Un misérable petit tas de chair et de néant - Lulli, chapitre 12 et dernier


Lulli - roman chapitre 12 - ebookJe sors de chez ma mère. Je descends en trombe les quatre étages depuis son appartement. Je déboule sur le trottoir. Devant le porche, un couple se dispute violemment, deux amants écorchés par le doute, dévorés par la rancœur, emportés par les mots et qui ne parviennent plus à se dire qu'ils s'aiment. Je passe sans un regard pour eux, remontant la rue d'Aligre à grands pas et me tenant la tête à deux mains. Je suis loin déjà, loin de ces chamailleries imbéciles. J'oblique dans la rue de Charenton, je suis essoufflé, j'ai du mal à respirer. Mes pensées réduites en une bouillie de particules affolées s'entrechoquent aléatoirement sous la voûte de mon crâne. Un milliard de minuscules explosions nucléaires. Mes tempes palpitent, me font mal, trop de bruit dans ma tête. Je voudrais ne plus penser, me reposer un instant, oublier ce qui m'est impossible désormais d'oublier. Il n'y a plus de place en moi pour l'oubli. J'ai été au bout de l'anamnèse et désormais je sais. Je sais ce qui a été, et je sais aussi ce qui est et tout ce qui donc ne sera plus, ne pourra plus être.

On n'en reparlera plus, c'est ce dont nous avons convenu avec ma mère. Et il n'a pas été nécessaire non plus qu'elle aille au bout des mots, qu'elle raconte jusqu'à son terme l'histoire de Julie, inutile qu'elle dise des paroles qui sonnaient comme un sombre glas à l'intérieur de mon crâne. J'avais compris, deviné depuis longtemps le fin mot de l'histoire. J'étais présent, j'avais vu : c'était aussi mon histoire. J'avais vu et tout était en moi déjà, à l'état de traces sur le palimpseste de ma mémoire. On n'oublie jamais vraiment sans doute.

Il n'a pas été nécessaire qu'elle dise que Julie était enceinte, ni même qu'elle évoque ce qui fut ensuite. J'ai compté, Céline est née le 5 février 1969, j'ai recompté plusieurs fois même, comme s'il pouvait subsister le moindre doute, une issue, une autre possibilité qui m'aurait sauvé de la prison du réel, mais non, il n'y a pas d'autre possible que ce qui a été : 11 mai 68 - 5 février 69, 38 semaines et 4 jours, le temps plein d'une gestation. Elle a accouché à terme, Julie. Elle l'a gardé jusqu'au bout, son bébé. Il fallait bien ça sans doute, garder longtemps l'enfant dans son ventre afin qu'il ne reste rien du vice. Laver la souillure et que l'enfant naisse purifié de sa part d'ombre. L'idée qu'un bien puisse naître d'un mal, de ce mal qu'on lui avait fait, était insupportable et il lui avait fallu renvoyer le mal à son néant pour accueillir l'enfant, qu'il n'en soit pas le stigmate désolant. Il avait fallu à Julie nier le viol pour accepter l'enfant, nier jusqu'à l'idée d'un géniteur pour nier la réalité du violeur, sa marque dans sa chair et celle de son enfant. Non, personne ne l'avait possédée, ni déflorée, ni souillée, et ce serait l'enfant, lui seul, qui en naissant déchirerait son hymen, lui seul qui prendrait sa virginité, l'enfant, sa pureté…

[...]



Douzième et dernier chapitre de Lulli, roman à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... Ou bien directement sur un ordinateur. A télécharger gratuitement ci-dessous.

Et si vous prenez l'aventure en route, vous pouvez la reprendre depuis le début...


Bonne lecture !

***


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Source : Un misérable petit tas de chair et de néant






« Nicolas Sarkozy recevait aussi son enveloppe »



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« Nicolas Sarkozy recevait aussi son enveloppe »



enveloppe sarkozy billets euros«  [...] Comme les 50.000 euros ne suffisaient pas, Maistre s'est rendu – ou a envoyé quelqu'un, je ne sais pas – en Suisse, pour prélever en urgence le complément, à savoir 100.000 euros. D'après ce que j'ai compris, il n'a pas puisé dans le compte de Vevey mais plutôt dans celui de Genève. De toute façon, il allait toutes les semaines en Suisse... Ensuite, Maistre m'a dit qu'il allait très vite dîner avec Eric Woerth afin de lui remettre, "discrètement" comme il m'a dit, les 150.000 euros. Et le dîner a bien eu lieu très rapidement... »

« Nicolas Sarkozy recevait aussi son enveloppe, ça se passait dans l'un des petits salons situés au rez-de-chaussée, près de la salle à manger. Ca se passait généralement après le repas, tout le monde le savait dans la maison. Comme M. et Mme Bettencourt souffraient tous les deux de surdité, ils parlaient très forts et de l'autre côté de la porte, on entendait souvent des choses que l'on n'aurait pas dû entendre. Encore une fois, tout le monde savait dans la maison que Sarkozy aussi allait voir les Bettencourt pour récupérer de l'argent. C'était un habitué. Le jour où il venait, lui comme les autres d'ailleurs, on me demandait juste avant le repas d'apporter une enveloppe kraft demi-format, avec laquelle il repartait. Je ne suis pas stupide  quand même, inutile de me faire un dessin pour comprendre ce qu'il se passait... ».

C'est une petite partie de ce qu'a confié Claire T. au journal en ligne Mediapart

Claire T. est l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt et de la société Clymène, qui gère la fortune de la milliardaire. Elle l'a été de mai 1995 à novembre 2008, date à laquelle elle fut licenciée, ses employeurs lui reprochant d'avoir « mal » témoigné devant la police dans le cadre de la plainte pour « abus de faiblesse » déposée par la fille de la milliardaire.

Ça commence à faire beaucoup, probablement trop ! Tout homme politique responsable devrait désormais s'interroger sur sa capacité à conduire les affaires de l'Etat quand un faisceau de suspicions jette à ce point le discrédit sur sa capacité à être un républicain irréprochable. Manquement à l'éthique, collusion avec les forces de l'argent, financements illégaux, renvoi d'ascenseur fiscal... Oui trop de suspicions pour demeurer président, pour espérer avoir la nécessaire confiance du peuple dont il est censé être l'irréprochable représentant et dont il détient son pouvoir d'agir.

Mais Nicolas Sarkozy n'est précisément pas de ses grands hommes d'Etat qui se sachant démocratiquement disqualifiés ont, au moins cela, l'élégance de savoir s'effacer devant les intérêts supérieurs de la Nation, donc abdiquer leur pouvoir et démissionner de leurs postes.

Eric Woerth devra être déposé et le sera bientôt, c'est désormais entendu. Mais ce ne sera pas suffisant, c'est la démission de Nicolas Sarkozy qui seule saurait mettre fin au déclin politique, économique et social de la France, d'une République Française asphyxhiée, rongée, gangrénée par un sentiment de corruption généralisé du pouvoir.



Source : Démission !






Une si petite fille



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Une si petite fille - Lulli, chapitre 11


Lulli - roman chapitre 11 - ebookLe médecin esquissa un sourire, ajusta son chignon puis ses lunettes, et pointa son Mont-Blanc sur le moniteur de l'échographe :

« Regardez, là, vous voyez ? Il n'y a pas le moindre doute, c'est une fille. »

Mon cœur eut un hoquet, puis mon sang se mit soudain à tourner à l'envers tandis que je parcourais fébrilement l'écran des yeux, cherchant au hasard des agrégats informes de petits points lumineux une confirmation à la nature de ma paternité :

« Je ne vois rien, moi. »

Céline était allongée sur la table d'échographie, les mains en bandoulière sous son ventre dénudé. Elle souriait béatement.

« Tu vois quelque chose, toi ? l'interrogeai-je.
- Oui. Je crois qu'on ne peut pas tellement se tromper, Nicolas. Nous allons avoir une fille. Une petite fille !
- C'est sûr, vraiment ? fis-je en me tournant vers le médecin. Il n'y a pas d'erreur possible ?
- Non, monsieur. Pas l'ombre d'un doute.
- Pourtant je ne vois rien moi. Rien qui ressemble à une fille, rien qui ressemble à rien en fait.
- Peut-être que tu ne regardes pas comme il faut », émit Céline.

[...]



Avant-dernier chapitre de Lulli, roman à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... Ou bien directement sur un ordinateur. A télécharger gratuitement ci-dessous.

Et si vous prenez l'aventure en route, vous pouvez la reprendre depuis le début...


Bonne lecture !

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Source : Une si petite fille



(A suivre : Lulli, chapitre 12...)






Outrage à géométrie variable



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Outrage à géométrie variable



outrage au drapeau outrage au drapeau
Acceptable ? Inacceptable !


Il faudrait savoir.



Par exemple, si l'on veut voir dans le tableau de Max Ernst, La Sainte-Vierge corrigeant le petit Jésus devant trois témoins dont l'auteur, une iconographie en laquelle se trouverait révélée la tentation pédophilo-ecclésiastique du catholicisme, qui serait en définitive tout simplement christique : acceptable ou bien ?


La Sainte-Vierge corrigeant le petit Jésus devant trois témoins dont l'auteur, Max Ernst


Et subsidiairement, si venait à l'esprit - nécessairement perverti - d'un artiste - pas nécessairement médiocre - de représenter la Sainte-Vierge occupée à torcher le cul souillé du petit Jésus avec un drapeau bleu-blanc-rouge, qui alors serait en droit de se sentir le plus outragé ?

C'est que j'en suis à me demander vers quoi se dirige une société où l'on en arrive à s'offusquer démesurément, jusqu'à l'hystérie, d'une image politiquement ou religieusement incorrecte, au point d'ignorer le terrible outrage fait à une femme enceinte de plusieurs mois et licenciée pour faute grave, au motif qu'elle a acté le choix d'un jury et transmis une photo à la presse. Une société qui a oublié qui sont les hommes outragés et dont le monde regorge, pourtant. Vous savez, les miséreux.

La misère n'est-elle pas le plus grand des outrages qu'on puisse faire subir à l'Homme ? Pour cet outrage si terriblement quotidien, où est l'hystérie ?

Où est l'hystérie quand on apprend que Liliane Bettencourt, dont le patrimoine est évalué à 17 milliards d'euros :

- n'a fait l'objet d'aucun contrôle fiscal depuis au moins quinze ans ;

- est détentrice de comptes en Suisse, crédités de 78 millions d'euros et non déclarés à l'administration fiscale ;

- a bénéficié d'un chèque de 30 millions d'euros en Mars 2008, au titre du bouclier fiscal et avec l'accord de Mr Woerth, alors Ministre du budget ;

- était à cette même période l'employeur de Mme Woerth, épouse de Mr Woerth, alors Ministre du budget ;

- a contribué au financement politique de l'UMP, dont Mr Woerth est également le trésorier national ;

- a également participé au financement du parti politique personnel (sans adhérent) de M. Woerth ;

- a reçu Mr Woerth dans son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine le 30 janvier 2008, deux mois donc avant de percevoir son chèque de 30 millions d'euros - et la semaine précédente, le 23 janvier 2008, Mr Woerth remettait la Légion d'honneur à Mr Maistre, gestionnaire de la fortune de L. Bettencourt et employeur de Mme Woerth...

Un tel faisceau de présomptions n'est-il pas un tout petit peu outrageant ? Alors même que dans le même temps, et dans le même gouvernement de cette République dont le symbole est si tellement respectable, si tellement sacré même, des ministres s'offrent douze mille euros de cigares sur les deniers de l'Etat, s'autorisent des permis de construire illégaux, omettent de déclarer leurs logements de fonction, cumulent retraites de parlementaire et salaires de ministre, loue des avions privés à plus de 100 000 euros pour leurs déplacements professionnels - et toujours sur les deniers de l'Etat, bien entendu...

Et tout cela alors même aussi que l'irréprochable petit président de cette République irréprochable et dont le drapeau est donc un suaire, ce même président - forcément médiocre - qui avait commencé par s'offrir une augmentation de salaire de 170%, s'est quant à lui offert un avion bling bling sur mesure pour un coût total de 176 millions d'euros - et à 20 000 euros l'heure de vol.

Oui, tout cela, et tant pis donc pour les miséreux qui assistent au grand spectacle républicain de l'impudeur outrancière - mais pas du tout outrageante, entendons-nous bien.



Je sais, je mélange probablement tout. Disons que je suis énervé. Une forme d'hystérie, sans doute.



Source : Outrage à géométrie variable






Ce puits profond de chair, de sueur et de sang



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Ce puits profond de chair, de sueur et de sang - Lulli, chapitre 10


Lulli - roman chapitre 10 - ebookJ'avais vu, tout vu de ce qu'il y a à voir d'une femme puisque j'avais vu son vagin, puisqu'en voyant ses entrailles j'avais entraperçu le brasillement indécent de son âme – sa chair et son sang. J'avais vu, mais parce que je n'avais que quatre ans, parce qu'il est nécessaire de comprendre pour se souvenir, ma mémoire n'avait rien gardé de ce que j'avais tellement vu.

Recroquevillé dans un coin sombre de la chambre, entre le mur et l'armoire, j'avais écarquillé les yeux et je n'avais pas compris, ni les soupirs ni les cris, ni le sang rouge qui coulait d'entre les cuisses de Lulli, après que mon père l'avait chevauchée, poussant des grognements sourds et saccadés, han ! han ! han ! et le sang rouge de Lulli sur le drap blanc et ses sanglots silencieux et les ahanements de mon père… Je n'étais pas sûr même que c'était Lulli, que c'était mon père, je ne comprenais pas ce qui se produisait devant moi, devant mes yeux, qui entrait par mes yeux grands ouverts et qui entrait tout d'un seul bloc. Un gros bloc de vécu, massif et envahissant, mais je ne possédais pas les outils, ni la force pour tailler dedans, ni ne pouvais non plus détourner le regard tandis que ça entrait en moi, tandis que ça prenait possession de mon esprit, cette vermine de l'âme.

J'avais cru soudain que c'était le sang de mon père et j'avais crié. Sur le drap, entre les cuisses de Julie, j'avais cru que c'était le sang de mon père, j'avais cru qu'elle l'avait mordu, que son sexe avait refermé ses dents sur le sexe de mon père. Faisant couler son sang. J'avais vu le sang et, aussitôt après, j'avais crié. Mon père s'était retourné, m'avait aperçu, avait vu l'enfant qui criait, replié sur lui-même dans l'embrasure de la porte, un enfant en tas avec les yeux exorbités et une bouche qui hurlait, et qui hurlait l'effroi de l'enfant qui ne comprend pas. Il avait jeté un dernier regard sur Julie, et Julie sanglotait sur le lit, le drap tâché ramené sur elle, entre ses cuisses, et puis il avait avancé sur moi, massif, nu, son sexe croûté de sang noir.

« Tais-toi ! », il avait dit, la mâchoire serrée.

[...]



Lulli est mon premier roman, que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine.

Nous en sommes au chapitre 10, sur les 12 chapitres que compte ce roman, et vous venez d'en lire les premières lignes. La suite est à lire sur iPhone, iPod Touch, IPad ou toute liseuse supportant le format epub : Cybook, Sony Reader, Kindle... Ou bien directement sur un ordinateur.

Si vous prenez l'aventure en route, vous pouvez préférer la reprendre depuis le début...

A la suite de chaque billet de présentation, les commentaires vous permettent, si vous le souhaitez, de partager entre vous - et avec moi - vos impressions de lecture, au fil de celle-ci ou bien à son terme (qu'il soit prématuré ou non).


Bonne lecture !

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Source : Ce puits profond de chair, de sueur et de sang



(A suivre : Lulli, chapitre 11...)






Petit cours de relativité appliquée



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Petit cours de relativité appliquée




Il n'y a pas d'éjaculateurs précoces, seulement des femmes qui peinent à jouir.

j'aime la relativité








Source : Petit cours de relativité appliquée






La Diva Sans Frontières



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La Diva Sans Frontières



En reversant la totalité des gains liés au téléchargement du titre « Ça me blesse », le groupe Quand La Diva S'en Va soutient le projet Enfants des rues, de l'association Clowns Sans Frontières

Un très chouette morceau pour une très chouette initiative, repéré chez Nicolas.



Pour participer à cette initiative, il vous suffit donc de télécharger ce titre. Il vous en coûtera un petit euro qui sera intégralement reversé à Clowns Sans Frontières. Ceci étant, si vous souhaitez donner plus, c'est possible : fixez le montant de votre don, juste après avoir cliqué sur "BUY NOW" - c'est par là...



L'association Clowns Sans Frontières organise des spectacles et des ateliers pour les populations victimes de la guerre, de la misère ou de l'exclusion. Sans discrimination politique, religieuse ou ethnique, les artistes apportent des moments de rire et de rêve dans des lieux où la culture ne respire plus : bidonvilles, camps de réfugiés, prisons, orphelinats… L'association mène également un travail d'échange avec les artistes locaux et d'initiation artistique auprès d'enfants et d'éducateurs. Elle intervient en Inde, à Madagascar, aux Philippines, en Birmanie, en Moldavie, en République Démocratique du Congo, en Thaïlande, en Uruguay, en Afghanistan, en Egypte, en Afrique du Sud... En savoir plus



Source : La Diva Sans Frontières






Lulli, chapitre 9



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Deuil et confidences - Lulli, chapitre 9


Lulli - roman chapitre 9 - ebook« Dis Lulli, pourquoi on marche comme ça, doucement ?
- Je ne sais pas, Nicolas. Peut-être parce que personne n'est vraiment pressé d'arriver.
- Je suis pressé, moi. Je m'ennuie ici, je voulais pas venir. »

Je regarde en arrière, tous ces gens qui nous suivent, qui avancent lentement, comme saisis de torpeur, les yeux baissés, la mine grave, tous habillés de noir et les épaules rentrées, des gens que je ne connais pas pour la plupart, et qui parlent à voix basse en hochant la tête. Le gravier crisse sous leur pas. Nos regards se croisent, ils esquissent un sourire que je ne leur rends pas. Je ne les aime pas. Ils sont tristes.

Tout à l'heure, à l'entrée du cimetière, ils défilaient les uns derrière les autres pour saluer mes parents. Ils me regardaient avec un petit sourire contrit, hésitants, et puis ils posaient leurs grosses paluches sur ma tête, emmêlaient leurs gros doigts dans mes cheveux. J'ai détesté ça, leurs mains qui me touchaient comme pour vérifier que j'étais vivant.

Je suis le seul enfant. Le seul enfant vivant de cette ennuyeuse procession, c'est ça qu'ils disaient leurs sourires grimaçants, que je suis un survivant. J'ai envie d'être ailleurs.

[...]



Lulli est mon premier roman, que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine.

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Source : Deuil et confidences



(A suivre : Lulli, chapitre 10...)






Le jour d'avant



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Le jour d'avant - Lulli, chapitre 8


Lulli - roman chapitre 8 - ebookLouise pose ses mains à plat sur son ventre. Elle veut être sûre que cela s'est produit, sensation étrange d'être devenue une autre – d'être redevenue elle-même en réalité, ordinaire, trivialement humaine quand hier encore le divin était en elle, l'habitait tout entière. Elle avait porté la vie, elle est plate désormais et son ventre est vide, sans vie. Il n'y a plus en elle qu'un seul cœur, le sien, solitaire, et qui cogne dans ce néant. Elle réprime une envie de pleurer, réconforte-moi, mon bébé. Elle parcourt la pièce du regard et ne voit nulle part sa petite fille. Un instant elle est prise de panique, puis se souvient que la sage-femme lui a dit qu'Elise ne serait pas avec elle cette nuit, qu'elle devait se reposer, dormir un peu pour reprendre des forces.

Voilà, elle est reposée maintenant : qu'on lui rende son bébé ! Elle se lève. Tenir sa petite fille entre ses bras, la voir vraiment, longuement, la toucher toute. Où est-elle, où l'ont-ils emmenée ? Elle vacille, prend appui sur la table de chevet et se dirige vers la porte. Sa marche est chaotique, elle a perdu l'habitude de ce corps-là, privé de ce poids devant elle qu'il fallait compenser en cambrant les reins. Et le sentiment d'aller toujours à deux.

Elle trouve la nurserie et, devant la douzaine de bébés alignés comme à l'étalage, Louise n'hésite pas : elle est là, son Elise, ses yeux noirs grands ouverts, Elise, dans sa couveuse et qui ne pleure pas.

Comme elle est belle ! Louise est saisie par son éclat. Une bulle de fierté éclate dans son cœur et elle sent un rire monter en elle comme un sanglot, un bonheur qui l'étouffe. Elle prend appui sur le mur et regarde son enfant. Elle regarde avec avidité, détaille mille fois sa merveille, et ne se lasse pas de regarder et de regarder encore. Chacun de ses traits semble avoir été le fruit d'un minutieux travail d'orfèvre, sa bouche délicatement ourlée, son nez pointu et décidé, ses pommettes saillantes ; et ses yeux noirs, son regard intense et volontaire, ses cils longs et recourbés qui lui donnent un regard rond, le regard faussement étonné qu'ont les filles. C'est une fille ! Louise s'use les yeux et le cœur à la regarder.

Sa peau est légèrement hâlée et le linge blanc qui l'emmaillote rehausse encore son éclat. Comme ta peau doit être douce, murmure-t-elle avec émotion. Elle voudrait la toucher, elle a posé une main à plat sur le toit de la couveuse pour être plus près de sa petite fille, aussi près qu'il est possible encore de l'être – et Elise agite ses mains lilliputiennes comme pour capter dans l'air confiné du ventre artificiel les ondes d'amour que lui adresse sa mère. De l'extérieur maintenant. Toutes deux se regardent avec une tendresse emprunte de nostalgie, elles se regardent, se voient et prennent conscience de leur altérité. Quelque chose a pris fin entre elles et qui ne sera plus.

[...]



Lulli est mon premier roman, que j'ai résolu de publier sous forme de livre électronique (format .epub) et de diffuser via ce blog au rythme d'un chapitre par semaine.

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Source : Le jour d'avant



(A suivre : Lulli, chapitre 9...)






Lire un epub sur son ordinateur



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Lire un epub sur son ordinateur (Windows, MacOS X, Linux)



ebook lire en 2.0Comment lire un ebook (format epub) sur mon Mac ? Telle est la question qu'on me pose et à laquelle je vais tenter de répondre. Mieux - et même si ma compétence est fortement Mac-centrée - je vais m'efforcer de généraliser ma réponse au-delà à l'ensemble des plateformes (Windows, MacOS X, Linux).


Ebooks et fichiers epub : Un ebook est un livre numérique. C'est donc avant toute chose un fichier contenant du texte, voir des images. Lire un ebook c'est donc d'abord lire un fichier, ce qui implique de posséder un matériel (ordinateur) sur lequel sera installé un logiciel capable d'ouvrir le fichier en question.

Un ebook est un fichier au format epub (extension .epub) - pour Electronic Publication -, un standard ouvert et libre (non propriétaire) de publication électronique recomposable à la volée - reflowable -, c'est-à-dire dont le texte s'adapte automatiquement au support.

Le support matériel requis avec lequel lire un ebook est une liseuse, c'est-à-dire un support électronique adapté à la lecture numérique. Il s'agit du Cybook, du Kindle d'Amazon, du Reader de Sony ou l'iPhone d'Apple, ainsi que de l'iPad et de l'iPod touch...

Mais rien n'interdit de lire un ebook directement sur son ordinateur. Il ne suffit que d'installer le logiciel capable d'ouvrir un fichier au format epub.


Lire un ebook avec Firefox : C'est la solution qui me semble la plus simple. Vous utilisez Firefox comme navigateur, vous vous promenez dans l'internette, vous repérez un ebook, vous cliquez sur le lien de téléchargement et, plutôt que de seulement le télécharger, il s'ouvre dans la fenêtre de votre navigateur et vous voilà prêt à en commencer la lecture. Oui, tout comme pour un pdf et aussi simplement que cela.

Que vous soyez sur Mac ou PC, sous MacOS X, Windows ou Linux, il vous suffit d'ajouter une extension à Firefox. Elle s'appelle EPUBReader et est téléchargeable à cette adresse (et c'est gratuit, évidemment). Voilà tout.

Et si vous avez déjà téléchargé des ebooks sur votre ordinateur, ouvrez-les depuis le menu Fichier de Firefox, puis "Ouvrir un Fichier"...

Fonctionnement de EPUBReader avec Firefox :
  • Aller à la page oueb où vous souhaitez télécharger le fichier ePub et cliquez sur le lien de téléchargement.
  • Si vous avez déjà téléchargé le fichier sur votre ordinateur, ouvrez-le via le menu Fichier/Ouvrir un fichier - ou bien glissez directement le fichier dans la fenêtre de Firefox.
  • EPUBReader télécharge/ouvre le fichier ePub, le décompresse si nécessaire et procède à quelques ajustements. Le fichier est prêt : lisez.
  • EPUBReader crée une page où se trouvent listé l'ensemble des fichiers ePub que vous avez téléchargés/ouverts. Cette page est accessible depuis trois endroits :
    • EPUBReader a ajouté un marque-page pointant vers cette page, appelé "Catalogue ePub", que vous trouverez à la fin de votre liste de marque-pages ;
    • Vous trouverez un nouveau sous-menu dans le menu "Outils" de Firefox, appelé "Catalogue ePub" ;
    • Quand vous lisez un fichier ePub avec EPUBReader, un bouton figure dans la barre de menu située au bas de la page.
  • La barre de menu situé en bas de page, sous EPUBReader, vous permet d'accéder à quelques fonctionnalités intéressantes : Règlages, Aide, Catalogue ePub, Sauvegarder, Placer un marque-page, Réduire-Agrandir la taille du texte...
  • Cette barre de menu peut être masqué/affiché via click-droit dessus. Lorsqu'elle est masquée, vous pouvez la faire apparaître en pointant la souris en bas de page.

Vous n'utilisez pas Firefox : Il vous suffit alors de télécharger Adobe Digital Edition (gratuit, Windows et Mac) et de l'installer sur votre ordinateur. Ensuite, vous trouvez et téléchargez sur internet l'ebook de votre choix, vous ouvrez le fichier epub dans Adobe Digital Edition et c'est à vous de lire...


Vous voulez essayez : Piochez dans mon propre catalogue d'ebooks, par exemple... Ou alors débutez l'aventure avec le premier chapitre de mon roman, Lulli, que je publie sur ce blog chapitre par chapitre, tout au format epub.


Vous souhaitez fabriquer un epub : C'est par là.


Et pour une lecture sur iPhone ou iPod touch : C'est là aussi...


Vous avez des questions : Posez-les dans les commentaires, je m'efforcerai d'y répondre.



Source : Lire un epub sur son ordinateur






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