Sep 232013
 

au-monde-pommeratJ’ai découvert Joël Pommerat sur le tard, il y a une paire d’années. A peine. Sa réputation avait eu le temps de grandir, et le précédait déjà de plusieurs longueurs. Je l’avais découvert dans Cercles / Fictions. J’écrivais alors : « Le propos est souligné d’un trait parfois grossier, si bien qu’il en devient ici par trop transparent et simpliste, et là par trop obscur et abscons. L’on en ressort avec un sentiment mitigé« .

Mais c’était mon premier Pommerat et j’étais surtout conquis. J’écrivais complaisamment : « Joël Pommerat est en effet un illusionniste et son théâtre est celui de l’illusion. Il convoque, et combine avec un grand art, sons, lumières et odeurs, écrans de fumée et poudre aux yeux, pour créer l’illusion du réel. Non pas le réel comme on l’observerait au travers d’un miroir, mais le réel comme on s’en souviendrait : la réalité d’une ambiance, d’une impression, d’une émotion« . 

J’étais impatient de voir Ma Chambre Froide. On en disait tant de bien. La déception n’en fut que plus grande : « J’ai détesté ce théâtre réactionnaire où l’on fait rire des bourgeois sur le dos des prolétaires, où l’on fait rire le capitaliste sur le dos de l’exploité. Mais je veux bien porter au crédit de Joël Pommerat et de ses comédiens que ce n’était pas ce qu’ils recherchaient et me contenter de dire que ratant sa cible et son propos, ce spectacle est lui-même raté. Dramatiquement« . 

Mais je gardais à Joël Pommerat le crédit de pouvoir être à la hauteur de sa réputation, que celle-ci n’était pas surfaite. L’an passé j’allais donc voir La réunification des deux Corées en y croyant toujours. Nouvelle déception. J’oubliais même d’en rédiger une critique. Toujours la même histoire : créer l’illusion d’une réalité rêvée en jouant des sons et de la lumière, unique décor pour une mise en scène finalement très statique, des comédiens justes mais servant en gros sabots un propos sans finesse.

Pourquoi donc Joël Pommerat avait-il donc la réputation d’être un grand. Ces spectacles pour enfants, mais pas seulement pour eux, étaient peut-être à l’origine de cet engouement qui me semblait jusqu’ici finalement assez immérité. J’allais donc voir Cendrillon. Même topo. Un bel écrin de sons et de lumières pour un grand vide, ou plutôt pour une breloque mal taillée et aux reflets criards. Ce n’était pas mauvais, mais ce n’était certes pas très bon non plus.

C’était peut-être qu’il fallait voir ses premières créations, que Joël Pommerat s’était depuis perdu en chemin, qu’il ne se contentait plus que de soigner ces effets de style que le public aime tant, oubliant qu’il s’agissait d’abord de dire. Ça tombait bien, l’Odéon présentent cette année deux « des pièces qui ont le plus contribué à faire connaître la personnalité artistique de Pommerat« .

J’ai donc vu Au Monde.

Je pense de plus en plus que le théâtre de Joël Pommerat relève en réalité davantage du truquage et de l’habileté que du théâtre. Le procédé est finalement assez simple – pas nécessairement sa mise en œuvre, mais qu’importe. Il s’agit de découper le spectacle en tranches, des tableaux soigneusement et ponctuellement éclairés qui naissent chacun d’une profonde obscurité, créant chaque fois la surprise – sauf qu’on finit tout de même par s’y attendre. Dans lesdits tableaux, principalement en noir et blanc, et quelques nuances de gris, les comédiens, essentiellement statiques, telles des ombres, disent leur maigre texte dans un micro cravate, le son ainsi amplifié semblant aux spectateurs venir à la fois de partout et de nulle part.

Là-dessus, dans cette ambiance à la fois hyper réaliste et pseudo onirique, il s’agit de dérouler le fil d’une idée – que l’on cherchera à taire et à contourner, mais qui en devient rapidement transparente. Ici, nous avons une redite grossière de Tchekhov : un morceau des Trois Sœurs, une pincée de La Mouette et pas grand chose de plus C’est sans intérêt. Les non-dits sont censés provoquer du mystère et susciter l’inconfort, mais tout cela est tellement creux – jusqu’au discours politique un brin démago – qu’on ne parvient qu’à s’y ennuyer.

J’irai voir Les Marchands, mais cela sera cette fois définitivement sans plus aucune illusion. Joël Pommerat est d’avantage un truqueur qu’un metteur en scène – et il ne me semble pas non plus être un grand auteur. C’est peut-être surtout cela, peut-être que s’il ne s’obstinait pas à ne mettre en scène que ce dont il est l’auteur, peut-être alors l’illusion viendrait servir un propos que la mise en scène serait en mesure de grandir et de magnifier. Peut-être qu’on y verrait se déployer des passions et la catharsis saurait alors se produire.

Il n’y a pas de théâtre sans auteur, pas de création artistique sans un propos et sa sublimation. Le théâtre ne saurait être qu’un peu de poudre aux yeux.

 

  • excellent billet à tous points de vue. J’ajoute qu’il y a un mystére: comment en si peu de temps le marxisme, qui était la musique de lendemains qui chantaient aux yeux de beaucoup, s’est transformée en soupe d’aigreur?

    • C’est exactement ça. Et je suis triste de cette aigreur.

      • Enki

        Bah oui c’est sur, un désaccord c’est forcément parce que ces pauvres cons du FdG ils sont aigris. C’est pas du tout parce que notre politique est pourri …

        • Enki

          Le souci c’est que de plus en plus de français sont aigris aussi .. Mais bon ça doit être aussi des cons et des gauchistes… #sorsdetabulle

          • Les Français ne sont pas aigris, ils sont en souffrance. Quant à l’aigreur dont on parlait, personne n’a dit qu’elle affectait tous les militants du FdG et seulement ceux-là. On parle de certains d’entre eux.

          • Enki

            Eh bah figures-toi que les militants du FdG ne sont pas aigris, ils sont aussi en souffrance. Ils souffrent beaucoup de voir à quel point Hollande a enterré toutes ses promesses de changement, et souffrent beaucoup d’imaginer à quel point ce quinquennat va faire mal à l’idée que la gauche peut vraiment changer la vie.

  • shaher2

    Bon. J’espère que çà va mieux, une fois passé. Une belle leçon de gauche morale pour exorciser une querelle de blogueurs sur Cahu. Et une application assez brouillonne de l’auto-dérision revendiquée.

    Je sais pas si c’est représentatif de l’avis du peuple, mais moi, tes beaux principes moraux et vos querelles à la mords-moi-le-noeud, je me les fous au cul tant çà remplit pas l’assiette. C’est le contenu concret du programme qui m’intéresse, en accord avec la rage croissante qui me ferait regretter la Veuve pour quelques nouveaux sangs-bleus.

    On admettra tous ici que le FdG tape sur la seule branche soclib au pouvoir. Lienneman et les autres ne s’y trompent pas, eux, qui ne se sentent pas le réflexe saugrenu de se sentir visés dès qu’on scude la politique gouvernementale. Si d’autres au PS en sont au point de se persuader que leur recul est dû à Mélenchon plus qu’aux décisions concrètes du gouvernement… Remarque, vaut mieux un exutoire qu’un ulcère.

    • Tu peux te foutre ce qui te chante où ça te chante. Si tu m’a bien lu, tu as compris que ce que je dis est qu’importe le plus beau des programmes si la stratégie adoptée interdit qu’il puisse être mis en œuvre faute de majorité. En même temps c’est pratique, on reste persuadé de sa beauté…

  • Enki

    Mon cher camarade, je pense que tu devrais rapidement revoir tes classiques. La politique, c’est une histoire d’idée, de mouvements populaires, de conviction. C’est pas un problème d’homme, de rancune personnelle, ou d’égo. Faut arréter de penser que ce qui est la règle au sein du PS l’est aussi à l’extérieur.

    Donc la question c’est pas de savoir si Mélenchon est gentil ou méchant, si les militants du Front de Gauche sont des gauchistes.

    La question est de savoir où va le gouvernement et donc le pays.

    Et de ce point de vue là, les critiques de Mélenchon sont frappées du bon sens. Poursuivre la politique du gouvernement, c’est suivre le destin de la Grèce. Comment faut-il expliquer ça ?

    Ce n’est pas une question personnelle de dire que l’austérité ne résoudra aucun de nos problèmes.
    Ce n’est pas une question personnelle de dire que l’Accord National Interprofessionnel ne résoudra aucun de nos problèmes.
    Ce n’est pas une question personnelle de dire que le pacte de compétitivité ne résoudra aucun de nos problèmes.

    Bref, arréter de vous voiler la face, et de faire de la démagogie à deux balles. Remettez vous sur le bon chemin ou vous dégagerez du pouvoir aussi rapidement que vous y êtes arrivés. Et dans ce cas là, oui le risque du FN existe. Mais ce sera pas la faute du FN, mais bien la votre puisque vous ne serez arrivé à rien. Et alors vous serez bien content de voir que le Front de Gauche existe et qu’il est le seul à empécher le FN de prendre le pouvoir. Et vous vous direz qu’il avait quand même vu juste quand il critiquait le PS au lieu de s’attacher à lui pour finir dans la même poubelle de l’histoire, avec Cahuzac et consorts.

    Bref, arrête de regarder les grands médias, et essaye juste un peu d’analyser la situation politique dans le monde et dans toute l’Europe. Et puis après reponds une notre de blog un peu plus sérieuse.

    • Ma conviction à propos de Mélenchon – et aussi pour l’avoir rencontré et interroger sur sa stratégie politique hors du PS – est que ce qui se trouve à la base de cette stratégie de fuite en avant et de surenchère dans le propos est d’abord une affaire d’égo blessé et de rancune personnelle. De ce point de vue, je me moque totalement qu’il soit gentil ou méchant. Ce que je conteste, politiquement, c’est sa stratégie et sa posture.

      Par ailleurs, dire que l’austérité ne résoudra aucun de nos problèmes, ou dire que l’ANI ne résoudra aucun de nos problèmes, ou dire que le pacte de compétitivité ne résoudra aucun de nos problèmes, c’est exprimer une opinion, qu’on peut ne pas partager sans renier son engagement à gauche.

      Comme est une opinion de dire que le positionnement du Front de Gauche, en opposition frontale avec le gouvernement mis en place par les électeurs de la gauche, ne résoudra aucun de nos problèmes, bien au contraire.

      Comme est une opinion de dire que la démagogie est précisément l’outil politique que manie avec constance et systématisme bon nombre de cadres du Front de Gauche, alignés en cela sur Mélenchon.

      Le bon chemin, comme tu dis, n’est pas nécessairement le vôtre. Là encore c’est affaire d’opinion.

      Quant à la capacité du Front de Gauche à faire reculer le FN, on a vu son efficacité une élection après l’autre, depuis la présidentielle jusqu’à l’élection législative partielle de ce dimanche : le FN se situe très précisément 20 points devant le FdG !

      Enfin, tu dis « vous » êtes au pouvoir. Permets moi de penser que c’est la gauche qui est au pouvoir, la gauche telle qu’elle a été définie par le peuple de gauche par son vote.

      Comprends-moi bien, mon cher camarade, en aucun cas je dis que la ligne choisie par le gouvernement actuel est idéale, ou même serait la bonne, c’est-à-dire conforme à celle que je crois meilleure, je dis seulement que c’est celle que s’est choisie la gauche de France, dans sa diversité d’opinions, et que pour faire changer cette gauche et la rendre plus conforme à une ligne plus radicale, il ne s’agit pas d’exclure de la gauche cette majorité dont elle est composée. Car à choisir cette facilité, en effet cette ligne radicale deviendrait la seule gauche – puisqu’elle aurait renvoyé à droite tout ce qui ne lui convient pas et qui est aujourd’hui majoritaire en son sein – mais voilà, cette gauche « épurée » ne représenterait pas plus de 20% – je suis généreux – du corps électoral, c’est-à-dire du peuple. Elle aurait raison toute seule sans doute, mais on ne le saurait jamais, puisqu’elle se serait ainsi mise dans l’incapacité d’accéder au pouvoir.

      • Enki

        Eh ben c’est déja mieux comme réponse.

        Sur Mélenchon et les égos, écoute, tu peux le penser mais si tout ça est un problème d’égo, le bonhomme aurait mieux fait de rester au PS, il serait déja ministre ou secrétaire d’état comme à peu près toutes les personnes qui ont milité avec lui au PS et ont préféré y rester. Donc en l’occurence, soit Mélenchon et très con, soit ton argument tient pas debout.

        Pour le reste, le problème n’est pas de savoir si dire que l’austérité, l’ANI ou le pacte de compétitivité va résoudre nos problèmes est une opinion de gauche ou de droite. C’est juste une opinion que les faits ont démenti dans tous les pays où une telle politique a été appliquée. Alors on peut bien sur considérer qu’on est plus intelligent que tout le monde, mais en fait y’a pas besoin d’être docteur en économie pour comprendre que quand tu saignes les gens, ben y’a plus personnes pour acheter de la bouffe, aller au cinéma, voyager, etc …

        Maintenant est-ce que c’est cette gauche que les électeurs voulaient ? Permets moi de dire que je ne le crois pas, que effectivement Hollande a gagné en disant le moins de choses possible pour froisser personne, qu’il n’a défendu à peu près aucune idée forte (et qu’il en reste 1 an après juste rien du tout) et qu’il a été élu en surfant sur le vote utile, la volonté de se débarasser de Sarko et la peur de Le Pen. Tu peux considérer que c’était donc une volonté du peuple de gauche d’avoir un tel gouvernement mais pour ma part je ne crois plus que l’on peut parler de volonté quand le système est aussi vérouillé.

        Sur le FN, on en reparlera quand vous aurez juste sorti un argumentaire pour lutter contre le FN, on en reparlera quand y’aura plus d’élus et de cumulards pourris au PS qui font bien le jeu de la le pen, quand le secrétaire du PS se déplacera pour aller combattre le FN sur le terrain. Toujours pas compris pourquoi le FdG devrait être responsable de la progression du FN à Beauvais lorsque l’on sait que le PS a juste tout les pouvoirs dans ce pays …

        Bref, je crains que tes certitudes se fracassent sur le mur des réalités. Ce que vous avez manifestement du mal à comprendre, c’est qu’il y’a aujourd’hui une grande partie des citoyens qui s’en foutent en fait de la gauche ou de la droite, et qui veulent juste des réponses concrètes aux problèmes qu’ils rencontrent. Et comme vous n’êtes manifestement pas capable de leur apporter, vous serez balayés par le peuple qui en a marre d’être pris pour un con.

        Et ce malgré vos certitudes et votre arrogance.

        • C’est marrant cette manie de parler avec quelqu’un en disant « je » et « tu » pour glisser très vite au « nous » et « vous ». Marrant et symptomatique, très révélateur d’une pensée à la fois réductrice et globalisante.

          Et puis, pour ne pas épiloguer sans fin, relis-toi attentivement et demande-toi si quelqu’un qui ne serait pas d’accord avec toi ne pourrait également juger tes propos teintés de certitudes et d’arrogance. Paille et poutre, comme dirait l’autre.

          • Enki

            C’est marrant cette manie de chercher le truc qui permet de répondre à côté de la question. Marrant et symptomatique, très révélateur d’une pensée social-démocratisante en permanence dans la posture et rarement dans l’analyse et le débat argumenté.

            🙂

          • Pfff…

      • ALCB

        « c’est la gauche qui est au pouvoir, la gauche telle qu’elle a été définie par le peuple de gauche par son vote. »

        le vote a voulu mettre Sarkozy dehors.
        Il espérait la gauche , le vote.

        Et pourtant, il savait, le vote,
        que FH, c’était pas la gauche,
        c’était juste FH,

        qui déjeune chez … roule en …

        et qui pour sa chance, est en bonne santé,
        mais que si par malchance, il tombait malade,
        serait hospitalisé au Val de Grâce, où ya pas pénurie d’infirmières,
        lesquelles manipulent les tous derniers tops des scan petscan et tutti radiations volubiles de la recherche militaire,
        mais qu’il serait , faut ce que faut,
        soigné par les patrons de la Salpé tout spécialement déplacés,

        qui sont évidemment bien meilleurs que les toubibs de l’armée.

        En gros, entre FH et papa Sarko,
        à part l’inculture crasse et la vulgarité langagière, ya pas tant d’écart…
        A l’un comme à l’autre,
        manquerait la devise de ma grand mère,
        qu’était sans doute une partageuse,
        puisqu’à la fois grande bourgeoise et communiste :

        « ce qui n’est pas donné est perdu »

        L’avait plus ou pas d’égo, faut dire…
        Peut être parce que c’était une femme…
        c’est pourquoi,
        après ses presque célébrités dangereuses des années trente et quarante,
        elle alla, la Marthe,
        jusqu’à la fin de sa vie, vérifier que la caisse des écoles nourrissait correctement
        les petits enfants de la cantine du quartier Croulebarbe du 13ème de Paris.

        En somme, elle avait choisi, juste un tout petit pouvoir,
        et pas la gloire, puisque je suis sans doute seule à m’en souvenir.

        J’avais cru diagnostiquer une sorte de projet de ce genre chez Jean Luc Mélenchon.
        Mais puisque tu dis que c’est un salopard….
        et que tu les connais mieux que moi, tous ces gauchos d’aujourd’hui.

        Le souvenir que j’ai des vieux d’hier,
        ceux du temps des tickets, c’est dire si c’est vieux,
        les Levin, Mauss , Prenant, Auricoste, Charpak, Herr, Fannonel et même pire,
        please, pardonnez moi les oubliés,
        ils s’étripaient bien aussi.
        Ca leur a pas réussi : tous morts !
        Je rigole
        jaune.

        Laurent,
        un jour à la Bastille, ce Jean Luc,
        il a rallumé un feu
        qu’était mort et bien mort
        et s’il déconne un peu parfois,
        je ne l’oublie pas.
        Pas eu l’once d’une émotion pour l’autre François,
        à part du dégout de ses trahisons, d’abord familiales réduites,
        puis familiales larges.

        Tiens, tout ça donne le tournis
        Amitiés vers toi.

        AL

  • juan

    clap clap clap

  • Excellent billet.

    Les mêmes qui reprochaient violemment au PS de voter avec l’UMP au Parlement européen votent avec cette même UMP au Sénat. Et s’écartent de plus en plus des besoins des vrais citoyens ; celles et ceux qui vivent à côté de la violence quotidienne. http://lekiosqueauxcanards1.overblog.com/m%C3%A9lenchon-est-compliqu%C3%A9

    • Oui !

      • Ganlanshu

        Oui c’est vrai, nous « les vrais citoyens » voulons plus de flexibilité,
        moins de fonctionnaires, moins d’usines, moins d’emplois. Nous les
        « vrais citoyens » voulons une baisse des dépenses publiques, un euro
        fort, un CAC40 en hausse, des dépassements d’honoraires de médecins, des
        fermetures d’hôpitaux. Nous les « vrais citoyens » voulons que l’état
        donne 20M€ à des entreprises aussi exposées à la concurrence
        internationales que Carrefour et Auchan. Nous les « vrais citoyens »
        voulons la réduction du budget européen, affamer les peuples grec,
        portugais, espagnol pour maintenir les profits élevés des banques.
        Décidément, le FDG ne comprend rien aux besoins des « vrais citoyens ».

        • Les vrais citoyens sont ceux qui bossent dans les 95% des PMI/PME françaises. Ainsi le discours sur les grands groupes du CAC 40, a plus de 50% constitués par des capitaux étrangers, ils s’en tapent. C’est du bla-bla de politicien ! Et le FdG, se ramassant dans toutes les élections depuis 2009 n’est en aucun cas représentatif des citoyens.

          • Enki

            T’as raison mon grand, les salariés de PSA et d’Arcelor ils s’en foutent grave des discours sur le CAC40.

          • sur le total du nombre des salariés français ; je te confirme que focaliser le combat sur eux est inégal ! La majorité des français ont d’autres problèmes urgent à régler, dont l’éducation, la sécurité, les accords salariaux pour les PMI/PME ; donc oui, je confirme qu’ils s’en tapent, eux qui n’hésitent pas changer de région quand ils sont virés !

          • Enki

            Ce que ta pensée brillante (et de gauche!) semble ignorer, c’est que quand on tapes les ouvriers de PSA et d’Arcelor, c’est juste parce que c’est les plus fragiles du moment. Et que c’est une étape avant de taper les autres. Et que beaucoup le savent, car aujourd’hui, la précarité s’étend dans tout les domaines de la vie …

            Et au même moment, les mecs du CAC 40 se gavent. Et donc cette injustice elle interpelle le grand nombre des salariés français. Et elle devrait aussi interpeller un esprit de gauche bien fait comme le tien.

          • Non, ce ne sont pas les plus fragiles du moment ; les plus fragiles du moment ce sont, et dépuis plus de douze ans, les salariés du privé, n’appartenant pas à des grands groupes – minoritaires en France en tant qu’employeurs – et obligés de se démerder. L’urgence est, pour le moment, là et c’est bien pourquoi la loi d’accord sur la sécurisation de l’emploi était obligatoire, tant dans son contenu que dans son urgence. Et pour répondre à ton ironie sur la gauche ; ce n’est pas parce que on beugle « gauche, gauche, gauche » en sautillant que l’on est efficace

          • Enki

            Ding ding on a eu la blague du jour.

            Bon permets moi d’abord de te dire que quand tu te retrouves sans taff après 20 piges de bons et loyaux services, difficile de trouver plus fragiles. Mais bon pourquoi pas tu iras leur expliquer.

            Mais surtout mon camarade, je suis sur que tu va réussir à m’expliquer en quoi l’accord sur la sécurisation de l’emploi améliore la condition des salariés (du privé ou des grands groupes peu importe).

            Veux-tu parler de l’obligation d’accepter une mobilité forcée dans le cadre de ton contrat de travail sous peine de licenciement ?
            Veux-tu parler des accords compétitivité que, je n’en doute pas, tu combattais fortement lorsque Sarkozy les proposait et qui vise à permettre à l’employeur de décider que, bah vu que l’entreprise va mal, tu va baisser un peu ton salaire pendant deux ans. Tu veux pas ? Bah tchao mec !
            Veux-tu parler de l’homologation des plans sociaux par l’administration sous 20 jours (pas de réponse valant reponse positive) sachant qu’il y’a moins de 1000 inspecteurs du travail sur le territoire ?
            Juste trois exemples pour que tu m’expliques, je dois pas comprendre en quoi ça améliore le sort des citoyens.

            Ah juste avant de finir, évite le couplet sur la mutuel (mutuel minimal payé à 50% par les salariés), la taxation des contrats courts (dans laquelle l’exception est juste la règle) ou les droits rechargeables au chomage (puisque rien n’a été décidé et qu’en tout état de cause cela devra se faire « sans aggravation des comptes de l’assurance chomage » – c’est dans l’accord – donc soit en diminuant les pensions qq part, soit en augmentant la durée de cotisation qq part).

            Bref, là je crois que t’es tombé sur un os.

          • Et si, malheureusement « facile » de trouver plus fragile ; les 80 % des employés du privé, en PMI/PME qui n’ont pas attendu ces deux dernières années pour découvrir ce que voulait dire la mobilité, le chômage, et pour lesquels, à part les élus de terrain – du moins ceux qui siègent régulièrement dans les instances où ils ont demandé à être élu… – personne ne se bouge. Oui, c’est exactement de cela dont je parle ; et il est grand temps que les salariés « à vie » se rendent compte que le monde du travail évolue et que, à l’instar des pays qui vont bien mieux que le nôtre, le turn over demande certes du courage, mais est bien plus valorisant.

          • Enki

            Donc en fait tu fais de la précarité un modèle que tu souhaites étendre à tous les salariés ? Alors que dans toute l’histoire, le projet politique de la gauche c’est au contraire de lutter contre cette précarité …

            Bref, tu ne m’as toujours pas expliqué en quoi l’ANI allait enfin permettre de régler tout nos problèmes ? A moins que tu ne connaisses pas le sujet et que tu te contentes de répeter les argumentaires de Solférino ?

  • Etre de gauche c’est donc ne pas être de droite, ne pas faire le lit de, ne pas, ne pas, ne pas… La belle gauche molle n’existe donc que par son apparent contraire. Oui, donc, Sarko était le meilleur allié du PS. Et vu qu’il est parti, il n’y a plus rien. Ou si. Il reste la même politique économique. La même politique raciste envers les Rroms. La même guerre sociale contre le monde du travail. Les donneurs de leçons ont changé d’étiquette, la morale à 2 balles reste la même. Que les socialos redescendent sur terre et découvrent la réalité du travail. Et plutôt que de pleurer sur l’absence de soutien du FDG, ils essaient un truc dingue : faire une politique de gauche, tu vois? Le genre pas fétichiste du budget. Evidemment, c’est compliqué, car au PS tout est compliqué. Surtout quand on détient tous les pouvoirs.

    • Allez, juste ça : essaie de comprendre que la première pierre d’une politique économique de gauche efficace est la formation des travailleurs de demain, donc une politique qui mette les moyens sur l’éducation, pour préparer l’avenir, pour donner aux enfants d’aujourd’hui les moyens de comprendre le monde, de s’y engager y compris politiquement, et d’y trouver un travail et une vie heureuse. Là alors tu entendras peut-être combien le slogan Sarkozy=Hollande et UMP=PS est vide de sens.

      Et quand je dis faire « le lit de la droite », puisqu’il faut t’expliquer, il faut lire faire le lit de ceux qui défendent leurs privilèges, ceux des puissants. Oui donc, la gauche commence par là, par ne pas faire ce lit là.