Lait maternel ou implication paternelle



père enfant biberonJ'ai écouté Elisabeth Badinter, ce matin sur France Inter, qui était invitée suite à la parution de son dernier bouquin, Le conflit, la femme et la mère. Comme toujours, cette femme d'une intelligence rare fut passionnante.

Elisabeth Badinter conteste avec virulence que le femme doive être soumise à un devoir de maternité, concept aussi bien propagé par une société qui connait un retour de machisme particulièrement régressif, que par un certain courant féministe pour lequel la maternité serait l'acmé de la vie d'une femme. En particulier, elle pointe du doigt une société qui, sacrilisant la nature jusqu'à l'excès, tend à culpabiliser les femmes autour de la question de l'allaitement.

« Toutes le doivent, le peuvent, c'est un commandement de la nature. Sinon, vous avez droit à cette phrase culpabilisante : "Vous ne voulez donc pas le meilleur pour votre enfant ?" Désolée, mais il y a deux catégories de femmes. Celles qui aiment à se retrouver dans l'état de mammifère et celles qui détestent. Celles qui adorent allaiter et celles qui n'aiment pas. Nous n'appartenons pas à l'espèce des babouins, qui font tous la même chose. », explique-t-elle dans un entretien qu'elle a accordé au journal Ouest-France.

Il y a ici, sur cette question de l'allaitement, un angle de la question qui n'est jamais abordé : au-delà de la discussion autour des mérites comparés des laits maternel (forcément bon puisque naturel) et artificiel (forcément mauvais puisque pas maternel), l'implication du père dans les premières semaines de vie d'un nouveau né n'est-elle pas tout aussi essentielle pour le bien-être de l'enfant ?

Un nouveau-né a passé de longs mois dans le ventre de sa mère et, dès la naissance, se retrouve bien souvent blotti contre la peau de celle dont il connaît déjà la chaleur, l'odeur, la voix et le rythme des battements de son coeur. Le père, peu ou prou, est encore un étranger avec lequel un lien - d'abord charnel - reste encore à tisser. Or à quoi se résume les premières semaines d'un enfant ? Il dort, il pleurt, il mange, on le caline, il rote, il défèque, on change sa couche, il dort. Et une fois par jour, un bain et des soins (cordons, yeux, etc...).

Quelles sont alors les conséquences de l'allaitement ? Dans le meilleur des cas, les tâches sont partagées : à la mère ce moment délicieux où, après les pleurs, parce qu'il a faim, l'enfant se trouve rassasié ; et au père de changer la couche salie, alors que souvent, déjà fatigué et n'aspirant qu'à se rendormir, l'enfant ne comprend pas qu'on l'emmerde (alors qu'en réalité on le démerde). Partage si peu équilibré en réalité que, dans de nombreux cas, "naturellement", le père prendra son mal en patience et attendra que l'enfant parvienne au stade du jeu, où un échange mutuel paraîtra plus évident.

C'est une arnaque. Ce que bien des pères ignorent, parce qu'ils n'en font pas l'expérience, est que dès les premiers moments de la vie, il se produit un échange total entre le nourisson et celui qui le nourrit, fut-ce avec un biberon. Parce que le moment où le bébé est le plus en état de réception et de communication est précisément celui où, reposé parce qu'il vient de se réveiller, mais plus tout à fait affamé, niché confortablement entre les bras de son père ou de sa mère, il tète tranquilement et jusquà lextase.

Mais au-delà de l'arnaque, qui pour moi est une invitation plus que suffisante pour un père à exiger de partager avec la mère la responsabilité et le bonheur de nourrir, il est incompréhensible qu'on n'oppose pas aux bienfaits supposés de l'allaitement maternel, les bienfaits pour l'enfant de développer dès les premiers instants, puis dès les premières semaines, une relation forte, tendre et charnelle, avec son père, cet étranger qu'il découvre et qu'il ne découvrira jamais autant si celui-ci n'est pas reconnu comme cet autre qui le nourrit - et plusieurs fois par jour.

Il en est d'autres, de ces rares moments privilégiés, où l'enfant ne dort pas et est en état de réceptivité. Le moment des soins par exemple. Mais là encore, il faut au père la volonté de s'imposer, ne pas se retrouver en situation de dépendance vis à vis du savoir maternel, qui n'est pas naturel, qui provient simplement du fait qu'elle était présente à la maternité, nécessairement, lorsque l'infirmière est venue la toute première fois délivrer le mode d'emploi. Peu importe si le père n'est pas présent, la mère lui transmettra ce savoir, qui devient alors un pouvoir, puisqu'elle en a eu la primeur : « Puisque je te dis que ce n'est pas comme ça qu'il faut faire ! ».

Il en est d'autres, mais ils sont incomparablement moins fréquents. Et puisqu'un enfant se fait à deux - le plus souvent -, moi qui est fait cette expérience, et à trois reprises, je ne saurais qu'inviter, et inciter fortement les nouveaux pères à exiger d'obtenir toute leur place auprès de leur enfant, et ce dès le premier jour. Cela passe par être un père nouricier. Cela signifie, au minimum, de mettre en place un système d'alimentation mixte : un coup le sein, un coup le biberon - ce qui implique, oui messieurs, de se lever la nuit...

Et vous, mesdames, comprenez que le combat féministe en passe nécessairement par un renoncement à certains de vos grands privilèges. Si vous voulez que les hommes changent les couches, il faut cesser de leur dissimuler que c'est un grand plaisir que de mettre le nez dans cette merde-là, que ce n'est pas tant cette corvée à laquelle vous vous sacrifieriez. Surtout, ils n'accepteront de bon gré de changer les couches que s'ils prennent toute leur part dans ce qui la produit, cette merde : l'alimentation du bébé.



J'ai par ailleurs beaucoup aimé aussi, moi qui suis politiquement un écologiste convaincu, la manière qu'Elisabeth Badinter a de s'en prendre directement à une certaine écologie-naturaliste à la Cécile Dufflot, qui tend à accorder par principe la priorité au naturel :

« L'histoire des couches-culottes est révélatrice. Plus de couches jetables, elles polluent.Le raisonnement écologiste l'emporte sur le raisonnement féministe qui voudrait que l'on produise des couches biodégradables. Et surtout que l'on ne me dise pas, comme Mme Duflot, que la solution est la couche lavable que les hommes aussi peuvent enfourner dans les machines à laver. »



Source : Lait maternel ou implication paternelle






ebooks



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J'ai une moitié arabe



autoportrait Francis BaconJ'ai une moitié arabe.

Enfin, arabe…

Un juif libanais, c'est un arabe ?

Pour un profane, en tout cas, ça y ressemble vachement.

Déjà, ça parle l'arabe.

Ensuite ça parle fort.

Et puis ça mange des pâtisseries trop sucrées et ça aime ça.

Et puis, aussi, ça vous a un air très viril. A l'extérieur...

D'ailleurs ça croque dans le piment comme si c'était un concombre.

Un arabe quoi !



Bon, l'autre moitié est plutôt russe. Le côté intello des steppes qui biberonne à la vodka en prenant un air raffiné. Voyez le genre...



Et aussi j'ai un gros nez.



Source : J'ai une moitié arabe






Un iphone déshabilleur



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Pourquoi je bois



ligue anti alcool 1919

Cette affiche anti-alcool date de 1919.
Heureusement, ces dames aussi.



Source : Pourquoi je bois




Télé réalité de merde



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Neuf neuf neuf (révolution 9)



Pavés neufNeuf neuf neuf je suis un homme neuf. Petite comptine de la révolution intérieure. Neuf neuf neuf je me remastérise les connexions synaptiques et hop hop hop je suis tout neuf. Révolution. Révolution. Je tourne. Je tourne en rond. J'étais celui-ci, un petit tour sur moi et hop je suis celui-là. Ils ne voient pas la différence. Passent les passants. Les satellites tournent aussi. Tournent tournent tournent et me font marrer. Passent les ignorants. Tête basse. Oeil morne. Marre marre marre. Qui est qui. Qui est quoi. Je suis là. Qui est elle. Seul seul seul où sont les meufs. Petits minous et leurs mitaines. Vie de chien vie de chatte. Vies à quatre pattes. Bête à deux dos. Vivre et mourir neuf fois. Petites vies petites morts et grandes teufs. Neuf neuf neuf Paris sur le pont neuf. Nuit neuve et noire sous la lune rousse. Faire un double noeud de neuf. S'amarrer, se marrer, larguer les amarres. Neuf neuf neuf et saute dans la marre. Plouf plou plouf. Petit chat échaudé. Petit chat qui craint l'eau froide. Petit chat qui fume et qui miaule sur la gouttière. Solitaire. Goutte à goutte la vie qui goutte. Ploc ploc ploc petit saut dans la grande flaque. Fais pas l'enfant. Homme enfant qui aime la femme enfant. Homme enfant qui met au monde l'enfant enfant. Qui met au monde le monde et aux ordures les ordures. Neuf neuf neuf le monde est tout neuf. Aux ordures les ordures. Où sont les keufs. Sous la lune je suis tout neuf. Lune ronde lune blonde. Noyaux de prunes. Tac tac tac j'en ai ma claque. Talons aiguilles qui font la guerre sur le pavé. Jupe courte jupe longue. Reflet de lune dans la flaque. Reflet noir sur le bitume roux. Coule coule coule son sang noir. Oeil en amande et éclair d'argent. Larmes sèches et noyaux de prunes. Petite chatte ne miaule plus. Boum boum boum sous son sein blanc. Silence sur le pont neuf. Révolution du silence. Je tourne. Je tourne en rond. Cri au fond de la gorge. Passent les passants sur le pavé ignorant. Ramasse les ordures. Sèche les larmes. Silence tout neuf. Tourne tourne et retourne. Caillou dans l'eau. Rond dans la marre. Ventre de la nuit qui s'arrondit. Son enfant à paraître. Aube noire et petit matin blanc. Tout doit disparaître. Nuit nuit nuit. Tout a disparu. Veau vache et boeuf. Abattoir de la nuit. Abattoir du jour. Sang sang sang. Vie qui coule. Eau qui lave. Vent qui chasse. Neuf neuf neuf je suis un homme neuf.



Crédit photo : Brassaï





Source : Neuf neuf neuf




Le syndrome de Pygmalion



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Shakespeare, les femmes et moi



volcan, cratère, vagin infernalJ'ai toujours été persuadé que William et moi, nous aurions fait de bons potes. Ou, bien plus probablement et avec un brin d'humilité, j'aurais été parmi ses plus ardentes groupies...


« Au-dessous de la taille elles deviennent centauresses,
Bien que femmes au-dessus ;
Ce n'est que jusqu'à la ceinture qu'on trouve l'héritage des dieux,
Au-delà règnent tous les démons :
Là est l’enfer, là sont les ténèbres, là est le cratère sulfureux,
Brûlure, bouillonnement, puanteur, consomption [...] »


William Shakespeare - Le Roi Lear, Acte IV, scène 6


Allez savoir pourquoi ça me parle autant.


*****


Dans un tout autre registre, parce que - pour tout vous dire - ce billet n'est en définitive guère plus qu'un mémo et donc, tant que j'y suis :


« [...] aussi bref qu'un son, aussi fugace qu'une ombre, aussi passager qu'un rêve, soudain comme l'éclair dans la nuit de charbon qui, crachant sa rage, dévoile d'un coup le ciel et la terre mais qui, avant même qu'un homme puisse articuler : "Regardez !", est dévoré par les mâchoires des ténèbres. Toute chose qui brille sombre si vite dans le néant. »

William Shakespeare - Le Songe d'une nuit d'été, Acte I, scène 1


C'est tout simplement génial. Il y a là, dans la musicalité comme dans l'image évoquée, une sorte de fulgurance parfaite :

Soudain comme l'éclair dans la nuit de charbon qui, 
Crachant sa rage, dévoile d'un coup le ciel et la terre 
Mais qui, avant même qu'un homme puisse articuler :
"Regardez !", 
Est dévoré par les mâchoires des ténèbres.

Une telle beauté me laisse littéralement sans voix.


Toute chose qui brille sombre si vite dans le néant.

Toute chose, et pas Shakespeare, 
Etoile géante au firmament du théâtre,
Qui brille et nous éclaire,
Qui brille et nous enchante,
Qui brille sans fin, par-delà les siècles et les siècles.


Une groupie, je vous dis.



Post Scriptum : « La poésie est cette musique que tout homme porte en soi », écrivait William Shakespeare, qui s'y connaissait un peu en poésie. J'ajoute, moi qui ne suis pas poète :

Celui qui a le talent de la donner à entendre hors de lui-même, cette musique muette qu'il porte en lui, celui-là est un poète.



Source : Shakespeare, les femmes et moi




En Jeanskini®™ à la piscine



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Aimer



Dire "je t'aime" n'est pas aimer.

Aimer est un verbe d'action.
Sourire est une manière d'aimer, par exemple.
Et si je proclame que "je mange", ça ne me nourrit pas.

Aimer.
Les mots n'y suffisent pas.

D'un autre côté, les mots flattent, touchent et finalement caressent.
« Comme tu es jolie et comme je t'aime ! »
Ça ne mange pas de pain et ça peut nourrir son homme.

Ce n'est pas la chair qui est faible, c'est l'esprit.

Tant mieux.



(et tant pis pour le divin)



Source : Aimer




Petit poème câlin



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500 euros et 500 secondes par dedalus



chaîneC'est une chaîne à laquelle je n'ai pas été convié, mais celles-ci ont toujours été les petites sauteries que je préfère. D'ailleurs je ne suis pas non plus le premier à taper l'incruste.

J'ai découvert cette chaîne chez Gaël, mais si j'ai bien tout compris, elle a pour origine le site Lyon69.net - c'est dire si elle vient de loin.

Toute chaîne de blogs possèdant son propre règlement, commençons par reproduire celui-ci :

1. Avoir un blog ;
2. Écrire un article relatant ce que vous feriez s’il vous restait 500 euros et 500 secondes à vivre. Vous avez carte blanche, que ce soit un 3 mots ou en 500 lignes, laissez libre court à votre imagination ;
3. Relancer la chaine en invitant 5 de vos amis à répondre à leur tour à la question ;
4. Faire référence à cet article et à ces mini-règles afin que l’on puisse tracer tous les participants ;
5. Intituler votre article “500 euros et 500 secondes par Votre Nom”.

Notons également que cette chaîne est en sus un jeu où le gagnant remporte un prix surprise. Pour gagner, il faudra être le blogueur qui aura généré le plus grand nombre de commentaires suite à son billet - compteurs arrêtés au 16 février, minuit. Mais bon...

Avant d'aborder le point n°2 du règlement, et donc le coeur du sujet, il me reste encore à être sagement respectueux du point n°3. J'invite donc à rejoindre la présente chaîne : Maghnia (parce qu'elle est jolie), Eric - bloggeur citoyen (parce qu'il le vaut bien), Rimbus (parce que !), Café-Croissant (parce qu'il gagne à être connu) et Framboise (parce que ça pourrait être amusant).

Venons-en maintenant au fait. Et si donc il me restait à la fois 500 euros et 500 secondes à vivre ?

D'abord et accessoirement, s'il me restait 500 euros pour mes dernières 500 secondes à vivre, de deux choses l'une : soit j'aurais fini en tirant jusqu'au bout le diable par la queue, mais sans laisser non plus de dettes - 500 euros, ce n'est tout de même pas rien ; soit j'aurais au contraire su préférer dépenser qu'amasser - car tout de même, 500 euros ce n'est pas beaucoup.

Ou bien - cela me vient en réfléchissant un peu à ce que j'écris -, ou bien j'aurais gagné beaucoup d'argent, aurais beaucoup épargné, placé beaucoup à la banque, répartissant des sommes considérables sur divers placements financiers attractifs. Et puis, de crises financières en cracks boursiers, tout cela se serait soudainement volatilisé et ne me resterait plus en poche que 500 euros, c'est-à-dire, inflation aidant, à peine de quoi m'acheter un dernier paquet de clopes - ce qui expliquerait sans doute également pourquoi, une arme entre les dents, il ne me resterait alors plus que 500 secondes à vivre...

Mais ce n'est pas dans cette hypothèse extrême que je souhaite me situer. Surtout, 500 euros ou pas, s'il me restait 500 secondes à vivre, peut-être alors que,comprenant enfin l'urgence, je me (re)mettrais enfin à écrire ce putain de roman plutôt que de gaspiller mon temps à contribuer à des chaînes auxquelles je n'ai pas même été convié - et en laquelle je ne me suis incrusté que pour dire ceci et parce que j'ai la terrifiante faiblesse de croire qu'il me reste un peu plus de 500 secondes à vivre, ce qui est parfaitement imbécile.



Source : 500 euros et 500 secondes




Il suffira d'un signe



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Coup de vieux



Je savais que ça allait arriver. Ce jour où pour signifier que c'était il y a longtemps, des plus jeunes que moi diraient... Mais attendez, je vous raconte, ça vient d'arriver. Cela vient de m'arriver !

Un reportage à la radio, autour du trentième anniversaire de la mort de Jacques Brel. La journaliste interroge des enfants. Vous savez qui est Jacques Brel ? Vous connaissez ses chansons ? Et un sale petit morveux de répondre : « Jacques Brel ? Mais c'était au vingtième siècle ! »

Eh, les gniards, vous savez quoi ? Au vingtième siècle, on chantait ça :





Or moi, voyez, je suis peut-être con mais je ne suis pas un bourgeois (bobo à la limite, mais pas bourgeois). Sûr donc, mes cochons, qu'un bon nombre d'entre vous seront vieux avant moi !


en plus, quand cette magnifique chanson a été écrite, en 1964, j'étais même pas né...



Source : Coup de vieux




AC-DC, nouvel album et Bon Scott

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La lettre de Jacques



Via le formulaire de contact de ce site me parviennent deux sortes de messages qui se répartissent en quantités à peu près égales : des spams parce que mon filtre n'est pas assez robuste, et des petits mots de lecteurs, le plus souvent très aimables - mais il est assez probable que ceux qui auraient éventuellement des choses désagréables à me dire ne prennent généralement pas cette peine (c'est d'ailleurs bien dommage : je serais tout autant intéressé par quelques judicieuses critiques).

Le nombre relativement limité de ces messages me permet sans mal de répondre à chacun. A l'occasion, cela donne lieu à quelques échanges tout à fait sympathiques. Mais j'ai trouvé ce matin le message suivant dans ma boîte auquel je ne sais pas répondre :

objet : Demande

Bonjour monsieur,
Je suis toujours aussi agréablement surpris lorsque je visite votre site ; vos oeuvres sont pour moi toujours aussi magistrales et déroutantes, mais tellement attachantes.
Pourrais-je avoir une photo dédicacée ?
Cordialement vôtre, Jacques xxxxx
[xxxxx adresse postale xxxxx]

Je ne sais pas répondre parce que je ne parviens pas à me défaire de l'idée que c'est une blague.

Non pas que la demande d'une photo dédicacée serait en elle-même ridicule, pas plus que l'éloge qui la précède. L'incongruité ne provient pas de Jacques ou de sa demande, mais du fait qu'à mes yeux je n'ai encore rien écrit qui puisse me valoir un tel honneur, qui puisse m'autoriser à penser qu'il serait envisageable de répondre à une telle demande, à penser que cela puisse être autre chose qu'une blague. Quand jour après jour je constate la difficulté que j'ai à m'extirper d'une certaine médiocrité littéraire, il me parait inconcevable que d'autres puissent dans le même temps prendre à ce point plaisir à me lire, à lire tel ou tel texte qu'il m'a fallu à moi tant de labeur pour le commettre et qui me procure tant de cruelles insatisfactions, inconcevable d'être cet écrivain qui existerait pour quelqu'un au-delà des mots qui ont été écrits.

C'est pis que cela. De toutes les choses que j'ai écrites, la seule qui m'a donné quelque satisfaction, celle que j'ai pris un plaisir entier à écrire, celle sur laquelle je n'ai en vérité pas trop peiné et en laquelle je parviens finalement à me reconnaître un peu, est aussi celle qui provoque le moins d'enthousiasme, voire le plus de critiques chez ceux qui ont bien voulu la lire. C'est tout dire de mes incapacités et il y a tant d'autres auteurs maladroits ou poussifs qui sévissent, et nombreux aussi parmi ceux qui sont édités et dont les livres garnissent les rayons des librairies comme autant de bouses sans âmes et qu'on vend parfois par dizaines ou centaines de milliers comme autant de rouleaux de PQ parfumés à la violette, que je me refuse le confort égotiste et prétentieux qu'il y aurait à me dire ou me vivre écrivain.

J'ai trop de respect et d'admiration pour les vrais écrivains pour galvauder leurs talents d'artistes en feignant d'ignorer que ce qui me manque, pour le moins, c'est précisément la sensibilité de l'artiste, cette capacité à abolir la frontière entre l'en-dedans et l'au-delà de soi, à la sublimer en autre chose qui est encore eux et qui dans le même temps deviens nous et nous parle. Je sais trop quel est mon propre enfermement.

Une photo de moi dédicacée ? Ce serait consentir à me hisser plus haut que moi-même en me plaçant sur le piédestal de l'écrivain où je considère pour l'heure (et probablement pour longtemps encore) n'avoir rien à faire. Mais d'ailleurs, l'artiste a-t-il jamais quelque chose à faire au-delà de son oeuvre ?

Prenons la question par l'autre bout. Si je demandais à Jacques, ou à n'importe lequel d'entre vous qui me lisez actuellement, de m'envoyer une photo dédicacée, que pourriez-vous penser ? Que de toute évidence ce n'est rien d'autre qu'une vaste blague. Un peu d'ironie dont il serait tout à fait insensé de chercher à se flatter.

C'est précisément pour cette raison, donc, que je tiens à remercier Jacques. Pour le rappel utile dont sa lettre est l'occasion : ne pas oublier qu'il y a d'une part les mots que je fais et de l'autre celui que je suis, et entre les deux une distance qu'il s'agit de réduire mais qu'on ne saurait tout à fait abolir.

Ainsi, chaque texte que j'écris est la tentative d'une photographie d'une part de moi. Le jour où le cliché sera un peu réussi, il s'agira alors d'en tirer quelques exemplaires à exposer et qui feront un livre. En attendant, écrire parce que c'est mon chemin et ne rien en attendre parce qu'il n'y a rien au bout que moi-même.



Source : La lettre de Jacques




La télé appartient à ceux qui la paient !

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Flirt en spam et plus si affinités



Gustave Courbet - Femme à la vagueCe matin, j'ai reçu une lettre très émouvante. Elle émane d'une jeune femme très belle que je ne connais pas et qui a oublié de joindre une photo d'elle toute nue. Grand romantique, je suis convaincu que ces quelques mots naïfs et sincères qu'elle m'adresse sont les prémices d'une grande et belle histoire d'amour.

J'ai souhaité vous faire partager ce moment rare d'un flirt innocent et en lequel déjà, et néanmoins, on soupçonne les déchaînements furieux d'une passion qui saura m'arracher bientôt à ma petite vie monotone de pépère de famille, cette vie triste et sans âme que je vis sans même réaliser combien elle est pitoyable :

Salut ! J'ai trouve votre profil sur Internet et et j'aimerais faire la connaissance avec vous , et je serais ravie si nous nous connaissons mieux, qu'est-ce que vous en pensez ?

Je vous ecris et j' espere que vous attirer l'attention a moi, je suis tres bonne et tendre, j'espere que je vous plairais.

Je viens de penser qu' on peut passer a "tu"?

Je vais attendre ta reponse. Je veux juste dire que si je ne peux pas acceder a ce site tu peux m'ecrire a mon adresse e-mail:  yuliyak52@yahoo.com

Je vous laisse son adresse afin que vous puissiez lui exprimer votre admiration. Il est possible même qu'elle ait déjà pensé à déposer une liste de mariage afin qu'il vous soit possible de contribuer à notre bonheur et à sa sensualité : matelas à eau, draps en soie rose, yacht et autres babioles. N'hésitez pas à la contacter et à vous réclamer de mes amis, vous serez accueillis comme tels. Comme elle l'écrit elle-même avec une pudeur touchante, elle est bonne.

Parmi des millions d'internautes, c'est vers moi que son coeur de vierge l'a portée. Vous comprendrez bien, j'en suis persuadé, que je ne saurai partager avec vous mes secrets de séduction, mais croyez bien aussi que ce billet n'a en rien pour motif le plaisir malsain qu'il y aurait à vouloir susciter en vous un vil sentiment de jalousie. Il ne s'agit pour moi que de déverser sur vos têtes et en vos coeurs une part de ce bonheur qui déborde du mien, que vous puissiez profiter vous aussi, un peu, de son irréel pureté. Elle m'en est encore douloureuse à cette heure où le choc de la surprise ne m'a pas tout à fait quitté.



Source : Flirt en spam et plus si affinités




Rachida, Nicolas et Carla font des bébés

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L'aphorisme de la table à repasser



livre virtuel

Devant une table de repassage, l'homme de bonne volonté garde de bien naturelles limites.



Source : L'aphorisme de la table à repasser




Retour de vacances

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Prix du tabac et cancer de l'esthète





papier à roulerLongtemps je suis passé pour un original, parce que la mode en était passée et que moi j'avais passé l'âge mais que je continuais de rouler mes clopes. J'aime ça, le rituel surtout, une certaine sensualité du geste, d'abord les doigts et puis la langue...

Puis le prix du tabac s'est mis à flamber et plus il flambait plus les fumeurs venaient ou revenaient au tabac à rouler. Ça m'amusait, moi, de les voir tordre leurs doigts maladroits avant de se coller dans le bec, un peu honteux, un clope aussi inélégant que difforme, aplati aux extrémités, enflé au centre, torsadé. Certains croyaient sans sortir plus glorieusement au moyen d'aberrantes machines à rouler. Mais voilà, l'exercice possède alors à peu près autant d'intérêt que de se servir d'un rasoir électrique plutôt que d'une lame, sans même mentionner le manque de classe. Beaucoup renonçaient après quelques semaines d'efforts louables mais forcément infructueux : habitués de la satisfaction immédiate de leur besoin de fumer, ils ne pouvaient qu'ignorer que le plaisir était dans la façon de la cigarette, bien plus que dans sa consommation - le chemin à parcourir plutôt que le but à atteindre. Le prix des cigarettes pouvaient bien continuer d'augmenter, un monde continuait de nous séparer, eux et moi : fumer était pour eux un luxe, quand cela demeurait pour moi un artisanat, une certaine esthétique prolétarienne.

Alors, quand je lis aujourd'hui sur Liberation.fr que le prix du tabac à rouler va augmenter en août, ça me met en rogne. Car si rouler son clope relève de l'art prolétarien, il est proprement scandaleux qu'on en vienne à rogner aussi sur le pouvoir d'achat des artistes que nous sommes (moi et quelques autres esthètes de l'artisanat tabagique). Il est insupportable et insultant qu'on nous confondent ainsi avec le tout-venant, l'exécrable bourgeoisie des fumeurs, cette cohorte vulgaire des drogués industriels !

D'ailleurs, des études scientifiques réalisées par des laboratoires spécialisés abondent dans mon sens : le vulgaire et l'esthète ne sont pas soumis, face au tabac, aux mêmes dangers. Voici trois photos, extraites du rapport secret détenu par le ministère de la santé depuis plusieurs années, qui en apportent la preuve formelle :

Que cherche le gouvernement ? A sauver quelques vies triviales au risque de tout bonnement assassiner ma beauté intérieure ? Ne savent-ils pas que tout crime contre le beau est un crime contre l'Homme lui-même ? Je hais ces rustres abominables qui prétendent nous gouverner - et comment le pourraient-ils : ils ne savent pas même vivre !





Source : Prix du tabac et cancer de l'esthète






Embruns et effluves

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Un billet pour frimer (et passer mes nerfs)



Bruce Springsteen et moi... au Parc des Princes



Bruce Springsteen - the BossVendredi prochain, le 27 juin, Bruce Springsteen et The E Street Band seront au Parc des Princes. Et moi aussi !

Et alors, dites-vous ?

...

C'est donc que vous ne savez pas. Vous ne savez pas qui est Bruce Springsteen et donc aussi bien vous ne savez rien. Laissez-moi vous dire un peu et faire votre éducation, vous dire juste deux trois mots à propos du Boss et du rock.

Bruce Springsteen est l'esprit du rock, ça commence comme ça. Bruce Springsteen colle à la culture rock comme ses jeans lui collent aux fesses. Il est à la fois fils de Elvis Presley et de Bob Dylan, et père des Rolling Stones et de Madonna. Il est à la fois la tendresse brute et écorchée de l'enfant qui ouvre ses grands yeux naïfs sur les beautés indicibles du monde et la rage révoltée contre toutes les oppressions conservatrices et morales. Il est la violence d'une eau pure qui tombe en cascade et gicle contre la roche, mais aussi le cours tranquille du ruisseau auquel les amoureux vont se rafraîchir. Il est l'éclat du soleil couchant et la profondeur éternelle de la nuit. Il est la tempête et le silence suspendu qui lui précède. Il est l'émoi timide d'un premier baiser et le déchaînement apoplectique de l'orgasme. Il est l'alchimie parfaite entre virilité totale et sensualité totale. Il est sans compromis et il est The Boss parce qu'en réalité, Bruce Springsteen EST le rock.

J'en fais trop, dites-vous ?

...

Ne m'emmerdez pas ! Comprenez simplement que Bruce Springsteen est de ces rares survivants d'un monde plus entier et qui n'est déjà plus, qui a laissé sa place à ces temps modernes et tristes où l'excès est banni, où l'on exige de chacun d'avoir en toute chose le sens de la mesure et de la pondération, où règnent le relatif et donc les engagements timorés, et triomphent la morosité et tous ces vrais méchants qui eux ne s'embarrassent pas de nuances ou de retenue quand il s'agit de se servir et nous sucer le bonheur à même le cerveau - et non je ne suis pas énervé !




Bruce Springsteen - War (live)



Source : Bruce Springsteen et moi






Invitation au voyage

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Ta mère en string avec un sex toy !



Fête des mères : peut-on lui offrir un gode ?

En matière de mailing façon spam, je croyais avoir tout reçu, de ceux qui me promettent toutes les manières d'avoir un plus gros zizi (mais comment savent-ils ?) à ceux qui me proposent des pillules de toutes les couleurs pour devenir un meilleur amant (oui, comment ?), du riche héritier africain qui a besoin de faire transiter ses millions par mon compte en banque à la bimbo russe qui m'envoie sa photo nue assortie d'une demande en mariage, en passant bien entendu par des offres non moins alléchantes (sauf que je suis un mordu de la pomme) sur des antivirus pour mon PC (c'est quoi un virus ?).

Mais aujourd'hui, à quelques jours de la fête des mères, voici ce que je reçois dans ma boîte mail :





Moi, j'ai la maman la plus jeune et la plus belle du monde - oui, j'ai cette chance là !... Qui plus est, je suis le gars le plus cool de la terre et d'une largesse d'esprit proprement phénoménale. Pourtant, et allez donc savoir pourquoi, je me vois mal offrir à ma mère, dont cependant j'ai depuis longtemps compris qu'elle était aussi une femme, un mini canard de bain vibrant "Golden duckie", un mini vibromasseur stimulation point G, waterproof, intensité variable ou des boules de geishas perles de plaisir.

Ce n'est pas que je ne lui veuille pas du bien, à ma petite maman chérie, mais de même que je me suis toujours gardé de pénétrer à l'improviste dans sa chambre passée une certaine heure de la nuit, il y a certaines facettes de sa vie de femme desquelles je crois préférable de n'avoir pas à me mêler, fut-ce même avec l'idée innocente de lui faire un grand plaisir. D'ailleurs pour la rendre heureuse, un collier de nouilles a jusqu'ici toujours su faire l'affaire.

C'est là l'immense avantage des mamans sur toutes les autres femmes : quand il s'agit de les combler de bonheur, un rien leur suffit - et, oui je sais, les fils en abusent (je l'entends déjà me dire : "Un peu plus que rien n'est pas mal venu non plus, tu sais..."). Quelqu'un connaît un bon site sur le macramé ?


Source : Ta mère en string avec un sex toy !






Tripod - True Geek Love (avec sous-titres)

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Monologue vaginal

8 mars 2006 - à l'occasion de la journée internationale de la femme et extrait des rush de mon roman, Lulli - ici comme un hommage aux vagins...



Monologue Vaginal

Ce n’est pas grand-chose pourtant. Un vagin.
Presque rien, un vide sidéral entre les parois humides d’une grotte sombre. Une excavation improbable et creusée dans les chairs. Des plis et des replis… et des replis encore. Des chairs dentelées, bistrées, qui abritent, renferment et libèrent la fragrance obsédante et chaude des sucs – perles qui suintent lentement dans l’intérieur secret de ce puits profond de chair, de sueur et de sang.
Un peu plus que rien en vérité. Loin toutefois de l’idée magnifiée qu’on s’en fait, cette idole qu’on adore et qu’on craint.

Un trou noir. Un puits gravitationnel infiniment profond creusé dans l’espace-temps du corps de la femme. Un trou noir qui délimite un en deçà et un au-delà du vagin, qui trace la frontière entre deux univers qui s’ignorent.
À l’extérieur, le monde des petits oiseaux, des fleurs et des violons, l’univers des sentiments onctueux et des paroles d’amour murmurées – et le reste aussi : les amitiés viriles, le sport, les concerts de rock, la télévision, la politique, les guerres et les dîners en ville, Dieu et la philosophie, toutes ces choses passionnantes qu’on appelle la vie, quand on veut ignorer la mort. Un univers confortable où chaque pensée trouve une place où se vautrer mollement et s’épanouir. Un monde où l’on peut se croire éternel.
Mais le vagin, son intérieur, on y pénètre une fois pour n’en plus jamais sortir. Il se produit à ce point que l’on n’ose franchir qu’avec frayeur, une puissante et totale accrétion de l’esprit où toute pensée se retrouve irrémédiablement aspirée dans une autre dimension, un univers vaginocentré d’où l’on ne revient pas. Improbable et définitif retour vers l’origine de soi. Sauf qu’il ne s’agit pas d’être, cette fois, mais d’avoir, de posséder afin de comprendre les raisons profondes de soi. Aller au fond des choses, comme on dit.
On n’y arrive pas. Il n’y a pas de fond et on s’enfonce. On s’enfonce et c’est exténuant. Et on s’enfonce toujours plus profondément, précédé toujours par le même espoir dément de trouver… quoi ? On ne sait pas même ce qu’on cherche. Bien plus à coup sûr que l’éphémère et morne apaisement que procure l’orgasme.

... lire la suite.


Monologue Vaginal





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L'Etudiant



J’ai été étudiant jusqu’à mes trente ans.
A la fin, je savais si bien faire l’étudiant qu’on me payait pour le faire.
Et c'était bien.

Maintenant, j'apprends à écrire et c'est bien aussi.


L'Etudiant





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année 2006 : je vous la souhaite chocolat et fondante !

en guise de voeux pour cette nouvelle année, LA recette du fondant au chocolat :


pour 4 fondants :


- 100g de chocolat noir à cuire + 8 carrés
- 75g de sucre
- 50g de beurre + 1 noix pour les ramequins
- 3 oeufs
- 1 cuillère à soupe de farine + 1 cuillère à café pour les ramequins
- 4 ramequins

- préchauffer le four à 260° (thermostat 9)
- faire fondre au bain-marie le chocolat et ajouter le beurre
- mélanger les oeufs, le sucre et la farine et incorporer le chocolat fondu
- verser 1/3 de la préparation dans les ramequins, ajouter deux carrés de chocolat par ramequin, puis compléter
- cuire au four pendant 10 mn
- attendre 5 mn avant de déguster

... ou alors mettre au congélateur et, dans ce cas, prévoir 5 mn de cuisson supplémentaire.


à consommer sans modération.
pour soigner un petit coup de vague à l'âme, en soin palliatif pour libido vacillante ou sans raison, juste par gourmandise, parce que y a vraiment pas de mal à se faire du bien.


croyez-moi, il n'en faut pas davantage pour passer une excellente année et telle donc je vous la souhaite à tous.


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l'auteur en chanté

Trois Chansons Inédites

interprétées par Clara Finster

sur des paroles de Laurent Mann et une musique de Albin de la Simone

- 1997 -

A l'origine de ces trois chansons fut d'abord Clara Finster. Chanteuse de scène depuis toujours, Clara travaillait alors - nous sommes dans les ultimes années du précédent millénaire - avec Albin de la Simone qui n'était encore "que" musicien, accompagnateur et arrangeur. Albin composait et Clara chantait, elle écrivait aussi, mais tous deux étaient à la recherche de nouveaux textes.

A cette époque, je travaillais à la Défense, je portais costume et cravate, et j'en étais seulement à parler de mon désir d'écrire, cette nécessité intérieure de vivre une vie d'écrivain. J'en parlais beaucoup et j'écrivais des mots, beaucoup de mots et qui ne faisaient jamais d'histoire, entre deux réunions "ultra-importantes". Albin et moi étions des amis de quartier - et le sommes toujours aujourd'hui - et passions régulièrement des nuits ensemble en compagnie d'une certaine Lara C. Quand il m'a proposé de m'essayer à écrire des textes de chansons sur lesquels il composerait, l'idée m'a aussitôt conquis comme une opportunité d'écrire "pour de la vraie". Je crois que la seule contrainte qui m'avait été fixée était d'écrire des "textes de fille et un peu légers".

Je m'y suis mis, Albin a mis en musique, et il s'est trouvé que mes paroles ont interpellé suffisamment Clara pour qu'elle ait envie de les interpréter. Une maquette a été réalisée, les chansons ont été enregistrées et, si l'album n'a finalement pas vu le jour sous cette forme, aujourd'hui elles existent et ça me plaît bien qu'elles existent.

Ce n'a été probablement le début de rien - c'est à dire que comme toute chose cela a été un peu du début de tout ce qui a suivi - et, dix années plus tard, Clara a finalement sorti un album - "Les Fragiles", très réussi et produit par Mosaic Music Production - et se produit régulièrement sur scène ; Albin a franchi son Rubicon personnel et en est à ce jour à son deuxième album d'auteur grinçant, compositeur talentueux et interprète décalé ; quant à moi, j'ai tombé la cravate et fait enfin quelques histoires avec quelques uns de mes mots.

A vous donc de vous en régaler :


la fête dans la tête


des orties entre les orteils


retour aux sources





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autoportrait (première partie)



Est-il possible de faire un autoportrait ?
Ce site n'est-il pas déjà une petite pièce du puzzle infini de mon autoportrait ?
Poser des questions ne donne-t-il pas plus de réponses que d'y répondre ?
Et ce que j'écris-là ne ressemble-t-il pas beaucoup à de l'enculage de mouches ?

Bref, ce n'est pas le bon jour et il me faudra y revenir...






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