Oct 102008
 

Ennemis PublicsL’extension du domaine de la pute, c’est à quoi il m’a semblé assister ce matin, à entendre sur France Inter, Michel Houellebecq et Bernard-Henri Levy se plaindre d’être mal aimés par la critique, se plaindre de la mauvaise image médiatique qui s’attache à eux – eux qui par ailleurs vendent des livres par centaines de milliers moins par leur talent que par une surexposition médiatique, justement, et qu’ils entretiennent avec une science rare.

Ils ont donc écrit un nouveau livre, ensemble cette fois. Sur la couverture, ils se sont autoproclamés Ennemis Publics – et je n’en lirai d’ailleurs pas davantage. Ainsi, les voilà qui promènent aussitôt, de plateaux de télévision en studio de radio, en passant par tout ce que la France fait de magasines, leur longue plainte de mal-aimés, chacun bien calé dans la caricature de lui-même – le dandy vulgaire et le prolo chic, images très soignées – parce qu’ils savent l’un et l’autre que c’est pour eux, encore, le meilleur moyen de vendre.

On apprenait hier, cependant, que le très discret Jean-Marie Le Clézio avait obtenu le prix Nobel.

 

 

 

 


Source : Houellebecq-BHL ou l’extension du domaine de la pute
  • filopolimélo – 10/11/2008

    Je recopie ci-dessous un petit commentaire là-dessus (après avoir vu BHL chez Ruquier): 
     
    Un écrivain, ou faut-il dire plutôt un auteur, célèbre et riche, se plaint que sur une presque dizaine d’écrits sur lui, presque tous lui soient hostiles. 1ère remarque: il faut croire que le filon est rentable puisque tant d’autres auteurs l’exploitent. Notre célébrité fait vivre du monde. 2ème remarque: sans doute est-ce lui qui en tire le plus (de notoriété supplémentaire et d’argent). Si jamais la source de la sottise d’où coulent ces contempteurs venait à se tarir, qu’il songe à payer de ses deniers des écrivains pour poursuivre ces attaques bénies…

  • ohlebeaujour – 10/10/2008

    moi non plus je ne lirai ni l’un ni l’autre et zapperai tv et radio lorsqu’ils apparaitront 
     
    à propos d’un grand écrivain, justement: 
    j’ai eu l’honneur de saluer JM Le Clézio lors d’une première où l’on jouait un de ses textes. Il était un peu obligé d’être là. Ca se sentait. A l’issue de la représentation, on lui tournicote autour, on lui propose petits fours et champagne: il choisit un jus de fruit / le dîner donné en son honneur par Pierre Cardin? il n’y assistera pas. C’est avec élégance et discrétion qu’il prend congé de ses hôtes.