Mar 202013
 

tweet-gauche-de-combatLe gauchiste c’est plus ce que c’était, ma bonne dame. Du moins sa version 2.0. Le blogueur gauchiste. Certains.

Ils pensent qu’être de gauche c’est aligner des slogans anti-capitalistes, pérorer dans son fauteuil à propos du peuple et de la révolution, dire des gros mots dès qu’on évoque un socialiste et idolâtrer Mélenchon. C’est à pleurer tellement c’est pauvre, tellement c’est creux.

L’inculture politique de ces zozos est à ce point monumentale que c’en serait risible si ce n’était également bien triste. Parce que la gauche c’est bien plus que cela. On va leur faire une petite leçon, à tous ceux-là qui ne se privent que rarement de nous expliquer à nous, « blogueurs de gouvernements », que nous ne serions pas de gauche, qu’ils seraient eux, et eux seuls, la vraie gauche. Et comme pour une bonne leçon il faut un bon exemple, on va prendre celui de notre bon vieux camarade Gauche de Combat, qu’on pourra aussi connaître comme Monsieur Une-Seule-Solution-la-Révolution.

Ce bon camarade, comme beaucoup de ses congénères, n’a en réalité pas réussi à digérer la défaite de Jean-Luc Mélenchon. Parce qu’ils y ont crû, vraiment crû, et ce en dépit de toute évidence politique. Pis que tout, ils ne digèrent pas que Marine Lepen elle-même soit parvenue à obtenir un score bien supérieur à celui de leur héros. L’affront reçu fut pour eux d’une violence extrême. Extrême car cet affront ne fut pas seulement politique, il fut également sentimental. Ces blogueurs du Front de Gauche ont en vérité cela de commun avec feu les blogueurs ségolistes, ils ont le culte et l’amour du chef, ils ont fait de leur chef une icone qu’il est à leurs yeux sacrilège d’égratigner. 

Mais voilà, ils ne pouvaient faire grief au peuple d’avoir rejeté Jean-Luc Mélenchon, ils disaient « nous sommes le peuple » – ce qui, faut bien avouer, était et s’était révélé un brin présomptueux. Ils ne pouvaient non plus tenir Marine Lepen responsable de la défaite de leur champion, cela aurait été lui rendre hommage, admettre qu’elle avait su faire une meilleure campagne, au point de convaincre davantage le peuple. Restaient alors les socialistes. C’étaient les socialistes, forcément, qui leur avait volé la victoire en trompant le peuple avec de fausses promesses et un inadmissible appel au vote utile. En battant Mélenchon, en le reléguant en quatrième position, loin de leurs folles espérances, François Hollande et avec lui tous les socialistes avaient commis un crime de lèse-majesté.

Première leçon de gauche : la gauche n’a pas le culte du chef, la gauche ne saurait se reconnaître une statue du commandeur, et ce en particulier parce qu’être de gauche c’est aiguiser systématiquement son sens critique afin de ne jamais manquer de mettre à terre les statues, symboles s’il en est de l’immobilisme, autrement dit du conservatisme. Hors l’esprit critique, il n’y a pas de gauche possible.

Ainsi donc, nous, blogueurs de gouvernement, étions deux fois coupables. Coupables de soutenir François Hollande, coupables aussi de nous autoriser à l’occasion de critiquer Jean-Luc Mélenchon. Il fallait nous arrêter, nous faire taire, ou du moins discréditer notre parole. On fit notre procès, nous fumes reconnus coupables de traîtrise – nous trahissions la gauche et le peuple. Les noms d’oiseaux se mirent à voler. Mais voilà, nous ne nous taisions pas, pis nous nous autorisâmes à répondre. C’était inadmissible, nous méritions les noms d’oiseaux, eux méritaient le respect, ils eurent alors une grande idée, un grand projet qui allait tout changer : ils allaient rédiger une grande charte des blogs qui édicterait que les blogueurs devaient se respecter les uns les autres. C’était tellement mignon. Et si peu de gauche.

Deuxième leçon de gauche : le respect de l’autre ne s’édicte pas, il relève de la responsabilité individuelle. Il n’y a ni charte des bons comportements, encore moins de tribunaux populaires.

Nous avions refusé de faire notre auto-critique et c’en fut trop pour eux. On décida de nous excommunier de la gauche,  de nous faire le coup du mépris, nous ne méritions plus qu’on prenne la peine de la discussion, du débat. Troisième leçon de gauche : le débat est toujours enrichissant, la gauche a l’esprit ouvert, elle fait preuve de tolérance.

Tout alla alors de mal en pis. Et moi-même qui finalement ne blogue qu’assez peu – une quinzaine de billets depuis la fin de l’été et trois seulement depuis le début de l’année – je finis par me retrouver dans la liste noire de nos amis rouges – enfin, plus rougeauds que rouges en réalité… Il faut bien avouer que je l’avais cherché, non seulement j’avais osé me rebeller dans un billet sur les blogueurs de gouvernement, mais j’avais agravé mon cas en commettant un très vulgaire la grosse quéquette à Mélenchon – vous imaginez comme ils avaient apprécié.

Oserai-je à ce stade une quatrième leçon de gauche ? La gauche a le sens de l’humour, en particulier celui de l’autodérision, cette forme douce et bénéfique de l’autocritique…

Mon billet à propos de la fiscalisation des allocations familiales acheva de mettre le feu aux poudres. J’y donnais justement une autre leçon de gauche – je suis un donneur de leçons, vous l’aviez remarqué -, une leçon à cette gauche de la gauche qui en était venue à oublier que l’impôt et sa progressivité était le premier outil de la redistribution donc de la justice sociale. Mais ils n’ont toujours pas compris et j’ai failli recommencer ce matin, à propos de ce qui se passe ou a failli se passer à Chypre, afin de faire valoir que plutôt que beugler de manière pavlovienne sur les vilains eurocrates, on pouvait peut-être envisager que taxer les avoirs bancaires était en soi une forme de taxation du capital et que, pour peu qu’elle exonère les petits épargnants et fasse apparaître des taux progressifs, concentrant le gros du prélèvement sur les comptes à plus de 100 000 euros, ça pouvait s’envisager comme une intéressante évolution, une mesure peut-être préférable à celle qui consistait jusque là à rogner sur les salaires et les pensions de retraite. On pouvait d’ailleurs remarquer avec intérêt que ceux qui beuglaient le plus fort étaient les banquiers, les exilés fiscaux anglais et russes, ainsi qu’en sous-main les mafias adeptes de blanchiment.

Ils parlent de taxation du capital à tout bout de champ, mais ne savent pas en reconnaître une quand elle arrive. On a parfois envie de parler de gauche bovine, tant ils se contentent de ruminer leurs amertumes et de beugler incessamment sur la même note.

Bref, c’était très énervant que je puisse persister de cette manière, arrogante et suffisante, à me dire de gauche, et peut-être même, sous certains aspects, mieux de gauche qu’eux – je n’ose pour ma part dire « plus de gauche », tant cela ne signifie rien à mes oreilles d’homme de gauche, un peu comme si quelqu’un prétendait être plus debout qu’un autre : on est debout ou bien on ne l’est pas, d’une part, et d’autre part chacun est capable de dire s’il est debout ou non.

Par exemple, ainsi que je le dis au camarade La-Solution-C’est-La-Révolution, être de gauche c’est considérer que le peuple c’est 100% des Français et donc reconnaître qu’il n’est pas une entité homogène dont on pourrait se réclamer, ce d’autant plus qu’il n’est pas toujours tout beau tout mignon, le peuple. Et aussi se rendre compte d’un autre côté que la gauche ne saurait se limiter à un Front de Gauche qui ne parvient jamais à recueillir que 12% maximum des suffrages dudit peuple, accepter qu’il y a un peuple de gauche qui en conscience et en toute intelligence, et depuis déjà quelques décennies, est très majoritairement porté à voter socialiste plutôt que communiste – ou Front de Gauche. Comprendre que la gauche est ce qu’elle exprime être dans sa diversité, qu’elle n’est pas seulement ce que l’on voudrait qu’elle soit.

Par exemple encore, et je vise toujours le même, on peut avoir le sens de la nuance et tomber d’accord sur le fait que Valls a sans doute fait une faute politique en déclarant que « les occupants de campements ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution », parce que c’est là une généralisation inacceptable – toute la faute est dans ce « les » en début du propos -, dénoncer cette faute politique et en même temps se garder de mettre un peu trop facilement de côté le fait que bon nombre de ces pauvres gens sont en effet dans les mains de mafias qui exploitent leur misère via des réseaux de prostitution et de mendicité, se souvenir donc si l’on veut sincèrement être aux côtés de ces populations qu’il est impératif de combattre ces mafias, et donc de commencer par les pointer du doigt, ainsi que le fit Manuel Valls.

L’exploitation n’est pas uniquement l’apanage des gouvernants et des grands patrons. Loin de là et ce pourrait être une autre leçon de gauche.

Autant de divergences qui me valent aujourd’hui le mépris et les insultes du camarade Gauche de Combat (mais devant son écran). Je dois dire que celles-ci me font plutôt sourire, de la part d’un garçon qui plaidait il y a peu pour une charte des blogs qui contraindrait les blogueurs au respect mutuel. Mais, m’a-t-il confié, puisqu’il ne l’avait pas encore signé… Passons. Ce qui m’a toutefois un peu moins fait sourire, c’est quand un type s’est crû autorisé à me donner du « facho » dans les commentaires du blog du même Gauche de Combat (mais depuis son canapé) et que ce dernier a omis d’user de son pouvoir de modération, lui un type qui se prétend de gauche, qui prétend à une certaine culture politique, qui prétend se réclamer d’un certain sens des valeurs et qui d’ailleurs ne manque jamais dans Twitter d’en faire une tonne quand un gusse s’autorise une blagounette sexiste. Là, pour le coup, il n’y avait pas même la mauvaise excuse de l’humour, juste un bon gros « facho » lâché comme une gerbe de vomis.

Je me suis dis que sa colère contre moi, contre ce que je représente sans doute à ses yeux, l’aveuglait et que lui écrivant un petit mot, il se souviendrait sans doute de ce que sont supposées être ses convictions. Je vous livre la prose que je lui ai adressée en privé :

Tu peux me traiter de con et de tout ce que tu veux sur ton blog ou ailleurs, ne pas m’aimer, considérer que je suis un social-traître, tu as compris que ça ne m’émouvait pas plus que cela, que je considère d’expérience que ceci est parfois le fruit des passions politiques, que ta colère – légitime – doit s’exprimer et tant pis si j’en reçois ma part pour ce que (ou ceux que) je représente selon toi, ou parce que ma manière d’exposer ma pensée te heurte.
En revanche, je ne suis pas sûr que tu doives pour autant tolérer qu’on me traite de facho, je suis même convaincu que cela ne te ressemble pas de le laisser faire. 
Voilà, tu fais comme tu veux, puisque cela se passe chez toi. Mais je tenais à te dire ça, te dire que ta colère contre moi, ou même ton mépris, ne devait peut-être pas trop te faire oublier tes convictions, qui j’en suis sûr sont sincères et qui ne permettent pas, je crois le deviner, qu’on donne du facho à n’importe qui.
Amicalement,
dedalus

Non seulement, Monsieur La Révolution (mais plus tard) n’a pas daigné me répondre, mais le qualificatif infamant est toujours sur son blog. Cela ne l’empêchera pas de continuer de la ramener encore et toujours sur la supposée pureté de son engagement à gauche. Admettons, mais là pour le coup ça n’est certainement pas la mienne, de gauche.

Venons-en alors à Cahuzac, dont le cas me vaut le très mesquin tweet qu’il s’est autorisé et qui illustre ce billet. Très mesquin en effet, mais surtout très con, une preuve supplémentaire que ces petits gars tant de gauche sont surtout dans un état d’acculturation politique avancée, au point qu’ils ont perdu toute notion de respect de la personne, ce respect de l’homme auquel s’attache de manière indéfectible le respect de la présomption d’innocence. Je ne vais pas m’éterniser, Nicolas fait très bien cette ultime leçon de gauche. Quant à Juan et Bembelly, ils disent parfaitement tout ce qu’il y a à dire à ce stade sur ce sujet. Le fait est que participer avec un tel acharnement haineux à la curée sur un homme, fût-il un adversaire politique et à propos duquel la justice devra se prononcer, est non seulement malsaine, mais parfaitement indigne d’un homme de gauche. Le lynchage est toujours un populisme, elle en est même la forme la plus canine.

Non, la gauche ce n’est pas sauter comme un cabri en répétant « La révolution ! La révolution ! », ou même un à peine plus élaboré « A bas le capital, vive la révolution ». La gauche c’est un peu plus que cela, un brin plus subtil que cela et tellement plus puissant.

Mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas tellement après Gauche de Front-Bas et ses congénères bovins que j’en ai, mais d’abord à Mélenchon qui les a engendrés. J’en veux en effet beaucoup à un Jean-Luc Mélenchon qui, engagé dans une revanche d’abord personnelle, d’abord déterminée par une aigreur politique, a entrainé cette partie de la gauche dont je me suis toujours senti très proche dans une stratégie mortifère pour toute la gauche. A ce titre, les résultats de l’élection législative partielle de Beauvais dimanche dernier sont aussi éclairants qu’effrayants : 1- le peuple de gauche s’est majoritairement abstenu, 2- le Parti Socialiste n’a obtenu que 21,5% des suffrages et est éliminée au profit du FN, 3- le Front de Gauche obtient 6,5% des suffrages et donc à peine plus de 2% des voix de ce peuple dont Mélenchon se gargarise tant. Voilà où nous en sommes.

Le Front de Gauche a en quelques années parcouru un chemin programmatique plus qu’intéressant, porteur de beaucoup d’espoir pour toute la gauche. Mais voilà, tant que sa stratégie politique sera dans une opposition frontale avec le Parti Socialiste, niant de facto la réalité des rapports de force actuels au sein de la gauche, tout ce travail réalisé est voué à une navrante vanité dont seule la droite et l’extrême-droite pourront jamais tirer profit. Car de deux choses l’une : soit nous sommes ensemble la gauche et tout est possible, pour peu que nous donnions du temps au temps, celui de la conviction ; soit ils sont seuls la gauche, les socialistes sont les alliés objectifs de la droite ainsi qu’il leur plait tant à le clamer et, en admettant même que le Front de Gauche passe un jour électoralement devant le Parti Socialiste, il leur faudra encore atteindre seuls les 50%, puisque je n’imagine pas qu’ils puissent accepter de gouverner en s’alliant à cette partie de la droite que seraient les socialistes.

Là, camarades du Front de Gauche, là est le piège mortel dans lequel Mélenchon voudrait vous et nous entrainer, et dans lequel pour ma part il est hors de question que je me laisse prendre. Parce que je suis de gauche et qu’être de gauche c’est peut-être avant tout ne jamais faire le lit de la droite.

 

  • Pingback: Eh @sarkofrance, le chemin n'est pas terminé, reviens sur la route ! | Romain BlachierRomain Blachier()

  • excellent billet à tous points de vue. J’ajoute qu’il y a un mystére: comment en si peu de temps le marxisme, qui était la musique de lendemains qui chantaient aux yeux de beaucoup, s’est transformée en soupe d’aigreur?

    • C’est exactement ça. Et je suis triste de cette aigreur.

      • Enki

        Bah oui c’est sur, un désaccord c’est forcément parce que ces pauvres cons du FdG ils sont aigris. C’est pas du tout parce que notre politique est pourri …

        • Enki

          Le souci c’est que de plus en plus de français sont aigris aussi .. Mais bon ça doit être aussi des cons et des gauchistes… #sorsdetabulle

          • Les Français ne sont pas aigris, ils sont en souffrance. Quant à l’aigreur dont on parlait, personne n’a dit qu’elle affectait tous les militants du FdG et seulement ceux-là. On parle de certains d’entre eux.

          • Enki

            Eh bah figures-toi que les militants du FdG ne sont pas aigris, ils sont aussi en souffrance. Ils souffrent beaucoup de voir à quel point Hollande a enterré toutes ses promesses de changement, et souffrent beaucoup d’imaginer à quel point ce quinquennat va faire mal à l’idée que la gauche peut vraiment changer la vie.

  • shaher2

    Bon. J’espère que çà va mieux, une fois passé. Une belle leçon de gauche morale pour exorciser une querelle de blogueurs sur Cahu. Et une application assez brouillonne de l’auto-dérision revendiquée.

    Je sais pas si c’est représentatif de l’avis du peuple, mais moi, tes beaux principes moraux et vos querelles à la mords-moi-le-noeud, je me les fous au cul tant çà remplit pas l’assiette. C’est le contenu concret du programme qui m’intéresse, en accord avec la rage croissante qui me ferait regretter la Veuve pour quelques nouveaux sangs-bleus.

    On admettra tous ici que le FdG tape sur la seule branche soclib au pouvoir. Lienneman et les autres ne s’y trompent pas, eux, qui ne se sentent pas le réflexe saugrenu de se sentir visés dès qu’on scude la politique gouvernementale. Si d’autres au PS en sont au point de se persuader que leur recul est dû à Mélenchon plus qu’aux décisions concrètes du gouvernement… Remarque, vaut mieux un exutoire qu’un ulcère.

    • Tu peux te foutre ce qui te chante où ça te chante. Si tu m’a bien lu, tu as compris que ce que je dis est qu’importe le plus beau des programmes si la stratégie adoptée interdit qu’il puisse être mis en œuvre faute de majorité. En même temps c’est pratique, on reste persuadé de sa beauté…

  • Enki

    Mon cher camarade, je pense que tu devrais rapidement revoir tes classiques. La politique, c’est une histoire d’idée, de mouvements populaires, de conviction. C’est pas un problème d’homme, de rancune personnelle, ou d’égo. Faut arréter de penser que ce qui est la règle au sein du PS l’est aussi à l’extérieur.

    Donc la question c’est pas de savoir si Mélenchon est gentil ou méchant, si les militants du Front de Gauche sont des gauchistes.

    La question est de savoir où va le gouvernement et donc le pays.

    Et de ce point de vue là, les critiques de Mélenchon sont frappées du bon sens. Poursuivre la politique du gouvernement, c’est suivre le destin de la Grèce. Comment faut-il expliquer ça ?

    Ce n’est pas une question personnelle de dire que l’austérité ne résoudra aucun de nos problèmes.
    Ce n’est pas une question personnelle de dire que l’Accord National Interprofessionnel ne résoudra aucun de nos problèmes.
    Ce n’est pas une question personnelle de dire que le pacte de compétitivité ne résoudra aucun de nos problèmes.

    Bref, arréter de vous voiler la face, et de faire de la démagogie à deux balles. Remettez vous sur le bon chemin ou vous dégagerez du pouvoir aussi rapidement que vous y êtes arrivés. Et dans ce cas là, oui le risque du FN existe. Mais ce sera pas la faute du FN, mais bien la votre puisque vous ne serez arrivé à rien. Et alors vous serez bien content de voir que le Front de Gauche existe et qu’il est le seul à empécher le FN de prendre le pouvoir. Et vous vous direz qu’il avait quand même vu juste quand il critiquait le PS au lieu de s’attacher à lui pour finir dans la même poubelle de l’histoire, avec Cahuzac et consorts.

    Bref, arrête de regarder les grands médias, et essaye juste un peu d’analyser la situation politique dans le monde et dans toute l’Europe. Et puis après reponds une notre de blog un peu plus sérieuse.

    • Ma conviction à propos de Mélenchon – et aussi pour l’avoir rencontré et interroger sur sa stratégie politique hors du PS – est que ce qui se trouve à la base de cette stratégie de fuite en avant et de surenchère dans le propos est d’abord une affaire d’égo blessé et de rancune personnelle. De ce point de vue, je me moque totalement qu’il soit gentil ou méchant. Ce que je conteste, politiquement, c’est sa stratégie et sa posture.

      Par ailleurs, dire que l’austérité ne résoudra aucun de nos problèmes, ou dire que l’ANI ne résoudra aucun de nos problèmes, ou dire que le pacte de compétitivité ne résoudra aucun de nos problèmes, c’est exprimer une opinion, qu’on peut ne pas partager sans renier son engagement à gauche.

      Comme est une opinion de dire que le positionnement du Front de Gauche, en opposition frontale avec le gouvernement mis en place par les électeurs de la gauche, ne résoudra aucun de nos problèmes, bien au contraire.

      Comme est une opinion de dire que la démagogie est précisément l’outil politique que manie avec constance et systématisme bon nombre de cadres du Front de Gauche, alignés en cela sur Mélenchon.

      Le bon chemin, comme tu dis, n’est pas nécessairement le vôtre. Là encore c’est affaire d’opinion.

      Quant à la capacité du Front de Gauche à faire reculer le FN, on a vu son efficacité une élection après l’autre, depuis la présidentielle jusqu’à l’élection législative partielle de ce dimanche : le FN se situe très précisément 20 points devant le FdG !

      Enfin, tu dis « vous » êtes au pouvoir. Permets moi de penser que c’est la gauche qui est au pouvoir, la gauche telle qu’elle a été définie par le peuple de gauche par son vote.

      Comprends-moi bien, mon cher camarade, en aucun cas je dis que la ligne choisie par le gouvernement actuel est idéale, ou même serait la bonne, c’est-à-dire conforme à celle que je crois meilleure, je dis seulement que c’est celle que s’est choisie la gauche de France, dans sa diversité d’opinions, et que pour faire changer cette gauche et la rendre plus conforme à une ligne plus radicale, il ne s’agit pas d’exclure de la gauche cette majorité dont elle est composée. Car à choisir cette facilité, en effet cette ligne radicale deviendrait la seule gauche – puisqu’elle aurait renvoyé à droite tout ce qui ne lui convient pas et qui est aujourd’hui majoritaire en son sein – mais voilà, cette gauche « épurée » ne représenterait pas plus de 20% – je suis généreux – du corps électoral, c’est-à-dire du peuple. Elle aurait raison toute seule sans doute, mais on ne le saurait jamais, puisqu’elle se serait ainsi mise dans l’incapacité d’accéder au pouvoir.

      • Enki

        Eh ben c’est déja mieux comme réponse.

        Sur Mélenchon et les égos, écoute, tu peux le penser mais si tout ça est un problème d’égo, le bonhomme aurait mieux fait de rester au PS, il serait déja ministre ou secrétaire d’état comme à peu près toutes les personnes qui ont milité avec lui au PS et ont préféré y rester. Donc en l’occurence, soit Mélenchon et très con, soit ton argument tient pas debout.

        Pour le reste, le problème n’est pas de savoir si dire que l’austérité, l’ANI ou le pacte de compétitivité va résoudre nos problèmes est une opinion de gauche ou de droite. C’est juste une opinion que les faits ont démenti dans tous les pays où une telle politique a été appliquée. Alors on peut bien sur considérer qu’on est plus intelligent que tout le monde, mais en fait y’a pas besoin d’être docteur en économie pour comprendre que quand tu saignes les gens, ben y’a plus personnes pour acheter de la bouffe, aller au cinéma, voyager, etc …

        Maintenant est-ce que c’est cette gauche que les électeurs voulaient ? Permets moi de dire que je ne le crois pas, que effectivement Hollande a gagné en disant le moins de choses possible pour froisser personne, qu’il n’a défendu à peu près aucune idée forte (et qu’il en reste 1 an après juste rien du tout) et qu’il a été élu en surfant sur le vote utile, la volonté de se débarasser de Sarko et la peur de Le Pen. Tu peux considérer que c’était donc une volonté du peuple de gauche d’avoir un tel gouvernement mais pour ma part je ne crois plus que l’on peut parler de volonté quand le système est aussi vérouillé.

        Sur le FN, on en reparlera quand vous aurez juste sorti un argumentaire pour lutter contre le FN, on en reparlera quand y’aura plus d’élus et de cumulards pourris au PS qui font bien le jeu de la le pen, quand le secrétaire du PS se déplacera pour aller combattre le FN sur le terrain. Toujours pas compris pourquoi le FdG devrait être responsable de la progression du FN à Beauvais lorsque l’on sait que le PS a juste tout les pouvoirs dans ce pays …

        Bref, je crains que tes certitudes se fracassent sur le mur des réalités. Ce que vous avez manifestement du mal à comprendre, c’est qu’il y’a aujourd’hui une grande partie des citoyens qui s’en foutent en fait de la gauche ou de la droite, et qui veulent juste des réponses concrètes aux problèmes qu’ils rencontrent. Et comme vous n’êtes manifestement pas capable de leur apporter, vous serez balayés par le peuple qui en a marre d’être pris pour un con.

        Et ce malgré vos certitudes et votre arrogance.

        • C’est marrant cette manie de parler avec quelqu’un en disant « je » et « tu » pour glisser très vite au « nous » et « vous ». Marrant et symptomatique, très révélateur d’une pensée à la fois réductrice et globalisante.

          Et puis, pour ne pas épiloguer sans fin, relis-toi attentivement et demande-toi si quelqu’un qui ne serait pas d’accord avec toi ne pourrait également juger tes propos teintés de certitudes et d’arrogance. Paille et poutre, comme dirait l’autre.

          • Enki

            C’est marrant cette manie de chercher le truc qui permet de répondre à côté de la question. Marrant et symptomatique, très révélateur d’une pensée social-démocratisante en permanence dans la posture et rarement dans l’analyse et le débat argumenté.

            🙂

          • Pfff…

      • ALCB

        « c’est la gauche qui est au pouvoir, la gauche telle qu’elle a été définie par le peuple de gauche par son vote. »

        le vote a voulu mettre Sarkozy dehors.
        Il espérait la gauche , le vote.

        Et pourtant, il savait, le vote,
        que FH, c’était pas la gauche,
        c’était juste FH,

        qui déjeune chez … roule en …

        et qui pour sa chance, est en bonne santé,
        mais que si par malchance, il tombait malade,
        serait hospitalisé au Val de Grâce, où ya pas pénurie d’infirmières,
        lesquelles manipulent les tous derniers tops des scan petscan et tutti radiations volubiles de la recherche militaire,
        mais qu’il serait , faut ce que faut,
        soigné par les patrons de la Salpé tout spécialement déplacés,

        qui sont évidemment bien meilleurs que les toubibs de l’armée.

        En gros, entre FH et papa Sarko,
        à part l’inculture crasse et la vulgarité langagière, ya pas tant d’écart…
        A l’un comme à l’autre,
        manquerait la devise de ma grand mère,
        qu’était sans doute une partageuse,
        puisqu’à la fois grande bourgeoise et communiste :

        « ce qui n’est pas donné est perdu »

        L’avait plus ou pas d’égo, faut dire…
        Peut être parce que c’était une femme…
        c’est pourquoi,
        après ses presque célébrités dangereuses des années trente et quarante,
        elle alla, la Marthe,
        jusqu’à la fin de sa vie, vérifier que la caisse des écoles nourrissait correctement
        les petits enfants de la cantine du quartier Croulebarbe du 13ème de Paris.

        En somme, elle avait choisi, juste un tout petit pouvoir,
        et pas la gloire, puisque je suis sans doute seule à m’en souvenir.

        J’avais cru diagnostiquer une sorte de projet de ce genre chez Jean Luc Mélenchon.
        Mais puisque tu dis que c’est un salopard….
        et que tu les connais mieux que moi, tous ces gauchos d’aujourd’hui.

        Le souvenir que j’ai des vieux d’hier,
        ceux du temps des tickets, c’est dire si c’est vieux,
        les Levin, Mauss , Prenant, Auricoste, Charpak, Herr, Fannonel et même pire,
        please, pardonnez moi les oubliés,
        ils s’étripaient bien aussi.
        Ca leur a pas réussi : tous morts !
        Je rigole
        jaune.

        Laurent,
        un jour à la Bastille, ce Jean Luc,
        il a rallumé un feu
        qu’était mort et bien mort
        et s’il déconne un peu parfois,
        je ne l’oublie pas.
        Pas eu l’once d’une émotion pour l’autre François,
        à part du dégout de ses trahisons, d’abord familiales réduites,
        puis familiales larges.

        Tiens, tout ça donne le tournis
        Amitiés vers toi.

        AL

  • juan

    clap clap clap

  • Excellent billet.

    Les mêmes qui reprochaient violemment au PS de voter avec l’UMP au Parlement européen votent avec cette même UMP au Sénat. Et s’écartent de plus en plus des besoins des vrais citoyens ; celles et ceux qui vivent à côté de la violence quotidienne. http://lekiosqueauxcanards1.overblog.com/m%C3%A9lenchon-est-compliqu%C3%A9

    • Oui !

      • Ganlanshu

        Oui c’est vrai, nous « les vrais citoyens » voulons plus de flexibilité,
        moins de fonctionnaires, moins d’usines, moins d’emplois. Nous les
        « vrais citoyens » voulons une baisse des dépenses publiques, un euro
        fort, un CAC40 en hausse, des dépassements d’honoraires de médecins, des
        fermetures d’hôpitaux. Nous les « vrais citoyens » voulons que l’état
        donne 20M€ à des entreprises aussi exposées à la concurrence
        internationales que Carrefour et Auchan. Nous les « vrais citoyens »
        voulons la réduction du budget européen, affamer les peuples grec,
        portugais, espagnol pour maintenir les profits élevés des banques.
        Décidément, le FDG ne comprend rien aux besoins des « vrais citoyens ».

        • Les vrais citoyens sont ceux qui bossent dans les 95% des PMI/PME françaises. Ainsi le discours sur les grands groupes du CAC 40, a plus de 50% constitués par des capitaux étrangers, ils s’en tapent. C’est du bla-bla de politicien ! Et le FdG, se ramassant dans toutes les élections depuis 2009 n’est en aucun cas représentatif des citoyens.

          • Enki

            T’as raison mon grand, les salariés de PSA et d’Arcelor ils s’en foutent grave des discours sur le CAC40.

          • sur le total du nombre des salariés français ; je te confirme que focaliser le combat sur eux est inégal ! La majorité des français ont d’autres problèmes urgent à régler, dont l’éducation, la sécurité, les accords salariaux pour les PMI/PME ; donc oui, je confirme qu’ils s’en tapent, eux qui n’hésitent pas changer de région quand ils sont virés !

          • Enki

            Ce que ta pensée brillante (et de gauche!) semble ignorer, c’est que quand on tapes les ouvriers de PSA et d’Arcelor, c’est juste parce que c’est les plus fragiles du moment. Et que c’est une étape avant de taper les autres. Et que beaucoup le savent, car aujourd’hui, la précarité s’étend dans tout les domaines de la vie …

            Et au même moment, les mecs du CAC 40 se gavent. Et donc cette injustice elle interpelle le grand nombre des salariés français. Et elle devrait aussi interpeller un esprit de gauche bien fait comme le tien.

          • Non, ce ne sont pas les plus fragiles du moment ; les plus fragiles du moment ce sont, et dépuis plus de douze ans, les salariés du privé, n’appartenant pas à des grands groupes – minoritaires en France en tant qu’employeurs – et obligés de se démerder. L’urgence est, pour le moment, là et c’est bien pourquoi la loi d’accord sur la sécurisation de l’emploi était obligatoire, tant dans son contenu que dans son urgence. Et pour répondre à ton ironie sur la gauche ; ce n’est pas parce que on beugle « gauche, gauche, gauche » en sautillant que l’on est efficace

          • Enki

            Ding ding on a eu la blague du jour.

            Bon permets moi d’abord de te dire que quand tu te retrouves sans taff après 20 piges de bons et loyaux services, difficile de trouver plus fragiles. Mais bon pourquoi pas tu iras leur expliquer.

            Mais surtout mon camarade, je suis sur que tu va réussir à m’expliquer en quoi l’accord sur la sécurisation de l’emploi améliore la condition des salariés (du privé ou des grands groupes peu importe).

            Veux-tu parler de l’obligation d’accepter une mobilité forcée dans le cadre de ton contrat de travail sous peine de licenciement ?
            Veux-tu parler des accords compétitivité que, je n’en doute pas, tu combattais fortement lorsque Sarkozy les proposait et qui vise à permettre à l’employeur de décider que, bah vu que l’entreprise va mal, tu va baisser un peu ton salaire pendant deux ans. Tu veux pas ? Bah tchao mec !
            Veux-tu parler de l’homologation des plans sociaux par l’administration sous 20 jours (pas de réponse valant reponse positive) sachant qu’il y’a moins de 1000 inspecteurs du travail sur le territoire ?
            Juste trois exemples pour que tu m’expliques, je dois pas comprendre en quoi ça améliore le sort des citoyens.

            Ah juste avant de finir, évite le couplet sur la mutuel (mutuel minimal payé à 50% par les salariés), la taxation des contrats courts (dans laquelle l’exception est juste la règle) ou les droits rechargeables au chomage (puisque rien n’a été décidé et qu’en tout état de cause cela devra se faire « sans aggravation des comptes de l’assurance chomage » – c’est dans l’accord – donc soit en diminuant les pensions qq part, soit en augmentant la durée de cotisation qq part).

            Bref, là je crois que t’es tombé sur un os.

          • Et si, malheureusement « facile » de trouver plus fragile ; les 80 % des employés du privé, en PMI/PME qui n’ont pas attendu ces deux dernières années pour découvrir ce que voulait dire la mobilité, le chômage, et pour lesquels, à part les élus de terrain – du moins ceux qui siègent régulièrement dans les instances où ils ont demandé à être élu… – personne ne se bouge. Oui, c’est exactement de cela dont je parle ; et il est grand temps que les salariés « à vie » se rendent compte que le monde du travail évolue et que, à l’instar des pays qui vont bien mieux que le nôtre, le turn over demande certes du courage, mais est bien plus valorisant.

          • Enki

            Donc en fait tu fais de la précarité un modèle que tu souhaites étendre à tous les salariés ? Alors que dans toute l’histoire, le projet politique de la gauche c’est au contraire de lutter contre cette précarité …

            Bref, tu ne m’as toujours pas expliqué en quoi l’ANI allait enfin permettre de régler tout nos problèmes ? A moins que tu ne connaisses pas le sujet et que tu te contentes de répeter les argumentaires de Solférino ?

  • Etre de gauche c’est donc ne pas être de droite, ne pas faire le lit de, ne pas, ne pas, ne pas… La belle gauche molle n’existe donc que par son apparent contraire. Oui, donc, Sarko était le meilleur allié du PS. Et vu qu’il est parti, il n’y a plus rien. Ou si. Il reste la même politique économique. La même politique raciste envers les Rroms. La même guerre sociale contre le monde du travail. Les donneurs de leçons ont changé d’étiquette, la morale à 2 balles reste la même. Que les socialos redescendent sur terre et découvrent la réalité du travail. Et plutôt que de pleurer sur l’absence de soutien du FDG, ils essaient un truc dingue : faire une politique de gauche, tu vois? Le genre pas fétichiste du budget. Evidemment, c’est compliqué, car au PS tout est compliqué. Surtout quand on détient tous les pouvoirs.

    • Allez, juste ça : essaie de comprendre que la première pierre d’une politique économique de gauche efficace est la formation des travailleurs de demain, donc une politique qui mette les moyens sur l’éducation, pour préparer l’avenir, pour donner aux enfants d’aujourd’hui les moyens de comprendre le monde, de s’y engager y compris politiquement, et d’y trouver un travail et une vie heureuse. Là alors tu entendras peut-être combien le slogan Sarkozy=Hollande et UMP=PS est vide de sens.

      Et quand je dis faire « le lit de la droite », puisqu’il faut t’expliquer, il faut lire faire le lit de ceux qui défendent leurs privilèges, ceux des puissants. Oui donc, la gauche commence par là, par ne pas faire ce lit là.