Sep 092009
 

Pavés neufNeuf neuf neuf je suis un homme neuf. Petite comptine de la révolution intérieure. Neuf neuf neuf je me remastérise les connexions synaptiques et hop hop hop je suis tout neuf. Révolution. Révolution. Je tourne. Je tourne en rond. J’étais celui-ci, un petit tour sur moi et hop je suis celui-là. Ils ne voient pas la différence. Passent les passants. Les satellites tournent aussi. Tournent tournent tournent et me font marrer. Passent les ignorants. Tête basse. Œil morne. Marre marre marre. Qui est qui. Qui est quoi. Je suis là. Qui est elle. Seul seul seul où sont les meufs. Petits minous et leurs mitaines. Vie de chien vie de chatte. Vies à quatre pattes. Bête à deux dos. Vivre et mourir neuf fois. Petites vies petites morts et grandes teufs. Neuf neuf neuf Paris sur le pont neuf. Nuit neuve et noire sous la lune rousse. Faire un double nœud de neuf. S’amarrer, se marrer, larguer les amarres. Neuf neuf neuf et saute dans la marre. Plouf plou plouf. Petit chat échaudé. Petit chat qui craint l’eau froide. Petit chat qui fume et qui miaule sur la gouttière. Solitaire. Goutte à goutte la vie qui goutte. Ploc ploc ploc petit saut dans la grande flaque. Fais pas l’enfant. Homme enfant qui aime la femme enfant. Homme enfant qui met au monde l’enfant enfant. Qui met au monde le monde et aux ordures les ordures. Neuf neuf neuf le monde est tout neuf. Aux ordures les ordures. Où sont les keufs. Sous la lune je suis tout neuf. Lune ronde lune blonde. Noyaux de prunes. Tac tac tac j’en ai ma claque. Talons aiguilles qui font la guerre sur le pavé. Jupe courte jupe longue. Reflet de lune dans la flaque. Reflet noir sur le bitume roux. Coule coule coule son sang noir. Œil en amande et éclair d’argent. Larmes sèches et noyaux de prunes. Petite chatte ne miaule plus. Boum boum boum sous son sein blanc. Silence sur le pont neuf. Révolution du silence. Je tourne. Je tourne en rond. Cri au fond de la gorge. Passent les passants sur le pavé ignorant. Ramasse les ordures. Sèche les larmes. Silence tout neuf. Tourne tourne et retourne. Caillou dans l’eau. Rond dans la marre. Ventre de la nuit qui s’arrondit. Son enfant à paraître. Aube noire et petit matin blanc. Tout doit disparaître. Nuit nuit nuit. Tout a disparu. Veau vache et bœuf. Abattoir de la nuit. Abattoir du jour. Sang sang sang. Vie qui coule. Eau qui lave. Vent qui chasse. Neuf neuf neuf je suis un homme neuf.

Crédit photo : Brassaï

Source : Neuf neuf neuf


  • dedalus – 10/09/2009

    @ Hourrya – Waouh ! (merci à lui, et à vous)
    @ Ferocias – c’est une envie qui à y céder fait bien du plaisir. bonjour et merci 🙂
    @ cui cui – un bien doux gazouillement 🙂

  • Hourriya – 09/09/2009

    ce matin, mes petits partent avec votre texte dans leur sac. Hier soir je le leur ai lu. au lever mon garçon le chantait en se tortillant : il avait trouvé une chorégraphie. merci.

  • Ferocias – 09/09/2009

    Je ne commente jamais (enfin je crois) sur ce blog même si je suis un lecteur régulier mais voilà, aujourd’hui juste une petite envie de dire bonjour et bravo.

  • cui cui fit l’oiseau – 09/09/2009

    J’adore.