5 ans de Sarkozy : la France perd son triple A

 

On rappellera alors rapidement quelques déclarations parmi d’autres des cadres de l’UMP et de la Sarkofrance – souvenez-vous, c’était il y a quelques mois seulement :

« Cette note est un ‘trésor national’ détenu en copropriété par tous les Français » - Alain Minc, essayiste et intime conseiller de Nicolas Sarkozy ; 23 août 2011

« Nous serons là pour conserver ce triple A. C’est une condition nécessaire pour protéger notre modèle social… Nous mettrons tout en oeuvre pour ne pas être dégradés » - François Baroin, ministre de l’Economie ; 18 octobre 2011

« [Si le programme du PS était mis en œuvre] « cela vaudrait à la France de voir sa note dégradée en deux minutes » - François Baroin, ministre de l’économie ;  19 octobre 2011

« Le triple A de la France, c’est le résultat du travail des Français, c’est aussi le résultat des efforts que nous avons engagés.  Je veux vous dire que c’est un atout que nous devons préserver à tout prix » – François Fillon, premier ministre ; 5 novembre 2011

Mais encore :

« Si nous perdons le triple A, je suis mort » - Nicolas Sarkozy, président de la République ; 23 octobre 2011 [un propos rapporté dans le Canard Enchaîné du 26 octobre]

RIP ?

 

Pour évaluer la pertinence d’une réforme, rien de telle qu’une petite simulation. Décrivez en quatre nombres votre situation – ou la situation de votre voisin plus riche ou plus pauvre – et observez les résultats.

 

Décrivez votre situation :

Votre situation maritale – inscrire 2 si vous êtes marié(e) ou pacsé(e), 1 sinon : 

Nombre d’enfants que vous avez à votre charge : 

Vos revenus mensuels nets (ceux de votre couple si vous êtes marié ou pacsé) : 

Votre Quotient Familial (à calculer selon indications fournies ci-dessous) : 

Calculez votre Quotient Familial
- si marié (ou pacsé) : QF = 2 si pas d’enfants, 2,5 si 1 enfant, 3 si 2 enfants, 4 si 3 enfants, etc…
- si célibataire en concubinage : QF = 1 si pas d’enfants, 1,5 si 1 enfant, 2 si 2 enfants, 3 si 3 enfants, etc…
- si célibataire vivant seul(e) : QF = 1 si pas d’enfants, 2 si 1 enfant, 2,5 si 2 enfants, 3,5 si 3 enfants, 4,5 si 4 enfants, etc…

 

Selon les éléments que vous avez fournis :

Votre revenus annuels net est de 
euros

Votre revenu fiscal de référence est de 
euros

Hors Quotient Familial, votre impôt aurait été de 
euros

Avec introduction du Quotient Familial (système actuel), votre impôt sur le revenu est de 
euros
Ce qui représente un avantage fiscal de 
euros

Après réforme du système (voir description ci-dessous), votre impôt serait de 
euros
Ce qui représente un avantage fiscal de 
euros

 

Détails de la réforme : Il s’agit simplement de supprimer l’avantage fiscal accordé aux familles via le Quotient Familial – avantage qui est par construction d’autant plus important que vous avez des revenus élevés (et au résultat, les 10% des familles les plus aisées captent 42% de l’avantage fiscal), et donc un avantage nul pour les 36 millions de foyers non imposables ! – et de lui substituer une déduction d’impôt (ou un crédit d’impôt, pour les foyers peu ou pas imposables) de 500 euros par enfants pour les deux premiers enfants, et de 1000 euros pour les enfants suivants – de tels montants permettant que la réforme se fasse à dépenses constantes pour l’Etat (soit 10 milliards d’euros).

Afin de parfaire votre simulation, il vous est fortement recommandé de comparer ce que vous gagneriez ou perdriez avec cette réforme, avec ce que gagneraient ou perdraient des foyers identiques au vôtre mais avec des revenus moindres – par exemple de 500 euros, puis de 1000 euros par mois – ou plus élevés – par exemple de 500 euros, puis de 1000 euros par mois…

Notez enfin qu’en France :
– 3% des salariés gagnent moins de 1000 euros nets par mois ;
– 40% des salariés gagnent moins de 1500 euros nets par mois ;
– 67% des salariés gagnent moins de 2000 euros nets par mois ;
– 80% des salariés gagnent moins de 2500 euros nets par mois ;
– 91% des salariés gagnent moins de 3500 euros nets par mois ;
– et seuls 6% des salariés gagnent plus de 4000 euros nets par mois ;
(Source : observatoire des inégalités)

Où vous situez-vous dans cette grille de revenus ? Que pensez-vous de cette réforme maintenant ?

 

Suite à une erreur dans une formule, les résultats présentés dans mon dernier billet se trouvaient faussés. Les trois tableaux présentent désormais des résultats justes et en couleurs, qui décrivent une réforme du quotient familial qui apparaît comme un instrument de justice sociale.

Ainsi, en fonction de votre revenu mensuel votre situation familiale - marié ou pacsé, célibataire en concubinage ou vivant seul, sans enfant ou avec un ou plusieurs enfants – vous saurez au moyen de ces tableaux si la réforme vous serait favorable ou défavorable, et dans quelles proportions.

Afin que ce billet ne soit totalement vide, je l’illustre d’un exemple a priori défavorable, celui d’une mère célibataire, vivant seule avec deux enfants et disposant d’un revenu mensuel de 2 000 euros.

A la lecture du tableau correspondant, cette femme pourra légitimement se dire qu’elle se retrouverait avec cette réforme à payer 317€ supplémentaires en impôt sur le revenu, qu’elle n’est pourtant pas une privilégiée et que peut-être ce ne serait pas à elle de faire les frais d’une telle réforme. Et elle aurait en partie raison.

Pourtant, il ne me semble pas que c’est ainsi qu’elle doive regarder les choses – ou du moins pas uniquement.

Avec le système du quotient familial, elle bénéficie aujourd’hui un avantage fiscal de 1 317€ (c’est-à-dire environ un SMIC) ; dans le nouveau système, cet avantage serait réduit en effet de 317€, mais il serait tout de même de 1 000€ – ce qui est loin d’être une pécadille. Surtout 1 000€, ce serait aussi l’avantage dont elle bénéficierait si ses revenus venaient à baisser (ce qu’on ne lui souhaite pas) pour passer de 2 000€ mensuel à 1 500€, ou même à 1000€. Alors qu’actuellement, avec de tels revenus, son avantage fiscal ne serait respectivement que de 858€ ou de 266€ (à comparer avec les 1 317€ dont elle bénéficie actuellement).

Il est parfaitement injuste qu’une mère célibataire avec deux enfants gagnant 1 000€ par mois ne bénéficie que de 266€ d’avantage fiscal au titre du quotient familial, quand une autre gagnant le double bénéficiera de 1 317€, soit cinq fois plus !

Voilà pourquoi – et ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres, et des biens plus sévères – une réforme du système actuel de Quotient Familial est absolument nécessaire si l’on veut remettre un peu de justice dans la politique fiscale et familiale de la France. Parce que le système du quotient familial est conçu de telle manière qu’il vous accorde un avantage fiscal d’autant plus grand que vous avez des revenus élevés – et rien du tout à tous les foyers non imposables, dont les revenus sont si faibles qu’ils ne sont pas même imposables…

En revanche, ce ne peut être qu’un début dans le cadre d’une réforme de plus grande ampleur, réforme qui s’attacherait alors à améliorer la situation de cette mère célibataire élevant seule ses deux enfants avec un salaire qui n’y peut en effet totalement suffire.

 

EDIT : Une petite erreur s’était glissée dans la première version de mon simulateur qui donnait des résultats faussés. L’erreur est désormais corrigée et les tableaux donnent des résultats non seulement justes, mais plus favorables encore à la réforme d’un système de Quotient Familial dont l’injustice fiscale (et donc sociale) est plus que flagrante…

Bon, là j’ai plus le temps. Mais j’ai conçu un joli petit tableur excel qui permet, à partir d’une situation familiale donnée – couple marié ou pacsé, célibataire en concubinage ou vivant seul, sans enfant ou avec un ou plusieurs enfants, avec tel ou tel revenu mensuel – de connaître le montant de votre imposition sur le revenu selon le barème 2012, le montant de votre réduction d’impôt dû au Quotient Familial, le montant de ce que serait votre impôt si le système du quotient Familial était réformé conformément au projet de François Hollande.

Le projet de François Hollande n’étant à ce jour pas connu, j’ai retenu le scénario proposé par la Direction Générale du Trésor qui à coût global constant propose de remplacer le système actuel de Quotient Familial par une déduction d’impôt (ou bien un crédit d’impôt pour les foyers non imposables – ce sont les impôts qui vous font un chèque) de 500 euros par enfant pour les deux premiers enfants, puis de 1000 euros à partir du troisième.

On peut alors comprendre un peu mieux la réforme, comprendre en particulier pourquoi il s’agit d’une proposition de justice fiscale, comprendre aussi à quel point les arguments utilisés par l’UMP et Nicolas Sarkozy sont imbéciles et mensongers, comprendre qu’en réalité ils en sont une fois de plus à défendre becs et ongles les privilèges des plus nantis d’entre nous au détriment des familles les plus défavorisées.

Je l’ai dit, je n’ai pas le temps d’en faire un long billet. Aussi je me contente de vous livrer sous forme de trois tableaux (cliquez pour les agrandir) quelques résultats bruts que j’ai tiré de cet outil – en précisant seulement que celui-ci ne présente pour seuls défauts que de ne pas tenir compte des autres déductions fiscales, ces fameuses niches, qui profitant toujours plus aux plus hauts revenus, et donc de faire apparaître plus élevés les niveaux d’impositions de ces derniers qu’ils ne le sont en réalité.

Nicolas en a fait une première lecture, tout à fait intéressante. Allez le lire et n’hésitez pas à faire la vôtre.

 

Impacts de la réforme du Quotient Familial pour les couples mariés ou pacsés

Impacts de la réforme du Quotient Familial pour les couples mariés ou pacsés

 

Impacts de la réforme du Quotient Familial pour les célibataires vivant en concubinage

Impacts de la réforme du Quotient Familial pour les célibataires vivant en concubinage

 

 

Impacts de la réforme du Quotient Familial pour les célibataires vivant seuls

Impacts de la réforme du Quotient Familial pour les célibataires vivant seuls

 

Et si pour faire vos propres calculs – ou vérifier ceux-ci – vous voulez obtenir le tableur excel qui m’a permis d’obtenir tous ces petits résultats, une simple demande dans les commentaires suffira, ou un DM, ou un mail via la page contact de ce site…

 

Enfin !

Jean-Luc Mélenchon aurait donc enfin compris de quelle utilité pouvait être sa candidature. Lutter contre la tentation lepéniste d’une classe populaire en souffrance et désabusée, dont le ras-le-bol qu’il est nécessaire d’entendre risque fort, à l’occasion de cette élection présidentielle, de s’égarer au Front National. Leur dire qu’en votant pour Jean-Marine Lepen c’est d’abord contre eux-mêmes qu’ils voteraient, et que c’est uniquement de la gauche qu’ils peuvent attendre une amélioration de leurs conditions de vie. Et que si leur ras-le-bol est si grand que voter pour le candidat socialiste ne leur semble pas dans un premier temps à la mesure de la colère qu’ils souhaitent légitimement exprimer dans les urnes, qu’au moins ils ne se trompent pas de Front, qu’ils votent pour le Front de Gauche dont la moindre des qualités n’est pas d’être de gauche – quant le Front National est lui indubitablement de droite, et à ce titre Marine Lepen est quant à elle sans le moindre doute ce qu’il y a de plus proche de ce Nicolas Sarkozy qui leur a fait tant de mal, ces deux-là possédant définitivement le même génome politique – en tout cas pour ce qui concerne leur conception de la justice sociale. Pour l’un comme pour l’autre il ne s’agit de rien d’autre que de stigmatiser les plus faibles et les opposer les uns aux autres de manière à garantir aux puissants qu’ils conservent puissance et richesse…

Oui, je veux gager que cette très efficace petite vidéo conçue par le Front de Gauche augure d’une campagne du Front de Gauche qui s’affranchirait de la facilité qu’il y aurait à tirer contre son propre camp et où un Jean-Luc Mélenchon irait bel et bien, et avec les dents, chercher les voix parmi ce vivier considérable que sont ces hommes et femmes qui n’en pouvant plus se laisseraient facilement tenter par un vote bleu Marine où ils se passeraient en réalité eux-mêmes la corde au cou.

Ainsi, ramenés à cette gauche qui est leur camp, ces électeurs sauraient ensuite plus facilement comprendre, par exemple à la veille d’un second tour, que c’est en votant pour François Hollande que leur pouvoir d’achat se trouverait le mieux défendu, de ce vote-là – à gauche ! – qu’il leur faut attendre une justice sociale digne de ce nom :

Quotient familial versus justice fiscale

 

Beaucoup de rumeurs ont circulé jusqu’à aujourd’hui. Pourtant ce petit document qui m’échoit me parait plus que crédible  :

Tarifs Free Mobile : exclusivité

Parions que mardi prochain, 10 janvier, à 8h30, nous saurons que j’avais raison – ou pas ;-)

Pas mal ces tarifs, non ?
Qu’en pensez-vous ?

 

EDIT : et c’est plutôt cohérent avec ceci

 

augmentation de la TVA : mesure anti sociale et aberration économiqueSuite à mon petit exposé d’hier sur la TVA «sociale» qu’a décidé de mettre en œuvre Nicolas Sarkozy, je m’aperçois que j’ai oublié de mentionner deux éléments de réflexion pas tout à fait inutiles.

 

A - D’abord, dire tout de même qu’une augmentation généralisée de la TVA est le meilleur moyen de sabrer encore plus le pouvoir d’achat des ménages français, donc de plonger un peu plus l’économie dans une crise de la consommation, donc d’obtenir la certitude que les quelques possibilités de croissance que la France possède encore d’être réduites à néant, donc de connaître un accroissement supplémentaire du niveau de chômage dans le pays. Ce qui aura alors un impact immédiat sur le pouvoir des ménages français, etc… En bref, augmenter la TVA, en sus d’être  une injustice sociale profonde, est aussi d’une profonde stupidité économique

D’ailleurs, en 1995 Alain Juppé avait commis cette même erreur. En augmentant la TVA de 18,6 % à 20,6%, l’économie française s’est deux ans plus tard retrouvée dans une situation économique telle que la droite alors au pouvoir, pensant devoir prendre des mesures d’austérité forcément impopulaires, s’était résolue à dissoudre l’Assemblée Nationale afin d’obtenir une nouvelle légitimité dans les urnes. La gauche l’emporta, Lionel Jospin devint premier ministre, prit immédiatement des mesures de relance de la consommation, dont une diminution d’un point du taux de TVA. La croissance revint, la dette diminua, le chômage aussi…

Et Alain Juppé – le meilleur d’entre eux ! – n’avait augmenté la TVA que de deux points. Dans le cadre du projet de TVA « sociale » François Fillon a parlé de l’augmenter de cinq points. Ces gens-là sont des incompétents !

 

B - Il y a ensuite cette question de la paternité de l’idée d’une TVA « sociale », question qui sème une certaine confusion : la gauche ne tremperait-elle pas un peu dans cette sale mesure ?

Et il est vrai que la TVA sociale est à l’origine une idée d’économistes de gauche. Mais voilà, il ne s’agissait pas tout à fait, et donc économiquement pas du tout de la même chose. Dans l’esprit de ces économistes, il s’agissait d’élargir l’assiette des cotisations sociales maladie et famille, qui actuellement ne reposent que sur la masse salariale, pour les faire reposer sur l’ensemble de la valeur ajoutée.

Tout est alors dans la manière de définir la valeur ajoutée. Soit il s’agit de la différence entre ce que vend une entreprise et ce qu’elle achète, et alors il s’agirait bien d’une hausse de la TVA. Soit il s’agit de la somme des revenus distribués par l’entreprise au travail (les salaires) et au capital (les bénéfices), et dans ce cas s’il s’agit bien de taxer la valeur ajoutée, il ne s’agit en aucun cas d’augmenter la TVA.
 
Cette « TVA sociale » de gauche devrait davantage s’appeler CPG – Contribution Patronale Généralisée – par parallèlisme avec la CSG.
 
La différence ? Pourquoi l’une est de gauche et l’autre de droite ?
 
D’un côté, les dépenses d’investissement sont intégralement exonérées de TVA, ce qui signifie qu’une bonne part des revenus du capital échapperait à une augmentation de la TVA. Ce qui ne serait pas le cas avec la CPG.
 
De l’autre côté, la TVA pèse sur les retraites, et pas la CPG. Et à l’inverse, les petits salaires sont exonérés des cotisations patronales maladie et famille, et donc ne subiraient pas la pression fiscale d’une CPG – alors que la TVA pèse sur l’ensemble des salaires – et même exerce une pression en réalité plus grande sur les petits salaires que sur les gros *.
 
Ainsi, tandis que la CPG en taxant la valeur ajoutée permettrait un rééquilibrage fiscal entre travail et capital, une augmentation de  la TVA exercerait une pression insupportable sur les retraites et les plus petits salaires.
 
En revanche, une CPG ne pèserait pas sur les produits importés, contrairement à une augmentation de la TVA. Mais il s’agit là de prendre des mesures anti-dumping social – et de préférence au niveau européen…
 
Bref, les économistes de gauche ont eu le tort – mais ils ne se préoccupent guère de politique – de parler de taxer la valeur ajoutée plutôt que de taxer les seuls salaires – ce qui serait en effet le cas avec la CPG -, vocabulaire qui a semé la confusion avec augmenter la TVA. Et la droite avait alors beau jeu de récupérer le terme de TVA sociale pour son propre projet, lequel est tout sauf social.
 
 
C - Un troisième élément est dans les reniements continuels et les mensonges systématiques à travers lesquels nous baladent Sarkozy et l’UMP. C’est là finalement devenu très habituel, cela n’en reste pas moins chaque fois effarant :
 
 
 

TVA sociale ou TVA anti-délocalisationVoici donc le grand retour de la TVA « sociale ».

La droite avait déjà tenté de nous l’infliger au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, mais avait dû y renoncer entre les deux tours des législatives, tant le rejet des Français s’était fait lourdement sentir dans les urnes. Ils y reviennent donc en cette fin de mandature et il est assez aisé de comprendre pourquoi ils y tiennent tant : il s’agit typiquement d’une mesure de droite.

Pour être clair, il s’agit de compenser une baisse des charges sociales par une augmentation de la TVA. Donc de transférer une partie du financement de la protection sociale, depuis le coût du travail – supporté par les entreprises – vers les prix à la consommation – supportés par les consommateurs.

Mais revenons d’abord sur le raisonnement économique qui est à l’origine de cette idée de TVA « sociale » :

1- la TVA est un impôt qui s’applique à tous les produits vendus en France, importés ou produits localement ;
2- les charges sociales quant à elles ne pèsent que sur les entreprises françaises ;
3- si donc on diminue les secondes en compensant par une augmentation des premières, on renforcerait la compétitivité des entreprises françaises, on relancerait la production et on lutterait contre les délocalisation.

En sus de cet argumentaire économique plus que bancal, la droite s’est lancée dans une justification politique carrément mensongère. D’un côté, afin de justifier qu’une telle mesure réduirait bel et bien le coût du travail, on nous dit que les entreprises paieront moins de charges sociales sur les salaires qu’ils versent à leurs salariés. Mais d’un autre côté, afin de répondre aux craintes qu’en augmentant la TVA on ne porte un coup dur au pouvoir d’achat des français, on nous explique que  les salariés paieront moins de charges sociales sur leurs salaires. Deux arguments largement contradictoires et qui jouent en réalité sur la confusion entre charges patronales, payées par les entreprises, et charges salariales, payées par les salariés.

C’est évidemment les charges patronales qui bénéficieront de la mesure. On ne pourrait dans le cas contraire parler de baisse du coût du travail – c’est-à-dire du coût de revient pour l’entreprise d’un salarié. D’ailleurs, la droite parle désormais, et très opportunément, de « TVA anti-délocalisation » : il s’agit bien d’alléger les charges des entreprises et d’en faire payer la note aux consommateurs – et les salariés, quant à eux, n’y gagneront rien.

Cette TVA sociale est donc constituée de deux mesures largement indépendantes : d’un côté l’allégement des charges patronales – et c’est bien pourquoi il serait en réalité plus juste de parler de TVA patronale, plutôt que « sociale » -, d’un autre côté, le financement de cette baisse par une augmentation de la TVA.

Envisageons donc ces deux mesures, l’une après l’autre.

Pour ce qui concerne l’allégement des charges patronales, ce n’est de loin pas la première fois que la droite s’essaie à une mesure de ce type, sans avoir jamais rencontré le moindre succès : les salaires ne s’en sont jamais trouvés augmentés, les entreprises françaises n’en ont jamais été plus compétitives, les délocalisations n’en ont jamais été freinées, pas plus que le rythme des licenciements ou la progression du chômage.

Soyons justes : il est vrai que chaque fois les profits ont eux eu largement l’occasion de poursuivre leur augmentation constante.

On notera à ce sujet que les socialistes ont toujours quant à eux proposé, et proposent encore, de cibler les allégements de charges sur les entreprises qui en ont besoin, par exemple les petites et très petites entreprises, ainsi que le remboursement de tels allégements aux entreprises qui choisiraient ensuite de délocaliser. Rien de tel bien entendu dans le projet de l’UMP : on va continuer d’arroser uniformément l’ensemble des entreprises, en pure perte et sans contre-partie.

Pour ce qui concerne le financement de ce cadeau aux entreprises, c’est-à-dire l’augmentation de la TVA, notons d’abord que Fillon avait en son temps évoqué une augmentation de cinq points, ce qui porterait le taux normal de la TVA à près de 25%,  un taux parfaitement délirant !

Certes, toute l’augmentation ne se retrouve pas mécaniquement dans une augmentation des prix. L’expérience montre cependant que 60 à 70% de l’augmentation de la TVA se répercute effectivement sur les prix à la consommation, ce qui pénalise d’autant le pouvoir d’achat des ménages. Pour les plus pauvres, cela correspondra à des fins de mois encore plus difficiles. Notons qu’à ceux-là il sera nécessaire de travailler beaucoup plus – si même l’opportunité de travailler leur est donnée – pour simplement vivre moins bien…

Ainsi, d’une part on allège le coût du travail avec pour conséquence l’augmentation des profits des entreprises, et d’autre part on augmente la TVA avec pour conséquence une diminution du pouvoir d’achat des ménages.

Une mesure typiquement de droite, je vous dis.

Mais ce n’est pas tout. Il faut également noter qu’augmenter la TVA c’est augmenter l’impôt le plus fondamentalement injuste : non seulement c’est un impôt non redistributif – il est proportionnel, contrairement à l’impôt sur le revenu qui est lui progressif (plus votre revenu est important, plus vous payez plus d’impôt) -, mais en sus c’est un impôt qui ne pèse que sur la part consommée des revenus, et non sur la part épargnée – plus votre revenu est important, plus votre capacité d’épargne est grande et moins donc vous payez proportionnellement de TVA. 

Soyons didactique et donnons un exemple. François gagne 1000 € et Nicolas gagne 5000 € :

- L’impôt sur le revenu est un impôt progressif : François est imposé de 50 €  et Nicolas paie 500 €. Le taux d’imposition du premier est de 5%, celui du second est de 10%. Tout de même, il reste 4500 € à Nicolas, tandis que François doit s’efforcer de vivre avec 950 €. On peut commencer alors à parler – un peu – de justice fiscale, en ce sens qu’une fiscalité progressive permet de rééquilibrer un peu des écarts de revenus considérables ;

- La TVA est un impôt seulement proportionnel : chaque fois que François ou Nicolas dépense 100 €, ce sont 20 € d’impôt qui ont été prélevé. L’un comme l’autre sont imposés à 20% (19,6% en réalité, mais qui pourrait donc bientôt devenir 25%). C’est un impôt injuste, en ce sens que Nicolas continue de gagner cinq fois plus que François ;

- En réalité c’est bien pis que cela. Nicolas n’a pas besoin de dépenser 5000 € pour vivre confortablement, il peut épargner. Chaque mois, il met disons 1000 € sur un livret A, sur une assurance vie, sur une complémentaire retraite, sur un plan épargne logement, etc… et ne dépense donc « que » 4000 €, quand François dépense en totalité les 1000 € qu’il a péniblement gagné et qui ne lui suffisent pas vraiment pour vivre dignement. Au final, via la TVA, le taux d’imposition de François est plus élevé que celui de Nicolas. La TVA est un impôt doublement injuste.

Ainsi, mettre en place une TVA dite sociale, ce sera d’une part favoriser les entreprises et leurs profits via la baisse des charges patronales, en finançant cette baisse sur le dos des ménages qui seront davantage taxés. Et ce sera d’autre part, au sein des ménages, mettre davantage à contribution les ménages les plus défavorisés.

Une politique de droite. La même que celle qui est mise en oeuvre dans notre pays depuis dix ans. En pire.

Connaissant les résultats obtenus depuis dix ans – explosion de la dette, creusement record des déficits sociaux, déficit record du commerce extérieur, accroissement de l’échelle des salaires et de la fracture sociale, augmentation constante du chômage et des précarités… -, on peut parier que ce sera la même chose avec la TVA sociale. En pire.

 

Pour aller plus loin, je vous suggère :

- un excellent article de Olivier Bouba-Olga, économiste, Maître de Conférences à la Faculté de Sciences Economiques de l’Université de Poitiers et chargé d’enseignement à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris : La TVA sociale anti-délocalisation anti-chomage non inflationniste qui va faire payer les méchants étrangers ;

- les points de vue de Liêm Hoang-Ngoc, économiste au CNRS, et de Christian Saint-Etienne, membre du Conseil d’analyse économique, donnés dans Le Monde en juin 2007 : Pour ou contre la TVA « sociale », le point de vue de deux économistes.

 

Fusil à pompe contre kalachnikov« Tu veux savoir si, pour des raisons de communication politique, Sarkozy a décidé de l’heure de la mort d’un homme ? Eric Lalès était dans un état désespéré depuis hier après-midi. Après une discussion avec les médecins, sa femme a demandé à ce qu’on le débranche. Il était en état de mort clinique, de mort cérébrale. L’annonce de sa mort est tombée en même temps que celle de la visite de Sarkozy : tu imagines que ça tombait mal… Les réseaux sociaux de policiers ont pleuré sa mort hier soir à partir de 23h. Comment se fait-il que le président de la République puisse « partager les derniers instants » de ce policier 20 heures plus tard ? Les politiques ont demandé à ce que la nouvelle ne soit pas annoncée. Sarkozy n’a pas vu Eric Lalès vivant. »

C’est Olivier Bonnet, journaliste indépendant, qui rapporte ainsi les propos tenus par Marc Louboutin, policier en retraite et écrivain, propos confirmés par un membre du personnel de l’hopital et révélant que le policier était en état de mort cérébrale avant la visite présidentielle.

Olivier évoque « l’ignoble mascarade funèbre de Sarkozy », décrivant un « président-candidat en mal de voix sécuritaires qui vient danser sur un cadavre en s’appropriant littéralement son agonie, qu’il prétend avoir partagée ». « Jusqu’où l’indécence peut-elle donc être repoussée ? », s’interroge-t-il.

Juan parle de son « envie de pleurer, de vomir, de taper » quand il a appris cette « manipulation médiatique de la pire espèce ».

Romain Pigenel décrivait la morbide indécence d’un président qui alors qu’il se rendait au chevet d’un policier mourant prenait soin de signaler sa présence – de ce géolocaliser, comme on dit – en cet hôpital via l’application pour smartphone, Foursquare. Bref, un président qui jouait à devenir mayor de l’Hôpital Nord de Marseille devant lequel il prétendait un peu plus tard avoir assisté aux « derniers instants de vie » d’un homme. Mais l’homme, le policier, était en réalité déjà mort depuis une vingtaine d’heures et la petite indécence que décrivait Romain semblait devenir anodine devant une indécence bien plus effroyable, forcément inqualifiable.

Et Nicolas de qualifier l’ignoble communication présidentielle. Et Cycee de confier son sentiment d’écoeurement. « Jusqu’où ira-t-il ? », se demande-t-elle, mais on croit désormais savoir que ce type ne connait aucune limite dès qu’il s’agit de récupérer des évènements pour jouer avec les sentiments des électeurs et les tromper. Sarkozy joue avec la mort, titre Yann pour communiquer « le choc » et « l’écoeurement » ressenti devant « la mesquinerie » de ce tout petit président que nous avons et qui nous fait honte.

Quant à David, il se contente de mentionner qu’un homme est là mort une fois de trop, et de pointer le « cynisme » présidentiel. Cynisme que Rimbus décrit également : « Il fallait fabriquer une histoire, l’héroïque héros qui meurt dans les bras du président, qui attendait cette visite avant de partir, comme pour recevoir une extrême-onction» ou, pour reprendre le titre de Romain Blachier, « Quand Sarkozy joue avec la vie et la mort d’un policier pour faire un coup médiatique ».

Pourtant, cette histoire qui dit beaucoup du désastre pour la France d’avoir ce minable pour Chef d’Etat, cette histoire ignoble ne sera connue du grand public, de cette immense majorité de Français qui ne lisent pas les blogs, que si la presse écrite nationale, les radios et télévisions ne s’y trouvent contraintes par les nombreux coups de pieds au cul que vous leur donnerez en visitant les différents liens présents dans ce billet, veillant à partager chacun d’entre eux sur les réseaux sociaux, cliquant avec soin et méthode sur les boutons de partage Facebook, Twitter et Google +, par exemple. Parce que l’influence n’est pas dans les blogs mais dans les lecteurs de blogs. Les influenceurs, c’est vous !

Aujourd’hui, dans les médias, tout ce à quoi se résume cette tragique histoire de la récupération politique de la mort d’un policier c’est que Nicolas Sarkozy promet des fusils à pompe aux brigades anticriminalité. Fusils à pompe contre kalachnikovs, elle est pas belle la France ?!

 

 

 

Angela Merkel - GermanophobieLa germanophobie, c’est mal.

Mais qu’est-ce qu’une germanophobie ?

La germanophobie est un nationalisme et une xénophobie. C’est de la pure bêtise. Par exemple :

« Je suis de ceux qui pensent que la France n’a pas à rougir de son histoire. Je voudrais rappeler à tous ses détracteurs que la France n’a pas commis de génocide. Elle n’a pas inventé la solution finale. La France a inventé les droits de l’Homme et est le pays au monde qui s’est le plus battu pour la liberté du monde. Voilà ce qu’est l’Histoire de la France ! » – Nicolas Sarkozy, le 5 avril 2007

Ça, oui, c’est de la germanophobie.
Et en effet, ça pue.

En revanche, on peut renvoyer Merkel à Bismarck, comme on peut renvoyer Sarkozy à Napoléon III – dit le petit.
On peut s’en prendre durement à la droite allemande, comme on s’en prend à la droite française.
On peut critiquer vertement la politique européenne allemande et son intransigeance bornée, comme on peut critiquer la politique française et son suivisme pitoyable.

On peut être anti-libéral, ou liberalismophobe…

 

Cela fait un bout de temps maintenant que, périodiquement, on nous annonce la mort des blogs. Le blog n’aurait finalement été qu’un phénomène transitoire, comblant opportunément un vide le temps que le monde s’adapte à la révolution 2.0. Et les blogueurs n’auraient finalement été que des petits amateurs opportunistes bientôt surclassés par les professionnels, les vrais, ceux qui savent ce que public veut. Le public, c’est-à-dire les clients.

Je viens de lire le dernier billet de Marco, sur Alter Oueb. Il a assisté à la détresse d’une de ses vielles amies, détresse sociale d’une femme de 55 ans, détresse d’une déclassée – le terme lui-même est terrifiant -, contemplation d’une vie broyée parmi tant d’autres. Il raconte. Il témoigne. Et puis, il va plus loin, rebondissant sur le discours de Sarkozy à Toulon, hier soir, mettant en perspective les mots irréels de l’un, l’homme politique qui fuit ses responsabilités pourtant écrasantes, et la vie vraie de l’autre. Mise en abime saisissante.

Un tout petit président de la RépubliqueIllustration empruntée chez Le Grumeau

Hier soir, Nicolas Sarkozy a parlé un peu moins d’une heure. Mais il n’a pas parlé aux Français, en responsable politique. Il est – rappelons-le puisque lui visiblement l’a oublié – président de la République depuis bientôt cinq ans, mais il a été aussi Ministre du Budget entre 1993 et 1995, Ministre de l’Intérieur et numéro deux du gouvernement en 2002 et 2003, Ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie en 2004, puis de nouveau Ministre de l’Intérieur  en 2005 et 2006. Président de la République en fin de mandat, lui qui demandait du temps en 2007, qui demandait à être juger sur ses résultats, il n’a pas daigné parler aux Français, n’a pas eu la décence de parler à l’ami de Marco, par exemple, pour faire face à ses résultats et assumer sa responsabilité.

Non, devant une salle pleine à craquer de militants de l’UMP, convoyés sur place par cars entiers, il s’est adressé aux électeurs de son camp, oubliant des promesses maintes fois répétées et jamais réalisées pour les répéter encore, et imputant contre toute vraisemblance la situation désastreuse de la France, et donc des Français, l’imputant – je vous le donne en mille – aux 35h !!! C’est-à-dire à une mesure votée en 1998 et mise en place à partir de l’année 2000 – il y a douze ans ! – et que depuis dix ans qu’elle est au pouvoir, la droite n’a pourtant jamais jugé bon d’abroger.

Aujourd’hui, l’ensemble des économistes s’accorde pour dire que la loi sur les 35h a été créatrice de plusieurs centaines de milliers d’emplois et a largement contribué à l’amélioration de la productivité du travail en France. Mieux, la durée réelle du travail en France est supérieure à ce qu’elle est en Allemagne, par exemple. Mais peu importe, il suffit de supposer que Nicolas Sarkozy a raison, que la loi sur les 35h serait effectivement ce qu’elle n’est pas, à savoir la source de tous les maux que connait aujourd’hui l’économie française, ainsi qu’il le disait déjà il y a dix ans, ainsi qu’il l’a répété jusqu’à plus soif il y a cinq ans, durant la campagne électorale de 2007, et depuis encore, en chaque occasion, oui il suffit de supposer cela pour comprendre l’écrasante responsabilité d’une droite qui aurait pu abroger cette loi depuis dix ans déjà et qui ne l’a pas fait, l’écrasante responsabilité d’un Nicolas Sarkozy qui a eu encore cinq ans pour y mettre un terme et qui ne l’a pas fait.

Nicolas Sarkozy ne paie jamais les Français que de mots, de discours et de promesses. Et pendant qu’il parle et s’étourdit de sa propre importance, de plus en plus de Français dégringolent de l’échelle sociale, en sont réduit à verser des larmes de désespoir et de honte en allant chercher quelques denrées alimentaires aux Restos du Cœur – c’est ce qui arrive à l’amie de Marco. Mais jamais Nicolas Sarkozy ne saurait prendre la part qui lui revient dans cette honte. Puisqu’il n’y serait évidemment pour rien, puisque par principe cet homme est irresponsable.

Nicolas Sarkozy prend soin de débuter chacun de ses argumentaires par : « Il faut dire la vérité aux Français », puis il poursuit en proférant les mensonges les plus éhontés. Alors je crois qu’il est plus que temps de dire la vérité à Nicolas Sarkozy, lui dire qu’il n’est qu’un petit bonhomme aussi arrogant qu’il est incompétent et qui restera comme une tâche honteuse dans l’Histoire de la République française, parce que nul autre que lui n’aura eu davantage de mépris pour un peuple qui avais commis l’erreur monumentale de lui accorder sa confiance.

Parce que la politique ça n’est pas seulement l’affrontement de plusieurs discours que nous rapporte avec la plus parfaite objectivité des journalistes consciencieux. La politique c’est surtout de la subjectivité, c’est les effets qu’elle produit sur cette amie que nous avons, cette personne que nous avons croisé dans la rue, cette femme qui pleure ou cet ouvrier qui meurt, autant de vies vécues et parfois de souffrances sociales, de souffrances qui sont les fruits pourris de la politique, c’est-à-dire des décisions prises par les responsables politiques par-delà les mots qu’ils prononcent et qui ne sont d’aucune utilité.

La politique a besoin de témoins. C’est ce que sont les blogueurs. Ils sont le peuple qui raconte, les témoins de notre temps. Ils ne sont pas les seuls, mais ils sont les seuls à échapper au filtre journalistique. Car les journalistes rapportent, ils ne racontent pas. Voilà pourquoi journalistes et blogueurs ne sauraient être en concurrence, comme ne sauraient être en concurrence auprès d’un enfant parents et professeurs. Voilà pourquoi les blogs sont loin, forcément loin d’être moribonds. Ils sont la vie qui fait écho.

Et parfois, tant la vie palpite dans les blogs, on s’en va tuer le blogueur pour mieux faire taire le témoin.

 

Jeudi 1er Décembre 2011, Nicolas Sarkozy est en campagne électorale à Toulon, où il va évoquer la crise. Une bonne occasion de faire mes premiers pas dans le live blogging.

Il parle, je commente, et la page se met à jour toute seule. En prime, tout est reversé dans twitter.
Si j’ai bien tout compris… 

 

20.31

Bon, c’est rigolo le Live Blogging - 
Même tout seul :-)  

20.28

C’est fini.
Ouf, qu’est-ce qu’on s’est fait chier !

Des mots. Du creux. Le vide.

20.27

Résumons : une nouvelle réunion, une nouvelle règle, un nouveau traité… Bref, des mots ! #sarkopiposhow #toulon2

20.23

Et hop, voilà la règle d’or. Une règle pour l’avenir pour effacer les échecs du présent.

20.20

Sarkozy :  Ministre du budget de 93 à 95. Ministre de l’Economie sous Chirac. Et Président depuis 2007. via @nobr_

20.18

Sarkozy appelle « La Vérité » ce qui n’est que sa vérité, c’est-à-dire ses mensonges. #sarkopiposhow

20.13

« Nous avons besoin de plus de discipline » : et voilà le moins de souveraineté.

20.12

« Je ferais tout pour que la France et l’Allemagne convergent »… vers l’Allemagne et plus d’austérité.

20.10

Vient bientôt le moment où il explique pourquoi il va se mettre à genoux devant Merkel #toulon2 

20.07

Sarkozy, il est pas au pouvoir depuis cinq ans ? Depuis dix ans même !

20.06

Du vide, du vide, et encore du vide. 

20.03

« Pour le chômage, une solution : faire une réunion » T’es sûr là ?

20.01

Sur le chômage, rappelons la réalité d’un bilan : http://www.avoodware.com/chomage-bilan-sarkozy/

20.00

« Tout va de mal en pis. Poursuivons la même politique. »

19.59

Toujours le même discours. Toujours les mêmes mensonges. Toujours la même politique.

19.55

« Eliminer nos dépenses inutiles en garantissant le service public ». L’école ? La police ? La santé ?

19.53

Nous venons d’entrer dans le travailler plus et gagner moins !!!

19.52

3 façons de répondre à la crise : 1- la nier, 2- l’austérité, 3- travailler plus

19.49

Sarkozy parle, parle et tente de noyer le poisson de ses responsabilités.

19.45

La dette ? 700 milliards de plus depuis Sarkozy #UMPanique

19.43

Les Etats ont sauvé les banques en 2008. En 2011, les banques achèvent les Etats.

19.42

C’est l’austérité qui empêche la croissance.

19.40

Aujourd’hui, Sarkozy a inauguré sa 35ème taxe !

19.39

« Chacun a dû faire des sacrifices ». Sauf les banquiers. Sauf les riches.

19.39

« Dire la vérité »… mais faire le contraire

19.38

3 ans après : 4 millions de chômeurs et 1700 milliards de dette !

19.37

Dire la vérité ? 

19.35

C’est donc un meeting !

19.34

Rappelons que le petit Nicolas a fait relire son discours par la grande Angela #Merkel

19.32

Et bien sûr, vous pouvez commenter ci-dessous. Je crois…

19.30

Donc, live blogging exclusif sur http://www.avoodware.com/sarkozy-toulon-live-blogging/

19.24

@sebmusset annonce que le hashtag officiel sera #sarkopiposhow

19.21

Oui ! J’ai trouvé comment effacer / éditer une entrée.

(J’ai l’impression de m’amuser tout seul, mais au moins je m’amuse)

19.15

Y a un hashtag officiel ?

19.00

Essayons une petite video : 

18.58

Jusque là, tout va pas trop mal. Non ?

18.55

Bien. Phase de tests. Il me reste 35mn pour comprendre comment fonctionne le machin.

 

Aussi, plutôt que d’écouter Nicolas Sarkozy parler encore, et bonimenter, et nous mentir, et nous prendre pour des cons, je vous suggère quelques saines lectures :

Sarkozy à Toulon: gaucho, prophète ou paralysé ?

2008-2011: Sarkozy à Toulon, mauvais remake

Nicolas Sarkozy et le discours de Toulon : aucun engagement tenu

La fiscalité vue par la droite : on augmente la TVA

Les Mensonges de Sarkozy : La Saga de Toulon

Sarkozy, Toulon, déjà vu

Toulon, terre de promesses et de constats de Nicolas Sarkozy

Par exemple…

 

François Bayrou, Modem : centre mou et droite durePendant que MHPA a ses humeurs – et si elles sont terriblement mauvaises c’est que le constat d’une gauche sans le souffle est tragiquement fondé -, Nicolas détricote la toile de Bayrou et c’est tout à fait intéressant.

Bayrou envisage donc « une modification du droit du travail pour encourager les investisseurs à venir en France » et Nicolas de nous rappeler ce que signifie une modification du droit du travail dans l’esprit d’un Bayrou – d’ailleurs Sarkozy et Fillon ont fait plus que commencer avec les succés économiques et sociaux que l’on connait. Modifier le droit du travail, c’est supprimer le SMIC, augmenter la durée du travail, diminuer les congés payés, supprimer le CDI, augmenter la précarité des salariés. « Un beau programme libéral » conclut avec justesse Nicolas que je m’en vais ci-après outrageusement plagier.

Sur la question des retraites, Bayrou annonce là aussi un très joli programme libéral : « Fin du principe de la retraite par répartition et instauration d’un système individualisé de retraite par points ». Exit donc le principe de la solidarité nationale et inter-générations, les acquis du Conseil National de la Résistance, le modèle social français. Bienvenu au chacun pour soi et la loi des plus forts, c’est-à-dire des plus riches…

En terme de fiscalité, Bayrou évoque l’augmentation de la TVA, l’impôt le plus injuste, qui touche plus fortement les classes sociales les plus défavorisées. Mais n’évoque pas la fiscalité du patrimoine. Pourquoi taxer les plus riches ?

Mais c’est sans doute la conclusion de Nicolas qui est la plus intéressante. Il dit en substance que Bayrou, qui est un homme seul et qui prétend vouloir gouverner avec tous ceux qui avec lui rejetteront le clivage droite-gauche pour rallier un projet qu’il déclare d’intérêt national – mais c’est un programme libéral qui ne sert d’autres intérêts que ceux des classes favorisées -, ne saurait une mesure après l’autre trouver de majorité parlementaire que du côté des bancs de l’UMP, trop heureux d’avoir l’occasion de poursuivre une politique déjà largement mise en oeuvre depuis 10 ans.

Bayrou est un homme de droite, un adepte du libéralisme, qui ne saurait trouver d’alliance qu’à droite. Ce n’est pas nouveau et il demeure particulièrement intéressant aujourd’hui d’observer cet homme qui en 2010 avait tenté de se montrer socialement compatible avec la gauche – comme s’il était possible d’être socialement de gauche en étant économiquement de droite – en participant à une table ronde organisée par La fondation Abbé Pierre pour débattre de l’urgence du logement social.

On y voyait un François Bayrou tentant de se fondre dans le décor, répétant à l’envi qu’il se situait « hors pensée unique » et proposant tout à fait naïvement de ne pas tenir compte des normes de salubrité, à titre exceptionnel pour les sans-abris, au prétexte qu’« il vaut mieux habiter dans un taudis insalubre que dormir dans la rue et le froid ». Tout à fait naïvement en effet, ne comprenant pas lui-même en quoi sa proposition inspirée par le « bon sens » pouvait susciter les sifflets, n’imaginant pas un instant que l’homme libéral qui n’a jamais cessé de sommeiller en lui, lui soufflait là une énormité, ne comprenant pas qu’être de gauche justement c’est se refuser à des solutions simplistes réclamant par souci d’ »efficacité » d’abaisser le seuil de l’indignité humaine, et imaginer au contraire des solutions à la fois dignes et durables, donc réellement efficaces, par exemple en la matière de financer la construction de logements sociaux en nombre suffisant et avec des normes satisfaisant a minima l’exigence de dignité.

En bon libéral, le très charitable François Bayrou proposait là une solution parfaitement libérale. Trop de chômage ? Facilitons le licenciement. Un trou dans la Sécurité Sociale ? Dé-remboursons les médicaments. Trop d’insécurité ? Restreignons les libertés individuelles. Trop de sans-abris ? Entassons-les dans des taudis…

Sa candeur libérale est tout simplement délicieuse, et particulièrement éclairante. Cette courte séquence vaut vraiment d’être visionnée :

Simplisme des plus crasseux  que ne renierait pas un Sarkozy et qui vaut immédiatement au petit François, aussi étonné que benêt, les sifflets unanimes de la salle, qui semble elle savoir de quoi il est question : d’une dignité humaine avec laquelle on ne transige pas. Et François Bayrou, qui est un homme de droite, de ne sembler pas comprendre qu’on ne troque pas une vie humaine contre sa dignité, qu’aucune indignité, aucune atteinte à la dignité humaine, ne saurait être justifiée par l’urgence qu’il y aurait à remédier à une autre. On ne transige pas avec la dignité d’un homme. Jamais.

En sus d’une leçon de gauche, Monsieur Bayrou aura ainsi appris qu’à vouloir à toute force sortir de la pensée unique, on entre de plain-pied dans la pensée inique.

 

Robert BadinterLa communication, première préoccupation du gouvernement, fait toujours état d’un chiffre global de « la » délinquance. Or parler d’une hausse ou d’une baisse de la délinquance est aussi trompeur que le serait un indice de « la » maladie. Il n’existe dans la réalité que « des » crimes et délits de nature et de gravité bien différentes, comme il n’existe que « des » maladies aussi diverses que le sida ou la grippe.

Réunir dans le même indice global le meurtre de vieilles dames ou la consommation du cannabis est une aberration qui ouvre la voie à toutes les manipulations. Il suffit en effet de modifier le mode d’enregistrement des faits criminels ou délictueux, de les pénaliser ou non pour changer les statistiques. Sans doute des améliorations ont été apportées dans ce domaine, mais on entend toujours les responsables politiques se féliciter de la baisse de « la » délinquance, alors que si le nombre de voitures volées diminue grâce à l’amélioration des techniques de sécurité, au même moment, le nombre de personnes victimes d’agressions physiques s’accroît sensiblement. Et comment réunir dans une même appréciation globale le vol de portables avec les agressions de convoyeurs de fonds réalisées par des commandos ?

Robert Badinter – lire tout l’entretien

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