Polanski et Mitterrand, Internet et Finkielkraut
J'ai jusqu'à
aujourd'hui évité de m'exprimer directement sur l'affaire
Polanski comme sur l'affaire Mitterrand. La raison en
était simple : comment être audible au milieu de ce que Alain
Finkielkraut nomme « la foule lyncheuse»?
Pourtant - et c'est là où Finkielkraut se trompe quand il parle assimile Internet à une poubelle - quand on prend le temps d'écouter attentivement, et pour peu qu'on parvienne à faire abstraction des hurlements de la meute, on comprend que Internet est simplement à l'image du peuple, de tous les peuples : les cons y aboient plus fort que les autres et sont généralement tous d'accord entre eux, notamment pour se contenter d'un avis tranché à vif, sans recul ni nuance.
Je suis d'accord et je comprends Trublyonne quand elle se contente de demander : « L'UMP qui défend la liberté sexuelle et le P.S. la rigueur morale, le tout derrière Marine Le Pen, vous ne trouvez pas que c'est le bordel en Sarkozye en ce moment ? »
Je suis d'accord avec le Coucou qui avec sa mesure habituel évoque « l'hallali [qui sonne] de l'extrême droite à la gauche », « les Toto-la-vertu » qui s'ébrouent sans retenue dans les sinistres eaux d'un « retour à l'ordre [qui est] en train de gagner le monde ».
Je rejoins Dr No qui exprime son malaise devant « une meute blogosphèrique sans contour ni recul », « ceux qui hurlent au loup », et aussi quand il conclue que « le lynchage médiatique dans une société de droit a toujours quelque chose de pitoyable ... même lorsqu'il est basé sur des faits avérés, à fortiori quand ils sont anciens et déjà largement connus ! »
Je suis d'accord avec François Mitterrand qui interrogeait sur Twitter : « Faudra-t-il à la fin clouer au pilori tous les Lewis Carroll mal inspirés et les Vladimir Nabokov sans talent ? » - et Bruno-Roger Petit a par ailleurs écrit un excellent billet sur le sujet, contrairement à Guy Birenbaum qui refuse de se mouiller.
Je partage l'avis de Nicolas quand il propose « à tout moralisateur gauchiste qui a déjà maté le cul d'une adolescente de 14 ans en se disant qu'elle semblait en avoir 17 ou d'un type de 25 ans en s'imaginant qu'il en a 15 de se couper tout seul les couilles et de les bouffer avec du gros sel » et je proclame avec lui que « si la nouvelle stratégie électorale du Parti Socialiste est de remuer la merde soulevée par le Front National, il le fera sans moi. » Et d'ailleurs je suis encore d'accord avec lui quand c'est mon avis qu'il partage : « ce glissement suggestif de l'homosexualité à la pédophilie n'est pas nouveau et fait le lit de l'homophobie et des violences qui l'accompagne ».
En réponse à un commentaire de mon ami Rimbus, avec lequel pour une fois je suis en désaccord, j'ai écrit : « Soyons clair, je ne prends en aucun cas la défense de Frédéric Mitterrand, ni celle de la prostitution, encore moins celle du tourisme sexuel. Je dis juste qu'un homme a raconté dans un livre son expérience intime d'homosexuel attiré par de "jeunes garçons"... et que le fait qu'on hurle aussitôt à la pédophilie, et même que sans hurler on en laisse le sous-entendu, ça me glace et ça me semble irresponsable. Ce glissement suggestif de l'homosexualité à la pédophilie n'est pas nouveau et fait le lit de l'homophobie et des violences qui l'accompagne. [...] Sans même parler qu'il y a un monde d'horreur qui sépare le détournement de mineur de la pédophilie... Il y a dans tout ce bazar bien trop d'amalgames désolants ».
Au même endroit, j'ai rappelé que les Beatles étaient « quatre garçons dans le vent ». Ailleurs j'ai interrogé « donc l'homo qui se paie un mignon là-bas est moralement plus répréhensible que l'hétéro qui s'offre une jeune pute ici ? », souligné « le grand bond en arrière dans la lutte contre l'homophobie et son assimilation à la pédophilie, en France », rappelé que « quand on donne dans le populisme, on en vient tjs à se faire déborder par l'extrême-droite » et déclaré « je hais cette gauche qui s'érige en gardienne intransigeante des bonnes mœurs ».
Le point est qu'à hurler avec la meute, on en
oublie de défendre l'essentiel :
- dans l'affaire Polanski : l'intellignetzia en général, et
Frédéric Mitterrand en particulier, ont eu grand tort de mettre en
avant la qualité d'artiste de Roman Polanski afin de prendre sa
défense. Aussitôt, la meute s'est engouffrée et la gauche n'a pas
su réagir. Le résultat est que l'idée de justice a une nouvelle
fois reculé en ne saisissant pas l'occasion de rappeler que la
prescription est un élément fondateur de notre système judiciaire.
Elle en est même un élément civilisateur. La justice ne se
préoccupe pas de devoir nourrir l'esprit de vengeance. Elle ne se
préoccupe pas de faire justice à une victime ou de condamner un
acte : la justice juge un homme et la prescription est reconnaître
à tout homme la faculté de changer, c'est reconnaitre ce qui fait
son humanité. Sans prescription, la justice devient
acharnement.
- dans l'affaire Mitterrand : Benoit Hamon a emboîté le pas à
Marine Lepen. Et Manuel Valls. Et Montebourg aussi. Et la meute
blogosphérique qui n'est que le peuple enfin audible au quotidien.
Le résultat est que pour condamner le tourisme sexuel, ce qui est
un vrai sujet, pour réclamer des comptes à un Ministre sur son
passé, ce qui est moins glorieux, on a vu ressurgir le feu
homophobe de l'ancien volcan où l'on croyait avoir éteint
l'intolérable amalgame entre pédophilie et homosexualité.
C'est que parmi les hurlements de la meute et les vociférations des lanceurs de pierres, mesure et nuance n'ont plus prise, tout se mélange et puis tout s'amalgame : abus de pouvoir sur mineur et pédophilie, viol et pédophilie, homosexualité et pédophilie ; mais aussi justice et identification à la victime, justice et désir de vengeance, justice et expiation...
Il aurait été bienvenu par exemple de rappeler qu'il y a ce qui relève d'une attirance sexuelle maladive pour les enfants et qui se nomme la pédophilie. Et qu'il y a, sans que la frontière puisse être bien identifiée, ce qui relève de l'interdit social d'une relation sexuelle fondée sur un rapport de pouvoir moral : un adulte ne couche pas avec un ado, un professeur ne couche pas avec son élève, un patron ne couche pas avec son employé, un cinéaste de renom ne couche pas avec une starlette ambitieuse et alcoolisée, un touriste fortuné ne paie pas pour coucher avec un jeune homme du bout du monde, miséreux et exploité... Dans un cas, celui de la pédophilie, l'interdit est universel et ne se discute pas. Dans l'autre, entre en ligne de compte la culture, la conviction intime, l'opinion de soi, le respect de l'autre, le débat moral, la conscience du bien et du mal... Dans un cas on a affaire à un pédophile, dans l'autre à un irresponsable, ou plus prosaïquement un con, et parfois, en fonction des lois en vigueur, à un criminel.
Tout ce qui est écrit ci-dessus l'a été, par moi ou par d'autres, de manière plus ou moins sybilline, avec plus ou moins de talent et de capacité de résonnance (des liens bordel, des liens !), sur Internet. Preuve que Alain Finkielkraut a sur ce sujet une opinion un peu trop amalgamante. Je le répète, Internet est tout simplement à l'image du peuple - et ce n'est pas toujours reluisant. Pour le reste, sans doute parce qu'il sait là davantage de quoi il parle - mais le peuple a tendance à dévaloriser tout ce qui ressemble à une élite, et le penseur philosophe est donc nécessairement un con - Finkielkraut a fait ce matin sur France Inter une excellente intervention : dix minutes à écouter avec nuance et mesure, et peut-être un peu d'ouverture d'esprit.
Source : Internet et Finkielkraut
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De la juste rémunération du bloggeur
Le bloggeur
est une espèce de plus en plus prisée par et dans les médias
traditionnels.
Nombre de versions numériques de journaux nationaux hébergent des blogs sur leur plateforme, de 20Minutes (gratuit) à Le Monde (payant). Mediapart qui est une plateforme média exclusivement numérique, et à accès payant, fait de même. Quant à Le Post, ce sont les bloggeurs maison qui alimentent le journal en ligne - encore qu'on puisse s'interroger ici sur la dénomination de bloggeurs - et certains d'entre eux, qualifiés d'Invités, sont rémunérés.
On ne compte plus, dans les médias traditionnels, les articles ou les chroniques ou les reportages façon Qu'en disent les bloggeurs. Betapolitique fait sa sélection d'articles parmi les bloggeurs. Le journal papier Vendredi est quant à lui entièrement composé par une sélection d'articles de bloggeurs. Et dernièrement, c'est Courrier International qui a proposé un partenariat avec certains d'entre eux.
Les bloggeurs sont cités un peu partout, des extraits de leurs billets sont repris ici ou là - et parfois donc des billets entiers. On leur propose d'intervenir à la radio ou sur les plateaux de télévision, on recueille leurs avis, on les invite à suivre tel ou tel évènement particulier. Au Congrès du Parti Socialiste, certains d'entre eux avaient un accès presse.
Bref, le bloggeur fait vendre. Car il ne faut pas se leurrer, il s'agit d'abord de cela : le phénomène du bloggage fait vendre. Mieux que cela, tout numérique soit-il, il fait aussi vendre du papier.
Il s'agit pourtant moins de la valeur ajoutée qu'apporterait le bloggeur à l'information que du fait qu'il est supposé ne pas faire partie d'un sérail journalistique, lequel vit actuellement une profonde crise de confiance, donc d'audience. Le bloggeur est un représentant du peuple et le peuple - lecteur, auditeur ou télespectateur - aime s'entendre. Il aime donner son avis et le partager. En ce sens, la popularité des bloggeurs est à rapprocher du succès des émissions où Vous avez la parole.
La différence est que le bloggeur est identifiable, qu'il est ciblé en tant que tel par les médias qui en font leur beurre. Et voilà le bloggeur de se demander tout naturellement si une partie de ce beurre ne devrait pas légitimement lui revenir. Il s'interroge sur son statut au sein du grand bourdonnement médiatique et se pose la question de sa rémunération.
Aussi naturel cela soit, il a tort. L'engrenage de la rémunération est celui de la professionalisation. A terme, d'une manière ou d'une autre, il se trouverait récupéré. Un phénomène tout aussi naturel que la question qui y conduirait. On ne peut faire semblant : on ne fait jamais de la même manière selon qu'on en espère ou non une rémunération ; et l'autocensure, aussi inconsciente soit-elle, est la pire de toutes les censures, parce que la plus sournoise.
Dans la chaîne journalistique, le bloggeur est un témoin et se perdrait donc à ne pas le rester.
Le bloggeur parle depuis lui-même et témoigne de ce qu'il observe. Or on ne rémunère pas un témoin. Rémunérer un témoin c'est de facto le corrompre, c'est-à-dire corrompre son témoignage.
Une précision nécessaire pour en terminer : en aucun cas je ne jette la pierre à tel ou telle qui obtiendrait rémunération de son activité de bloggeur. Tout le monde n'a pas les moyens ou même l'envie de renoncer à un complément pécunier, aussi symbolique soit-il. C'est le symbole que je pointe, et ce à quoi, on le sait, il tend : l'institutionnalisation, qui est une contrainte et une uniformisation, et pour le bloggeur la promesse de devenir un notable 2.0.
Alors je le répète, parce que tout est là : On ne rémunère pas un témoin.
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Source : De la juste rémunération du bloggeur |
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Michael Jackson marche sur la lune
Hadopi censurée par le Conseil Constitutionnel
Le Conseil
Constitutionnel avait été saisi par les députés du Parti Socialiste
après l'adoption de la loi "Création et Internet", dite HADOPI, sur
le téléchargement illégal. Les 11 Sages (neuf permanents et les
deux anciens chefs d'Etat Jacques Chirac et Valéry Giscard
d'Estaing) avaient pour charge de se prononcer sur la concordance
du texte avec les principes constitutionnels.
C'est désormais fait et, considérant qu'«Internet est une composante de la liberté d'expression et de consommation», et qu'«en droit français c'est la présomption d'innocence qui prime» le Conseil constitutionnel a décidé de censurer la partie sanction de la loi Hadopi - la "riposte graduée" - sur les téléchargements illégaux.
Le Conseil Constitutionnel rappelle que « c'est à la justice de prononcer une sanction lorsqu'il est établi qu'il y a des téléchargements illégaux ». Et de conclure : « Le rôle de la Haute autorité (Hadopi) est d'avertir le téléchargeur qu'il a été repéré, mais pas de le sanctionner. »
HADOPI est morte - et j'ai ce soir une pensée émue pour ces artistes de gauche qui se sont fourvoyés dans un combat d'arrière-garde plutôt que de se mettre au service d'une cause qui exige de la part des industriels de la culture la révision de leur modèle économique et son adaptation à la révolution technologique de l'Internet, de manière notamment à assurer une rémunération juste aux artistes sur le dos desquels ils ne cessent complaisamment de se faire une rente.
Pierre Arditi, Juliette Gréco, Michel Piccoli et Maxime Le Forestier, je pense à vous.
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Source : Hadopi censurée |
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HADOPI ou les puissances réactionnaires à l'oeuvre
Tout le monde en parle, chacun à son avis, alors je me décide à en dire un peu plus qu'un mot. Dire simplement que le téléchargement ne saurait être illégal, dire qu'avant même que le législateur se décide, via la loi HADOPI, d'user de répression, cela fait maintenant dix ans qu'on use d'une culpabilisation qui n'a pas lieu d'être.

Toute cette histoire est en réalité assez simple. Afin de préserver leurs rentes, et plutôt que de s’adapter à la dématérialisation des supports en mettant en place de nouveaux modèles économiques, les industries de la musique et du cinéma, avec la complicité des gouvernements, s’évertuent depuis des années à laisser croire qu’échanger des fichiers sur internet s’apparenterait à du vol, alors que ce n'est que l'appropriation par les citoyens du progrès technique.
Lorsque l'on inventa le fil à couper le beurre, on ne déclara pas illégal son utilisation. Lorsque la locomotive à vapeur devint réalité, les gens se mirent à prendre le train et les chevaux ne se mirent pas à ronchonner. Lorsque les soutiens-gorges libérèrent la femme, les fabricants de corsets s'adaptèrent plutôt que de pester après les mamelles infidèles. Lorsque la télévision pénétra dans les foyers, le Général de Gaulle ne la déclara pas illégale au prétexte que les français n'allaient plus prendre le temps de se reproduire. Lorsque la jeunesse des années 80 se mit à enregistrer sur cassette toute la musique d'une bande FM libérée, l'industrie de la musique ne se trouva pas moribonde.
Depuis que le monde est marchand, à mesure que le progrès technique poursuit sa marche en avant, tandis qu'hommes et femmes s'approprient les nouvelles inventions et en tirent profit pour s'élever au-dessus de leurs anciennes conditions, les industries s'adaptent et développent de nouveaux modèles économiques - ou disparaissent et laissent la place à d'autres.
Depuis que le monde est marchand, certaines industries parviennent à mettre à profit une situation donnée pour tirer une rente de leur activité. Pour celles-là, le progrès technique a toujours été et sera toujours une menace - non pour elle-même, mais pour ladite rente, cette part excessive du gâteau qu'elles ont réussi à s'approprier aux dépens d'autres acteurs de la filière, généralement les consommateurs qui paient un prix trop élevé, mais aussi des intermédiaires qui reçoivent une rémunération anormalement réduites pour leurs prestations.
Et ainsi, depuis que le monde est marchand, les industries rentières sont-elles particulièrement réfractaires au progrès technique. C'est qu'en bons libéraux, elles savent que toute rente a pour vocation de disparaitre, soit par le simple jeu de la concurrence, soit via le progrès technique. Et toute leur stratégie consiste donc, non pas à freiner le progrès - lequel est inéluctable -, mais à s'en approprier l'essentiel des bénéfices futurs en empêchant aussi longtemps que possible sa concrétisation présente, afin tout de même de faire durer la rente.
Il y a deux dizaines d’années, les grands monopoles dans le domaine des télécommunications ont ainsi freiner des quatre fers devant la libéralisation du marché, l’émergence de la téléphonie mobile puis celle de la téléphonie par internet. Il s’agissait pour ceux-là de conserver leurs rentes de monopoles. Ils n'allèrent cependant pas jusqu'à oser prétendre que le GSM était un piratage téléphonique - cela aurait semblé par trop risible. On entendit toutefois quelques voix réclamer que fût déclarée illégale la téléphonie sur internet. On sait aujourd'hui ce qu'il advint : Orange, anciennement France Telecom, est leader sur le marché français de la téléphonie mobile, comme sur celui de la box internet - qui permet de téléphoner de manière illimitée sans surcoût, apparemment gratuitement...
Mais revenons au téléchargement. Je télécharge sur internet parce que la possibilité technique existe. Pis, cela ne provoque en moi aucun cas de conscience : je n’ai absolument aucune crainte pour la rémunération des artistes qui ont contribué aux oeuvres que je télécharge. Cette responsabilité-là revient de toute évidence aux industriels qui ont contracté avec lesdits artistes ; il ne s’agit pour eux - les industriels - que de distribuer autrement, c’est-à-dire mieux, plus efficacement, les sommes considérables qui circulent sur ce marché qui n'est pas celui de l'art. Il ne s’agit que d’allocations optimales des ressources et de la mise en place d'un modèle économique adapté à cette nouvelle donne technique. S'il est probable en effet que cela conduise à mettre fin à une rente qui n'a que trop duré, disons que ça ne m'émeut que très moyennement.
Je n'ai aucune inquiétude pour la vitalité artistique. Depuis que le monde est monde, celle-ci n'a jamais été liée à l'importance de la rémunération des artistes, pas plus que l'importance de cette rémunération n'a jamais été liée à l'importance du prix auquel les marchands décident de vendre au public les oeuvres dont ils ont fait l'acquisition des droits. Non, je ne suis pas inquiet : plus ou moins miséreux, il y aura toujours des troubadours qui pousseront ici ou là la chansonnette - et dont beaucoup resteront à tirer le diable par la queue tandis que les industriels de la musique et quelques artistes à succès s'engraisseront démesurément.
Dit autrement, si nombre d'artistes connaissent de grandes difficultés à vivre convenablement de leur art, ce n’est certainement pas le public qu'il faut en tenir pour responsable - ainsi qu’on cherche à nous le faire croire. Réjouissons-nous plutôt que public il existe et regardons plutôt du côté des producteurs et des diffuseurs qui brassent maladroitement des sommes considérables - en pleurnichant à l'occasion qu'elles s'amenuiseraient. Regardons plutôt, aussi, en direction des politiques culturelles et des budgets correspondants qui ne cessent, en effet, de s'amenuiser.
Culpabilisation et répression ne font pas une politique culturelle, encore moins un modèle économique viable. Ce ne sont là que quelques forces réactionnaires qui sont ici, comme partout, à l’ouvrage.
EDIT : L'ami Rimbus a pondu un excellent article qui viendra utilement en complément de celui-ci. Mais il y a aussi celui de Nicolas et celui de Seb - ça m'apprendra à faire un petit tour de oueb avant de déposer ma propre petite crotte.
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Source : HADOPI |
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HADOPI et riposte graduée - Black-out et chanson
AVOODWARE s'associe à l'initiative de la Quadrature du
Net
qui appelle au « black-out » du oueb français.
Le projet de loi HADOPI a pour objet la mise en oeuvre la
politique dite de « riposte graduée »,
un dispositif répressif visant à couper l'accès à l'internette aux
foyers suspectés
de partager sans autorisation des oeuvres protégées.
Un tel dispositif conduirait à couper des familles entières non
seulement de l'accès à l'internette,
mais également au téléphone et à la télévision,
cela sans preuves juridiquement recevables,
ni d'ailleurs de procédure judiciaire.





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Source : HADOPI et riposte graduée |
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