Sep 252009
 

France Hortefeux RacismeDans Le Monde daté du 23 septembre 2009 est paru un article témoignage du journaliste Mustapha Kessous. Je vous invite à le lire d’un bout à l’autre.

Une terrifiante description du racisme ordinaire dans la France ordinaire, liste des humiliations qui de jour en jour se répètent, agressions racistes plus ou moins sournoises qui poursuivent et pourchassent toute personne en France qui ne porte pas le bon nom et/ou le bon visage. Réquisitoire implaquable contre une France qu’on n’aime pas.

Cette France, moi en tout cas je ne l’aime pas.

Cette France qui humilie des hommes et les violente. Cette France qui tolère qu’on humilie un homme et qu’on le violente parce qu’il s’appelle Mustapha ou autre, parce qu’il ressemble à un arabe ou autre. Cette France des terroirs fertiles en petites blagues racistes – humour franchouillard et aigri, crispé et minable, vieilli en fût de haine. Cette France, non je ne l’aime pas.

Et quand cette France se retrouve à être gouvernée par des hommes qui lui ressemblent ; quand elle tolère qu’un de ses ministres y aille lui aussi, et régulièrement, de sa petite blague bien grasse, suintante de bêtise, puante de racisme, insultante et méprisable ; quand elle feint cette France-là d’ignorer que le maintien en fonction de Brice Hortefeux est une gifle monumentale, une violence terrible, l’humiliation de trop pour tous ces hommes et toutes ces femmes qui en France subissent déjà quotidiennement le rejet racial ; quand elle en vient ainsi à se caricaturer elle-même et à perdre tout honneur, cette France non seulement je ne l’aime pas, mais je la vomis.

Moi, Mustapha Kessous, journaliste au « Monde » et victime du racisme

Brice Hortefeux a trop d’humour. Je le sais, il m’a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l’avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : « Vous avez vos papiers ? »

Lire la suite…

Lire aussi : Brice Hortefeux dérape dans le racisme. Puis signer la pétition réclamant la démission de Brice Hortefeux, toujours honteusement ministre de l’intérieur et ministre des cultes.

Source : La France que je n’aime pas


  • tata – 02/11/2010

    c koi sa imon enlvé mon message

  • tata – 30/10/2010

    [Edité par le patron pour cause de charabia raciste à l’orthographe outrageusement sms]

  • Doudou – 14/10/2009

    c est une honte que brice hortefeux soit encore au gouvernement; nous serions dans un pays anglo saxon, je pense que cette histoire n aurais pas ete enterree si tot ;  
    c est honteux egalement cette histoire de jean sarkozy ‘elu’ a la tete de l epad…a 23 ans…morte de rire..! il n y a qu en france , en italie(et dans certaines republiques bananiere )qu on voit ca …shame on us ! 
    s,

  • Pffff! – 26/09/2009

    na! 
    vous avez oublié « na! » .. dedalus 
    « Gé – je ne vous aime pas non plus ».. na! 
    😆

  • dedalus – 26/09/2009

    Gé – je ne vous aime pas non plus.

  • Gé – 26/09/2009

    Vous vous mélangez un peu les pinceaux, Dedalus. 
     
    N’aimez-vous pas les racistes en France ou n’aimez-vous pas la France sarkozyste? 
    Pensez-vous que tous les Sarkozystes sont racistes ou que tous les racistes sont sarkozystes? 
    Que suggérez-vous pour régler le problème de racisme en France, qu’on vote Valls ou Frêche? ou bien d’autres? 
     
    « Dire que c’est pareil ailleurs n’y change rien » 
    Effectivement, ça ne règle pas le problème, mais au moins ça a le mérite de le relativiser. 
     
    « Surtout, je ne suis pas certain que cela soit si vrai. » 
    Vous devriez sortir un peu. Et surtout écouter. 
     
    « S’appeler Mustafa est un mal quotidien en France » 
    D’être de province, d’être ouvrier, d’être parigot, d’être intello, d’être bobo, d’être chômeur, d’être homo, d’être de droite, d’être de gauche, etc…  
    La France ne souffre pas de racisme. Elle souffre de Duconnerie. 
    Vous avez toutes les raisons de ne pas aimer cette France, Dedalus, ni aucun autre pays, car ce dont vous rêvez c’est un paradis où couleraient des rivières de vérité, où les bons sentiments pousseraient dans les jardins et où les individus paieraient leur pain avec des cantiques.  
    Vous êtes mûr pour prendre votre carte à Désir d’Avenir si vous ne l’avez déjà fait.

  • dedalus – 25/09/2009

    Gé – Dire « La France que je n’aime pas » n’est pas dire « Je n’aime pas la France ». Dans un cas il s’agit d’une partie et dans l’autre du tout. 
     
    Et si je n’ai pas parlé de la taille de cette partie c’est qu’elle est en tout cas suffisamment importante pour que s’appeler Mustafa en France soit un mal quotidien. 
     
    Dire que c’est pareil ailleurs n’y change rien. Surtout, je ne suis pas certain que cela soit si vrai. 
     
    Gwendal – Ce n’est pas ici le sujet, mais je suis d’accord avec toi, mêler l’affectif au politique est dangereux. Ce slogan du PS n’est pas une trouvaille merveilleuse, il a cependant la qualité – en la circonstance – à ce sentiment largement partagé, caractéristique de cette présidence sarkozyste : depuis deux ans et demi, nous n’aimons pas ce que devient le France, l’image qu’elle donne, le mal qu’on lui fait, la manière dont sont bafoués les principes qui font que la France est ce qu’elle est, ou ce qu’elle fut… et que nous pouvions aimer. 
     
    Bah, finalement, le sujet ici était aussi celui-là – d’où mon titre 😉

  • Gwendal – 25/09/2009

    Je trouve le slogan du PS particulièrement débile, mais pour d’autres raisons. Il veut se situer sur le même terrain de jeu que l’autre facho, alors que celui-ci en maitrise à la fois les règles et le terrain…  
    « La France qu’on aime », veut (pour moi) sous-entendre que les partisans de NS ne l’aiment pas vraiment ou alors pas comme il faut. C’est un peu puéril…  
    Mais en même temps ça met le doigt sur des notions affectives, ce qui laisse penser que la bataille ne se situe plus sur le plan politique mais affectif… Là aussi ça me dérange.

  • Gé – 25/09/2009

    Pourquoi parler de la France quand vous parlez d’un spécimen? de dixaines d’individus? de milliers d’abrutis? 
    Que vous n’aimiez pas la France c’est votre droit et votre choix. Mais ne remplacez pas une généralité par une autre. 
    La France n’est pas un pays raciste, ce sont certains (beaucoup trop de) Français qui le sont. 
    Et comme ces Français n’ont rien à envier à certains (beaucoup trop d’) Américains, Européens, Africains, etc… titrez « Le Monde que je n’aime pas »

  • dedalus – 25/09/2009

    @zeyesnidzeno : le PS parle de « La France qu’on aime » par opposition à la Sarkofrance qu’on n’aime pas. je n’adore pas le slogna mais j’aime l’idée qui le sous-tend. 
     
    il faut toujours stigmatiser, montrer du doigt, dénoncer ce qui relève de l’intolérable, de l’inacceptable, ce qui ne se discute pas, qui ne relève pas de l’opinion mais du délit. 
     
    il faut toujours rendre honteux ce qui est honteux. que jamais racisme ne puisse se décomplexer.

    @ Nicolas – merci

  • zeyesnidzeno – 25/09/2009

    « aussi je ne suis pas d’accord avec toi, le racisme ordinaire est absolument intolérable, et d’ailleurs la loi française ne le tolère pas. mais condamnation ferme et sanction ne sont pas exclusifs du dialogue et de la pédagogie, ils en sont même les préalables nécessaires : d’abord on dit fermement non, ensuite on discute. » 
     
    T’ai je dit qu’il était tolérable ? tu sais bien a quel point ce racisme là, celui qui ne dit jamais son nom, se joue de la loi, esquive la sanction, écarte la polémique en évoquant un trait d’humour, une maladresse… Tu sais a quel point ce racisme là est lâche et insaisissable. L’information, l’information, et toujours l’information voila la seule chose qui permette de tordre les préjugés les plus tenaces, pas le rejet, pas la stigmatisation.  
     
    C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’aime pas le nom de la campagne « la France qu’on aime » qui sous entend qu’il y en a une autre qu’on aime pas. Bizarre pour une campagne destinée a fédérer les Français autour du PS.

  • Nicolas J – 25/09/2009

    « Van Eeckhout » : c’est pas bien Français, comme nom. 
     
    Bobillé.

  • dedalus – 25/09/2009

    Gwendal – Oui, malheureusement, ce pays ressemble aussi à ça. 
     
    zeyesnidzeno – c’est à dessein que j’use de ce thème contre ceux qui prétendent que la France il faudrait l’aimer ou la quitter. cette facette de la France qui fonctionne par l’exclusion, je ne l’aime pas.  
     
    je n’ai pas dit qu’il faudrait amputer la France de cette part, que cette part ne serait pas aussi la France. j’affirme seulement que cette part n’est pas aimable, qu’elle est même intolérable. 
     
    je dis simplement que la France là où l’on ne l’aime pas on cherche à la transformer. il ne s’agit ni de la quitter ni d’en exclure les éléments gangrénés. 
     
    aussi je ne suis pas d’accord avec toi, le racisme ordinaire est absolument intolérable, et d’ailleurs la loi française ne le tolère pas. mais condamnation ferme et sanction ne sont pas exclusifs du dialogue et de la pédagogie, ils en sont même les préalables nécessaires : d’abord on dit fermement non, ensuite on discute.

  • zeyesnidzeno – 25/09/2009

    Comme je te le disais ailleurs, la France que je n’aime pas n’est pas vraiment un thème qui me convient. 
     
    Si je te rejoins a 200% dans le soutien que tu apportes dans ce témoignage à la fois bouleversant et éclairant de Mustapha Kessous, prendre sa défense en utilisant les même arguments (la France que je n’aime pas) que ceux qui confortent l’établissement de statut de citoyens de première et seconde zone, c’est le risque de se prendre les pieds dans le tapis. 
     
    La France est diverse, dans ses racines comme dans ses points de vue. On ne peut exclure personne, combien même on trouve insupportable le racisme ordinaire (forme de racisme la plus vicieuse) qui se diffuse dans notre société. La réponse a l’intolérance, n’a jamais été l’intolérance, mais l’obligation de créer les conditions d’un dialogue, unique préalable pour parvenir a faire démentir les préjugés et les habitudes.

  • Gwendal – 25/09/2009

    J’ai lu cet article… Il est magnifique…ment troublant et dérangeant. On ne voudrait pas que notre pays ressemble à ça, mais c’est malheureusement le cas.