Juil 012010
 

Lulli - roman chapitre 10 - ebookJ’avais vu, tout vu de ce qu’il y a à voir d’une femme puisque j’avais vu son vagin, puisqu’en voyant ses entrailles j’avais entraperçu le brasillement indécent de son âme – sa chair et son sang. J’avais vu, mais parce que je n’avais que quatre ans, parce qu’il est nécessaire de comprendre pour se souvenir, ma mémoire n’avait rien gardé de ce que j’avais tellement vu.

Recroquevillé dans un coin sombre de la chambre, entre le mur et l’armoire, j’avais écarquillé les yeux et je n’avais pas compris, ni les soupirs ni les cris, ni le sang rouge qui coulait d’entre les cuisses de Lulli, après que mon père l’avait chevauchée, poussant des grognements sourds et saccadés, han ! han ! han ! et le sang rouge de Lulli sur le drap blanc et ses sanglots silencieux et les ahanements de mon père… Je n’étais pas sûr même que c’était Lulli, que c’était mon père, je ne comprenais pas ce qui se produisait devant moi, devant mes yeux, qui entrait par mes yeux grands ouverts et qui entrait tout d’un seul bloc. Un gros bloc de vécu, massif et envahissant, mais je ne possédais pas les outils, ni la force pour tailler dedans, ni ne pouvais non plus détourner le regard tandis que ça entrait en moi, tandis que ça prenait possession de mon esprit, cette vermine de l’âme.

J’avais cru soudain que c’était le sang de mon père et j’avais crié. Sur le drap, entre les cuisses de Julie, j’avais cru que c’était le sang de mon père, j’avais cru qu’elle l’avait mordu, que son sexe avait refermé ses dents sur le sexe de mon père. Faisant couler son sang. J’avais vu le sang et, aussitôt après, j’avais crié. Mon père s’était retourné, m’avait aperçu, avait vu l’enfant qui criait, replié sur lui-même dans l’embrasure de la porte, un enfant en tas avec les yeux exorbités et une bouche qui hurlait, et qui hurlait l’effroi de l’enfant qui ne comprend pas. Il avait jeté un dernier regard sur Julie, et Julie sanglotait sur le lit, le drap tâché ramené sur elle, entre ses cuisses, et puis il avait avancé sur moi, massif, nu, son sexe croûté de sang noir.

« Tais-toi ! », il avait dit, la mâchoire serrée.

[…]

Lulli est mon premier roman, que j’ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d’un chapitre par semaine.

Nous en sommes au chapitre 10, sur les 12 chapitres que compte ce roman, et vous venez d’en lire les premières lignes. La suite est à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle… Ou bien directement sur un ordinateur.

Si vous prenez l’aventure en route, vous pouvez préférer la reprendre depuis le début

A la suite de chaque billet de présentation, les commentaires vous permettent, si vous le souhaitez, de partager entre vous – et avec moi – vos impressions de lecture, au fil de celle-ci ou bien à son terme (qu’il soit prématuré ou non).

Bonne lecture !

***

Téléchargement : télécharger ebook Lulli – chapitre 10

Précédemment :

télécharger ebook Lulli – chapitre 1 télécharger ebook Lulli – chapitre 5 télécharger ebook Lulli – chapitre 9
télécharger ebook Lulli – chapitre 2 télécharger ebook Lulli – chapitre 6
télécharger ebook Lulli – chapitre 3 télécharger ebook Lulli – chapitre 7
télécharger ebook Lulli – chapitre 4 télécharger ebook Lulli – chapitre 8

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Source : Ce puits profond de chair, de sueur et de sang

(A suivre : Lulli, chapitre 11…)

  • dedalus – 03/07/2010

    @ arf
    Deux chapitres encore, en guise de suite… et de fin 🙂

  • αяf – 03/07/2010

    Je voulais dire qu’avec les nouveaux personnages qui viennent de naître une suite à ce roman est possible.

    manque plus que « l’origine du monde » de Courbet en illustration !

  • dedalus – 03/07/2010

    @ Maghnia
    Mais qu’ai-je fais à Lulli, Maghnia ? Le saussissonage ? 
    Savez-vous que vous pouvez également lire Terreur au format ebook… et en un seul morceau 😉

    @ arf
    Tu ne sais pas si bien dire. Extrait d’une première version, il y a ce monologue vaginal… 
     
    Sinon, tu peux répéter la question ? (je n’en saisis pas bien le sens)


    @ rimbus
    Tu parles de l’interlignage sur le blog ou sur les fichiers .epub ? 
    Sur le blog, j’imagine… 
     
    C’est quoi la balise html pour l’interlignage ?

    [EDIT : Et maintenant, la lecture est-elle facilitée ?  (si pas de changement, raffraichis la page pour charger la nouvelle feuille de style)]

  • rimbus – 03/07/2010

    tu augmenterais ton interlignage, que la lecture n’en serait que facilité. Enfin, c’est le vieux débat du fond et de la forme, dans le fond, sous une autre forme.
    😎

  • αяf – 03/07/2010

    Après les monologues du vagin, le monologue AUTOUR du vagin ! 🙂
     
    (dis, avec la fille à Lulli, Nicolas et Lola, la suite à Lulli se trace ?)

  • Maghnia – 03/07/2010

    En tous cas, vous faites à Terreur ce que vous avez fait à Lulli, je ne vous parle plus!
    🙂

  • dedalus – 01/07/2010

    C’est que je me suis rendu compte que je n’aimerais pas passer autant de temps dans un même roman. Sans doute parce que j’aime bien m’imprégner, lire comme en immersion. 
     
    Ou, quand je n’aime pas ce que je lis, en avoir terminé au plus tôt.

  • αяf – 01/07/2010

    déjà, le rythme s’accélère ! 🙂