Fév 172006
 

Je me souviens de ce médecin, un pédiatre, une femme, que ma mère m’emmenait voir, enfant, quand j’étais malade. Je détestais aller la voir. Elle était vieille et moche. Elle avait les mains froides. Elle sentait mauvais. Surtout, il y avait chaque fois ce moment où elle baissait mon slip et prenait mes couilles entre ses mains pour les soupeser. Pourquoi diable doit-on soupeser les couilles d’un enfant quand il a un rhume – ou même une angine ou une otite ? C’est ce que je me demandais chaque fois. Elle me palpait un testicule et puis l’autre en hochant la tête avec gravité. Ensuite elle me rassurait d’un sourire : tout allait bien. Mais je n’en avais pas douté, c’est à la gorge que j’avais mal. Cette intrusion froide dans mon intimité, ça avait quelque chose d’humiliant, une sorte de négation de ma virilité. Plusieurs fois je me suis retenu de lui pisser dessus.

Depuis, quand une femme prend mes couilles dans ses mains, ça me donne la sensation d’être malade. Elle pourrait aussi bien me demander d’ouvrir la bouche, de tirer la langue et de faire aaaaaah. Merci Docteur, au revoir Docteur. Les autres hommes aiment ça, paraît-il. Chacun vit ses propres expériences et fait avec ses propres souvenirs d’enfance. Moi, ce que j’aime bien, c’est quand au jeu du docteur c’est moi qui joue le rôle du médecin.

 

 

Souvenir d’enfance

  • lez

    j’aime bien ce site! 
    j’ai lu ton promogue, et le pourquoi de ce site. 
    je me retrouve complètement dans ce que tu dis pour l’écriture: un plaisir, mais aussi et surtout un besoin, enfin pour moi en tout cas. 
    un moyen de crever les absces sans violence, mais aussi de chanter quand l’âme est joyeuse. 
    enfin voilà quoi 
    merci pour tes écrits, ils sont plaisants!