Qui s'enfuit déjà



Le présent est un mourant qui n'en finit jamais de mourir, de crever et de partir en lambeaux dont le souvenir est une nécrose

Nécrose de ce qui a été et qui a cessé d'être, qui ne sera plus.


avoodware

et son foutware


Qui s'enfuit déjà





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Luz ou le temps sauvage, de Elsa Osorio



Luz ou le temps sauvage : tendre et fort

Luz ou le temps sauvage, de Elsa OsorioA la naissance de son premier enfant, Luz a l'intuition du secret qui entoure les circonstances de sa propre venue au monde. La jeune femme part alors à la recherche de ses origines et le lecteur se retrouve avec elle plongé dans un morceau de l'histoire tourmentée de l'Argentine, l'histoire d'une dictature militaire et son cortège d'atrocités, un temps sauvage où régnait la peur et la répression, où des êtres proches disparaissaient, étaient emprisonnés, torturés et assassinés, où l'on l'on retirait les nouveaux-nés à leurs mères "subversives" pour en fournir comme d'une marchandise les familles "respectables", proches du pouvoir militaire. Les mères disparurent, les enfants grandirent dans l'ignorance de leur propre sang et, plus tard, les grands-mères s'organisèrent pour rechercher les enfants de disparus et les rendre à leur véritable identité.

Avec le soutien des Grands-Mères, Luz parvient à reconstituer le fil des événements qui la conduisirent du ventre de sa mère au bras de la fille d'un lieutenant-colonel tortionnaire. C'est à son père qu'elle a fini par retrouver qu'elle en fait le récit. Un roman d'une très efficace finesse qui emporte le lecteur dans sa fluidité lumineuse et parvient sans forcer à l'émouvoir. J'ai beaucoup aimé. A lire et à déguster.



Luz ou le temps sauvage, de Elsa Osorio, aux éditions Métailié


"Luz ou le temps sauvage", de Elsa Osorio





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de la province



Souvent on parle de "la qualité de vie" qu'on trouve en province. Et il est bien vrai, je le constate avec étonnement chaque fois qu'il m'arrive de sortir de Paris et d'aller passer quelques temps en Province (Où ça ? Vous savez, la province : cet Ailleurs indéfini et qui n'est pas Paris...), soudain voilà qu'on n'est pas pressé et que pour chaque chose que l'on fait il devient possible de prendre son temps. On va acheter une baguette et on peut s'autoriser vingt minutes avec la boulangère, puisqu'on n'a pas grand chose à faire après, sinon s'en jeter un ou deux au comptoir. On est à ce point peu pressé en réalité qu'au fil des heures et des jours qui passent, et qui passent au bout du compte avec une lenteur extrême, on cherche le moyen d'en perdre un peu tout de même, du temps, afin qu'il finisse par véritablement donner le sentiment de passer. Et bien souvent, au bout du compte, faut avouer, on s'emmerde.

Mais bien heureusement, la Province est un endroit qui n'existe pas, un ailleurs qui n'est jamais ici mais toujours là-bas ; et la "provincialité" est un art de vivre peu que l'on cultive aussi bien à Paris que partout.

Ouf !





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