Mai 182010
 

Dans la série « j’expérimente l’édition au format ebook », j’ai résolu de publier mon premier roman – Lulli – sous forme de livre électronique (.epub) et de le diffuser via ce blog au rythme d’un chapitre par semaine.

Fidèle à la nature de ce site, c’est-à-dire à sa raison d’être – avoodware.com -, les 12 chapitres que comporte ce roman seront donc successivement disponibles pour un téléchargement gratuit.

Lulli - roman chapitre 2 - ebookAujourd’hui donc, le chapitre 2 – à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle… , voire sur votre ordinateur – c’est possible et sans difficulté – mais ce serait dommage.

Les commentaires de chaque billet vous permettent, si vous le souhaitez, de partager entre vous – et avec moi – vos impressions de lecture, au fil de celle-ci ou bien à son terme (qu’il soit prématuré ou non).

Ainsi, suite à sa lecture du chapitre 1, αяf a eu l’amabilité d’écrire le petit commentaire suivant :

« Lu ! cette histoire est bandante ! […] Plus sérieusement, j’aime bien la construction entre l’enfant et l’homme qu’il est devenu. Le passage de la mère qui parle de sexe est un vrai régal. J’ai pas pu m’empêcher d’imaginer ma mère me parlant de ces chose là. Etonnant comme on a eu du mal à penser que nos parents sont AUSSI sexués. »

Bonne lecture !

***

Les premières lignes du chapitre 2 :

Elise, ma petite sœur. Elle s’est appelée Elise, on lui a donné un prénom, quelques baisers aussi, sur son minois minuscule et chiffonné, et puis elle est morte. Une étincelle et la nuit aussitôt, nos regards qui ne se sont jamais croisés.

Je n’avais pas demandé à la voir non plus. Ça m’était bien égal la tête qu’elle avait, Elise. On m’emmena à l’enterrement. Je n’avais pas envie. Je n’ai pas pleuré, j’ai joué avec un papillon, penché au-dessus du trou, ne prêtant pas attention à l’oraison que lui faisait mon père. Je ne me sentis proche d’elle que dans la mesure où une main hésitante qui effleure le bois d’un petit cercueil unit l’enfant vivant qui cherche du bout des doigts à appréhender une vérité obscure, parce qu’il pressent qu’elle le concerne, à l’enfant qui n’est plus, que cette obscurité innommable, un prénom gravé dans la pierre, Elise, qui n’était plus rien que cette vérité obscène et que les adultes dissimulaient dans une petite boîte, et sous la terre froide. La boîte était close et l’enfant vivant ne vit pas l’enfant mort.

Une douzaine de photographies avaient été prises qui furent entassées dans une boîte à chaussures. Ma mère inscrivit son prénom, ‘ELISE’, sur le côté et en lettres capitales – cercueil de carton rangé à son tour dans un coin sombre, oublié en haut d’une armoire. Je ne découvris que des années plus tard, lorsque cela n’avait plus tellement d’importance, ces images jaunies d’un bébé malingre qui aurait été ma petite sœur.

J’avais trois ans et demi, un peu plus. C’était le printemps. Ma petite sœur naissait, et passait déjà. Une petite fleur – éphémère petite fleur. Tandis que ma mère s’endormait à la maternité, souriant à la petite fille posée sur son sein-mamelle, tandis que la petite fille passait d’un néant à l’autre, glissant sur le sourire aimant de sa mère, je vis – et c’était la première fois –, je vis une femme tout entière, une femme qui n’était ni une mère ni une nourrice, ni une maîtresse d’école, une femme qui n’était que cela et tout cela : une femme.

[…]

Téléchargement : télécharger ebook Lulli – chapitre 2

Précédemment :

télécharger ebook Lulli – chapitre 1



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Source : Lulli – chapitre 2

A suivre : Lulli, chapitre 3

  • dedalus – 20/05/2010

    Tu sais quoi, ce site a été conçu sous le signe « plaisir d’écrire / désir d’être lu ». Mais je n’avais pas imaginé à quel point les « retours de lecture » feraient cerise sur le gâteau. Merci !

  • αяf – 20/05/2010

    A force d’acharnement, la mère se livre. Le dilemme dans lequel se trouve Nicolas après est bien rendu. Il est même rassuré qu’elle arrête. Il veut tellement savoir que maintenant qu’il sait un peu, ça le trouble encore plus… Bien mené, tout ça ! Comme avec Stanza, on peut faire des annotations bien pratiques, j’ai relevé la phrase suivante que j’aime tout particulièrement :  
    « J’attends en silence qu’elle revienne, cherchant dans les fissures du plafond un chemin jusqu’à mon enfance »

  • αяf – 18/05/2010

    Calé dans mon stanza ! 🙂