Août 152009
 

volcan, cratère, vagin infernalJ’ai toujours été persuadé que William et moi, nous aurions fait de bons potes. Ou, bien plus probablement et avec un brin d’humilité, j’aurais été parmi ses plus ardentes groupies…

« Au-dessous de la taille elles deviennent centauresses,
Bien que femmes au-dessus ;
Ce n’est que jusqu’à la ceinture qu’on trouve l’héritage des dieux,
Au-delà règnent tous les démons :
Là est l’enfer, là sont les ténèbres, là est le cratère sulfureux,
Brûlure, bouillonnement, puanteur, consomption […] »

William Shakespeare – Le Roi Lear, Acte IV, scène 6

Allez savoir pourquoi ça me parle autant.

*****

Dans un tout autre registre, parce que – pour tout vous dire – ce billet n’est en définitive guère plus qu’un mémo et donc, tant que j’y suis :

« […] aussi bref qu’un son, aussi fugace qu’une ombre, aussi passager qu’un rêve, soudain comme l’éclair dans la nuit de charbon qui, crachant sa rage, dévoile d’un coup le ciel et la terre mais qui, avant même qu’un homme puisse articuler : « Regardez ! », est dévoré par les mâchoires des ténèbres. Toute chose qui brille sombre si vite dans le néant. »

William Shakespeare – Le Songe d’une nuit d’été, Acte I, scène 1

C’est tout simplement génial. Il y a là, dans la musicalité comme dans l’image évoquée, une sorte de fulgurance parfaite :

Soudain comme l’éclair dans la nuit de charbon qui,
Crachant sa rage, dévoile d’un coup le ciel et la terre
Mais qui, avant même qu’un homme puisse articuler :
« Regardez ! »,
Est dévoré par les mâchoires des ténèbres.

Une telle beauté me laisse littéralement sans voix.

Toute chose qui brille sombre si vite dans le néant.

Toute chose, et pas Shakespeare,

Etoile géante au firmament du théâtre,

Qui brille et nous éclaire,

Qui brille et nous enchante,

Qui brille sans fin, par-delà les siècles et les siècles.

Une groupie, je vous dis.

Post Scriptum : « La poésie est cette musique que tout homme porte en soi », écrivait William Shakespeare, qui s’y connaissait un peu en poésie. J’ajoute, moi qui ne suis pas poète : Celui qui a le talent de la donner à entendre hors de lui-même, cette musique muette qu’il porte en lui, celui-là est un poète.

Source : Shakespeare, les femmes et moi


  • dedalus – 18/08/2009

    Anonymous (tiens, quel joli nom) – ne reste plus qu’à ce que le cauchemar s’apaise et redevienne songe. 
     
    Magh – Je crois, à le lire, que Shakespeare aimait non seulement les femmes, mais la vie en général. Le plaisir de les craindre ? Oui, ça me plait ça… Mais il ne prétend mais qu’elle ne sont que cela, un vagin, ce cher William évoque en la femme tout à la fois le royaume des dieux et les feux des enfers. J’y vois moi un très bel hommage.

  • Magh – 16/08/2009

    moi.. femme et inculte.. quand je lis les extraits que vous proposez.. je me demande (bêtement) si Shakespeare aimait les femmes .. ou s’il ne se contentait pas de poétiser sur le plaisir qu’il pouvait ressentir à les craindre 
    la femme n’est qu’un vagin pour les hommes qui n’aiment qu’eux (bouh!! que dis-je là? .. salut Lacan!)

  • Visiteur – 16/08/2009

    qui brille sans fin, et par- delà les siècles et les siècles. 
    je l’espère autant que vous mais sans plus d’espoir 
    car ne sont pas nombreux ceux qui ont entrevu l’éclair et le songe est plutôt devenu un cauchemar. 
    Merci de nous faire lire william . on se demande bien « pourquoi ».