août 062010
 

burn down your flag

Il me vient, je l’avoue, une envie, un besoin,

Une inclination, un désir. Ni plus ni moins

Que le caprice d’un esprit sans fiel ni haine.

Parfois, seulement, il rue et secoue sa chaine –

Mais qui croyait fléchir cet animal sauvage ?

Au drapeau infliger le plus vil des outrages.

Qu’on rassure les braves gens dans les chaumières,

Qu’on repose en paix jusque dans les cimetières,

Qu’ils entendent bien que si l’on conchie la France,

Ce n’est pas aux Français qu’on destine l’offense.

Quand le bouffon poète raillait le curé,

Sous l’habit de bure, l’homme était respecté.

Et si je pisse sur le Pape en son Eglise,

Comme je pleure, amer, sur la terre promise,

Croyant, mon bon ami, mon semblable, mon frère,

A toi, je tends la main. A Dieu promets mon fer.

Du drapeau, donc, faire une nappe, pourquoi pas ?

Ou bien un drap – J’aime assez péter dans la soie.

Chiffon souillé au sang des siècles, de l’Histoire,

Suant la mort, les larmes, plutôt que la gloire,

A moi il n’est rien, le symbole d’un vestige

Futur. Pétale sans joie, flétri sur sa tige,

Qu’il tombe enfin ! Qu’il tombe comme est tombée Rome !

Cet étendard est une serpillère en somme.

Linge assoiffé, coloré selon ce qu’il boit,

Rouge au sang des hommes, et bleu au sang des rois.

Linceul à l’occasion, voile étendu sur rien,

Aux corps morts, exsangues, c’est le blanc qui convient.

Guerres, famines, peuples marchant sous le joug,

Voilà le drapeau, qui met les hommes à genoux

Et les outrage au nom de la Nation. On tue,

Ou on laisse mourir, c’est égal. Oui, on tue,

Au nom de la France, au nom de son drapeau.

De l’honneur, de la gloire, il n’est que l’oripeau.

Car où donc est l’honneur, où donc est la fierté,

Quand on triomphe aux dépens de l’humanité ?

Qui est sacrilège ? Où est l’outrage enfin ?

Le drapeau est-il sacré, ou est-ce l’humain ?

Si c’est un délit que de dénoncer le crime,

Qu’on me juge, en riant je paierai la dime.

Et à qui demandera : que devient Marianne ?

Une catin, une pute !

Et moi ?

Un âne.

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Source : 1 500 euros

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  • dedalus – 12/08/2010

    C’était un passage plus qu’un retour. Quoi qu’il, je vous remercie, chère nonna, de vos attentions, et vous bise tout autant.

  • nonna – 08/08/2010

    c’est mortel quand vous êtes en vacances.heureusement! on a de la (bonne) lecture. 
    bon retour dedalus. 
    bissssssssssssssssssssssssses.