Mar 012012
 

 On le voit sans ambiguïté sur cette vidéo de TF1 – assez peu susceptible d’être un ennemi du président – Nicolas Sarkozy a été copieusement sifflé et hué aujourd’hui à Bayonne. On notera en passant que BFM comme iTélé ont soigneusement détourné le regard, en coupant court au direct que l’une et l’autre de ces télévisions de propagande d’information avaient pour la ciorconstance mis en place.

Mais Nicolas Sarkozy qui n’est pas à une outrance près, après avoir trouvé refuge dans un bar, a parlé « du comportement indigne […] de militants socialistes de Monsieur Hollande [associés] à des indépendantistes dans des manifestations de violence pour terroriser des braves gens ».

« Pour le Président, il n’y a pas que des gens bons à Bayonne » ose Nicolas dans un billet où l’animal s’autorise à rappeler qu’un sondage tout récent évoque le l’inquiétude de plus de 80% des Français, et le mécontentement de 70% des mêmes à l’égard de leur président. Et cet animal donc, non ce terroriste se permet d’envisager que ce serait tout simplement ce peuple de France, ces « braves gens » qui n’en peuvent plus, après cinq années d’un mandat présidentiel catastrophique à tous les points de vue, qui auraient hué et sifflé Nicolas Sarkozy.

Je crois moi que le candidat-sortant, sentant de plus en plus la sortie se rapprocher, est en train de perdre ses nerfs. Non seulement François Hollande refuse de tomber dans tous les pièges qu’il lui tend, mais en plus il fait une excellente campagne évoquant ici le « petit garçon » qui confesse en bégayant qu’il n’aurait pas dû aller au Fouquets fêter sa victoire de 2007 en compagnie de ses riches amis, puis annonçant là qu’il propose de taxer très fortement ces mêmes amis millionnaires, réduisant ainsi à néant la volonté de Nicolas Sarkozy de se parer du titre du candidat du peuple.

Et voilà maintenant que ce même peuple se permet de le huer et de le siffler, tandis que l’espoir qu’il avait nourri ces dernier temps de se voir passer devant François Hollande dans les sondages s’éloigne : le dernier sondage IFOP, paru ce jour, place François Hollande 3,5 points devant lui (contre 1,5 il y a moins d’une semaine)… Alors Nicolas Sarkozy est sans doute en effet terrorisé, à l’idée de perdre sa place. Nul besoin pour cela qu’il fantasme des terroristes. Ce sont simplement des citoyens, demain des électeurs.

On peut parier qu’à mesure que les jours vont nous rapprocher du premier tour, et pour peu que la tendance ne s’inverse pas fortement en sa faveur, Nicolas Sarkozy va se montrer de plus en plus outrancier dans ses propos, et déverser des flots de haine et d’invectives contre François Hollande, sans jamais oublier de jouer la victime. Cette même stratégie de la tension qu’il affectionne et qu’il va s’employer à pousser jusqu’à son paroxysme, espérant que ça finisse par craquer et que dans le chaos, sait-on jamais, il parvienne à emporter la victoire.

Mais les Français ne s’y tromperont pas, qui savent qu’ils sont eux-même depuis trop longtemps de ce président les victimes. Et c’est en le sifflant qu’ils iront aux urnes, sous les huées qu’ils se plairont à le faire dégager. 

  • Olivier

    Faisons du bruit, du blog, du bruig, l’important etant d’occuper le terrain, à defaut d’un discours eclairé. Et je suis censé me faire un avis en conscience avec le tissu de remarques creuses et entendues mille fois jalonnant votre billet ? Votre article transpire la peur de voir le PS perdre les présidentielles une nouvelle fois. Plutot que de nous expliquer pourquoi Sarkozy doit perdre, je préfèrerai entendre pourquoi Hollande doit gagner. Et plutot que d’escamoter les effets d’une crise majeure sur l’efficacité d’une politique, donnez-moi des arguments qui plaident positivement en faveur d’un vote pour votre champion. Arrêtez de vous tenir chaud, convainquez !

    • Ma peur la plus grande étant de voir Sarkozy rester président de la République, je me sens fondé à expliquer pourquoi il doit perdre, à convaincre sur ce sujet.

      Quant à la crise, avant de produire des effets, il n’est pas inutile de se souvenir qu’elle est elle-même le produit d’une politique de dérégulation de l’économie et des marchés financiers. La crise, elle n’est pas arrivée comme ça, par enchantement, de manière complètement exogène.Pour ce qui est de convaincre que le meilleur choix pour les Français est Hollande, j’en parle aussi. Je parle d’un projet cohérent – qui a pour première qualité celle d’exister -, 61 propositions inspirées par la justice sociale et fiscale, la solidarité nationale et la redistribution, le redressement des comptes publics et la croissance, le pari de la jeunesse et de la recherche… Un projet cohérent, ambitieux et crédible.

      Mais c’est vous qui avez préféré venir lire ce billet-ci.