui, très proprement dit, matérialise la lecture.
Mais peut-être que Le Coucou ou bien Nefisa auront une autre perception. Ou bien Eric ou bien Monsieur Poireau ou bien Eric...
Source : De la frigidité de l'édition numérique
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Shakespeare, les femmes et moi
J'ai toujours
été persuadé que William et moi, nous aurions fait de bons potes.
Ou, bien plus probablement et avec un brin d'humilité, j'aurais été
parmi ses plus ardentes groupies...
« Au-dessous de la taille elles deviennent centauresses,
Bien que femmes au-dessus ;
Ce n'est que jusqu'à la ceinture qu'on trouve l'héritage des dieux,
Au-delà règnent tous les démons :
Là est l’enfer, là sont les ténèbres, là est le cratère sulfureux,
Brûlure, bouillonnement, puanteur, consomption [...] »
William Shakespeare - Le Roi Lear, Acte IV, scène 6
Allez savoir pourquoi ça me parle autant.
*****
Dans un tout autre registre, parce que - pour tout vous dire - ce billet n'est en définitive guère plus qu'un mémo et donc, tant que j'y suis :
« [...] aussi bref qu'un son, aussi fugace qu'une ombre, aussi passager qu'un rêve, soudain comme l'éclair dans la nuit de charbon qui, crachant sa rage, dévoile d'un coup le ciel et la terre mais qui, avant même qu'un homme puisse articuler : "Regardez !", est dévoré par les mâchoires des ténèbres. Toute chose qui brille sombre si vite dans le néant. »
William Shakespeare - Le Songe d'une nuit d'été, Acte I, scène 1
C'est tout simplement génial. Il y a là, dans la musicalité comme dans l'image évoquée, une sorte de fulgurance parfaite :
Soudain comme l'éclair dans la nuit de
charbon qui,
Crachant sa rage, dévoile d'un coup le ciel et la terre
Mais qui, avant même qu'un homme puisse articuler :
"Regardez !",
Est dévoré par les mâchoires des ténèbres.
Une telle beauté me laisse littéralement sans voix.
Toute chose qui brille sombre si vite dans le néant.
Toute chose, et pas Shakespeare,
Etoile géante au firmament du théâtre,
Qui brille et nous éclaire,
Qui brille et nous enchante,
Qui brille sans fin, par-delà les siècles et les siècles.
Une groupie, je vous dis.
Post Scriptum : « La poésie est cette musique que tout homme porte en soi », écrivait William Shakespeare, qui s'y connaissait un peu en poésie. J'ajoute, moi qui ne suis pas poète :
Celui qui a le talent de la donner à entendre hors de lui-même, cette musique muette qu'il porte en lui, celui-là est un poète.
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Source : Shakespeare, les femmes et moi |
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Les éditions Filaplomb font Naufrage

S’il arrive que le navire sur lequel on navigue va bientôt couler, sombrer au beau milieu de l'océan, et que l'on comprend avec certitude qu'on n'en ressortira pas vivant, quelle attitude convient-il d’adopter ?
Peut-être avoir à l'esprit que « nous sommes toute notre vie en route vers notre fin », petite philosophie à laquelle Robert-Louis Stevenson nous invite, au cours de ce Naufrage.
Les Editions Filaplomb vous invitent à la lecture d'un conte méconnu de l'auteur de L'île au trésor, fameux roman d'aventure qui depuis un siècle enchante les jeunes lecteurs - et que les moins jeunes redécouvrent toujours avec un même plaisir.
Traduit de l'anglais et adapté par Didier Ray, les mots de Robert-Louis Stevenson sont ici servis par le dessin de Marcel Uderzo : le ponton, les cordages, la troupe des matelots et l'immense agitation océanique prennent une réalité qui saura vous transporter au cœur de ce Naufrage dont parle la blogosphère...
Robert-Louis Stevenson : Edimbourg, 1850 - Samoa, Polynésie, 1894. Né d’une famille d’ingénieur et très jeune tuberculeux, il a passé sa courte vie à explorer le roman d’aventure et les récits fantastiques. Auteur de « L’étrange cas du docteur Jekyll et Mister Hyde », Stevenson reste le père incontesté de ce genre littéraire.
Marcel Uderzo : Né il y a belle lurette en 1933. Sans être gratouilleur de guitares, il en fabrique pourtant durant vingt ans. Las de cette ritournelle, il réalise ensuite l’encrage et les mises en couleurs de treize albums d’Astérix. Depuis 1980, libre comme l’air, il dessine chez de nombreux et sympathiques éditeurs.
Didier Ray : Dix ans avant le premier pas sur la lune, il découvre « l’Etoile mystérieuse », puis fait un « Tour de Gaule ». Il jette l’ancre un temps parmi les sciences humaines, mais les vents le poussent vers le dessin. Dès lors, il n’a jamais cessé de naviguer entre illustrations, BD, couleurs, musique et mots.
Filaplomb : Editeurs de bonnes nouvelles...
Et pour commander votre exemplaire, c'est 4€20 (frais d'envoi de 0,90 euros inclus).
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Source : Les éditions Filaplomb font Naufrage |
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Edition à la demande : Avoodware épouse Lulu
Du nouveau sur
avoodware...
Parce que quand même un livre, c'est aussi un bel objet.
Parce qu'un livre, à lire, c'est plus confortable - plus qu'un écran ou un paquet de feuilles sorties d'une imprimante et plus ou moins solidement agrafées.
Parce que certains (et plus généralement certaines) d'entre vous m'y ont très gentiment incité - merci !
... vous avez désormais la possibilité de faire l'acquisition d'un ou plusieurs exemplaires de chacun de mes textes sous forme de livres reliés en qualité professionnelle et édités à la demande, en vous rendant chez mon Lulu.
Il n'est pas inutile de préciser qu'aux arrondis près, tous sont vendus à prix coutant. C'est-à-dire que ne reviendront à l'auteur que je suis que les centimes de l'arrondi - mais pour l'heure, je ne cherche pas non plus à me faire rémunérer pour un travail encore bien trop titubant à mon goût. Vous ne paierez que la fabrication et la rémunération de Lulu - et les frais de port.
Dit autrement, pour lire de manière plus confortable, pour faire joli dans votre bibliothèque, pour offrir ou pour caler un pied de table, sentez-vous libres de vous faire plaisir...
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Source : Edition à la demande |
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« Impardonnables » : Djian ou le roman surimi
La
preuve que je ne suis pas obtus, j'ai acheté le dernier roman de
Philippe Djian, Impardonnables. Pis même, profitant d'un
accès de bonne volonté, je l'ai lu.
Je m'étais dit qu'il y avait nécessairement un motif, ayant forcément trait à la littérature, qui expliquait que cet homme-là était reçu sur tous les plateaux et dans toutes les émissions, qui justifiait que son dernier ouvrage reçoive un accueil si unanimement positif à travers tout ce que le microcosme médiatique compte de critiques littéraires.
Je ne vais pas épiloguer sur les motifs, qui de toute évidence n'ont que peu à voir avec la qualité littéraire de l'objet, le fait est que je me suis fait piéger. Une fois de plus. L'avantage est que 230 pages imprimées en gros caractères, ça se lit vite. Malheureusement, et c'est une sorte de prouesse, on parvient tout de même à trouver le temps long.
Tout est dans l'absence de style - ce style dont à juste titre Djian fait dire à son personnage narrateur qu'il est "le moteur de cette folie" que constitue toute entreprise littéraire. Or il n'y a pas ici ce souffle que seul le style est à même d'insuffler à une oeuvre. C'est que l'écriture de Djian est à la littérature ce que le surimi est à la gastronomie : un met conçu pour plaire au plus grand nombre, inconsistant et sans saveur, pas tout à fait indigeste, mais qui vous laisse au seuil de l'écoeurement ; et qui en aucune façon ne saurait vous nourrir, encore moins vous extasier.
Et l'histoire ? Celle d'un vieil homme, écrivain sur le retour, ni sympathique ni complètement antipathique, plus aigri que pessimiste, pas vraiment anti-héro. Pas vraiment un vieil homme non plus en vérité - il a la soixantaine -, juste un vieux con comme il en existe à tout âge. Celui-ci a vécu une tragédie, quinze ans plus tôt, mais ça n'explique rien et d'ailleurs on s'en fiche un peu : voici donc juste un vieux con qui a perdu sa femme et une de ses filles dans un accident de voiture. So what ? Quinze ans plus tard, il fait la gueule à sa seconde fille parce qu'elle lui a fait un sale coup, pendant que le jeune homme déjanté - seul personnage un peu consistant du livre - qu'il a engagé pour suivre sa femme et lui apporter la preuve de son infidélité, devient l'amant de cette dernière. A la fin, ça se termine mal - ou du moins, c'est ce qu'on croit devoir comprendre.
Ce dernier épisode - quand le détective se révèle l'amant - est censé, du moins j'imagine, constituer un des, sinon l'unique rebondissement du roman, le ressort romanesque de l'histoire. Mais cela aussi est raté, et c'est le roman tout entier qui en vérité est cousu de fil blanc. A entendre Philippe Djian s'exprimer à travers la voix de son narrateur, on comprend que pour lui une des qualités qui font les grands écrivains est en leur capacité à être "rusé", "malin". C'est sans doute vrai. Encore faut-il l'être suffisamment pour savoir également dissimuler les trucs qui ont été utilisés. Afin que l'ensemble sonne juste et émerveille.
Dans le roman de Philippe Djian, tout est transparent. On ne se dit pas, émerveillé : il y a forcément un truc. Non, on le voit - le truc - et c'en est désespérant. On les voit tous, sans exception, tous les jeux de miroirs, tous les artifices, toutes les ficelles. Et de fait, tout tombe plat, même l'humour - ce qui en devient tragique. On se retrouve comme devant un illusionniste qui a manqué un tour après l'autre au long de son spectacle, c'est-à-dire affligé. Un peu gêné aussi.
Affligeant, oui, c'est le mot. Comme on s'est laissé prendre une fois de plus, une fois de trop, à mordre dans un bâton de surimi. On le savait, pourtant.
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Source : Djian ou le roman surimi |
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Houellebecq-BHL ou l'extension du domaine de la pute
L'extension
du domaine de la pute, c'est à quoi il m'a semblé assister ce
matin, à entendre sur France Inter, Michel Houellebecq et
Bernard-Henri Levy se plaindre d'être mal aimés par la critique, se
plaindre de la mauvaise image médiatique qui s'attache à eux - eux
qui par ailleurs vendent des livres par centaines de milliers moins
par leur talent que par une surexposition médiatique, justement, et
qu'ils entretiennent avec une science rare.
Ils ont donc écrit un nouveau livre, ensemble cette fois. Sur la couverture, ils se sont autoproclamés Ennemis Publics - et je n'en lirai d'ailleurs pas davantage. Ainsi, les voilà qui promènent aussitôt, de plateaux de télévision en studio de radio, en passant par tout ce que la France fait de magasines, leur longue plainte de mal-aimés, chacun bien calé dans la caricature de lui-même - le dandy vulgaire et le prolo chic, images très soignées - parce qu'ils savent l'un et l'autre que c'est pour eux, encore, le meilleur moyen de vendre.
On apprenait hier, cependant, que le très discret Jean-Marie Le Clézio avait obtenu le prix Nobel.
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Source : Houellebecq-BHL ou l'extension du domaine de la pute |
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La Route, de Cormac McCarthy
Vous pouvez
lire, comme chaque année, Christine Angot ou Catherine Millet, par
exemple, ou d'autres... Il y a parmi eux sans doute quelques
écrivains véritables... de même que parmi les 675 bouquins en
librairie qu'ils ont produits pour cette rentrée littéraire vous
trouverez quelques bons mots qui vous réjouiront, quelques lignes
qui vous désennuieront, peut-être même quelques romans passables et
qui vous feront passer un moment tout à fait sympathique, sait-on
jamais...
Peut-être, je ne sais pas, moi je ne les lirai pas ; pas tout de suite, ne pas acheter ce qu'on veut me vendre, ne pas entrer dans une librairie comme on va en grande surface choisir ses yaourts, et ne pas en sortir comme on a acheté de la viande chez son boucher. Vous l'aurez compris, je n'apprécie guère pas la rentrée littéraire, pas plus que je ne suis jamais parvenu à apprécier ou même estimer un peu l'un ou l'autre des auteurs charismatiques qui en sont les habitués, les fers de lance, les icônes marketing et qui parlent de leur cul ou de leurs intestins, de leurs egos malades, de leurs nostalgies aussi surfaites que convenues, d'un peu de tout et surtout de rien avec à l'occasion un savoir faire indéniable mais le plus souvent sans talent littéraire particulier, sans génie, sans âme : on lit, on aime un peu ou pas du tout, aussitôt on oublie. Au mieux, une passade.
Cormac McCarthy est un écrivain qui a du génie et qui vient de nous livrer un roman phénoménal. Il est entre autres l'auteur de Suttree ou De si jolis chevaux et, plus récemment : Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme - No country for old men que je n'ai pas lu encore mais qui a donné un film splendide réalisé par les frères Coen (lesquels dans leur domaine ne sont pas non plus tout à fait dépourvus de génie). Sur Wikipedia, je lis que "le critique littéraire Harold Bloom considère Cormac McCarthy comme un des quatre romanciers américains majeurs de son époque, aux côtés de Thomas Pynchon, Don DeLillo, et Philip Roth. On le compare régulièrement à William Faulkner et, plus rarement, à Herman Melville. Autant que je puis me le permettre, je confirme - à ceci près que je ne connais pas Thomas Pynchon et que j'aurais également cité Russell Banks.
Bref, venons-en au fait, c'est-à-dire à ce roman phénoménal qu'est La Route, dernier né de Cormac McCarthy donc et livre apocalyptique s'il en est : c'est que la fin du monde a eu lieu ! Un homme - désigné comme "l'homme" tout au long du roman - et son fils - "le petit" - errent sur une terre dévastée, littéralement en cendres, et sous un ciel noir que ne savent plus percer les rayons du soleil. Un monde où toute vie, animale ou végétale, a presque entièrement déserté. Un monde misérable et violent où quelques rares survivants parmi les hommes menacent à chaque pas que l'on parvient encore à faire sur cette route qui ne peut mener nulle part mais qu'ils parcourent tout de même parce qu'il s'agit de ne pas renoncer à être. Parce que contre toute raison, dans ce monde sans espoir, l'homme espère en son fils dont l'innocence semble encore, miraculeusement, intacte. Le petit est ce qui reste de conscience à l'homme et le retient de sombrer dans le renoncement à sa propre humanité. Aussi l'homme assure-t-il la survie de son petit, lui trouve de quoi ne pas mourir de faim ou de froid, le protège des méchants et dit "tu comprends, je dois m'occuper de tout"... tandis que le petit assure la survie de l'humanité de son père et lui répond "non, je dois m'occuper de tout" et c'est lui qui a raison parce que le plus grand danger qui les menace n'est pas la faim ou le froid, ni la mort, mais d'avoir à renoncer à eux-mêmes en devenant à leur tour ces méchants qui pour survivre tuent et mangent leurs semblables plutôt que de continuer à les considérer comme des frères auxquels s'unir dans une solidarité de destin, franchissent l'une après l'autre toutes les frontières de l'humanité et il s'agit donc de n'en pas franchir une seule sauf à risquer de ne plus être différents de ceux-là qui ont tué, décapité, embroché et mis sur les braises un nouveau-né dans l'intention de tromper un peu la faim et prolonger à tout prix leurs existences terrifiantes de solitude. Eux seront donc les gentils, le resteront et même si cela ne devait servir à rien. Désespérément humain et parce que c'est le dernier espoir qui leur reste.
Un roman profondément noir et pourtant éperdument chargé d'humanité et de poésie. Un livre d'une puissance rare écrit au scalpel et qui vous écorchera vif. Vous pouvez bien entendu ignorer mon conseil et choisir de vous plonger une fois encore dans les efforts plumitifs d'une Amélie Nothomb. Sûr alors que vous en ressortiriez indemne, réjoui de pouvoir vous dire que même pas mal !... Cependant, vous ignoreriez aussi combien riche est parfois la douleur quand l'intelligence et la poésie s'en mêlent, et combien la grandeur d'un écrivain parvient par la grâce de ses mots à grandir son lecteur qu'il maltraite de tout son talent et jusqu'à lui arracher le coeur pour mieux l'émouvoir.
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Source : La Route, de Cormac McCarthy |
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[Chaîne de Blogs] Page 123, cinquième ligne : Ulysse
Cela fait
plusieurs jours que je vois se former cette chaîne, dont je n'ai
pas réussi à trouver le premier maillon. Elle me plaisait et
j'attendais avec impatience d'être "tagué" (mot barbare). C'est
ce cher Abadinte qui a
bien voulu mettre fin à mon attente angoissée.
Il y a des règles dont la deuxième [sic] est de citer le règlement. Je m'y soumets et ensuite je m'autoriserai à tricher un peu.
Règlement :
- citer la personne qui vous a tagué et mettre un lien vers son blog ;
- indiquer le règlement du jeu ;
- ouvrir un livre que l'on aime à la page 123 ;
- recopier à partir de la cinquième phrase et les cinq phrases suivantes ;
- indiquer le titre du livre, le nom de l'auteur, de l'éditeur, ainsi que l'année d'édition ;
- taguer 4 personnes dont vous souhaitez connaître les lectures et les avertir sur leur blog ;
Ayant respectueusement réalisé les trois premiers points, j'attaque à présent le quatrième qui, semble-t-il, s'est transformé au fil de la chaîne - façon téléphone arabe 2.0 - en un "recopier la cinquième ligne et les cinq lignes suivantes" beaucoup moins attrayant et que je vais donc feindre d'oublier. Je fais d'ailleurs remarqué à mes petits camarades prédécesseurs qu'une ligne (ou phrase) plus les cinq suivantes font en tout six lignes (ou phrases) et pas seulement cinq - ils sont un certain nombre à avoir ainsi compté comme des cancres, ce qui me donne quelques phrases d'avance et autorise la petite tricherie qui suit et que je ne justifie de fait pas davantage.
M. Bloom fut pris soudain d'une grande volubilité en s'adressant à ses compagnons.
- Il en circule une bien bonne en ce moment sur Ruben J. et son fils.
- L'histoire du batelier ? demanda M. Power.
- Oui. N'est-ce pas qu'elle est bien bonne ?
- De quoi s'agit-il ? demanda M. Dedalus. je ne l'ai pas entendue.
- Le fils avait une fille en vue, commença M. Bloom, et son père avait décidé de l'envoyer sur l'île de Man pour leur éviter de faire une bêtise, mais quand ils furent tous deux...
- Hein ? fit M. Dedalus, ce grand dégingandégandin ?
- Oui, dit M. Bloom. Ils se rendaient tous les deux vers le bateau et il essaya de noyer...
- De noyer Barabbas ! s'écria M. Dedalus. J'espère qu'il l'a fait, par le Christ !
M. Power émit un rire interminable sous l'écran de ses mains qui voilaient ses narines.
- Non, dit M. Bloom, le fils en personne...
Martin Cunningham lui coupa abruptement la parole :
- Reuben J. et son fils décanillaient sur le quai en direction du bateau de l'île de Man quand le jeunot s'est soudain échappé, a sauté par-dessus le parapet et s'est retrouvé dans la Liffey.
- Mon Dieu ! s'exclama M. Dedalus alarmé. Est-il mort ?
- Mort ! s'écria Martin Cunningham. Que non ! Un batelier a pris une gaffe, il l'a pêché par le fond de culottes et il fut ramené comme ça à son père sur le quai. Plus mort que vif. La moitié de la ville était là.
- Soit dit M. Bloom. Mais le plus drôle...
- Et Reuben J., dit Martin Cunningham, s'est fendu d'un florin qu'il a remis au batelier en échange de la vie de son fils.
La main de M. Power ne put retenir le souffle qu'elle tentait d'étouffer alors qu'il pouffait.
- Il le lui a remis, insista Martin Cunningham. Grand seigneur. Un florin d'argent.
- N'est-ce pas qu'elle est bien bonne ? s'empressa de dire M. Bloom.
- C'était un shilling huit de trop, jeta M. Dedalus.
Le rire contenu de M. Power fusa dans la voiture.dans Ulysse, de James Joyce - p.123 cinquième phrase et suivantes, Nouvelle Traduction ; Editions Gallimard (2004).
Il ne me reste plus qu'à nommer les quatre maillons à suivre, qui auront la tâche de respecter scrupuleusement le règlement pour compenser un peu le degré de liberté qu'il m'a plus de prendre. J'appelle donc à la barre :
- Rimbus, mon ami du oueb ;
- Sylvie, qui sait pourquoi ;
- Balmeyer, qui ne sait pas pourquoi mais moi je sais ;
- Zoridae, et je ne sais vraiment pas pourquoi, peut-être pour ses beaux yeux et un sourire qu'on tend en retour à une inconnue croisée dans la rue et qu'on ne reverra sans doute plus...
Précision importante à l'attention des quatre nominés : en aucun cas les vacances ne pourront être prétexte à une esquive. Que vous reveniez demain (pas de chance), dans une semaine (c'est court), dans un mois ou dans un an (vous dansiez, j'en suis fort aise), aucune prescription ne sera intervenue pour vous soulager de ce rébarbatif labeur qui demeure impératif.
Eh bien, dansez maintenant !
Bonus Track :
extraits du final du monologue intérieur de Molly Bloom
Source : Page 123, cinquième ligne : Ulysse
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Kafka sur le rivage, de Haruki Murakami
Kafka sur le rivage : un très grand roman
Kafka
Tamura a quinze ans quand il quitte le domicile paternel. Il en
avait quatre lorsque sa mère en avait fait autant, l'abandonnant à
son père. Il fugue et entreprend un parcours initiatique au terme
duquel il lui aura fallu comme de bien entendu tuer son père et
coucher avec sa mère pour devenir. "La vie est une métaphore", ce
qui ne rend pas pour autant les choses simples.
Nakata est un vieil homme pas très intelligent et incapable d'abstraction. Mais il sait converser avec les chats et faire pleuvoir des poissons. Fort de son esprit simple, ignorant les causes et les conséquences, il fait ce qui doit être fait. Par delà le bien et le mal, instrument innocent du destin, il permet à la métaphore de s'accomplir.
Kafka sur le rivage est un roman d'une richesse poétique époustouflante. Il vous emporte et vous change, comme tout ce qui est beau. J'ai toujours pensé que l'humour était indispensable à l'art, ce livre en est la confirmation. Haruki Murakami est incontestablement un des très grands auteurs du moment. Il nous offre là un très grand roman.
Kafka sur le rivage de Haruki Murakami, aux éditions Belfond
"Kafka sur le rivage", de Haruki Murakami
L'Art de la Joie, de Goliarda Sapienza
L'Art de la Joie : juste un extrait
Une
gourmandise sucrée-salée de quelques 600 pages. Le livre d'une vie,
celle d'une femme insoumise à travers son siècle italien. L'Italie
comme on la suppose, c'est-à-dire comme on l'aime. Une femme que
l'on voudrait avoir bien connue. A dévorer lentement... pour de
chaque page savourer le nectar, de chaque mot la poésie brutale. Un
roman dont chaque page est un roman. Quelques mots extraits de ce
livre fulgurant de Goliarda Sapienza, comme une mise en
bouche - morceaux choisis pas tout à fait au hasard :
Que faisais-je au milieu de ces stylos et de
ces crayons alignés sur mon bureau ? Ou était-ce un autel ? J'avais
commencé par jeu... Mais en regardant en moi-même je vis mon avenir
: prise dans ce traquenard, les jambes coupées par le piège "d'être
quelqu'un". J'avais fui le couvent ; mais la religiosité jetée par
la fenêtre ressurgissait par quelque trou de ma chambre,
chevauchant le rat de l'esthétique. Je le vis, le rat mystique. Les
yeux couleurs de rouille de l'insatiabilité scrutaient, voraces,
des recoins ombreux. Ils épiaient ma jeune chair, ma poitrine, pour
trouver une fissure et entrer en moi et ronger l'ossature de mon
squelette soudée par la joie. L'arrêtant net, je sus que je m'étais
justement méfiée, et que quelques instants d'inconscience encore
m'auraient fait tomber hors de la réalité en proie à cette drogue
nommée "artiste", drogue plus puissante que la morphine et la
religion. Il comprit et il détacha son regard du mien pour
s'enfuir.
[extrait de "L'Art de la Joie" de Goliarda Sapienza, aux éditions
Viviane Hamy.]
"L'Art de la Joie", de Goliarda Sapienza
Luz ou le temps sauvage, de Elsa Osorio
Luz ou le temps sauvage : tendre et fort
A la naissance de
son premier enfant, Luz a l'intuition du secret qui entoure les
circonstances de sa propre venue au monde. La jeune femme part
alors à la recherche de ses origines et le lecteur se retrouve avec
elle plongé dans un morceau de l'histoire tourmentée de
l'Argentine, l'histoire d'une dictature militaire et son cortège
d'atrocités, un temps sauvage où régnait la peur et la répression,
où des êtres proches disparaissaient, étaient emprisonnés, torturés
et assassinés, où l'on l'on retirait les nouveaux-nés à leurs mères
"subversives" pour en fournir comme d'une marchandise les familles
"respectables", proches du pouvoir militaire. Les mères
disparurent, les enfants grandirent dans l'ignorance de leur propre
sang et, plus tard, les grands-mères s'organisèrent pour rechercher
les enfants de disparus et les rendre à leur véritable
identité.
Avec le soutien des Grands-Mères, Luz parvient à reconstituer le fil des événements qui la conduisirent du ventre de sa mère au bras de la fille d'un lieutenant-colonel tortionnaire. C'est à son père qu'elle a fini par retrouver qu'elle en fait le récit. Un roman d'une très efficace finesse qui emporte le lecteur dans sa fluidité lumineuse et parvient sans forcer à l'émouvoir. J'ai beaucoup aimé. A lire et à déguster.
Luz ou le temps sauvage, de Elsa Osorio, aux éditions Métailié
"Luz ou le temps sauvage", de Elsa Osorio
Un parmi "Cent Mille Milliards de Poèmes" : le mien !
C'était à cinq o'clock que sortait la
marquise
Pour de fin fond du nez exciter les arceaux
La découverte alors voilà qui traumatise
Et tout vient signifier la fin des haricots
Il déplore il déplore une telle mainmise
Le vulgaire s'entête à vouloir des vers beaux
L'un et l'autre ont raison non la foule imprécise
À tous n'est pas donné d'aimer les chocs verbaux
Le poète inspiré n'est point une polyglotte
Le lâche peut arguer de sa mine pâlotte
Les croque-morts sont là pour se mettre au turbin
Ne fallait pas si loin agiter les breloques
Grignoter des bretzels distrait bien des colloques
Le mammifère est roi nous sommes son cousin
Sonnet composé à partir et extrait de "Cent Mille Milliards de Poèmes" , de Raymond Queneau
Composez le vôtre... et placez-le en commentaire, ci-dessous.
NB : Au cas où il vous viendrait la bonne idée d'acheter le livre, ayez bien soin de noter cette utile précision, apportée par Queneau lui-même : "En comptant 45s pour lire un sonnet et 15s pour changer les volets à 8 heures par jour, 200 jours par an, on a pour plus d’un million de siècles de lecture, et en lisant toute la journée 365 jours par an, pour 190 258 751 années plus quelques plombes et broquilles (sans tenir compte des années bissextiles et autres détails)", soit tout de même près de 200 millions d'années...
Un parmi "Cent Mille Milliards de Poèmes" : le mien !
De la meilleure manière d'enculer les mouches
LES MOUCHES
A Jean-Paul Sartre
Des hommes se promènent dans la rue.
Certains ont l'oeil éteint comme une chaussette sale
Une morve récurrente leur obstrue les cornets du
nez.
D'autres, brillants, le regard vif
Tournent leur canne en s'en allant.
Tous sont des enculeurs de mouches
Mais il y a deux façons d'enculer les mouches :
Avec ou sans leur consentement.
Boris Vian
De la meilleure manière d'enculer les mouches
argument pour l'édition en ligne
L'édition en ligne est-elle une alternative ? C'est en somme la question qui revient le plus souvent depuis que j'ai construit ce site. Sans ambiguïté, ma réponse est négative. Il ne s'agit ni d'une alternative, ni d'un renoncement. Je conçois cette forme d'édition davantage comme un étape qui ne substitue en rien à l'édition classique.
Je m'explique.
Si écrire est un moyen, moyen de s'exprimer, de sortir de soi, se concevoir comme écrivain c'est chercher à être lu, aller vers les autres avec ça, ce qu'on a écrit. La finalité n'est pas le livre, mais bien le lecteur. Être lu.
Avant l'internet, il n'y avait que deux possibilités. Soit l'on était édité, un manuscrit devenait livre et tout un chacun, le public, devenait lecteur potentiel. Soit on ne l'était pas, ou pas encore, et le seul lectorat possible était alors constitué par l'entourage de l'auteur. Dans un cas, tout le monde, et dans l'autre, personne. Parce que ce qui fait le lecteur est son anonymat, c'est pour une figure sans nom que l'on écrit, et à lui seul qu'on s'adresse. On ne peut lire de la même manière les mots d'un auteur avec qui l'on a une relation personnelle, ce proche qui écrit, que l'on connaît et que l'on veut et croit reconnaître dans les mots qu'il écrit.
Il y avait aussi l'auto-édition, ou l'édition à compte d'auteur, et qui n'est qu'un leurre, qui est selon moi confondre le moyen avec la fin, le livre avec le lecteur. Car ce qui fait l'éditeur n'est pas le livre mais sa faculté de "faire paraître au jour", de rendre public, de diffuser en somme. L'édition à compte d'auteur donne la satisfaction de voir ce qu'on a écrit prendre la forme de l'objet livre, mais un livre dans une tour d'ivoire auquel le public n'a pas accès. Et donc, là encore, point de lecteurs. Ou trop peu.
Aujourd'hui, l'édition en ligne, grâce à ce formidable outil de diffusion qu'est internet, permet de tracer un chemin entre ses deux points que sont l'édition et la non-édition. Elle permet d'élargir un peu le champ des lecteurs. Un peu seulement, il ne faut pas se leurrer là-dessus, car faute de publicité réelle et sauf alchimie imprévisible, on restera invisible au plus grand nombre, noyé dans la masse, en diffusion restreinte. Il reste que chaque lecteur supplémentaire insuffle la vie aux mots qui ont été écrit, simplement parce qu'ils sont lus et qu'ils ont été écrits pour l'être.
Une étape, donc. Ce qui signifie qu'en adoptant cette démarche l'auteur ne renonce pas, en aucun cas, à voir ultérieurement son travail reconnu et édité plus largement, voir ses manuscrits devenir livres, son travail être rétribué, et ses livres achetés par des lecteurs plus nombreux être lus et appréciés. Avoir le plaisir d'être lu et avoir celui d'en donner, et de ce plaisir en obtenir le plus possible.
Une étape aussi, parce que si ce passage par l'édition en ligne permet un tant soit peu à l'auteur qui en passe par là de développer un petit lectorat, c'est également une assise qui ne peut que constituer un plus pour un éditeur qui serait éventuellement intéressé par son travail, une sorte d'argument commercial - le mot n'est pas sale et un auteur n'a pas nécessairement à endosser le rôle un peu hypocrite de l'artiste naïf et pur qui refuse d'être concerné par ce genre d'argument beaucoup trop en-dessous de la ceinture, ou de la hauteur à laquelle il place son esprit... C'est qu'il doit bien y avoir une mauvaise raison, tout de même, pour laquelle les livres ne sont pas distribués gratuitement dans les lieux publics. Pas plus que le pain...
Mais puisque c'est sur ce thème que je suis arrivé, j'en termine par là en disant que si pour ma part j'ai tenu à adjoindre sur ce site la possibilité de "faire un don à l'auteur" à celle de "télécharger librement", c'est bien pour souligner que si ma démarche n'est là en aucun cas commerciale, je n'en vise pas moins à une certaine reconnaissance de mon état d'écrivain et du travail, en sus du plaisir, que cela implique.
Pour faire court, disons qu'il s'agit d'une proposition faite aux lecteurs d'un mécénat symbolique. A moins que ce ne soit en définitive la proposition elle-même qui relève d'une certaine symbolique...
Ma bibliothèque idéale
Le coup de l'île déserte
Faisons l'exercice. Je suis une sorte de Napoléon
qu'on envoie en exil au loin, sur une petite île. Je prépare ma
petite valise bibliothèque. Je prends (dans l'ordre où ils me
viennent à l'esprit) :
- "Ulysse", de James Joyce (parce qu'après deux lecture et demi, il
me reste tant à comprendre)
- "L'Enfer", de Henri Barbusse
- "L'Homme qui rit", de Victor Hugo
- "La Bible", dans sa "nouvelle traduction" (parce que, je dois
bien l'avouer, je suis très loin encore de l'avoir parcourue dans
sa totalité...)
- "Tieta d'Agreste", de Jorge Amado
- "Pourfendeur de nuages", de Russell Banks
- "Le Voyage d'Anna Blum", de Paul Auster
- "Septentrion", de Louis Calaferte
- "Demande à la poussière", de John Fante
- "Sexus", de Henri Miller
- "Ocean mer", d'Allessandro Barrico
- "Le Maître et Marguerite", de Mikhaïl Boulgakov
- "A la merci d'un courant violent", de Henri Roth
- "Les Mille et une nuits" (bien sûr !)
- "Beloved", de Toni Morrison
- "Le Voyage au bout de la nuit", de Céline
- "Si c'est un homme", de Primo Levi
- "La Storia", d'Elsa Morante
- "Le grand cahier", "La preuve" et "Le troisième mensonge"
(trilogie), d'Agota Kristof
- "La Vie mode d'emploi", de Georges Perec
- "Belle du Seigneur", d'Albert Cohen (mais aussi "Solal" !)
Et puis, parce que je cours depuis toujours après
le moment propice pour les lire enfin - je sais, c'est une grave
lacune de ne l'avoir encore fait :
- "A la recherche du temps perdu", de Proust
- "Confessions", de Rousseau
- "Mémoires d'outre-tombe", de Chateaubriand
Un peu de théâtre aussi, bien entendu : Shakespeare, Tchekhov, Beckett, Ibsen... Molière, Corneille... et puis quelques tragédies grecques, évidemment.
Il y a des oublis, c'est certain. Je n'aimerais pas qu'on m'expédie sur une île déserte.






