Tous les hommes dansent
Invitation au voyage - Where the Hell is Matt ?
Matt est un petit gars du Connecticut qui ne dit pas qu'il est poète. Il voyage autour du monde et lorsqu'un endroit lui plaît, il danse devant sa caméra. Et, partout, de Kuwait à Zanzibar, de Madagascar en Nouvelle-Guinée, de Suède en Corée, des Iles Salomon en Argentine, hommes, femmes et enfants dansent avec lui. Et, partout, sur tant de visages différents, c'est le même sourire que l'on retrouve, c'est-à-dire la même humanité qui s'exprime et qui témoigne d'elle-même,de Petra au Machu Picchu.
Ce qui ne gâte rien, c'est que les vidéos de Matt sont une succession de cartes postales du monde, toutes plus belles les unes que les autres. Mais je vous l'ai dit, Matt est un poète. Affaire de sensibilité, sans doute - ou d'humanité.
Where the Hell is Matt? (2008)
Vous pouvez retrouver Matt sur son site, et en particulier toutes ses précédentes vidéos. Faites un beau voyage.
Source : Invitation au voyage
Ce matin, envie de bouffer du curé !
Du mensonge christique et de la tragique illusion de Dieu
Mercredi 13
janvier au dîner du CRIF auquel il était convié, en déclarant :
"Le drame du XXème siècle, de ces millions d'êtres projetés
dans la guerre, la famine, la séparation, la déportation et la
mort, n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa
redoutable absence", Nicolas Sarkozy, décidément tout petit
président de la république laïque de France, a franchi les limites
de l'acceptable.
Une telle déclaration publique, officielle, est une agression insupportable contre les convictions de tous les athées, ou du moins contre mes convictions philosophiques personnelles - et je vais éviter ici de sombrer d'ores et déjà dans un pseudo communautarisme des sans-dieu.
Disons-le tout net, je vis cette dernière éructation présidentielle comme une provocation de trop et une déclaration de guerre, comme un appel à déterrer des armes qui furent enterrées avec le calumet de la paix de la laïcité.
C'est pourquoi je m'autorise à proclamer ici publiquement que le grand drame de l'Histoire des hommes depuis vingt siècles, d'obscurantisme en oppression, de massacre en génocide, de guerre en croisade, de colonisation en esclavagisme, est le fruit du mensonge christique dont le poison est la tragique illusion de Dieu.
Et je me souviens soudain, qu'à la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, le 20 décembre dernier, ce même Sarkozy, étriqué et vulgaire avait déclaré que "dans la transmission et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur". Aussi, puisque la guerre est ouverte, j'affirme en retour que les petits enfants deviendraient moins facilement de grands cons si on leur évitait d'avaler toutes les conneries que débitent les curés.
Le 27 septembre 1946, un certain Gilles Colin écrivait dans le Monde Libertaire : "Soit dit en passant, les zélateurs de la religion catholique sont bien obligés d'imputer à leur fétiche tout puissant, Jésus-Christ, la conception et la réalisation des sanguinaires mise en scène que sont les guerres mondiales. Obligés de lui reconnaître une intervention personnelle dans les catastrophes ferroviaires et autres fariboles qui ne constituent pour lui que les plus inoffensifs et dilettantiques passe-temps.". Gilles Colin était alors le pseudonyme d'un certain Georges Brassens, lequel écrivit également ces quelques vers :
Le clergé vit au détriment
Du peuple qu'il vole et qu'il gruge
Et que finalement
Il juge.
(Georges Brassens / 1921-1981 / Opinion)
Mais puisque je donne dans la citation, je
vous livre également celle-ci qui me plait beaucoup :
"On sent, je crois, qu'avoir de la religion, pour un enfant, et
même pour un homme, c'est suivre celle où il est né. Quelquefois on
en ôte ; rarement on y ajoute ; la foi dogmatique est un fruit de
l'éducation. Outre ce principe commun qui m'attachait au culte de
mes pères, j'avais l'aversion particulière à notre ville pour le
catholicisme, qu'on nous donnait pour une affreuse idolâtrie, et
dont on nous peignait le clergé sous les plus noires couleurs. Ce
sentiment allait si loin chez moi, qu'au commencement je
n'entrevoyais jamais le dedans d'une église, je ne rencontrais
jamais un prêtre en surplis, je n'entendais jamais la sonnette
d'une procession sans un frémissement de terreur et d'effroi, qui
me quitta bientôt dans les villes, mais qui souvent m'a repris dans
les paroisses de campagne, plus semblables à celles où je l'avais
d'abord éprouvé. Il est vrai que cette impression était
singulièrement contrastée par le souvenir des caresses que les
curés des environs de Genève font volontiers aux enfants de la
ville."
(Jean-Jacques Rousseau / 1712-1778 / Les confessions / posthume,
1782)
Mais surtout, pour en revenir à notre petit président qui vomit du Guaino comme un enfant fait sa gastro, parlant d'un "monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir", il semble important de rappeler le rôle plus que trouble et souvent actif qu'ont joué les églises catholiques d'Europe en général, et le Vatican en particulier, aux côtés des nazis allemands, comme d'ailleurs des facistes italiens ou espagnols.
Rappelons par exemple que le pape Pie XII n’a, durant la Seconde Guerre mondiale, jamais condamné la persécution des juifs par les nazis. Et évoquons qu'il n'y a pas si longtemps le directeur israélien du centre Wiesenthal de recherches sur le nazisme a été contraint d'exprimer son regret que le Vatican ne reconnaisse pas que "l'antisémitisme chrétien a conduit à la Shoah". C'était après que dans un texte intitulé "Souvenons-nous : une réflexion sur la Shoah", publié le 18 mars 1998, le Vatican a cherché à nier un lien de cause à effet entre l'antijudaïsme historique des chrétiens et l'antisémitisme des nazis, le Vatican se contentant seulement de déplorer que des chrétiens n'aient pas apporté, à ceux qu'on persécutait, toute l'aide qu'on était en droit d'attendre d'eux, exprimant néanmoins ses "regrets" pour "la méfiance et l'hostilité" dont les juifs ont été victimes de la part des chrétiens et demande pardon "pour les fautes" de ses croyants. C'est dire si le Vatican lui-même va moins loin dans le révisionnisme historique que Nicolas Sarkozy.
Ainsi donc l'Europe aurait des racines chrétiennes, mais pas nos deux guerres mondiales et pas non plus la Shoah. Je crois qu'on voit en cet homme à la pensée étriquée l'exemple même des ravages de la catéchèse sur les enfants de France. Il devient urgent de les en préserver, de les libérer du catéchisme qui les pervertit, urgent qu'à la mission évangélique du christianisme s'oppose la volonté libératrice de la laïcité.
Mais terminons par Voltaire qui écrivit : "La religion existe depuis que le premier hypocrite a rencontré le premier imbécile !"
Du mensonge christique et de la tragique illusion de Dieu
George W Bush, l'artiste et quelques trouducs
Le portrait de Bush, par Jonathan Yeo

Attention, ceci est une oeuvre d'art ! Cette représentation du président des Etats-Unis est l'œuvre de Jonathan Yeo, un peintre anglais généralement porté sur l'establishment et reconnu pour ses portraits de magnats des médias comme Rupert Murdoch, d'hommes politiques comme Tony Blair ou d'acteurs comme Dennis Hopper.
Recruté par la Bibliothèque Bush pour réaliser le portrait du président des Etats-Unis, l'oeuvre produite, et réalisée à partir de collages, a finalement été refusée par son commanditaire, l'entourage de l'actuel occupant de la Maison Blanche s'étant offusqué des matériaux utilisés.
Quelque chose vous a échappé ? C'est que vous ne vous êtes pas plongés dans le détail du travail de l'artiste.

C'est en effet sur fond de scrotums et à grand renfort d'appareils génitaux et autres sphinctersque Jonathan Yeo dresse un portrait pour le moins éloquent de George W. Ainsi, l'oreille droite du président : en guise de pavillon, une érectionambitieuse, amoureusement tenue en bouche par une dame un peu tropmaquillée. Quant au teint de Bush, frais comme celui d'une jouvencelle,il est constitué d'une pléiade d'anus en tous genres. Et l'ensemble du portrait est à l'avenant.
Allez, trois agrandissements pour les fines Bush :
1- la bouche

2- l'oeil

3- l'oreille

De quoi donner peut-être des idées de ce côté-ci de l'Atlantique, puisqu'en terme de trouducs nous n'avons désormais plus rien à envier à nos amis américains.
George W Bush, l'artiste et quelques trouducs
Journée mondiale de lutte contre le SIDA
Un mort toutes les dix secondes
Spot Sidaction 2007 pour la Journée mondiale de lutte contre le SIDA.
Tonton, le retour 2
Le "Teasing" des forces de l'Esprit
Souvenez-vous,
c'était lors de la campagne électorale des dernières
présidentielles, une voix d'outre-tombe s'était faite entendre. Le
10 mars 2007, elle s'exprimait pour la première fois et disait ceci
:
J'avais dit en son temps que je croyais aux forces de l'esprit
et que je ne vous quitterai pas. Il est temps d'honorer ce
rendez-vous.
[...]
D'ici, je le répète, je vois tout, j'entends tout, je lis tout;
bref, je sais tout. Les mauvaises langues (de droite, mais aussi
hélas, de gauche...) qui me liront dans les semaines qui viennent
diront sans doute que pour une fois, je n'ai pas besoin des écoutes
de mon fidèle Prouteau pour y parvenir. Qu'elles se méfient. Je
vais tout dire, tout écrire, y compris sur elles...
Le blog de François Mitterrand venait de s'ouvrir : François-Mitterrand-2007, avec en exergue cette phrase prononcée par feu le président, lors de ses derniers voeux aux français : Je crois aux forces de l'esprit, je ne vous quitte pas...
Cela avait fait quelque bruit sur la toile, avait dans une certaine mesure bousculé le petit train-train médiatico-politique de la campagne électorale. Le blog avait très rapidement obtenu un réel succès d'audience. Le président postait chaque jour un nouveau billet et on débattait longuement de l'actualité politique au fil des commentaires. Cela en avait ravi certains, nombreux, et exaspéré beaucoup d'autres. Et puis, l'on s'était finalement souvenu qu'on ne croyait pas aux forces de l'esprit, que quelqu'un devait tenir la plume. Une chasse à l'auteur apocryphe s'était engagé. D'une telle ampleur que, finalement, sous la pression et cédant à l'hystérie, le blog se referme sur ces mots : Je vous le répète encore une fois, en guise de conclusion : Etre en accord avec soi-même, je ne connais pas de meilleur bulletin de santé. Je crois aux forces de l’esprit, je ne vous quitterai pas.. On était le 10 juin 2007, dimanche de premier tour des législatives.
Le silence s'était fait. On avait presque oublié. Pourtant, le 13 septembre 2007, on entendait ceci : " Et si, plus que jamais, il était temps de croire aux forces de l'esprit.... Etait-ce un ultime soupir, le dernier hoquet d'un esprit en décomposition ? Ou l'annonce d'un retour prochain, l'évocation d'un désir qu'on voudrait mutuel ? La réponse tombe ce jour où, sous le titre, Revenir..., on peut lire : Je sens qu'un nouvel esprit m'habite et je m'interroge. Puis-je vraiment laisser les choses en l'état, voyant ce que je vois, entendant ce que j'entends? Les forces de l'Esprit m'ont fait un bien beau cadeau encore. Dois-je en user?
Ouais, si ça c'est pas du "teasing" ! ...
Mais arrêtons-nous un instant et consultons Wikipedia :
Teasing est un mot anglais signifiant « taquinerie » mais il est plus correct de le traduire par « aguicher » pour sa connotation d'excitation (provoquer la curiosité, on le retrouve dans le mot strip-tease).
Le mot désigne une technique de vente attirant le spectateur par un message publicitaire en plusieurs étapes. Dans la première étape, un message court et accrocheur interpelle et invite à voir la suite. La deuxième étape apporte une réponse et incite à la consommation.
Le 'teasing' est arrivé en France en 1981 avec une triple publicité (affichage) pour l'afficheur Avenir, mise en scène par l'agence CLM/BBDO.
Sur une plage bleu azur...
1. Une jeune femme en bikini, mains sur les hanches, dit: «
[Demain], j'enlève le haut » ;
2. quelques jours plus tard, seins nus, elle dit: « [Demain],
j'enlève le bas » ;
3. quelques jours plus tard, nue mais montrée de dos, elle dit: «
Avenir, l'afficheur qui tient ses promesses ».
Le 'teasing' a été utilisé en politique en France, avec la double publicité visuelle de Jacques Chirac de 1986: "Vivement demain..." suivie de "...avec le RPR".
Allez, Tonton, point de chichi [sic], reviens... et dis-nous donc quel est ce "bien beau cadeau" que t'ont fait les forces de l'esprit.
France / Nouvelle-Zélande (Quart de Finale de la Coupe du Monde de Rugby 2007)
Haka All Black et Moquet "Fleur Bleue"
Le Haka des All Black prendra-t-il le dessus sur la lettre de Guy Moquet des "Tout Bleu" ?
La réponse en images :
No Comment...
N'oubliez pas d'aller voter pour cette
video sur YouTube.
Et pour une intégration de la video sur votre blog, copiez/collez
le code suivant :
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France / Nouvelle-Zélande (Quart de Finale de la Coupe du Monde de Rugby 2007)
L'Ile aux Fleurs, court métrage de Jorge Furtado (Brésil, 1989)
Les tomates, les porcs et les êtres humains
En bientôt vingt ans, les douze minutes de L’Île aux Fleurs, dévastateur court métrage avant-gardiste de Jorge Furtado, n’ont pas pris une ride. Tous ceux qui l’ont vu le savent : en dévoiler les rouages serait le trahir et mettre à mal l’effet de surprise qui régit le film. Et puis, comment résumer ces douze minutes ?
Douze minutes, donc. Douze minutes d’une formidable évidence. Douze minutes qui suffisent pour mettre en branle les rouages indéfectibles du commerce mondial. Douze minutes d'images agrémentées de commentaires d'un humour implacable. Jusqu'à la fin où tout le monde arrête de rire....
Pour une analyse documentée du court-métrage, je vous invite à lire sur Film de Culte.
Je vous invite également à vous rendre sur le blog de DCD qui a laissé un gentil message sur mon livre d'or et chez qui j'ai découvert cet incontournable court-métrage - lequel m'avait pourtant jusqu'ici soigneusement contourné.
"L'Ile aux Fleurs", court métrage de Jorge Furtado (Brésil, 1989)
Manif de droite : 12 juin
12 juin - APPEL A MOBILISATION
Une manif de droite pour fustiger mai 68
Le 12 Juin
aura lieu un grand, beau et joyeux défilé.
Il aura lieu dans le quartier Latin très probablement (nous organisons actuellement le parcours avec la Police), à partir de 17h.
Le But est de Fustiger Mai 68, notamment les "acquis" culturels.
Nous nous devons de nous surprendre les uns les autres en rivalisant de créativité pour en faire un moment de fête subversive. Comme jadis certaines troupes de Gauche ont su le faire.
Tout doit être mis en oeuvre pour juguler esthétique, fête et subversion.
J'entends qu'un concours de sosies de Mireille Mathieu est en train de se mettre en place...
J'entends que des chorales repettent à tue tête.
C'est cette France là que nous Souhaitons et que nous Chérissons
Vive la France
JFR (Jeune France de Rue)
ump : En cas de contestation par des forces hostiles nous devrons compter sur notre meilleure arme... La lâcheté.
Avant de se rendre à cette manifestation, il est important de prendre connaissance du Communiqué de Jeune France de Rue : Manifestons mais pas n'importe comment !
Rue89
Manif de droite
Hommage à Missak Manouchian
Le Petit Père des People s'est approprié Blum et Jaurès, et maintenant Guy Môquet, entre autres figures historiques "socialo-communistes", ainsi qu'il aime le dire en d'autres circonstances...
Leon Blum. Jean Jaurès. Guy Môquet... Ces hommes, grands devant l'Histoire, et qui n'appartiennent à personne sinon à eux-même et à notre Histoire. Ces hommes qui sont nos références communes et que la France aura toujours raison d'honorer, pourvu qu'il ne s'agisse pas de les récupérer, d'instrumentaliser la mémoire collective à des fins partisanes, ce qui serait les salir et donc nous salir tous, nous tous qui nous souvenons avec une émotion sincère.
Ça fait longtemps, pour ma part, que les figures de Blum et de Jaurès, de Guy Môquet et de Missak Manouchian font partie de mes références personnelles, longtemps que j'ai lu et que je me rappelle la lettre de Guy Môquet, et l'émotion qu'elle procure de par sa candeur héroïque - comme je sais également, et m'en souviens (oui, par devoir de mémoire), qu'il a été fusillé, assassiné par d'autres français et qui ne l'étaient ni plus ni moins que lui, qui l'étaient autrement et qui le choisirent lui et ses camarades parce que communistes et donc moins "bons français" à leurs yeux. Comme je sais également que dans la ville de Neuilly dont Nicolas Sarkozy a été maire pendant plus de vingt ans, il n'existe ni rue Leon Blum ni rue Jean Jaurès, pas plus qu'il n'existe une place Guy Môquet.
Alors, avant qu'il ne s'empare de cela aussi, lui qui ose tout - mais peut-être ceux-là sont-ils moins honorables parce qu'à prononcer [leurs] noms sont difficiles... - j'ai envie aujourd'hui d'évoquer Missak Manouchian et ses vingt-deux compagnons du groupe Manouchian, vingt et trois étrangers et nos frères pourtant, vingt et trois qui [crièrent] la France en s’abattant. L'envie de donner à lire ici la dernière lettre de Missak Manouchian, écrite à sa femme quelques heures avant de mourir, fusillé au Mont-Valérien, le 19 février 1944 :
Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,
Dans
quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être
fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un
accident dans ma vie, je n’y crois pas mais pourtant je sais
que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t’écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.
Je m’étais engagé dans l’Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d’avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la libération.
Avec l’aide des amis qui voudront bien m’honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait de mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine. Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant le soleil et la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t’embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.
Manouchian Michel.
P.S. J’ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M.
Et comment alors ne pas relire le poème magnifique qu'écrira quelques années plus tard Louis Aragon, hommage rendu aux 23 résistants du groupe Manouchian en 1955, Strophes pour se souvenir et mises en musique par Lèo Ferré en 1959, sous le titre L'Affiche rouge :
Strophes pour se souvenir / L’Affiche Rouge
Vous n’avez réclamé ni gloire ni les
larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos
villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de
préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du
givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit
calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les
roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d’hiver éclaire la
colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils
fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant
Louis Aragon.
Chanson interprétée par Léo Ferré.

Humour et Adolescence
Le cerveau adolescent est-il inapte à l'humour ?
Il y a
peu, j'avais confié sur ce blog l'agacement que je ressentais à
l'écoute répétée des interminables gammes que ma fille tire
péniblement de la flûte à bec qu'on semble lui avoir greffée au
bout des lèvres depuis qu'elle a fait son entrée en sixième. Le
post s'intitulait "Flûte à bec : Parents en danger". De fait
l'idée m'était alors venu de mettre en ligne une pétition visant à
autoriser les parents, par mesure de sauvegarde, à pousser par la
fenêtre - sans limite d'étages - un enfant qui abuserait du dit
instrument sous prétexte de faire ses devoirs... Bref, j'avais
tenté de traiter le mal - mon agacement - par une tentative
humoristique - humour probablement de mauvais goût, mais c'est
comme ça que je l'aime.
Or il se trouve que le sujet a suscité un débat tout à fait sérieux sur le forum du site Dark Refuge, site qui se présente comme "une Web-communauté orientée Gothique - Metal - Vampire - Fantastique", où l'on parle de satanisme, de démons et d'anges, de piercing et de tatouages tribals... Un site de jeunes gens passionnés, en somme, et sur lequel la seule chose qui me surprenne est que l'on puisse y débattre longuement, et uniquement au premier degré, d'une pétition pour l'interdiction de la flûte à bec - sujet lancé par Wulf, Antédiluvien...
Outre l'incongruité apparente d'un tel débat sur un tel forum, je me déclare surpris qu'au long de leur discussion aucun d'entre ces jeunes et aimables gothiques n'a émis l'hypothèse que la pétition en question était peut-être à prendre au second degré, que ce ne serait juste qu'une blague pas drôle. Et j'en conclus que, soit les ados sont totalement dépourvus d'humour, soit leur cerveau est tellement différents de celui des autres êtres humains que l'humour des uns est totalement hors de portée de celui des autres... A moins qu'en réalité, ultime explication de leur comportement étrange, ils nous prennent vraiment pour des cons - ce en quoi, en ce qui me concerne, on ne pourrait leur donner tout à fait tort.
Flûte à bec : Parents en danger !

Manifeste pour la suppression de
l'enseignement
de la flûte à bec en classe de 6ème
Apprendre la musique, soit.
D'accord aussi pour acheter une flûte à bec plutôt qu'un piano ou un trombone à coulisse
Mais pourquoi nos petits chérubins préadolescisants devraient-ils ramener du travail à la maison ?
Les professeurs de musique ne se rendent pas compte du calvaire quotidien vécu par des parents contraints de subir chaque soir, et à longueur de week-end, la litanie dissonante d'une flûte à bec plutôt hésitante :
Ceci est un appel à l'aide : Soutenez-nous ! Signez la pétition pour la reconnaissance du droit des parents à gifler un enfant qui joue de la flûte à bec.
Flûte à bec : Parents en danger !
La Turquie, le génocide arménien et les députés français
De quoi j'me mêle ?
Les députés français ont voté une loi pénalisant la négation du génocide arménien.
La première question qui vient à l'esprit est : pourquoi aujourd'hui ce besoin de légiférer ? A-t-on récemment entendu en France des gens clamer que le génocide arménien n'avait pas eu lieu ? Assiste-t-on en France à un débat acharné autour de cette question ? Combien même d'historiens français travaillent-ils sur cette période de l'histoire turque et arménienne ? Et, parmi ceux-là, combien nient la réalité du génocide ? Peu. Aucun ? Pourquoi alors cette soudaine nécessité de légiférer ?
Faire la leçon à la Turquie ? Rassurer la communauté arménienne de France ? Est-ce bien là le rôle de la représentation nationale ? On pourrai tout aussi bien faire une loi pénalisant la légitimation de l'intervention américaine en Irak, afin de faire la leçon aux Etats Unis d'Amérique et rassurer la communauté irakienne de France. Et une autre qui pénaliserait la négation de l'attentat terroriste du 11 septembre 2001 sur le World Trade Center, pour faire la leçon à Al Quaïda. On pourrait voter la pénalisation du soutien à l'autorité palestinienne et ses chefs terroristes, pour faire la leçon au Hamas et soutenir la communauté juive de France... ou le soutien à l'Etat Israélien et sa politique d'occupation des territoires palestiniens et d'oppression du peuple palestinien - une bonne leçon pour Israel, non ?
Ou bien, ne faudrait-il pas mieux que la France se garde un peu de son côté donneuse de leçon, laisse chaque Etat et chaque peuple faire le chemin de sa propre histoire et de ses propres errements, et se préoccupe davantage de balayer devant sa porte, regarder les grosses poutres qu'elle a dans son oeil historique. Et à ce propos je suggérerais bien à la Turquie de voter une loi condamnant la négation d'une France qui a largement et activement collaboré avec l'autorité nazie, prenant toute sa part, durant la seconde guerre mondiale, dans la déportation et le processus d'extermination des juifs français ; cette France qui aujourd'hui encore se plaît surtout à glorifier sa minorité résistante, a mis longtemps avant de reconnaître la responsabilité prise par l'Etat français installé à Vichy, et se garde surtout d'incriminer le comportement peu glorieux de son peuple, soumis, passif et à l'occasion collaborateur.
On justifie cette loi sur le génocide arménien en faisant le parallèle avec le négationisme qui vise le génocide juif commis par l'Allemagne Hitlérienne et ses alliés - dont la France, donc. Mais c'est là feindre d'oublier que ce qui rend condamnable ce négationisme-là n'est pas dans la négation historique elle-même, mais bien dans sa dimension antisémite : afin que le juif soit coupable, il est nécessaire de lui retirer son image de victime. C'est le juif, ennemi sournois et menaçant, qui est visé par ce négationisme-là et qui en fait sa spécificité, assimilable à l'antisémitisme, donc au racisme, ce qui de fait le rend condamnable au regard de la loi française, comme l'est toute apologie du racisme ou de l'antisémitisme.
On ne peut en aucun cas prétendre que la négation du génocide arménien, aussi blessante puisse-t-elle être pour le peuple arménien, viserait à stigmatiser ce peuple. La négation de ce génocide-mà est essentiellement la difficulté d'un Etat à se retourner sur son histoire et à l'assumer. Difficulté sur laquelle, pour bien la connaître, la France devrait se garder un peu plus de se faire donneuse de leçon. Elle y gagnerait en sens de la décence.
La loi française - et c'est tout à son honneur - condamne l'apologie du racisme, de l'antisémitisme, ou de l'homophobie. C'est à ce titre que la négation de la Shoah fait en droit français l'objet de sanctions pénales. restons-en là et ne dérivons pas vers la pénalisation de toute négation historique en tant que telle, au risque d'atteindre gravement à la liberté d'expression. Il doit être possible en France de nier que Jean Moulin fût un grand résistant, que le général de Gaulle fût un libérateur, que l'on coupât la tête à Louis XVI, que Jeanne d'Arc fût pucelle ou qu'un vase fut cassé à Soisson. Je veux, pour ma part, pouvoir continuer à clamer haut et fort que jamais Zidane n'a mis un coup de tête à Materazzi, un soir de finale de coupe du monde, en l'an de grâce 2006, quand l'équipe de France fut sacré pour la seconde fois championne du monde de football...
La Turquie, le génocide arménien et les députés français
Zidane, un héros de légende
Zidane, le légendaire
Zidane est
grand
Zidane ne met pas un coup de boule dans les vestiaires et loin des caméras
Zidane met un coup de boule quand il y a coup de boule à mettre
Zidane est droit
Zidane est pur
Zidane est grand jusque dans le pétage de plomb
Zidane est magique
Zidane est mythique
Zidane est tragique
Zidane est épique
Zidane est éternel
Zidane est comme Mitterrand, un personnage de roman, sublime jusque dans sa part d'ombre
Il ne s'agit pas d'aimer ou de ne pas aimer Zidane
Il s'agit de s'agenouiller devant Zidane et le vénérer
Zidane est une idole
L'Italie a gagné la coupe du monde ?
Quelle coupe du monde ?
Il n'y a pas eu de coupe du monde !
Juste le jubilé de Zidane, sa dernière épopée
Juste la mise à mort du héros par lui-même
Zidane c'est Molière qui meurt sur scène
Zidane c'est le Christ qui plante lui-même les clous
Zidane c'est Achille aux pieds légers et le vieux Ulysse réunis en un même personnage
Zidane... c'est Zidane
Culte de l'enfance
On dit le petit Gregory ou la petite Anne-Sophie, le petit Michel ou la petite Jennifer. On ne dit jamais le gros Léon, la grande Sylvie ou la vieille Simone.
et son foutware
Appel du Réseau Education Sans Frontières
Pétition nationale : NOUS LES PRENONS SOUS NOTRE PROTECTION !
Pour des milliers d’enfants et de jeunes majeurs, le 30 juin 2006 ne marquera pas le début des vacances d’été, mais bien le commencement d’un calvaire. En effet, à cette date, le sursis que M. Sarkozy avait dû accorder aux jeunes majeurs sans papiers scolarisés et aux parents d’enfants scolarisés tombera. Suspendues parce que les mobilisations d’écoles et de lycées se multipliaient, les expulsions reprendront.
Lire les explications et le texte de la pétition sur le site du Réseau Education Sans Frontière.
Appel du Réseau Education Sans Frontières
Sarkosy, l'Amour et la France (en cours de rédaction)
Hier, Nicolas Sarkosy a proclamé : "On en a plus qu'assez d'avoir en permanence le sentiment de s'excuser d'être français. On ne peut pas changer ses lois, ses coutumes parce qu'elles ne plaisent pas à une infime minorité. Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter"
Passons rapidement sur cette drague éhontée des électeurs d'extrême droite en empruntant sur ces thèmes, la ficelle est bien grosse et manque dramatiquement de subtilité, et interrogeons-nous sur ce que cela signifie, aimer ou ne pas aimer la France.
La France, de quoi parle-t-on ? On n'imagine pas que Sarkosy rendait là et seulement un hommage bucolique à la sublime diversité de nos paysages. Alors de quoi parlait-il ? De la grandeur de la France, ce qu'elle a représenté dans l'Histoire des Nations ? La France des Lumières et de la Révolution, terre d'accueil et d'universalité, patrie des Droits de l'Homme : certes, on peut aimer cette France-là, et aussi s'interroger sur ce qu'il reste aujourd'hui de ce lustre d'antan que nous avons coutume d'observer avec une tendre et impardonnable complaisance, oubliant allègrement la part d'ombre : la France de la terreur, la France esclavagiste, la France de Pétain et de Laval, la France antisémite, la France colonialiste, la France raciste et repliée sur elle-même.
Et aujourd'hui, est-elle tellement aimable, la France ? La France, c'est aussi ce pays qui vote à 20% pour l'extrême droite, ce pays qui parque ses immigrés, et les enfants de ses immigrés, et les enfants de leurs enfants, en périphérie des grandes villes, ce pays dans lequel il est si difficile de trouver un travail et un logement lorsque l'on a des origines africaines un peu trop marquées, ce pays qui en vérité exclut bien plus qu'il n'accueille, ce pays qui a peur de sa diversité c'est-à-dire de son propre reflet. Aimer la France ou la quitter ? Il y a peut-être une alternative : aimer la part de lumière et rejeter la part d'ombre, aimer suffisamment l'une pour ne pas passer l'autre sous silence, vivre à l'endroit où l'on se trouve et vouloir tenter de changer les choses, remettre un peu la France sur un chemin qui ressemblerait davantage à ce à quoi elle prétend, tolérance et générosité, liberté et fraternité, égalité et justice.
Aimer la France, en vérité je ne sais pas bien ce que cela peut signifier, sinon dire justement qu'elle ne serait pas diverse et multiforme, dans sa population comme dans ses lois et ses coutumes, ses croyances et ses traditions, dire qu'elle ne serait pas en évolution constante mais figée à jamais sur ce reflet d'elle-même qu'elle aime tant, cette France bien catholique, bien blanche et bien sûre d'elle-même et de son rayonnement. Et ainsi, proclamer son amour de la France et de ce qu'elle a toujours été - de ce qu'on voudrait qu'elle ait toujours été - revient en réalité à proclamer que l'on n'aime pas ce qu'elle devient, ou du moins que l'on en a peur.
Où l'on comprend donc qu'un petit bonhomme nous faisait simplement l'aveu de son indécrottable conservatisme, terreau de toutes les crispations qu'on lui connait. Ce qui conduit directement à cette question : Aimerions-nous la France de Nicolas Sarkosy ?
prophète et carricature (épisode 3)
autodérision : la meilleure réponse
Le journal iranien Hamshahri a lancé un concours de caricatures sur la Shoah, en réponse aux caricatures de Mahomet parues dans le journal danois Jyllands-Posten, puis relayées par d'autres journaux en Europe (à noter qu'aux Etas-Unis, où certains apparemment on pris l'habitude de vivre avec la peur de leurs propres démons, les caricatures sont au mieux reproduites avec un "floutage", comme pour une image pornographique...).
Deux israëliens, Eyal Zusman et Amitaï Sandarovich, se sont rapidement dits intéressés par un tel concours et ont appelé les caricaturistes israéliens à y participer, au motif que les juifs seraient insurpassables dans l'art de la caricature antisémite. On pourra se faire une idée sur cette appréciation sur le blog Israeli anti-semitic cartoons contest
.Dernier épisode en date, cette semaine, dans le courrier International, Art Spiegelman, auteur de la sublime BD MAUS, a décidé d'y aller de son propre trait... avec à mon avis une certaine réussite :

Prophète et carricature (épisode 3)
prophète et caricature (épisode 2)
caricature et préjugé
Caricature : Dieu ou son prophète ?
La caricature c'est lorsque l'on grossit le trait, à dessein, pour mettre en évidence la partie qui se dissimule dans le tout. et c'est une forme du commentaire qui a du sens.
Le problème survient lorsque la caricature rejoint le préjugé, lorsque le tout est réduit à une partie de lui-même, ou au fantasme de cette partie : le juif est un être fourbe avec un grand nez crochu, le noir est bruyant et sent mauvais, l'arabe est voleur et violent, l'asiatique est nombreux... Lorsque la caricature a ainsi pénétré les esprits, véhiculant son cortège de préjugés nauséabonds, le caricaturiste est contraint de se taire ou de changer la forme de son discours. On n'aboie pas avec les chiens.
C'est que la caricature est autant l'arme des rieurs et des démocrates que celle des racistes et des fanatiques. Si ce n'était fait avant, on l'aurait compris depuis le 11 septembre 2001, certains trouvent intérêt à ce que le monde se divise en deux camps, deux civilisations que tout opposeraient, un intérêt à ce que soit dit, répété et prouvé que l'arabe est musulman et le musulman est arabe, que le musulman est terroriste et le terroriste est musulman, que le juif est sioniste et le sioniste est juif, que l'occidental est chrétien et le chrétien est occidental. et que le juif et le chrétien sont alliés contre le musulman. Et qu'avant cela, le juif, le chrétien et le musulman sont alliés contre le laïque blasphémateur qui conteste à Dieu la suprématie de ces lois.
Ils voudraient caricaturer le monde, le réduire à ces traits épais et grossiers qui semblent nous différencier, et nous dépouiller de notre humanité qui nous est commune. Ce sont eux les caricaturistes, ceux qui enferment les hommes en eux-mêmes en les réduisant à leur caricature, en ne leur laissant jamais le choix d'être simplement eux-mêmes là où ils sont, des hommes avec leurs origines et leurs croyances mais qui vivent aussi ici et maintenant, libres ensemble plutôt qu'enfermés dans une communauté que leur imposerait leur naissance. Leur message est clair : toi, l'arabe, où que tu vives dans le monde, tu es enfant d'Islam et soldat de Mahomet ; toi, le blanc, où que tu vives dans ce monde, tu es le blasphémateur et l'oppresseur ; toi, le juif... Et chaque fois qu'une bombe occidentale explose ou qu'un otage est égorgé devant les caméras ou qu'un acte terroriste est commis ou qu'un crime raciste est commis ou qu'une ambassade est brûlée ou qu'un préjugé racial et discriminatoire est véhiculé, c'est ce message qui est lancé, répété, relayé, amplifié... et ce même enfermement des hommes qui se poursuit, l'enfermement des hommes dans leurs églises.
Alors, oui, les hommes devraient toujours sortir de leurs églises, sortir et être au grand air, et y éventuellement pratiquer leur foi, sous le seul regard de Dieu, ne jamais laisser à d'autres hommes le pouvoir de diriger leurs consciences et s'immiscer dans leurs convictions, qu'elles soient religieuses, morales, politiques ou éthiques. Il n'y a pas en effet de plus grands caricaturistes que les hommes d'église, et c'est de Dieu lui-même dont ils font la caricature. Ce qui amène tout naturellement à cette question, donc : vaut-il mieux caricaturer Dieu ou son prophète ?
Dit autrement, si j'ai le plus grand respect pour Dieu, c'est-à dire pour les croyants et leurs croyances, je ne me sens pas tenu au respect des églises, c'est-à-dire ces lieux de pouvoir où pullulent les prêcheurs et les censeurs, ces hommes qui au nom de Dieu prétendent diriger les consciences d'autres hommes, les guider sur les chemins de l'amour et de la haine - ceux de la haine, le plus souvent.
Quand la République pisse au karcher sur la Nation
(couplet)
quand la France chie du mépris et de l'exclusion
quand elle vomit sa peur dans les ghettos
c'est Sarkosy qui tire la chasse
c'est Sarkosy qui tire la chasse d'eau
quand la République pisse au karcher sur la Nation
quand elle dégueule sa haine du bicot
c'est Sarkosy qui tire la chasse
c'est Sarkosy qui tire la chasse d'eau
(refrain)
c'est pas la peine d'avoir Le Pen
y a Sarko qui fait tout le boulot
c'est pas la peine d'avoir le gros Jean-Marie
grimpé sur son dos y a le p'tit Sarkosy
"La France est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser, comme une salope il faut la traiter, mec! Je pisse sur Napoléon et le Général de Gaulle... La France est une mère indigne qui a abandonné ses fils sur le trottoir sans même leur faire un signe" (Monsieur R.)
"Les marches militaires, ça m'déglingue. Et votr'République, moi j'la tringle. Mais bordel ! Où c'est que j'ai mis mon flingue" (Renaud)
Quand la République pisse au karcher sur la Nation









