Cinq billets d'amour
See
Mee a organisé un concours de
billets d'amour.
89 contributions furent recueillies : 42 récits et témoignages, 32 nouvelles et poésies en prose et en vers et 15 visuels et audiovisuels. Un jury fut constitué - un grand merci à Melle Jones, Arf, Doudette et Ferocias.
Dans un premier temps, 15 textes et 7 visuels furent sélectionnés, choisis pour figurer dans le recueil que Numerik:)ivres, éditeur numérique, partenaire du concours, éditera et diffusera prochainement.
Dans un second temps, cinq textes finalistes furent désignés parmi lesquels il s'agit désormais d'extraire un gagnant. J'ai entamé ce billet avec l'idée d'évoquer quatre d'entre eux, avant de me trouver convaincu qu'étant l'auteur du cinquième, c'était potentiellement une mauvaise idée.
Aussi je me contente de confier qu'il est excessivement flatteur pour moi de me retrouver en si bonne compagnie. Ces quatre auteurs illustrent comme Internet n'est pas uniquement cette poubelle que d'aucuns se plaisent à décrire, qu'on peut à coup sûr y dénicher nombre de petits bonheurs littéraires, et parfois de plus grands. Ce n'est pas le moindre des succès auxquels est parvenu See Mee en organisant ce concours.
Romance, de Le Coucou. Inconnue, de Antoine. Sucré / salé, de Mademoiselle Sarah. Try a little tenderness, de Dariamarx. Prenez le temps de lire ces quatre petites perles. Découvrez un peu plus de leurs auteurs - deux filles et deux garçons, pour autant qu'on puisse jamais être définitif sur ce point. Et puis votez.
Faites tout de même d'abord un détour par Insomnie, qui m'a valu ma propre sélection, afin de ne négliger personne... Et puis votez.
Soyez nombreux à voter, ce sera la meilleure façon de parachever le succès de cette excellente initiative de See Mee. Elle le vaut bien.

(ceci est un bouton de vote)
Edit : pour des raisons techniques, il se pourrait que ce bouton ne fonctionne pas
en ce cas, je vous invite à voter directement depuis la page de l'organisation
ce qui est d'ailleurs vivement recommandé puisque vous pourrez en sus
y lire une brève présentation des finalistes par eux-mêmes
Les votes sont ouverts jusqu'au dimanche 11 avril, midi.
L'enjeu est un contrat d'édition pour un recueil de textes ou un mini-roman avec Numerik:)ivres
Source : Cinq billets d'amour
![]() |
![]() |
La rumeur, ce contre-pouvoir
La rumeur court. La rumeur enfle. La rumeur se propage...
La rumeur est une grenade qui se dégoupille à plusieurs. Et quand elle explose, c'est sale.
Twitter fut en première ligne. Puis des photos furent publiées. Des blogueurs prirent le relai. Des journalistes - pas en France, je vous rassure - entrèrent dans la ronde...
Au final, trois faits tangibles : Benjamin Biolay a collaboré avec Carla Bruni sur son troisième album ; Benjamin Biolay a reçu une Victoire de la musique ; Carla Bruni a été la première à féliciter Benjamin Biolay pour sa Victoire. Pas de quoi fouetter un chat.
Plus parlant peut-être : il y a quelques semaines, Benjamin Biolay et Carla Bruni se seraient envolé pour la Thaïlande pour quelques jours de vacances. Et Nicolas Sarkozy aurait affrété un avion pour faire revenir sa femme à Paris. Mais les conditionnels ne permettent pas d'en tirer une information avérée. Laquelle n'aurait d'ailleurs d'autre intérêt que de se demander - parce qu'on connait les pratiques de notre président - si les deniers nécessaires à l'affrètement de cet avion n'auraient pas été malencontreusemet prélevés sur le budget de l'Etat.
Alors quoi ?
Alors Guy Birenbaum, qui a un tout nouveau blog, a déplacé le discussion ailleurs. En un endroit où elle devient nettement plus intéressante : Internet et LA rumeur…, titre-t-il.
Son propos est plutôt simple : les
internautes, pyromanes potaches, qui jouent avec CETTE rumeur et
l'alimentent se font du mal à eux-mêmes, à nous tous, parce qu'ils
donnent du grain à moudre à tous les ennemis de l'Internet qui vont
désormais, et une fois de plus, s'empresser de dénoncer cette
poubelle, ce tout-à-l'égout, ce dépotoir... qu'il s'agira donc de
museler réglementer avec plus de force encore.
Certes, la rumeur, c'est pas joli joli. Mais pour ce qui concerne CETTE rumeur, il serait intéressant d'aller plus loin, plus profond, d'être plus politique.
Parce que la rumeur est l'inévitable réponse à l'opacité du pouvoir et de ses méthodes : la manipulation de l'opinion, le story telling, le contrôle, voire le muselage des médias...
Parce qu'il ne faut pas s'y tromper, ce n'est pas la rumeur qui justifie ou justifiera une plus grande emprise du pouvoir politique sur les médias, en général, et Internet en particulier. C'est une liberté d'information lacunaire concernant un pouvoir politique excessivement peu épris de transparence qui conduit au phénomène de la rumeur.
La rumeur, c'est tout simplement le peuple qui murmure. C'est le peuple qui se gausse d'un pouvoir qui le méprise. Et Internet n'est que la formidable caisse de résonance des murmures acerbes du peuple.
Alors oui, le peuple est potache - et j'en suis, sans honte ni scrupule. Car oui, le président que nous avons est risible, souvent dérisoire. A pleurer de rage. Un président qui se contrefout du peuple et ne gouverne que pour lui-même et ses amis. Un président qui considère que tout lui est permis, qui ment au peuple et ne craint pas de l'insulter, qui bafoue la République (il va jusqu'à contester la légitimité du Conseil Constitutionnel), qui contourne la démocratie (il va jusqu'à concocter un nouveau mode de scrutin - majoritaire à un tour - qui permettra à l'UMP de contrôler presque tous les Conseils régionaux, avec 30 % des suffrages !), qui démantèle la justice pour la mettre à sa botte (suppression d'un juge d'instruction devenu gênant, prescription des délits d'abus de biens sociaux), qui s'arroge le droit de nommer les dirigeants des chaines de la télévision publique, etc...
Alors si le peuple choisit de rire d'un président qui fait Bling Bling quand on cogne dessus - et c'est bien le son que ça rendra au lendemain des élections régionales -, le peuple a raison. Ce n'est pas joli joli, mais le rire est le meilleur - du moins pas le pire - des exutoires.
Internet est dénoncé comme une poubelle pleine d'immondices. Le moyen de lutter contre ça n'est pas d'en appeler au sens des responsabilités et de la mesure de chaque internaute, mais de rappeler ni plus ni moins que ce qui se raconte sur Internet est ce qui se raconte dans tous les bistrots de France et sur toutes les places publiques.
De rappeler, surtout, qu'un peuple respecté par un pouvoir qui lui est théoriquement soumis n'en serait pas réduit à remuer la merde opaque qui colle au basque de ceux qui le gouvernent si mal.
Source : La rumeur, ce contre-pouvoir
![]() |
![]() |
Auteur, internet et gratuité
Le débat est
un serpent de mer qui rampe à travers la toile et se fait des
nœuds. Cette fois - et ce n'est pas la première fois - il a
lieu chez Thierry
Crouzet et rebondit chez Narvic.
Le premier pose la question : Vivre pour écrire ou écrire pour vivre ? Le second interroge Auteur en ligne, un projet insensé ? Deux questions, puis deux longues réflexions, qui pour être intéressantes, mènent l'une et l'autre dans la même impasse : il n'y a pas de modèle économique qui assure une rémunération aux auteurs en ligne.
C'est que l'un et l'autre ignorent ou feignent d'ignorer que l'essence même d'internet est la gratuité.
Certes, de plus en plus de produits sont vendus via Internet, mais Internet ne fait office là que de vitrine. Les produits sont exposés, les prix affichés, l'information est disponible, ainsi que les moyens de comparer, de prendre des avis, de décider de son achat. Mais le produit lui-même n'appartient pas à Internet. Il s'agit d'un billet de train, d'un lave-vaisselle, d'une place de cinéma ou d'un chandelier...
Internet, c'est d'abord la gratuité. Et les auteurs ne sont pas les premiers à avoir tenté de sortir de ce qu'ils considèrent comme un écueil. Personne n'y parvient pour la simple et bonne raison que tout ce qu'on pourrait vouloir vendre sur Internet et qui peut se ramener à des zéros et des uns sera également disponible gratuitement.
C'est le miracle d'Internet, il y a toujours quelqu'un qui est disposé à vous fournir gracieusement les zéros et les uns que vous recherchez. Et Google est là pour vous mettre en relation.
Vous cherchez ce qui ne va pas avec votre installation de chauffage ? Vous voulez apprendre à poser du carrelage ? Vous voulez savoir ce qui se passe en France aujourd'hui ? Vous souhaitez obtenir un conseil juridique ? Vous voulez voir de jolies photographies d'une forêt sous son manteau de neige ? Lire un texte qui saura vous émouvoir ? Vous faire réfléchir ? Vous faire rire ou vous tirer des larmes ?...
Tout cela se trouve gratuitement sur Internet, ou le partage n'est pas un vain mot. Partage des savoirs et des compétences, mais également partage des talents, y compris artistiques. On trouve sur Internet de magnifiques photographies, des courts-métrages enthousiasmants, et un foisonnement d'excellents textes - courts ou longs - et que leurs auteurs mettent gratuitement en ligne.
« Mon produit est original », clament à l'unisson journalistes et artistes - ou du moins entreprises de médias et maisons de production. « Il ne saurait se réduire à des zéros et des uns. » Ils ont raison.
Je vais ici oublier les journalistes, leur problématique particulière n'étant pas mon propos, et me contenter de donner mon point de vue sur la question de la rémunération des artistes, de leurs propositions originales - leurs oeuvres.
Pour commencer, artiste, ce n'est pas un métier. Cela ne signifie pas qu'il faille nécessairement crever de faim, mais ce n'est pas un métier et l'art n'est pas, ne peut pas être un moyen de gagner de l'argent. L'art est une fin en soi. Mieux, c'est un don - ça sort de soi et ça se propulse avec violence vers l'Autre.
Cela ne signifie pas qu'il faille nécessairement crever de faim, ni que l'artiste soit nécessairement maudit. Mais l'artiste est par nature en-dehors de la sphère marchande. Il ne saurait d'ailleurs décréter la valeur marchande de son œuvre. Plus prosaïquement, le prix de son œuvre est exclusivement déterminé par la demande - ce qui d'un point de vue de l'économie de marché est pour le moins particulier. L'art n'a littéralement pas de prix.
Le fait est que l'artiste n'a pénétré la sphère marchande qu'au cours de la seconde moitié du XXème siècle, que c'était très probablement une anomalie de l'hyperconsommation, anomalie à laquelle Internet contribue actuellement - et tout naturellement - de mettre fin.
Soyons plus précis : depuis toujours, l'immense majorité des artistes n'a jamais vécu de son art. Certains exerçaient une activité alimentaire parallèle, d'autres vivaient d'une rente, beaucoup tiraient le diable par la queue. Seule une minorité avait la chance de pouvoir vivre de leur art. Cela toujours été ainsi et c'est encore le cas aujourd'hui : la majorité ne vit pas des œuvres produites, quelques-uns seulement ont un protecteur.
Seule la nature du protecteur a changé : le prince, l'état, un mécène, aujourd'hui le marché. Et contrairement à ce que le credo libéral voudrait nous faire croire, le marché n'est pas un protecteur plus impartial qu'un autre : la main invisible n'a que faire de la qualité esthétique d'une œuvre, et n'est pas davantage une découvreuse de talents.
Je ne voulais pas faire long, aussi vais-je m'en tenir là : L'internet est un espace de gratuité retrouvée qui tend à expulser l'art de la sphère marchande où il avait fait une brève incursion. Il est tout à fait vain de penser que simultanément l'internet puisse offrir un nouveau marché pour une expression artistique, fut-elle nouvelle.
La question de la rémunération des artistes demeurent posée. Et c'est une bonne chose. Parce que cette incursion dans la sphère marchande avait créé l'illusion que cette question était réglée. Hors un petit nombre que le marché de l'art privilégiait, les artistes n'ont jamais réussi à vivre de leur art.
Pour le reste, disons seulement qu'un auteur n'est pas nécessairement un artiste, qu'un bloggeur - même doué de certains talents - reste un bloggeur et que l'existence même de la gratuité rend tout modèle payant absolument non viable.
Internet n'est qu'une immense zone de gratuité, où s'épanouissent librement le partage de l'information, les échanges sociaux et une création tout à fait originale. Et qui très accessoirement est mis à profit par les marchands traditionnels pour faire office de vitrines commerciales.
Source : Auteur, internet et gratuité
![]() |
![]() |
Paradis (dedalus)
Chaque jour, de nouveaux blogs apparaissent, un lot de billets impressionnant est publié. Tout cela est-il voué à disparaître ? Certainement. Quelques billets résistent parfois au temps. Nous vous proposons de nous confier quel est le billet que vous avez écrit qui à vos yeux a le plus de prix. Merci de répondre par mail (mtislav chez free.fr).
Ainsi nous pourrons directement proposer à la blogosphère un éphémère paradis.
Bien entendu, chacun s'il le souhaite pourra publier tout ou partie de cette liste. A la seule condition de ne pas mentionner le nom du blog mtislav. C'est Umberto Eco qui nous a donné cette idée (dans un entretien paru dans la presse cette semaine). Considérons qu'il s'agit d'une oeuvre collective... à laquelle nous avons songé vous convier.
Source : Paradis (dedalus)
![]() |
![]() |
Scrapbooking d'hiver
Connaissez-vous le scrapbooking ? Moi non
plus, mais ça n'est pas une raison !
C'est très important, le scrapbooking. Voilà un phénomène de société qui à n'en pas douter prend de plus en plus d'ampleur. En témoigne le nombre impressionnant de blogs exclusivement consacrés à ce sujet. Au point que Wikio a mis en place une catégorie spéciale scrapbooking et que le blog numéro 1 dans cette catégorie se classe au 47ème rang du classement général, ce qui est loin d'être ridicule.
Qu'est-ce donc que le scrapbooking ? Voilà la question que, j'en suis persuadé, vous vous posez en même temps que je me la pose à moi-même. Ayons le bon réflexe et lisons la définition qu'en donne Wikipedia :
« Le Collimage ou "scrapbooking" en anglais est une forme de loisir créatif consistant à introduire des photographies dans un décor en rapport avec le thème abordé, dans le but de les mettre en valeur par une présentation plus esthétique qu'un simple album photo. Pour cela, de nombreuses techniques de collimage existent, telles que le sérendipité, le tag, l'iris folding, le spirella...»
Mettons de côté la dernière phrase et retenons pour commencer que scrapbooking se traduit par "collimage" et que le collimage est un loisir créatif qui consiste à... coller des images. Cette simple description confirme qu'il faut bien que ce soit un phénomène d'une grande ampleur pour que Wikio se soit vu contraint de créer une catégorie dédiée alors même qu'une catégorie "loisirs" existait déjà. Il a fallu qu'il apparaisse impossible de mélanger torchons et serviettes, blogs de tricot et blogs de scrapbooking - impossibilité qui pourra plonger les profanes dans un insondable abîme de perplexité...
Sortons-en, et relisons maintenant la dernière phrase : « De nombreuses techniques de collimage existent, telles que le sérendipité, le tag, l'iris folding, le spirella...»
La sérendipité, je connais. La sérendipité est ce hasard heureux qui, combiné à une disposition de l'esprit caractérisée par l'ouverture à la nouveauté, conduit à faire une découverte inattendue, à trouver ce qu'on ne cherchait pas, fortuitement en somme. C'est un notion qui tient une place essentielle dans le domaine de la recherche scientifique.
Apliquée au scrapbooking - ou d'ailleurs à n'importe quel domaine qui prétend à l'artistique -, ça devient savoureux : vous choisissez des photos un peu au hasard, vous les découpez un peu à l'inspiration, vous les collez sur un fond un peu par ci un peu par là... et à la fin vous vous demandez si cela n'a pas un sens ou une beauté à laquelle vous ne vous attendiez pas.
Dit autrement, la sérendipité en tant que technique artistique est ce qui parviendrait à faire de tout un chacun un artiste par hasard. Disons un hasartiste. Une bien douce illusion, à laquelle j'ai néanmoins pour ma part cessé de croire depuis longtemps.
Quant au tag, à l'iris folding et au spirella, je n'ai aucune idée de ce à quoi cela peut correspondre. Un lecteur pourra éventuellement nous expliquer.
J'ai l'air de me moquer, mais pas du tout. D'une part la technique du collage a été et est utilisée par de très grands artistes - Picasso et Braque n'étant pas les moindres d'entre ceux-là -, d'autre part je ne connais absolument rien au scrapbooking et il faut toujours éviter de moquer ce que l'on ignore. Sur Wikipedia, je lis encore que « Ce loisir créatif [...] existe aux États-Unis depuis les années 1800 mais arrive en France en 1999 ». Un loisir excessivement récent, du moins de ce côté-ci de l'Atlantique, qu'une dizaine d'années aura donc suffit pour rendre populaire, au point qu'on puisse effectivement parler de phénomène de société.
Et donc ?
Rien. Sinon que je sais maintenant avec certitude que je ne peux inscrire mon propre blog chez Wikio dans la catégorie "scrapbooking". Car il faut que je vous dise, confondant le blog et le site sur lequel il est hébergé, j'avais initialement choisi de le faire figurer dans la catégorie "littérature". Aujourd'hui, je m'aperçois qu'il n'y a guère sa place, ou seulement partiellement, tant j'y parle d'autre chose que de littérature. C'est pourquoi j'étais parti en quête d'une catégorie mieux adaptée.
"Scrapbooking" ne convenant pas, il ne me reste que la catégorie "divers". Et du coup j'en profite pour faire des liens bordel, des liens !
|
Source : Scrapbooking d'hiver |
![]() |
![]() |
De la juste rémunération du bloggeur
Le bloggeur
est une espèce de plus en plus prisée par et dans les médias
traditionnels.
Nombre de versions numériques de journaux nationaux hébergent des blogs sur leur plateforme, de 20Minutes (gratuit) à Le Monde (payant). Mediapart qui est une plateforme média exclusivement numérique, et à accès payant, fait de même. Quant à Le Post, ce sont les bloggeurs maison qui alimentent le journal en ligne - encore qu'on puisse s'interroger ici sur la dénomination de bloggeurs - et certains d'entre eux, qualifiés d'Invités, sont rémunérés.
On ne compte plus, dans les médias traditionnels, les articles ou les chroniques ou les reportages façon Qu'en disent les bloggeurs. Betapolitique fait sa sélection d'articles parmi les bloggeurs. Le journal papier Vendredi est quant à lui entièrement composé par une sélection d'articles de bloggeurs. Et dernièrement, c'est Courrier International qui a proposé un partenariat avec certains d'entre eux.
Les bloggeurs sont cités un peu partout, des extraits de leurs billets sont repris ici ou là - et parfois donc des billets entiers. On leur propose d'intervenir à la radio ou sur les plateaux de télévision, on recueille leurs avis, on les invite à suivre tel ou tel évènement particulier. Au Congrès du Parti Socialiste, certains d'entre eux avaient un accès presse.
Bref, le bloggeur fait vendre. Car il ne faut pas se leurrer, il s'agit d'abord de cela : le phénomène du bloggage fait vendre. Mieux que cela, tout numérique soit-il, il fait aussi vendre du papier.
Il s'agit pourtant moins de la valeur ajoutée qu'apporterait le bloggeur à l'information que du fait qu'il est supposé ne pas faire partie d'un sérail journalistique, lequel vit actuellement une profonde crise de confiance, donc d'audience. Le bloggeur est un représentant du peuple et le peuple - lecteur, auditeur ou télespectateur - aime s'entendre. Il aime donner son avis et le partager. En ce sens, la popularité des bloggeurs est à rapprocher du succès des émissions où Vous avez la parole.
La différence est que le bloggeur est identifiable, qu'il est ciblé en tant que tel par les médias qui en font leur beurre. Et voilà le bloggeur de se demander tout naturellement si une partie de ce beurre ne devrait pas légitimement lui revenir. Il s'interroge sur son statut au sein du grand bourdonnement médiatique et se pose la question de sa rémunération.
Aussi naturel cela soit, il a tort. L'engrenage de la rémunération est celui de la professionalisation. A terme, d'une manière ou d'une autre, il se trouverait récupéré. Un phénomène tout aussi naturel que la question qui y conduirait. On ne peut faire semblant : on ne fait jamais de la même manière selon qu'on en espère ou non une rémunération ; et l'autocensure, aussi inconsciente soit-elle, est la pire de toutes les censures, parce que la plus sournoise.
Dans la chaîne journalistique, le bloggeur est un témoin et se perdrait donc à ne pas le rester.
Le bloggeur parle depuis lui-même et témoigne de ce qu'il observe. Or on ne rémunère pas un témoin. Rémunérer un témoin c'est de facto le corrompre, c'est-à-dire corrompre son témoignage.
Une précision nécessaire pour en terminer : en aucun cas je ne jette la pierre à tel ou telle qui obtiendrait rémunération de son activité de bloggeur. Tout le monde n'a pas les moyens ou même l'envie de renoncer à un complément pécunier, aussi symbolique soit-il. C'est le symbole que je pointe, et ce à quoi, on le sait, il tend : l'institutionnalisation, qui est une contrainte et une uniformisation, et pour le bloggeur la promesse de devenir un notable 2.0.
Alors je le répète, parce que tout est là : On ne rémunère pas un témoin.
|
Source : De la juste rémunération du bloggeur |
![]() |
![]() |

Michael Jackson marche sur la lune
Fous rires à pleurer
Que reste-t-il de nous ?
C'est à pleurer.
Tant de larmes que nous devrions verser sur nous-mêmes, que nous serions fous de ne pas a minima en rire.
Nous sommes fous devenus. C'est à pleurer.
|
Source : Fous rires à pleurer |
![]() |
![]() |

Twitter et remaniement ministériel
Twitter et remaniement ministériel
Twitter est un réseau social. Soit, mais ça sert à quoi ? A échanger, à s'informer, à partager des liens, à donner son avis, à discuter le bout de gras, à s'amuser... Bref, c'est un réseau social.
Par exemple, à propos du remaniement ministériel, Benoit Hamon, mais aussi Jacques Chirac et François Mitterrand (si si, il a un compte sur Twitter !), ont évoqué l'avènement ministériel de Frédéric Mitterrand et les déboires de Jack Lang et Claude Allègre qui avaient l'un et l'autre nourri d'abondants espoirs :
Avec la participation de Abadinte, Laure, Antoine, Aleph et de moi-même...
|
Source : Twitter et remaniement ministériel |
![]() |
![]() |
Les éditions Filaplomb font Naufrage

S’il arrive que le navire sur lequel on navigue va bientôt couler, sombrer au beau milieu de l'océan, et que l'on comprend avec certitude qu'on n'en ressortira pas vivant, quelle attitude convient-il d’adopter ?
Peut-être avoir à l'esprit que « nous sommes toute notre vie en route vers notre fin », petite philosophie à laquelle Robert-Louis Stevenson nous invite, au cours de ce Naufrage.
Les Editions Filaplomb vous invitent à la lecture d'un conte méconnu de l'auteur de L'île au trésor, fameux roman d'aventure qui depuis un siècle enchante les jeunes lecteurs - et que les moins jeunes redécouvrent toujours avec un même plaisir.
Traduit de l'anglais et adapté par Didier Ray, les mots de Robert-Louis Stevenson sont ici servis par le dessin de Marcel Uderzo : le ponton, les cordages, la troupe des matelots et l'immense agitation océanique prennent une réalité qui saura vous transporter au cœur de ce Naufrage dont parle la blogosphère...
Robert-Louis Stevenson : Edimbourg, 1850 - Samoa, Polynésie, 1894. Né d’une famille d’ingénieur et très jeune tuberculeux, il a passé sa courte vie à explorer le roman d’aventure et les récits fantastiques. Auteur de « L’étrange cas du docteur Jekyll et Mister Hyde », Stevenson reste le père incontesté de ce genre littéraire.
Marcel Uderzo : Né il y a belle lurette en 1933. Sans être gratouilleur de guitares, il en fabrique pourtant durant vingt ans. Las de cette ritournelle, il réalise ensuite l’encrage et les mises en couleurs de treize albums d’Astérix. Depuis 1980, libre comme l’air, il dessine chez de nombreux et sympathiques éditeurs.
Didier Ray : Dix ans avant le premier pas sur la lune, il découvre « l’Etoile mystérieuse », puis fait un « Tour de Gaule ». Il jette l’ancre un temps parmi les sciences humaines, mais les vents le poussent vers le dessin. Dès lors, il n’a jamais cessé de naviguer entre illustrations, BD, couleurs, musique et mots.
Filaplomb : Editeurs de bonnes nouvelles...
Et pour commander votre exemplaire, c'est 4€20 (frais d'envoi de 0,90 euros inclus).
|
Source : Les éditions Filaplomb font Naufrage |
![]() |
![]() |
Hadopi censurée par le Conseil Constitutionnel
Le Conseil
Constitutionnel avait été saisi par les députés du Parti Socialiste
après l'adoption de la loi "Création et Internet", dite HADOPI, sur
le téléchargement illégal. Les 11 Sages (neuf permanents et les
deux anciens chefs d'Etat Jacques Chirac et Valéry Giscard
d'Estaing) avaient pour charge de se prononcer sur la concordance
du texte avec les principes constitutionnels.
C'est désormais fait et, considérant qu'«Internet est une composante de la liberté d'expression et de consommation», et qu'«en droit français c'est la présomption d'innocence qui prime» le Conseil constitutionnel a décidé de censurer la partie sanction de la loi Hadopi - la "riposte graduée" - sur les téléchargements illégaux.
Le Conseil Constitutionnel rappelle que « c'est à la justice de prononcer une sanction lorsqu'il est établi qu'il y a des téléchargements illégaux ». Et de conclure : « Le rôle de la Haute autorité (Hadopi) est d'avertir le téléchargeur qu'il a été repéré, mais pas de le sanctionner. »
HADOPI est morte - et j'ai ce soir une pensée émue pour ces artistes de gauche qui se sont fourvoyés dans un combat d'arrière-garde plutôt que de se mettre au service d'une cause qui exige de la part des industriels de la culture la révision de leur modèle économique et son adaptation à la révolution technologique de l'Internet, de manière notamment à assurer une rémunération juste aux artistes sur le dos desquels ils ne cessent complaisamment de se faire une rente.
Pierre Arditi, Juliette Gréco, Michel Piccoli et Maxime Le Forestier, je pense à vous.
|
Source : Hadopi censurée |
![]() |
![]() |
On ne nait pas homme...
Nancy Huston a
fait paraître une tribune dans Le Monde, sous le titre
On ne naît pas
homme.
La blogosphère féministe s'est aussitôt emparée du sujet. En particulier, j'aime beaucoup le ton employé dans ce billet. Zoridae se contente pour ce qui la concerne d'attirer notre attention sur un passage du texte - joliment torché, en effet - de Nancy Huston - écrivain qui écrivit de bien chouettes bouquins, à une certaine époque.
Je reproduis à mon tour le passage en question, puisque c'est celui-ci qui est concerné par mon petit commentaire :
« Dès qu'un petit garçon comprend qu'il vient (que tout le monde vient) de l'intérieur d'un corps de femme, un corps donc différent du sien, il se met à construire et à détruire, à bricoler, à manier, à remanier et à tripatouiller, la petite fille ne fait pas cela. Les garçons ouvrent les poupées, les nounours et les voitures petites et grandes, ils ouvrent les fusils, jouets ou non, pour en comprendre le fonctionnement ; ils veulent pénétrer le mystère de la vie, des origines, comprendre d'où ils viennent, pourquoi ils sont là ; ils regardent de près, d'encore plus près ; plus tard, certains iront jusqu'à arracher le fœtus du ventre de la femme enceinte et à en fracasser le crâne. Après le dépeçage du nounours, après le carnage, ils laissent derrière eux : non-sens, monceaux de chairs mortes qui ne veulent plus rien dire. Ils ont réussi à transformer le vivant en mort, en objet, en chose, en rien : puissance sidérante qui ne peut se comparer qu'à celle de mettre un enfant au monde. »
On le comprend, l'hypothèse sous-jacente à ce petit laïus est que l'homme est plus violent que la femme. Sans doute. Peut-être aurait-il été toutefois plus nuancé de dire qu'elle s'extériorise davantage, cette violence, chez l'un que chez l'autre, de manière générale. Soit.
Pour rester dans la nuance, il aurait alors sans doute suffit de dire que le petit garçon se construit dans la découverte de son altérité, parce qu'il doit devenir homme et donc autre de ce d'où il vient, quand la petite fille peut se contenter de s'identifier à sa mère-matrice. Ce qui est on ne peut plus plausible... sans que cela doive nécessairement venir expliquer, par un curieux raccourci psychanalytique, cette violence masculine dont sont, seraient préservées les femmes - qui n'auraient donc aucun besoin de comprendre les mystères de la vie puisqu'elles en sont les créatrices et pour peu, tout de même, qu'on les fournisse en spermatozoïdes.
Sans doute cette construction des petits garçons dans cette différenciation sexuelle subie est-elle en effet à l'origine de la différence essentielle entre hommes et femmes. Sans doute, aussi, cela induit-il une quête "graalesque" chez l'homme, visant à "pénétrer le mystère de la vie" - quand la femme n'a donc nul besoin de pénétrer ce qu'elle a en elle.
Certes, mais on ne comprend pas trop pourquoi cette quête devrait nécessairement aboutir à ce surcroit de violence. Pourquoi cet inaccessible mystère ne serait-il pas un moteur de curiosité et d'enthousiasme, plutôt que cet inéluctable pousse à la violence ?
Curieuse conception de la quête qui devrait nécessairement se muer en frustration puis en violence. Et si l'on posait que chercher conduisait au savoir, faudrait-il en déduire que ce fait vient expliquer pourquoi l'homme est plus créatif et plus apte à la compréhension des choses que la femme ?
Et puis il y a cette phrase particulièrement imbécile : "il se met à construire et à détruire, à bricoler, à manier, à remanier et à tripatouiller, la petite fille ne fait pas cela." Quel cliché !... Ou alors c'est moi et je ne connais que des petites filles particulièrement anormales.
D'ailleurs, moi-même finalement, je ne me souviens pas avoir jamais ouvert une poupée en deux pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur - je me contentais de la foutre à poil... Mes petites voitures, je ne les désossais pas et je n'usais d'armes-jouets que pour jouer aux cow-boys et aux indiens - un bout de bâton parvenant généralement à faire très bien l'affaire. Et aujourd'hui je n'aime pas davantage mettre mon nez sous le capot d'une voiture. Sans même parler de manipuler un fusil. A mon tour, je dois être particulièrement anormal...
Pour terminer au même endroit que cet extrait, je crois devoir faire remarquer qu'il faudrait être terriblement stupide pour prétendre sérieusement, et pour peu qu'on y réfléchisse un instant, que la puissance de mort serait comparable à la puissance vie. Créer est toujours miraculeux, quand détruire est trivialement à la portée du premier abruti venu - celui-ci s'avèrant une fois sur deux être une femme.
|
Source : On ne nait pas homme... |
![]() |
![]() |
Les femmes aussi ont le droit de s'amuser
Dans la blogosphère, j'ai quelques amies auxquelles je suis très heureux de faire ce petit cadeau, des femmes engagées qui se réjouiront sans aucun doute que le domaine machiste du jeu vidéo s'ouvre enfin à la seconde - terme employé ici sans intention de hiérarchiser - moitié de l'humanité.
Spéciale dédicace, donc, à Hypos, Annieday, CC, Laure, M., Mrs Clooney, Nelly, Olympe, Quitterie et Trublyonne.
Shii, enfin une console spécialement conçue pour les femmes :
Je sais, je devrais avoir honte...
![]() |
![]() |
HADOPI ou les puissances réactionnaires à l'oeuvre
Tout le monde en parle, chacun à son avis, alors je me décide à en dire un peu plus qu'un mot. Dire simplement que le téléchargement ne saurait être illégal, dire qu'avant même que le législateur se décide, via la loi HADOPI, d'user de répression, cela fait maintenant dix ans qu'on use d'une culpabilisation qui n'a pas lieu d'être.

Toute cette histoire est en réalité assez simple. Afin de préserver leurs rentes, et plutôt que de s’adapter à la dématérialisation des supports en mettant en place de nouveaux modèles économiques, les industries de la musique et du cinéma, avec la complicité des gouvernements, s’évertuent depuis des années à laisser croire qu’échanger des fichiers sur internet s’apparenterait à du vol, alors que ce n'est que l'appropriation par les citoyens du progrès technique.
Lorsque l'on inventa le fil à couper le beurre, on ne déclara pas illégal son utilisation. Lorsque la locomotive à vapeur devint réalité, les gens se mirent à prendre le train et les chevaux ne se mirent pas à ronchonner. Lorsque les soutiens-gorges libérèrent la femme, les fabricants de corsets s'adaptèrent plutôt que de pester après les mamelles infidèles. Lorsque la télévision pénétra dans les foyers, le Général de Gaulle ne la déclara pas illégale au prétexte que les français n'allaient plus prendre le temps de se reproduire. Lorsque la jeunesse des années 80 se mit à enregistrer sur cassette toute la musique d'une bande FM libérée, l'industrie de la musique ne se trouva pas moribonde.
Depuis que le monde est marchand, à mesure que le progrès technique poursuit sa marche en avant, tandis qu'hommes et femmes s'approprient les nouvelles inventions et en tirent profit pour s'élever au-dessus de leurs anciennes conditions, les industries s'adaptent et développent de nouveaux modèles économiques - ou disparaissent et laissent la place à d'autres.
Depuis que le monde est marchand, certaines industries parviennent à mettre à profit une situation donnée pour tirer une rente de leur activité. Pour celles-là, le progrès technique a toujours été et sera toujours une menace - non pour elle-même, mais pour ladite rente, cette part excessive du gâteau qu'elles ont réussi à s'approprier aux dépens d'autres acteurs de la filière, généralement les consommateurs qui paient un prix trop élevé, mais aussi des intermédiaires qui reçoivent une rémunération anormalement réduites pour leurs prestations.
Et ainsi, depuis que le monde est marchand, les industries rentières sont-elles particulièrement réfractaires au progrès technique. C'est qu'en bons libéraux, elles savent que toute rente a pour vocation de disparaitre, soit par le simple jeu de la concurrence, soit via le progrès technique. Et toute leur stratégie consiste donc, non pas à freiner le progrès - lequel est inéluctable -, mais à s'en approprier l'essentiel des bénéfices futurs en empêchant aussi longtemps que possible sa concrétisation présente, afin tout de même de faire durer la rente.
Il y a deux dizaines d’années, les grands monopoles dans le domaine des télécommunications ont ainsi freiner des quatre fers devant la libéralisation du marché, l’émergence de la téléphonie mobile puis celle de la téléphonie par internet. Il s’agissait pour ceux-là de conserver leurs rentes de monopoles. Ils n'allèrent cependant pas jusqu'à oser prétendre que le GSM était un piratage téléphonique - cela aurait semblé par trop risible. On entendit toutefois quelques voix réclamer que fût déclarée illégale la téléphonie sur internet. On sait aujourd'hui ce qu'il advint : Orange, anciennement France Telecom, est leader sur le marché français de la téléphonie mobile, comme sur celui de la box internet - qui permet de téléphoner de manière illimitée sans surcoût, apparemment gratuitement...
Mais revenons au téléchargement. Je télécharge sur internet parce que la possibilité technique existe. Pis, cela ne provoque en moi aucun cas de conscience : je n’ai absolument aucune crainte pour la rémunération des artistes qui ont contribué aux oeuvres que je télécharge. Cette responsabilité-là revient de toute évidence aux industriels qui ont contracté avec lesdits artistes ; il ne s’agit pour eux - les industriels - que de distribuer autrement, c’est-à-dire mieux, plus efficacement, les sommes considérables qui circulent sur ce marché qui n'est pas celui de l'art. Il ne s’agit que d’allocations optimales des ressources et de la mise en place d'un modèle économique adapté à cette nouvelle donne technique. S'il est probable en effet que cela conduise à mettre fin à une rente qui n'a que trop duré, disons que ça ne m'émeut que très moyennement.
Je n'ai aucune inquiétude pour la vitalité artistique. Depuis que le monde est monde, celle-ci n'a jamais été liée à l'importance de la rémunération des artistes, pas plus que l'importance de cette rémunération n'a jamais été liée à l'importance du prix auquel les marchands décident de vendre au public les oeuvres dont ils ont fait l'acquisition des droits. Non, je ne suis pas inquiet : plus ou moins miséreux, il y aura toujours des troubadours qui pousseront ici ou là la chansonnette - et dont beaucoup resteront à tirer le diable par la queue tandis que les industriels de la musique et quelques artistes à succès s'engraisseront démesurément.
Dit autrement, si nombre d'artistes connaissent de grandes difficultés à vivre convenablement de leur art, ce n’est certainement pas le public qu'il faut en tenir pour responsable - ainsi qu’on cherche à nous le faire croire. Réjouissons-nous plutôt que public il existe et regardons plutôt du côté des producteurs et des diffuseurs qui brassent maladroitement des sommes considérables - en pleurnichant à l'occasion qu'elles s'amenuiseraient. Regardons plutôt, aussi, en direction des politiques culturelles et des budgets correspondants qui ne cessent, en effet, de s'amenuiser.
Culpabilisation et répression ne font pas une politique culturelle, encore moins un modèle économique viable. Ce ne sont là que quelques forces réactionnaires qui sont ici, comme partout, à l’ouvrage.
EDIT : L'ami Rimbus a pondu un excellent article qui viendra utilement en complément de celui-ci. Mais il y a aussi celui de Nicolas et celui de Seb - ça m'apprendra à faire un petit tour de oueb avant de déposer ma propre petite crotte.
|
Source : HADOPI |
![]() |
![]() |
La journée de la Femme par La Chanson du Dimanche
Nota Bene : à l'occasion de cette « Journée Internationale consacrée aux Droits des Femmes », le débat fait rage à travers la blogosphère (je ne mets pas de lien parce que j'ai la flemme - Nicolas va m'engueuler). Moi, je m'en contrefiche.
Je note seulement que si le féminisme est une cause que j'ai grande facilité à épouser, il y a bien des féministes dont je ne voudrais pas pour femmes : trop chiantes !
Mais il en va souvent ainsi, il y a encore dans ce monde nombre de combats à mener urgemment, et il serait plus facile d'y mettre tout son coeur si les militants étaient plus sexy - c'est que la hargne monomaniaque possède la fâcheuse tendance à rendre laid et ennuyeux.
Parfois aussi je m'interroge : les femmes sont-elles capables d'accéder à un humour de second degré ?
|
Source : La journée de la Femme |
![]() |
![]() |
Casse-toi-pov-con.net
C'est
simple, c'est drôle et ça soulage (un peu).
Allez-y faire un tour et ensuite, vous aussi, postez votre photo.
Vous aussi - parce que vous et moi savons que vous en rêvez - dites-lui : « Casse-toi Pov' con ! »
C'est par ici !
Et n'oubliez pas non plus d'en faire profiter vos amis et connaissances, car eux aussi, comme vous, comme moi, n'en peuvent plus de lui.
|
Source : Casse-toi-pov-con.net |
![]() |
![]() |
HADOPI et riposte graduée - Black-out et chanson
AVOODWARE s'associe à l'initiative de la Quadrature du
Net
qui appelle au « black-out » du oueb français.
Le projet de loi HADOPI a pour objet la mise en oeuvre la
politique dite de « riposte graduée »,
un dispositif répressif visant à couper l'accès à l'internette aux
foyers suspectés
de partager sans autorisation des oeuvres protégées.
Un tel dispositif conduirait à couper des familles entières non
seulement de l'accès à l'internette,
mais également au téléphone et à la télévision,
cela sans preuves juridiquement recevables,
ni d'ailleurs de procédure judiciaire.





|
Source : HADOPI et riposte graduée |
![]() |
![]() |

Recherche, sarkozy, éducation, culture
500 euros et 500 secondes par dedalus
C'est une
chaîne à laquelle je n'ai pas été convié, mais celles-ci ont
toujours été les petites sauteries que je préfère. D'ailleurs je ne
suis pas non plus le premier à
taper l'incruste.
J'ai découvert cette chaîne chez Gaël, mais si j'ai bien tout compris, elle a pour origine le site Lyon69.net - c'est dire si elle vient de loin.
Toute chaîne de blogs possèdant son propre règlement, commençons par reproduire celui-ci :
1. Avoir un blog ;
2. Écrire un article relatant ce que vous feriez s’il vous restait 500 euros et 500 secondes à vivre. Vous avez carte blanche, que ce soit un 3 mots ou en 500 lignes, laissez libre court à votre imagination ;
3. Relancer la chaine en invitant 5 de vos amis à répondre à leur tour à la question ;
4. Faire référence à cet article et à ces mini-règles afin que l’on puisse tracer tous les participants ;
5. Intituler votre article “500 euros et 500 secondes par Votre Nom”.
Notons également que cette chaîne est en sus un jeu où le gagnant remporte un prix surprise. Pour gagner, il faudra être le blogueur qui aura généré le plus grand nombre de commentaires suite à son billet - compteurs arrêtés au 16 février, minuit. Mais bon...
Avant d'aborder le point n°2 du règlement, et donc le coeur du sujet, il me reste encore à être sagement respectueux du point n°3. J'invite donc à rejoindre la présente chaîne : Maghnia (parce qu'elle est jolie), Eric - bloggeur citoyen (parce qu'il le vaut bien), Rimbus (parce que !), Café-Croissant (parce qu'il gagne à être connu) et Framboise (parce que ça pourrait être amusant).
Venons-en maintenant au fait. Et si donc il me restait à la fois 500 euros et 500 secondes à vivre ?
D'abord et accessoirement, s'il me restait 500 euros pour mes dernières 500 secondes à vivre, de deux choses l'une : soit j'aurais fini en tirant jusqu'au bout le diable par la queue, mais sans laisser non plus de dettes - 500 euros, ce n'est tout de même pas rien ; soit j'aurais au contraire su préférer dépenser qu'amasser - car tout de même, 500 euros ce n'est pas beaucoup.
Ou bien - cela me vient en réfléchissant un peu à ce que j'écris -, ou bien j'aurais gagné beaucoup d'argent, aurais beaucoup épargné, placé beaucoup à la banque, répartissant des sommes considérables sur divers placements financiers attractifs. Et puis, de crises financières en cracks boursiers, tout cela se serait soudainement volatilisé et ne me resterait plus en poche que 500 euros, c'est-à-dire, inflation aidant, à peine de quoi m'acheter un dernier paquet de clopes - ce qui expliquerait sans doute également pourquoi, une arme entre les dents, il ne me resterait alors plus que 500 secondes à vivre...
Mais ce n'est pas dans cette hypothèse extrême que je souhaite me situer. Surtout, 500 euros ou pas, s'il me restait 500 secondes à vivre, peut-être alors que,comprenant enfin l'urgence, je me (re)mettrais enfin à écrire ce putain de roman plutôt que de gaspiller mon temps à contribuer à des chaînes auxquelles je n'ai pas même été convié - et en laquelle je ne me suis incrusté que pour dire ceci et parce que j'ai la terrifiante faiblesse de croire qu'il me reste un peu plus de 500 secondes à vivre, ce qui est parfaitement imbécile.
|
Source : 500 euros et 500 secondes |
![]() |
![]() |
Il suffira d'un signe
Un homme. La cravate autour de son cou. Solitude et vague à l'âme. Mélancolie. Tristesse. Jusqu'à ce qu'un beau jour...
Signs sur Koreus
Signs est un court-métrage réalisé par Patrick Hughes, dans le cadre du Schweppes Short Film Festival
Merci à JeandelaXR pour la découverte de ce petit bijou.
|
Source : Il suffira d'un signe |
![]() |
![]() |
XXXXX est une couille molle
Ce
matin, je me suis levé en me disant que j'allais me faire XXXXX
pour mon petit-déjeuner. Faut dire que j'étais un peu énervé.
Inutile de dire pourquoi, ce n'est plus d'actualité. C'est con
parce que j'avais trouvé un titre de billet qui me plaisait. Je
crois que je vais au moins garder le titre.
J'ai renoncé à me faire le petit plaisir de croquer du XXXXX quand j'ai réalisé que lui et YYYYY semblaient très potes. Or il me semble que YYYYY est un garçon tout à fait sympathique. Il n'y a, me suis-je dit à l'oreille et dans un accès rare d'humilité, aucune raison pour que la mauvaise opinion que j'ai de XXXXX ne soit pas aussi mal placée (ai-je la faiblesse de croire et sans humilité aucune) que l'animosité dont XXXXX - cette couille molle - fait preuve à mon égard.
Raisonnement un peu tordu s'il en est, puisqu'il peut également conduire à s'interroger sur les raisons qui me rendent tant sympathique cet YYYYY, lequel après tout pourrait bien faire la paire avec son ami XXXXX.
C'est que le blogage devient une activité très particulière dès lors qu'on cesse de la pratiquer en solitaire. On est amené à faire des rencontres, à échanger sur tout un tas de vrais sujets avec tout un tas de vrais gens, jusqu'à parfois développer une certaine forme d'intimité avec certains - ou certaines. Et s'il est parfaitement aberrant de qualifier de virtuelles de telles rencontres, il y manque quelque chose d'essentiel qui permettrait d'aller jusqu'à prétendre qu'elles seraient tout à fait réelles.
Chacun aura sa propre opinion quant à ce qu'il y manque. Je dirais que pour ce qui me concerne, il s'agit du regard et du sourire. On ne connaît jamais vraiment quelqu'un tant qu'on n'a pas eu l'occasion de le regarder dans les yeux et d'échanger avec lui un sourire, fut-il factice ou de convenance. Un visage - c'est-à-dire l'expression d'un regard et la faculté de sourire - en proclame davantage à propos d'une personne que tous les mots qu'on pourra jamais échanger avec elle. Du moins est-ce mon sentiment.
Mais cette absence est tout autant une richesse qui fait tout le sel de ces rencontres entre blogueurs, leur spécificité. Aussi ai-je jusqu'à présent pris grand soin d'éviter toute perméabilité entre deux mondes qui forment en moi comme deux réalités différentes. C'est pourquoi je promène mon petit navire sur la grande Touale drapé dans un pseudo. Non pas qu'il me rendrait anonyme - il est aisé à qui veut savoir d'apprendre que dedalus (sans majuscule) est Laurent Mann. Mais, au contraire, le pseudonyme me binonymise (osons ce néologisme) : un nom différent pour chacune de mes réalités. C'est pourquoi, aussi, je me suis systématiquement refusé à participer aux petites sauteries entre bloggeurs - en outre, il m'a toujours semblé qu'il s'agissait essentiellement d'assemblées d'hommes (du moins très majoritairement) et il se trouve (je vous dis tout) que j'ai beaucoup de mal à supporter les ambiances viriles.
Il reste donc que je ne connais pas XXXXX - cette couille molle. Bien sûr, de même qu'il arrive que deux personnes qui se sont rencontrées sur l'internette finissent par copuler - et certaines poussent le vice jusqu'à faire ça devant leur maire -, il se pourrait parfaitement que rencontrant XXXXX dans un bar j'en vienne à lui mettre un coup de boule - mais je vous l'ai dit, je déteste les ambiances viriles. Je ne peux néanmoins tout à fait exclure que YYYYY ait en vérité très judicieusement placé son amitié et que nous en venions tous ensemble à joyeusement nous taper virilement dans le dos en jouant à celui qui pissera le plus loin.
C'est pourquoi, chers lecteurs et chères lectrices, plutôt que de donner dans le règlement de compte imbécile, il m'est venu que c'était là très certainement l'occasion d'en terminer avec tout ça et de retrouver un temps de cerveau disponible qui me permettra de me consacrer avec peut-être plus d'efficacité à mon propre nombril - comme Ségolène R, en somme.
Nicolas J, qui est un expert en blogage, m'a récemment conseillé de n'être jamais avare en liens, parce que la logique de l'internette était de créer des passerelles et de former des réseaux. Je lui ai répondu que j'oubliais toujours.
Annexe, à toutes fins utiles : Couilles molles est l'insulte qui déclencha la guerre des boutons, dans le roman éponyme. Une insulte qui est reçue par les enfants comme une déclaration de guerre pour la simple raison que ne la comprenant elle leur apparaît comme d'une extrême gravité. Cons, andouilles, voleurs, cochons, pourris, crevés, merdeux pouvaient passer encore, pas couilles molles.
Les guéguerres sur l'internette sont souvent du même ordre en ce qu'elles reposent sur un autre fantasmé dont on est enclin à se méfier, à supposer qu'il nous veut du mal. Paranoïa ordinaire dont quelques réactions à ce billet sont une illustration supplémentaire. Paranoïa ordinaire qui m'avait dans un premier temps conduit à sur-réagir, avant de me reprendre et de réorienter mon billet.
D'où le titre et ce couille molle que je reprends comme un gimmick appuyé.
L’aîné des Gibus, qu’on appelait par contraction Grangibus pour le distinguer du P’tit Gibus ou Tigibus son cadet, parla ainsi :
– Voilà ! Quand nous sommes arrivés, mon frère et moi, au contour des Menelots, les Velrans se sont dressés tout d’un coup près de la marnière à Jean-Baptiste. Ils se sont mis à gueuler comme des veaux, à nous foutre des pierres et à nous montrer des triques. Ils nous ont traités de cons, d’andouilles, de voleurs, de cochons, de pourris, de crevés, de merdeux, de couilles molles, de…
– De couilles molles, reprit Lebrac, le front plissé, et qu’est-ce que tu leur z’y as redit là-dessus ?
– Là-dessus on « s’a ensauvé », mon frère et moi, puisque nous n’étions pas en nombre, tandis qu’eusses, ils étaient au moins tienze et qu’ils nous auraient sûrement foutu la pile.
– Ils vous ont traités de couilles molles ! scanda le gros Camus, visiblement choqué, blessé et furieux de cette appellation qui les atteignait tous, car les deux Gibus, c’était sûr, n’avaient été attaqués et insultés que parce qu’ils appartenaient à la commune et à l’école de Longeverne.
– Voilà, reprit Grangibus, je vous dis maintenant, moi, que si nous ne sommes pas des andouilles, des jeanfoutres et des lâches, on leur z’y fera voir si on en est des couilles molles.
– D’abord, qu’est-ce que c’est t’y que ça, des couilles molles ? fit Tintin.
La Crique réfléchissait.
– Couille molle !… Des couilles, on sait bien ce que c’est, pardine, puisque tout le monde en a, même le Miraut de Lisée, et qu’elles ressemblent à des marrons sans bogue, mais couille molle !… couille molle !…
– Sûrement que ça veut dire qu’on est des pas grand-chose, coupa Tigibus, puisque hier soir, en rigolant avec Narcisse, not’meunier, je l’ai appelé couille molle comme ça, pour voir, et mon père, que j’avais pas vu et qui passait justement, sans rien me dire, m’a foutu aussitôt une bonne paire de claques. Alors…
L’argument était péremptoire et chacun le sentit.
Extrait de La Guerre des boutons, Louis Pergaud
|
Source : XXXXX est une couille molle |
![]() |
![]() |
Blogs de filles (nues)
Je viens de
lire un article étrange, intitulé Pourquoi si peu de femmes dans la
blogosphère ?
La première chose qui m'a intrigué est que l'auteur, qui en l'occurrence est une auteur, et pas une "auteure" et encore moins une "auteuse" !, débute ainsi :
Un blogueur sur deux serait une femme.
Ce n’est pas l’impression que donnent les classements des blogs influents.
D'abord, moi j'aurais écrit : Un blogueur sur deux serait une blogueuse. Ça me semble plus équilibré comme formulation, moins conforme à un machisme millénaire et que révèle cruellement la langue française. Mais bon je ne suis pas une femme, je ne vais pas chipoter...
Non, ce qui m'a intrigué en premier lieu est que, si un blog sur deux est tenu par une femme, pourquoi titrer sur l'absence de femmes dans la blogosphère ?
Aussi, supposant qu'il y avait là une charmante subtilité qui m'avait échappée, ai-je porté une attention plus soutenue aux développements de l'article - parce qu'au début je lisais ça d'un oeil distrait comme je le fais toujours pour les trucs de filles écrits pour les filles (j'ai toujours préféré Henry James à Edith Wharton).
J'ai alors compris que le problème qui était discuté n'était pas tant le manque de filles dans la blogosphère, ni même le fait qu'elles seraient moins lues, que le fait qu'elles n'apparaissent pas, ou si peu, dans le classement Wikio... dont tout le monde sait par ailleurs qu'il ne signifie pas grand-chose puisqu'il repose en réalité essentiellement sur la capacité des blogs classés à faire du copinage par un échange réciproque et soutenu, souvent abusif, de liens.
On pourrait en déduire que l'absence des blogs de filles dans ledit classement n'a aucune importance, puisque le classement wikio ne signifie pas grand-chose, et en particulier ne donne que peu d'indications sur une supposée influence, concept éminemment pompeux et flou. Trouver là aussi, peut-être, une preuve supplémentaire que le concept de bande de potes est assez spécifiquement un mode de fonctionnement masculin - les filles préférant se crêper le chignon en poussant des petits cris. Voire, et à la limite, on pourrait parier sur une sur-représentation de la communauté gay dans le classement wikio, mais alors il faudrait procéder à un comptage hasardeux que la déontologie et la jurisprudence Edvige ne nous autorise pas à faire...
Pourtant, tel n'est pas le propos de l'article, lequel préfère pérorer autour d'une théorie fumeuse auquel je n'ai pas compris grand chose (mais ma mère était blonde) selon laquelle tout petits déjà les garçons courent après des ballons... Je vous explique : l'idée est que si vous lancez un ballon en l'air dans une cour d'école, tous les garçons se précipiteront pour l'attraper tandis que les filles s'en désintéresseront comme de leur première petite culotte et préféreront continuer à parler chiffons ou tricot. Expérience dont il faudrait donc conclure, selon l'auteur de l'article et par ailleurs blogueuse féministe influente, que c'est la raison pour laquelle les filles ne jouent pas autant que les garçons à être wikio-influentes...
Oui, moi non plus je n'ai pas compris (ma mère, je vous dis !)... Et si par exemple on remplace le ballon tout gris tout moche, disons par une robe de princesse avec des strass, un flacon de parfum ou un tube de rouge à lèvres ?
Tenez, et si c'était un truc qui brille qu'on jetait au milieu de la cour de l'école, que croyez-vous qu'il arriverait ?
"Les femmes n'aiment pas les mêlées" nous expliquent la blogueuse, auteur talentueuse de l'article, laquelle se trouve par ailleurs dotée d'un extraordinaire sens de l'humour (je sais, je me raccroche aux branches) : n'a-t-elle donc jamais été présente à un mariage au moment crucial et attendu de toutes où la mariée heureuse lance au beau milieu d'une foule hystérique de célibataires son petit bouquet fleuri ?
Et l'arrivée des Beatles à l'aéroport de Londres après leur séjour en Amérique, ça vaut pas un bon vieux match de foot au stade du Heysel ?
A moins que n'y soit pour quelque chose le fait que 25% des requêtes mondiales sur internet soit lié au sexe ? Le mot-clé "filles nues", par exemple, intéressera vraisemblablement davantage les garçons et les orientera tout aussi vraisemblablement davantage vers des blogs de garçons, lesquels ne rechignent pas à l'occasion à jouer de l'effet d'aubaine, parait-il.
|
Source : Blogs de filles (nues) |
![]() |
![]() |
Flirt en spam et plus si affinités
Ce
matin, j'ai reçu une lettre très émouvante. Elle émane d'une jeune
femme très belle que je ne connais pas et qui a oublié de joindre
une photo d'elle toute nue. Grand romantique, je suis convaincu que
ces quelques mots naïfs et sincères qu'elle m'adresse sont les
prémices d'une grande et belle histoire d'amour.
J'ai souhaité vous faire partager ce moment rare d'un flirt innocent et en lequel déjà, et néanmoins, on soupçonne les déchaînements furieux d'une passion qui saura m'arracher bientôt à ma petite vie monotone de pépère de famille, cette vie triste et sans âme que je vis sans même réaliser combien elle est pitoyable :
Salut ! J'ai trouve votre profil sur Internet et et j'aimerais faire la connaissance avec vous , et je serais ravie si nous nous connaissons mieux, qu'est-ce que vous en pensez ?
Je vous ecris et j' espere que vous attirer l'attention a moi, je suis tres bonne et tendre, j'espere que je vous plairais.
Je viens de penser qu' on peut passer a "tu"?
Je vais attendre ta reponse. Je veux juste dire que si je ne peux pas acceder a ce site tu peux m'ecrire a mon adresse e-mail: yuliyak52@yahoo.com
Je vous laisse son adresse afin que vous puissiez lui exprimer votre admiration. Il est possible même qu'elle ait déjà pensé à déposer une liste de mariage afin qu'il vous soit possible de contribuer à notre bonheur et à sa sensualité : matelas à eau, draps en soie rose, yacht et autres babioles. N'hésitez pas à la contacter et à vous réclamer de mes amis, vous serez accueillis comme tels. Comme elle l'écrit elle-même avec une pudeur touchante, elle est bonne.
Parmi des millions d'internautes, c'est vers moi que son coeur de vierge l'a portée. Vous comprendrez bien, j'en suis persuadé, que je ne saurai partager avec vous mes secrets de séduction, mais croyez bien aussi que ce billet n'a en rien pour motif le plaisir malsain qu'il y aurait à vouloir susciter en vous un vil sentiment de jalousie. Il ne s'agit pour moi que de déverser sur vos têtes et en vos coeurs une part de ce bonheur qui déborde du mien, que vous puissiez profiter vous aussi, un peu, de son irréel pureté. Elle m'en est encore douloureuse à cette heure où le choc de la surprise ne m'a pas tout à fait quitté.
|
Source : Flirt en spam et plus si affinités |
![]() |
![]() |
Embruns et effluves
Après
Embruns et embrouilles, je remets ça parce que décidément, je
m'amuse beaucoup avec ce garçon - bon, en même temps, c'est presque
trop facile et je vais donc vite me lasser.
Donc, aujourd'hui, après avoir passer quelques heures à s'enorgueillir d'être attentif à la préservation de ce qu'il appelle "son écosystème" de tous ceux qui "le font chier" (je cite) parce qu'ils viennent taquiner sa Môjesté, l'ami Embruns n'a pas résisté et a consacré un billet (bon, je sais pas si c'est là bien le mot) à ces blogueurs qui (donc) "le font chier".
Alors, arriva bien entendu ce qui devait arriver : les qui font chier sa Môjesté Embruns sont venus faire chier sous le billet (non, sûr que c'est pas le mot !) de sa Môjesté Embruns qui donc parlait d'eux.
Moi, forcément, ça m'a inspiré le commentaire suivant - suis comme ça, je résiste pas à mes inspirations (ça m'épuise) :
Dites, laurent, vous ne seriez pas en train de refonder votre écosystème... à vous complaire ainsi à parler des personnes qui (je vous cite) "vous font chier", donc inévitablement à baigner et vous ébattre dans vos propres déjections.
"Embruns", je viens de comprendre : c'est une litote pour les "Effluves" d'un écosystème merdique...
C'est mignon tout plein.
Bon j'admets que "écosystème merdique" prête à confusion (si on ne veut pas faire l'effort nécessaire) et qu'il aurait été plus prècis (mais peut-être moins subtil) d'écrire "écosystème emmerdé". Cela dit, vous je sais pas, mais moi ça me fait rire - je sais, il faut pas dire qu'on se fait rire, c'est un poil prétentieux, mais voilà : ça me fait rire, moi ! (admettez que c'est déjà un beau résultat).
Bref, Embruns, lui, ça ne semble pas du tout l'avoir fait rire et, une fois encore, tout plein de rage, il a gribouillé très fort par dessus mon commentaire. Ce qui, forcément, m'a fait réagir (parce que j'aime bien pousser grand-mère dans les orties) :
C'est marrant, je me doutais que vous seriez inaccessible à ce genre d'humour. vous qui donnez si facilement dans la causticité, vous devenez étrangement très sérieux et très premier degré quand il s'agit de votre propre personne.
Détendez-vous, que diable ! ce ne sont là que joutes verbales sans conséquence - et que vous avez en l'occurrence vous-même initiées avec ce billet, admettez-le.
Détendez-vous, prenez un peu de hauteur et souffrez donc qu'on vous taquine un brin.
Non ?
Bon, jusque là ça va, il n'a pas encore joué les gribouilleuses. Mais c'est peut-être parce qu'il en est, à cette heure où j'écris (tard, trop tard!), à justifier des insinuations d'incitation à la pédophilie visant ces mêmes (toujours) "qui le font chier"...
... tiens tiens, c'est étrange, mais ça devient tout à coup moins marrant. Non ? Voire ça commence à fleurer sacrément mauvais : de vraies effluves de merde, pour le coup.Vous ne sentez pas ? Vous voudriez sentir ? Ledit billet - non, j'ai enfin trouvé le mot qui convient : l'étron est à cette adresse (mais vraiment, c'est uniquement si le coeur vous en dit)...
Source : Embruns et effluves
![]() |
![]() |
Embruns et embrouilles
Toujours des hommes bâtissent des murs pour se protéger et, ce faisant, s'y enferment avec ceux qu'ils veulent reconnaître pour leurs semblables. Ces hommes-là, derrière leurs hauts murs, inaccessibles à tous ceux qui sont en dehors de leur petit monde docile et apprivoisé, sont désespérants.
Embruns a publié une petite heure avant la sortie du nouveau classement Wikio un billet façon vierge effarouchée accouplée au chevalier blanc qui se la pète... dans lequel il demande de ne plus figurer dans le classement Wikio.
Embruns
a donc écrit sa petite bafouille :
"M. Wikio,
Merci de bien vouloir m’enlever dans les meilleurs délais de
votre classement ridicule. Votre bousin ne m’apporte que
des désagréments. Je n’ai pas besoin de plus de visibilité et
je tiens à garder intact l’heureux écosystème qui gravite
autour de mon carnet Web. Je ne tiens pas non plus à être intégré
sans mon accord dans un outil qui manque tant de transparence sur
ses tenants et aboutissants.
Je vous prie également, par la même occasion, de vous abstenir de
republier publiquement la moindre portion de mon flux XML.
Meilleures salutations.
Laurent Gloaguen."
Lisant cela, je me suis quant à moi permis de dire, dans les commentaires du dit brillant billet, ce que j'en pense - tellement ça me semble encore plus con qu'orgueilleux, cette démarche :
"Bah alors ça comme requête, c'est
totalement débile ! Ton blog est public, en parle qui veut, même ce
cher M.Wikio. Hey, Embruns, c'est le oueb, tu te rappelles !
Tant que t'y es, je te suggère ce billet, ça marche aussi
:
Mme Google,
Merci de bien vouloir m'enlever dans les meilleurs délais de votre
base de référencement
ridicule. Votre bousin ne m'apporte que des désagréments. Je
n'ai pas besoin de plus de visibilité et je tiens à garder intact
l'heureux écosystème qui gravite autour de mon carnet Web. Je ne
tiens pas non plus à être intégré sans mon accord dans un outil qui
manque tant de transparence sur ses tenants et aboutissants.
Je vous prie également, par la même occasion, de vous abstenir de
republier publiquement la moindre portion de mon flux XML.
Meilleures salutations.
Laurent JeC+koiInventerPourFaireleMalin"
Ce cher Embruns a choisi de censurer ce commentaire et invoque pour ce faire la raison suivante : "J'ai supprimé votre commentaire qui me traite de débile, vous ne faites justement pas partie de l'écosystème."
Ce à quoi j'ai pondu la réponse suivante : "C'est la requête que je juge débile et c'est sans ambiguïté ce qui était écrit. De même que je trouve maintenant cette censure parfaitement stupide. Quant à vous, je ne vous connais pas et je ne me permets pas de vous qualifier. Eventuellement, je dirais que vous n'êtes décidément pas beau joueur. Rassurez-vous, ce n'est pas bien grave."
Il me faut ici maintenant ajouter - même si ce n'était pas d'avantage ambigü - que c'est à la démarche d'Embruns qu'il faut attribuer le qualificatif de "plus con qu'orgueilleux".
Après, on me dira qu'un individu se définit d'après ses actes. Ce n'est pas faux, mais cela sous-entend l'ensemble de ses actes. Un billet (ou même un blog tout entier) ne saurait se substituer à l'ensemble des actes d'un individu.
Bref, quelle que soit l'importance que lui-même se donne, Laurent Gloaguen ne m'intéresse pas et je le dis sans offense. Je réagis à ce qui me fait réagir - en l'occurence, quelques mots qui me semblent risibles (mais aussi révélateurs d'une forme de pensée) pondus par (mais c'est accessoire) un dénommé Embruns.
Je trouve étrange et fascinant à quel point, même sur un espace aussi libre et à la fois protecteur que le oueb, certains se trouvent encore comme apeurés et bridés, au point de chercher à toute force à se protéger de l'Autre qui les perturbe, qui déforme l'image qu'ils cherchent à donner d'eux-mêmes - et d'abord à eux-mêmes.
Tout bien réfléchi, c'est d'ailleurs sur le thème de "l'écosystème à préserver" qu'il serait le plus intéressant de se pencher. Pour faire court, ça me fait penser à ces fermiers du Far West qui voulurent mettre des barbelés sur la prairie. Toujours des hommes bâtissent des murs pour se protéger et, ce faisant, s'y enferment avec ceux qu'ils veulent reconnaître pour leurs semblables. Ces hommes-là, derrière leurs hauts murs, inaccessibles à tous ceux qui sont en dehors de leur petit monde docile et apprivoisé, sont désespérants.
Source : J'ai été censuré chez Embruns
Crédit photo : Raphael Goetter
![]() |
![]() |
Tous les hommes dansent
Invitation au voyage - Where the Hell is Matt ?
Matt est un petit gars du Connecticut qui ne dit pas qu'il est poète. Il voyage autour du monde et lorsqu'un endroit lui plaît, il danse devant sa caméra. Et, partout, de Kuwait à Zanzibar, de Madagascar en Nouvelle-Guinée, de Suède en Corée, des Iles Salomon en Argentine, hommes, femmes et enfants dansent avec lui. Et, partout, sur tant de visages différents, c'est le même sourire que l'on retrouve, c'est-à-dire la même humanité qui s'exprime et qui témoigne d'elle-même,de Petra au Machu Picchu.
Ce qui ne gâte rien, c'est que les vidéos de Matt sont une succession de cartes postales du monde, toutes plus belles les unes que les autres. Mais je vous l'ai dit, Matt est un poète. Affaire de sensibilité, sans doute - ou d'humanité.
Where the Hell is Matt? (2008)
Vous pouvez retrouver Matt sur son site, et en particulier toutes ses précédentes vidéos. Faites un beau voyage.
Source : Invitation au voyage
Ta mère en string avec un sex toy !
Fête des mères : peut-on lui offrir un gode ?
En matière de mailing façon spam, je croyais avoir tout reçu, de ceux qui me promettent toutes les manières d'avoir un plus gros zizi (mais comment savent-ils ?) à ceux qui me proposent des pillules de toutes les couleurs pour devenir un meilleur amant (oui, comment ?), du riche héritier africain qui a besoin de faire transiter ses millions par mon compte en banque à la bimbo russe qui m'envoie sa photo nue assortie d'une demande en mariage, en passant bien entendu par des offres non moins alléchantes (sauf que je suis un mordu de la pomme) sur des antivirus pour mon PC (c'est quoi un virus ?).
Mais aujourd'hui, à quelques jours de la fête des mères, voici ce que je reçois dans ma boîte mail :

Moi, j'ai la maman la plus jeune et la plus belle du monde - oui, j'ai cette chance là !... Qui plus est, je suis le gars le plus cool de la terre et d'une largesse d'esprit proprement phénoménale. Pourtant, et allez donc savoir pourquoi, je me vois mal offrir à ma mère, dont cependant j'ai depuis longtemps compris qu'elle était aussi une femme, un mini canard de bain vibrant "Golden duckie", un mini vibromasseur stimulation point G, waterproof, intensité variable ou des boules de geishas perles de plaisir.
Ce n'est pas que je ne lui veuille pas du bien, à ma petite maman chérie, mais de même que je me suis toujours gardé de pénétrer à l'improviste dans sa chambre passée une certaine heure de la nuit, il y a certaines facettes de sa vie de femme desquelles je crois préférable de n'avoir pas à me mêler, fut-ce même avec l'idée innocente de lui faire un grand plaisir. D'ailleurs pour la rendre heureuse, un collier de nouilles a jusqu'ici toujours su faire l'affaire.
C'est là l'immense avantage des mamans sur toutes les autres femmes : quand il s'agit de les combler de bonheur, un rien leur suffit - et, oui je sais, les fils en abusent (je l'entends déjà me dire : "Un peu plus que rien n'est pas mal venu non plus, tu sais..."). Quelqu'un connaît un bon site sur le macramé ?
Source : Ta mère en string avec un sex toy !
Tripod - True Geek Love (avec sous-titres)
Mesdames, votre homme est-il un geek ?
Et d'abord savez-vous ce qu'est qu'un geek ? Sur Wikipedia, on lit ceci : Un geek (terme anglais se prononçant [giːk] ou [dʒiːk] selon les locuteurs, mais c'est [giːk] qui est authentique) est un stéréotype décrivant une personne passionnée, voire obsédée, par un domaine précis, généralement l'informatique. Le type même du geek a un profil scientifique et est féru de superhéros et de science-fiction....
Bon, mais comment reconnaître à coup sûr qu'on vit sous le même toit qu'un geek ? Sexe et geek sont-ils compatibles ? Il me préfère vraiment son ordi ou bien il a une maîtresse ? Que puis-je faire ? Autant de questions que vous êtes de plus en plus nombreuses à vous poser et auxquelles cette petite chanson du groupe Tripod devrait permettre d'apporter certaines réponses définitives :
Tripod - True Geek Love (avec sous-titres)
Antoine Bibi et Casimir
La première série humoristique sur internet
Antoine, Bibi et Casimir est une série moderne, drôle, actuelle qui raconte, sur le ton de l'humour, les aventures sentimentales et sexuelles de trois amis co-locataires, célibataires, leur recherche de l'amour avec un grand A.
Toutes les situations sont traitées de façon comique avec une succession de gags, pour que le rire soit toujours au rendez-vous.
En 2008, un célibataire qui recherche l'amour peut rencontrer le sexe et celui qui recherche le sexe peut rencontrer l'amour. Cela donne lieu à des situations psychologiques cocasses et délirantes.
Nos trois célibataires se débattent de manière comique dans leurs histoires amoureuses et sexuelles. Chacun pourra se reconnaître dans cette quête du bonheur et de l'amour, dans cette recherche de l'idéal, tellement contrariée par la réalité que ça en devient drôle.
Rendez-vous ici pour voir le premier épisode et les suivants, très bientôt.
Cortex Academy
Voyage au coeur du cerveau d'un homme
Que se passe-t-il dans le cerveau d'un homme lorsque sa femme lui annonce qu'elle le trompe ?
Cortex Academy, petit film d'animation réalisé par Frédéric Mayer et Cédric Jeanne, sur l'oeuvre originale "L'émotivité et la raison" de François Pérusse, a remporté plusieurs prix dont le prestigieux IMAGINA 2004 à Monaco et fut présenté au célèbre SIGRAPH à Los Angeles.
Humour et Adolescence
Le cerveau adolescent est-il inapte à l'humour ?
Il y a
peu, j'avais confié sur ce blog l'agacement que je ressentais à
l'écoute répétée des interminables gammes que ma fille tire
péniblement de la flûte à bec qu'on semble lui avoir greffée au
bout des lèvres depuis qu'elle a fait son entrée en sixième. Le
post s'intitulait "Flûte à bec : Parents en danger". De fait
l'idée m'était alors venu de mettre en ligne une pétition visant à
autoriser les parents, par mesure de sauvegarde, à pousser par la
fenêtre - sans limite d'étages - un enfant qui abuserait du dit
instrument sous prétexte de faire ses devoirs... Bref, j'avais
tenté de traiter le mal - mon agacement - par une tentative
humoristique - humour probablement de mauvais goût, mais c'est
comme ça que je l'aime.
Or il se trouve que le sujet a suscité un débat tout à fait sérieux sur le forum du site Dark Refuge, site qui se présente comme "une Web-communauté orientée Gothique - Metal - Vampire - Fantastique", où l'on parle de satanisme, de démons et d'anges, de piercing et de tatouages tribals... Un site de jeunes gens passionnés, en somme, et sur lequel la seule chose qui me surprenne est que l'on puisse y débattre longuement, et uniquement au premier degré, d'une pétition pour l'interdiction de la flûte à bec - sujet lancé par Wulf, Antédiluvien...
Outre l'incongruité apparente d'un tel débat sur un tel forum, je me déclare surpris qu'au long de leur discussion aucun d'entre ces jeunes et aimables gothiques n'a émis l'hypothèse que la pétition en question était peut-être à prendre au second degré, que ce ne serait juste qu'une blague pas drôle. Et j'en conclus que, soit les ados sont totalement dépourvus d'humour, soit leur cerveau est tellement différents de celui des autres êtres humains que l'humour des uns est totalement hors de portée de celui des autres... A moins qu'en réalité, ultime explication de leur comportement étrange, ils nous prennent vraiment pour des cons - ce en quoi, en ce qui me concerne, on ne pourrait leur donner tout à fait tort.








